{"id":42036,"date":"2021-07-27T11:13:07","date_gmt":"2021-07-27T09:13:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=42036"},"modified":"2021-07-30T15:58:53","modified_gmt":"2021-07-30T13:58:53","slug":"42036-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/42036-2\/","title":{"rendered":"#P6 Seul le sourire"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"330\" height=\"369\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chat-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-42039\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Dimanche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le jour de potentielle vacuit\u00e9 entra\u00eene ce paradoxe d\u2019une fr\u00e9n\u00e9sie d\u2019activit\u00e9s. La maison est un cube immobile, pos\u00e9 l\u00e0 par hasard \u00e0 la surface de la terre. Qui s\u2019en approche y verra une ruche affair\u00e9e, qui y regarde de plus pr\u00e8s encore y observera le mod\u00e8le de l\u2019agitation atomique. La peur du vide, elle a renonc\u00e9 \u00e0 la dompter autrement qu\u2019en le remplissant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Samedi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Journ\u00e9e pleine d\u2019inessentiel. Vue de haut, une multitude de mouvements qui se croisent, se superposent. Le tissage de la ville, d\u2019une maille \u00e0 l\u2019autre, par une arm\u00e9e en perdition. Et puis cette jeune femme \u00e0 blouse bleue qui l\u2019affuble de lunettes psych\u00e9d\u00e9liques faisant de lui un homme bionique, un homme-machine. Les murs sont pleins d\u2019yeux d\u2019\u00e9caille ou de m\u00e9tal qui nous observent. C\u2019est donc l\u00e0 que vit Argos\u2026 Je m\u2019attends \u00e0 voir surgir le Minotaure de la salle sombre o\u00f9 elle s\u2019engouffre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vendredi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un chemin \u00e9troit, fait de terre. On n\u2019y passe pas \u00e0 deux voitures et pourtant on y file \u00e0 toute allure. Ce chemin me rappelle un r\u00eave fait la veille ou bien \u00e9tait-ce le lendemain, comme une r\u00e9miniscence&nbsp;? Il fallait s\u2019engager et rouler longtemps sur une route tortueuse, \u00e0 flanc de falaise, l\u2019entr\u00e9e de la route \u00e9tait gard\u00e9e par un chat aux yeux exorbit\u00e9s, qui ne cherchait qu\u2019\u00e0 bondir hors du filet qui le retenait. Un chat de garde, c\u2019est dr\u00f4le. Peut-\u00eatre aussi un souvenir du chat d\u2019Alice. C\u2019est un r\u00eave r\u00e9current d\u2019une haute route bord\u00e9e de mer, si \u00e9troite qu\u2019on ne pourrait y mettre deux pieds et pourtant une voiture peut y rouler avec facilit\u00e9, vers quelle destination&nbsp;? Vers le sourire du chat peut-\u00eatre, qui seul demeure. Fascinant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jeudi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Journ\u00e9e de contrastes, d\u2019\u00e9quilibre peut-\u00eatre. Un funambule traverse la ville, suspendu au-dessus du vide. Maladroitement il avance fixant l\u2019horizon comme ligne de fuite. Il tombe \u00e0 deux reprises. Une fois sur sa droite et il se retrouve assis \u00e0 une petite table qu\u2019un rayon de soleil r\u00e9chauffe tandis que des bulles \u00e9gaient son verre. Il flotte, il avale par petits coups l\u2019insouciance et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, au rythme de ses intonations famili\u00e8res. Il faut bien remonter sur le fil, pourtant. Il tombe \u00e0 nouveau sur sa gauche cette fois. Il se heurte alors \u00e0 un mur hurlant, un mur que rien ne peut convaincre de se taire. Faire cesser ces cris qui sifflent dans sa t\u00eate. Il sait que demain il se r\u00e9veillera l\u2019esprit et le corps meurtris, comme battus par une main invisible.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mercredi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle se retrouve prisonni\u00e8re d\u2019un ours masqu\u00e9 dans une cage de papiers. L\u2019ours jongle avec les chiffres, fait tournoyer les feuilles au-dessus de sa t\u00eate, elle sent le souffle d&rsquo;air qui fr\u00f4le son visage. C&rsquo;est un ours de cirque sans doute ? Il n&rsquo;a pas l&rsquo;air agressif en tout cas. Elle n\u2019y comprend rien mais elle r\u00e9p\u00e8te qu\u2019elle a confiance, elle le caresse, pour qu\u2019il la lib\u00e8re enfin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mardi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Revoir cette salle comme on fait un p\u00e8lerinage, retrouver les visages vieillis et fatigu\u00e9s. \u00ab&nbsp;Je vois trouble maintenant et je ne vous reconnais pas&nbsp;\u00bb dira-t-il dans un souffle.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019aider \u00e0 monter les marches une \u00e0 une et le voir me d\u00e9visager comme une inconnue. Torpeur du n\u00e9ant pourtant visible.<\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019\u00e9puise \u00e0 tirer hors de l\u2019eau un naufrag\u00e9 et toujours la mer le reprend. C\u2019est la mer qui gagnera et tous le savent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lundi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un jour de plus \u00e0 regarder des visages \u00e9pingl\u00e9s dans de petites cases vacillantes, collection d\u2019insectes affich\u00e9e sur un tableau bleu. Un \u00e9chantillon des esp\u00e8ces les plus connues, celui aux ailes un peu trop brillantes et qui continue \u00e0 les lustrer dans un mouvement aussi vain que d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, celui qui devait \u00eatre le chef et qui bat des mandibules pour le prouver encore, pour qui pour quoi&nbsp;?, celui qui se retrouve l\u00e0 \u00e9pingl\u00e9 par hasard et qui serait mieux ailleurs, celui qui est tout petit mais gonfle son ventre pour montrer qu\u2019il existe et moi qui les regarde, moi qui fais mine de m\u2019int\u00e9resser \u00e0 cette jolie collection.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dimanche Le jour de potentielle vacuit\u00e9 entra\u00eene ce paradoxe d\u2019une fr\u00e9n\u00e9sie d\u2019activit\u00e9s. La maison est un cube immobile, pos\u00e9 l\u00e0 par hasard \u00e0 la surface de la terre. Qui s\u2019en approche y verra une ruche affair\u00e9e, qui y regarde de plus pr\u00e8s encore y observera le mod\u00e8le de l\u2019agitation atomique. 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