{"id":41444,"date":"2021-07-25T17:42:42","date_gmt":"2021-07-25T15:42:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=41444"},"modified":"2021-07-26T16:05:45","modified_gmt":"2021-07-26T14:05:45","slug":"l4-sentimentheque-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l4-sentimentheque-7\/","title":{"rendered":"L4. Sentimenth\u00e8que"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>\u00ab\u00a0En citant les autres, nous nous citons nous m\u00eames\u00a0\u00bb Julio Cortazar.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><em><strong>Fr\u00e8re d&rsquo;\u00e2me de David Diop <\/strong>: <\/em>L&rsquo;ai lu et relu \u00e0 voix haute, publiquement, ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es, sur les terres du Nord de la France, sur les  terres des tranch\u00e9es de la guerre 14-18. A travers ma voix, l&rsquo;histoire de cet homme qui regarde mourir son ami\/fr\u00e8re sur ses genoux qui ne cesse de le supplier de l&rsquo;achever, dans mon coeur, l&rsquo;\u00e9motion de ce phras\u00e9 po\u00e9tique et sombre et sous mes pieds, les champs o\u00f9 les cadavres furent enterr\u00e9s.  \u00ab\u00a0<em>Je sais, j&rsquo;ai compris, je n&rsquo;aurai pas d\u00fb. Par la v\u00e9rit\u00e9 de Dieu. Lui Mademba n&rsquo;\u00e9tait pas encore mort qu&rsquo;il avait d\u00e9j\u00e0 le dedans du corps dehors, ma main droite dans sa main (..)\u00a0\u00bb<\/em><\/li><li><strong><em>A la ligne de Joseph Pontus : <\/em><\/strong>Parce que l&rsquo;homme qui a \u00e9crit ce livre vient de mourir en f\u00e9vrier 2021 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 42 ans apr\u00e8s avoir publi\u00e9 ce premier roman, fait hypokh\u00e2gne, et pour des raisons sentimentales et personnelles, travaill\u00e9 deux ann\u00e9es dans des abattoirs en Bretagne tout en \u00e9crivant cette histoire. Parce que le r\u00e9cit est beau et puissant, parce que le mouvement de son corps sous la duret\u00e9 du travail ne fait qu&rsquo;un avec la beaut\u00e9 de son esprit et de son intellect qu&rsquo;il jette sur ces feuilles de papier \u00e0 ses heures perdues. Parce que l&rsquo;artiste\/homme est \u00e0 l&rsquo;image fid\u00e8le \u00e0 son r\u00e9cit, parce qu&rsquo;il m&rsquo;a touch\u00e9 en plein coeur.<\/li><li><strong><em>R\u00e9parer les vivants de Maylis de Kerangal : <\/em><\/strong>J&rsquo;avais abandonn\u00e9 ma premi\u00e8re lecture de cet ouvrage mais avait emmen\u00e9 ma famille le voir au th\u00e9\u00e2tre de la Villette \u00e0 Paris sous la forme d&rsquo;un monologue accompagn\u00e9 par un batteur. Et les mots \u00e9crits parl\u00e9s \u00e0 voix haute m&rsquo;avaient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s faisant jaillir l&rsquo;\u00e9motion du r\u00e9cit et l&rsquo;intensit\u00e9 de l&rsquo;histoire. Je l&rsquo;avais aussit\u00f4t relu en rentrant chez moi et il ne m&rsquo;a, depuis, plus jamais quitt\u00e9. Il est celui de Maylis que je pr\u00e9f\u00e8re, aucun n&rsquo;autre ne m&rsquo;a fait cet effet. Les mots \u00e0 voix haute par ce com\u00e9dien&#8230;.<\/li><li><strong><em>Le nouvel esprit du capitalisme de Luc Boltanski et Eve Chapellio : <\/em><\/strong>Plusieurs ann\u00e9es maintenant que je tente de lire et finir ce livre de 900 pages dont je comprend les mots, parfois le sens, mais me heurte continuellement \u00e0 la v\u00e9ritable compr\u00e9hension et doit tout reprendre depuis le d\u00e9but. Un enfer ! Mais un livre qu&rsquo;il me faut achever absolument.<\/li><li><strong><em>Qui a tu\u00e9 mon p\u00e8re et tous les livres d&rsquo;Edouard Louis : <\/em><\/strong>J&rsquo;ai beaucoup d&rsquo;amour pour Edouard Louis, sa vie, sa vision, son arrachement \u00e0 cette terre du Nord, \u00e0 sa famille pour fuir et se trouver sur les terres parisiennes. Le nord, un territoire dans lequel j&rsquo;aime travailler.<\/li><li><strong><em>Fief de David Lopez et 77 de Marin Fouqu\u00e9 : <\/em><\/strong>Je triche un peu, j&rsquo;en mets deux en m\u00eame temps. Deux r\u00e9cits du territoire dans lequel je vis et o\u00f9 je retrouve derri\u00e8re les mots, des sc\u00e8nes du quotidien, des sensations qui \u00e9mergent. A quelques kilom\u00e8tres de Paris, on n&rsquo;est plus \u00e0 Paris, on est m\u00eame pas des n\u00e9o-ruraux, on est un entre-deux.<\/li><li><em><strong>Une femme avec personne dedans de Chlo\u00e9 Delaume<\/strong> : <\/em>Parce que j&rsquo;ai eu la chance de travailler avec elle, parce qu&rsquo;elle est pareille \u00e0 ses livres et mieux encore, parce qu&rsquo;elle exp\u00e9rimente l&rsquo;\u00e9criture et m&rsquo;a laiss\u00e9 libre de chercher la mienne, parce que ce titre est juste trop beau ou compl\u00e8tement terrible, parce que j&rsquo;aime ses bien ch\u00e8res soeurs aussi.<\/li><li><strong><em>King kong th\u00e9orie de Virginie Despentes<\/em><\/strong> : Une parole sur les femmes et sur les hommes \u00e0 laquelle j&rsquo;adh\u00e8re, je comprends, et dont j&rsquo;entends la profondeur.<\/li><li><strong><em>L&rsquo;insurrection qui vient du comit\u00e9 invisible : <\/em><\/strong>La maison d&rsquo;\u00e9dition La Fabrique est un petit bijou de livres, d&rsquo;essais, pointus sur la soci\u00e9t\u00e9 et le monde. Le comit\u00e9 invisible est un collectif anonyme dont j&rsquo;aime les propos et la provocation. A lire aussi :  Maintenant.<\/li><li><\/li><li>J&rsquo;en suis \u00e0 10 mais je n&rsquo;ai pas eu le temps de citer Annie Ernaux, Pierre Michon, Julien Grach, Svetlana Alexievitch, Benoit Coquard, Rimbaud, Michel Serres et tant d&rsquo;autres.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>CODICILLE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je saute dans le train en marche et ne suis pas certaine d&rsquo;arriver \u00e0 tout rattraper mais avance \u00e0 mon rythme et selon ma compr\u00e9hension. Tout ne sera donc pas dans l&rsquo;ordre et peut-\u00eatre pas saisi dans sa justesse, mais la nage a d\u00e9marr\u00e9&#8230;.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0En citant les autres, nous nous citons nous m\u00eames\u00a0\u00bb Julio Cortazar. 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