{"id":41664,"date":"2021-07-26T11:11:20","date_gmt":"2021-07-26T09:11:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=41664"},"modified":"2021-07-26T15:40:26","modified_gmt":"2021-07-26T13:40:26","slug":"41664-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/41664-2\/","title":{"rendered":"#L5 \/ D\u00e9calcomanies"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Jean-en-lair-780x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-41665\" width=\"288\" height=\"378\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Jean-en-lair-780x1024.jpg 780w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Jean-en-lair-320x420.jpg 320w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Jean-en-lair-768x1008.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Jean-en-lair-1170x1536.jpg 1170w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Jean-en-lair.jpg 1513w\" sizes=\"auto, (max-width: 288px) 100vw, 288px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p> <em>Celle <\/em>q<em>ui tombe \u00e0 l&rsquo;eau<\/em>. Cette fraction de seconde o\u00f9 est initi\u00e9e la bascule, l&rsquo;entre deux o\u00f9 le mouvement est enclench\u00e9, l&rsquo;air &#8211; l&rsquo;eau comme deux balles avec lesquelles elle jongle, avec la chute lanc\u00e9e, la surface de l&rsquo;eau vibrante, coupante. Elle reste au bord \u00e0 avancer progressivement laissant l&rsquo;eau recouvrir ses mollets, ses genoux, ses cuisses, le froid monte sur la pointe des pieds, maintenant, les fossettes sacr\u00e9es. C&rsquo;est d\u00e9sagr\u00e9able, cette attente lente, son incapacit\u00e9 \u00e0 chuter et les vagues qui la l\u00e8chent, l&rsquo;\u00e9claboussent. L&rsquo;ind\u00e9cision, le compte \u00e0 rebours toujours repouss\u00e9, \u00e0 laisser trainer ses mains dansle froid bleu. Si elle ne se baignait plus, l&rsquo;eau prise par la glace, couverte de neige, et tout ses cheveux givr\u00e9s, blanchis. Ne pas abandonner, toujours ces \u00ab\u00a0ne pas\u00a0\u00bb qui trainent dans les poches. Les femmes du sud qui jamais ne touchent \u00e0 l&rsquo;eau, une folie, juste suivre leurs plaisirs. Mais c&rsquo;est une baigneuse, elle se dit qu&rsquo;elle le mettra la prochaine fois dans son identit\u00e9, baigneuse, si un acte est susceptible de fixer. Elle s&rsquo;avance au bord, le premier bain les autres suivront. Si elle tombe, elle pourra milles choses, qu&rsquo;il faut reculer les limites, aller vers les profondeurs, que c&rsquo;est idiot, sinon la journ\u00e9e sera \/ Bulles\/ onomatop\u00e9es\/ interjections\/ \u00e9toiles\/un ours blanc se prom\u00e8ne, des phoques \u00e0 moustaches surgissent\/ ligne \u00e9lectrique\/ froid qui irise\/ plexus solaire polaire\/ la femme \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;igloo, sillonn\u00e9e jusqu&rsquo;au cerveau\/ , d\u00e9gouttante de froid, tout est emm\u00eal\u00e9, br\u00fble, refroidit, compte, 3\/4\/5 comme on grimpe 10\/11\/12\/ l&rsquo;escalier, cela va passer 23\/24\/ attendre au moins 39, rentrer dans l&rsquo;autre dimension, o\u00f9 le temps perd ses heures, ses minutes, o\u00f9 elle est pr\u00e9sente, enfin pr\u00e9sente, toute \u00e0 l&rsquo;eau, la vapeur l\u00e2ch\u00e9e, le bitoniau de la cocotte minute, sur le rebord de la cuisine, d\u00e9livr\u00e9e, engloutie. Elle appartient au monde sous-marin, le sable, les kerns de gravettes, les mailles g\u00e9antes des vaguelettes r\u00e9fl\u00e9chies par la lumi\u00e8re. Tout est feuillage, dense, mouvement. Elle traverse le silence, l&rsquo;ombre mouvante des go\u00e9mons, les distances abolies \u00e0 la loupe de l&rsquo;eau. Ses mains fendent les bulles de l&rsquo;eau, ruissellent, doigts translucides. Tout est mati\u00e8re, les masses min\u00e9rales, ombre et lumi\u00e8re. Les cris ont disparus, les yeux grands ouverts dans le silence qui s&rsquo;\u00e9goutte.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/lhistoire-de-robert-qui-vole.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-41667\" width=\"394\" height=\"492\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Celui qui s&rsquo;envole au vent<\/em> quand la maison cogne, gonfle, faseye. Tir\u00e9 du sommeil par les sifflements de l&rsquo;\u00e9rable qui balaie les volutes de la temp\u00eate, agitant ses branches charg\u00e9es de feuillage qui ne vont pas r\u00e9sister aux assauts du vent d&rsquo;ouest, \u00e0 la rou\u00e9e des coups du noroit, du suroit. L&rsquo;air est repris par la cime des aulnes qui gronde, tambourine. Il monte s&rsquo;assurer que les fen\u00eatres ont \u00e9t\u00e9 bien ferm\u00e9s, la lucarne abaiss\u00e9e, descend quatre \u00e0 quatre, cette fois ci, \u00e9coute le volet battre, agit\u00e9, pr\u00eat \u00e0 rompre, trouve la fen\u00eatre oubli\u00e9e, l&rsquo;ouvre, tombe dans le gouffre, aspir\u00e9 par l&rsquo;air implacable, se penche pour tenter de rattraper le battant qui s&rsquo;est \u00e9chapp\u00e9, s&rsquo;arc-boute aux volets qui r\u00e9sistent et ne veulent pas sortir de la main du vent. Les rideaux s&rsquo;envolent dans la campagne, sa chemise d\u00e9mesur\u00e9e, bouffie. Il grossit, s&rsquo;allonge, \u00e9norme bibendum Michelin. Referme tremp\u00e9 la poign\u00e9e, r\u00e9tr\u00e9ci. Il ne peut pas dormir, pense \u00e0 la charpente d\u00e9couverte, \u00e0 la b\u00e2che sur le toit qui doit tenir, il faut qu&rsquo;elle tienne. Il l&rsquo;entend qui s&rsquo;affole, tremble, s&rsquo;envole, grossit comme un spi, c&rsquo;est la maison qui va s&rsquo;envoler au vent, le vieux navire g\u00eete dangereusement, tordu. Essor\u00e9 \u00e0 chaque ouverture, il \u00e9cope, sort les bassines, tout ce qu&rsquo;il trouve comme contenant, va chercher des serre-joints pour rattraper la voilure, r\u00e9tr\u00e9cir la toile, au maximum, affaler la b\u00e2che qui s&#8217;emporte dangereusement. Il profite d&rsquo;une accalmie pour se risquer \u00e0 tendre la toile, la bourrasque reprend, augmente, ballonne, enfle, l&#8217;emporte, il s&rsquo;envole au vent arrim\u00e9 \u00e0 la toile bleue, rase les \u00e9rables, traverse les haies, les talus, les foss\u00e9s, survole la masse sombre \u00e9cumante, dure comme la roche, d\u00e9passe le port aux haubans tintinnabulants, rencontre les go\u00e9lands qui d\u00e9rivent dans les courants, esquive les longs bras des \u00e9oliennes . Celui qui s&rsquo;envole au vent connait la m\u00e9t\u00e9o marine et le vent qui fait battre la ville, le maelstrom qui arrache tout ce qui doit partir, tout ce qui est obsol\u00e8te, tout ce qui peut \u00eatre retourn\u00e9, d\u00e9blay\u00e9, la face des plages sculpt\u00e9e, les murs engloutis sous le sable, les rochers d\u00e9couverts, les ruisseaux d\u00e9port\u00e9s, les algues crach\u00e9es, les arbres pench\u00e9s qui baissent la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p><\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p><em>La r\u00e9versibilit\u00e9 des sentiers qu&rsquo;ils tracent.<\/em> Dans le renfoncement, le sombre nuage rentre dans la boite. Elle la glisse par le trou des fusains. Le portail ronge l&rsquo;humidit\u00e9. Les ormes s&rsquo;immobilisent, lentement le virage, le village barr\u00e9, les gravillons. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, la boite passe. Mer, orties, l&rsquo;aqueduc, vitr\u00e9es les baies, les murets. Du c\u00f4t\u00e9 du garage Renault, soupire dans la vitrine le jeune homme jauni dans son portrait. Le car d\u00e9marre. D\u00e9j\u00e0 derri\u00e8re le bord, les circonspectes \u00e9oliennes. Il est permis de construire des blanches maisons, cr\u00e9pis gris, brille l&rsquo;eau des ch\u00e2teaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Codicille:<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai pr\u00e9lev\u00e9 les deux premiers syntagmes car ils \u00e9taient tr\u00e8s visuels et concrets et repr\u00e9sentent des illustrations d&rsquo;un livre d&rsquo;enfant que j&rsquo;ai beaucoup regard\u00e9 avant de savoir lire. C&rsquo;\u00e9tait donc des d\u00e9calcomanies faciles \u00e0 transporter. Cela m&rsquo;a permis de travailler le fond d&rsquo;o\u00f9 la mer, l&rsquo;eau et le vent forment le paysage, sont des personnages \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour m&rsquo;aider \u00e0 me lancer, j&rsquo;ai repris la sentimenth\u00e8que et je me suis aper\u00e7ue que revenaient les termes, <em>regard d&rsquo;idiot, au fond, en rosace, placer les couleurs, les tensions<\/em> et voil\u00e0 pour la mer. Pour le vent, j&rsquo;avais marqu\u00e9 dans les auteurs aim\u00e9s, <em>toujours pouss\u00e9 ailleurs, perturb\u00e9 par les \u00e9l\u00e9ments.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me syntagme, le r\u00e9sultat en fait est le contraire d&rsquo;une expansion mais un r\u00e9trecissement, un condens\u00e9 de mon premier il\u00f4t, j&rsquo;ai repris le texte \u00e0 l&rsquo;envers et j&rsquo;ai tout contract\u00e9. Je voulais faire comme le bruit des cassettes que l&rsquo;on rembobine, rapidement et cela fait des dr\u00f4les de sons. Cela m&rsquo;a permis de voir les \u00e9l\u00e9ments survivants.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Celle qui tombe \u00e0 l&rsquo;eau. Cette fraction de seconde o\u00f9 est initi\u00e9e la bascule, l&rsquo;entre deux o\u00f9 le mouvement est enclench\u00e9, l&rsquo;air &#8211; l&rsquo;eau comme deux balles avec lesquelles elle jongle, avec la chute lanc\u00e9e, la surface de l&rsquo;eau vibrante, coupante. 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