{"id":42191,"date":"2021-07-27T20:11:32","date_gmt":"2021-07-27T18:11:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=42191"},"modified":"2021-07-27T22:32:52","modified_gmt":"2021-07-27T20:32:52","slug":"7-boites-a-histoires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/7-boites-a-histoires\/","title":{"rendered":"#P6 7 bo\u00eetes \u00e0 histoires"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"379\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/kafka-nb-1024x379.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-42202\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/kafka-nb-1024x379.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/kafka-nb-420x156.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/kafka-nb-768x284.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/kafka-nb-1536x569.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/kafka-nb.png 1985w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><strong>Codicille<\/strong>: J'aime beaucoup les petits riens. Alors cet exercice de <em>\"se rendre disponible \u00e0 la trace du r\u00e9el\"<\/em> m'a plu. J'ai pioch\u00e9 7 petites choses, 7 <strong>objets<\/strong> per\u00e7us dans une certaine solitude, celle du moment et qui fait germer imm\u00e9diatement de petites histoires \u00e0 partir de ces riens (devenus des <em>\"instants d\u00e9positaires d'une symbolique\"<\/em> a dit Fran\u00e7ois) ou cette solitude de l'\u00e9criture qui se les r\u00e9approprie avec les jours pass\u00e9s. J'ai retenu, ou du moins ai cru comprendre, que dans les carnets de Kafka \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents les pr\u00e9mices des histoires (fiction ou fantastique?) Alors je me suis autoris\u00e9e \u00e0 ne pas rester dans le r\u00e9el pur et \u00e0 revivre ces moments en un peu plus grands que ce qu'ils \u00e9taient peut-\u00eatre.<\/pre>\n\n\n\n<p><strong>Lundi&nbsp;: Orage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019orage est venu comme il \u00e9tait annonc\u00e9. Pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 du vent serviteur, entour\u00e9 d\u2019\u00e9clairs en lances aiguis\u00e9es, accompagn\u00e9 des tambours danseurs po\u00e9tiques, de la pluie amazone puissante.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019orage est venu comme je l\u2019attendais, dans la nuit allong\u00e9e. Endormie je guettais n\u00e9anmoins, les fen\u00eatres grandes ouvertes pour l\u2019accueillir avec sa cour majestueuse. Les roulements des grosses caisses battues de bras souverains se rapprochaient, des lumi\u00e8res encore lointaines irradiaient, signalaient l\u2019entr\u00e9e des dieux. Je savais qu\u2019il faudrait bient\u00f4t ouvrir les yeux pour me laisser transpercer par les blanches piques jet\u00e9es jusque dans mes t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019orage est venu comme il \u00e9tait l\u00e0 tout autour et mes yeux devant lui \u00e0 s\u2019ouvrir ren\u00e2claient. Quelque chose les en emp\u00eachaient. Peut-\u00eatre ne fallait-il pas ce jour-l\u00e0 se tenir face \u00e0 lui. Peut-\u00eatre fallait-il uniquement le ressentir. Peut-\u00eatre voulait-il que nul ne l\u2019observe. Tout juste mes paupi\u00e8res se fissuraient, d\u00e9j\u00e0 des clignements incessants les rabattaient. Je sentais les fl\u00e8ches de lumi\u00e8re gicler au travers mais rien, impossible alignement du regard et du combat du ciel livr\u00e9 \u00e0 la terre. Le vent s\u2019abattait sur le lit, la pluie moullait de quelques gouttes les draps, la pi\u00e8ce tonnait de toute part et les yeux tourn\u00e9s vers l\u2019int\u00e9rieur. Seule la peau voyait, touchait, sentait.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019orage est venu comme j\u2019ai tent\u00e9, tent\u00e9 encore mais sans moi les agapes se sont consum\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong><em>Je n'arrivais vraiment pas \u00e0 ouvrir les yeux pour cueillir un \u00e9clair, je luttais contre moi-m\u00eame!<\/em><\/strong><\/pre>\n\n\n\n<p><strong>Dimanche&nbsp;: Pierre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a au pied de la falaise un toit. Et sur le toit il y a une pierre. Une pierre plus grande que le toit. Je regarde sid\u00e9r\u00e9e et amus\u00e9e. Qui de la pierre&nbsp;? Qui du toit&nbsp;? Qui a d\u00e9pos\u00e9 l\u00e0 cette pierre si massive&nbsp;? Qui a b\u00e2ti ici le toit&nbsp;aux tuiles si fragiles&nbsp;? Il y a au pied de la falaise des humains qui ont \u00e9difi\u00e9 la ville au-dessus en-dessous dedans. Il y a dans la ville des pierres peintes d\u2019ocre aux nuances fatigu\u00e9es. Il y a dans les pierres un petit bout de l\u2019\u00e2me de la falaise qui tient tout, la ville et les gens et les toits et les maisons et les repas et les rues et les pas dans la ville et les visages de la ville. Il y a au pied de la falaise.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"640\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Sans-titre-1024x640.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-42205\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Sans-titre-1024x640.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Sans-titre-420x262.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Sans-titre-768x480.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Sans-titre-1536x960.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Sans-titre.png 1993w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong><em>Mais c'est fou me suis-je dit la roche et le toit!<\/em><\/strong><\/pre>\n\n\n\n<p><strong>Samedi&nbsp;: Roue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une roue qui ne tourne pas est une roue sans vocation. Est une roue sans vie. Les trois derri\u00e8res elles tournent pourtant. Restent fig\u00e9es la roue et moi \u00e0 la contempler. Les frottements du sol n\u2019y font rien. La roue ne tourne pas. Elle n\u2019a que faire du monde qui tourne, des orbites plan\u00e9taires car elle se veut un soleil. Que tout tourne autour, vas-y tourne tourne. Ne pas tourner c\u2019est choisir d\u2019\u00eatre le c\u0153ur. Que tout valse, que tout tangue. Tournicote le monde \u00e0 son entour. Un c\u0153ur est une roue immobile. Mais une roue sans vie c\u2019est la mort alors, une roue qui ne tourne mais d\u00e9tourne le bon sens. Elle se joue du temps qui s\u2019enroule et ride tout ce qui vit. Trop vieille pour tous ces tours qu\u2019elle conna\u00eet par c\u0153ur. Elle sait les tours de magie, la trappe, le lapin, la manche, le sabre. A ce jeu, tourne en rond petit patapon, on ne l\u2019y prend plus. Une roue qui ne tourne pas est une roue qui a tout compris.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong><em>Juch\u00e9e sur mes rollers que je n'avais pas chauss\u00e9s depuis 10 ans au moins. La roue avant, pied droit: y'a quelque chose qui cloche avec cette roue.<\/em><\/strong><\/pre>\n\n\n\n<p><strong>Vendredi&nbsp;: Place<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un caf\u00e9 sur la place inond\u00e9e d\u2019ombre pour quelques minutes encore. Quelques minutes ou trois gorg\u00e9es solitaires, c\u2019est selon. Le temps est doux lorsque les passants se font secondes hautes en couleur. Secondes de robes \u00e0 fleurs croisant parfois un regard, d\u2019une seconde \u00e0 l\u2019autre, pas plus, milli\u00e8mes en shorts bleus, centi\u00e8mes en tenue du dimanche, mais c\u2019est bien vendredi peu importe on a le temps ici. Le caf\u00e9 est trop chaud alors les secondes passent, animales. Caniche noir trotte minuscule, teckel en pavane fra\u00eechement peign\u00e9, chat esseul\u00e9 comme moi \u00e0 mon caf\u00e9 traverse le temps \u00e0 pas feutr\u00e9s. Des secondes boulang\u00e8res, c\u2019est la queue qui s\u2019\u00e9tire, lente commence au soleil se termine en petite monnaie que je devine, mitraille d\u00e9pos\u00e9e contre un pain paysan, tranch\u00e9. Le temps se d\u00e9coupe le plus finement possible et fond sur la langue le jambon sur la table d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, il savoure le p\u00e9p\u00e9 de son geste ralenti, sa main trouble dans l\u2019assiette retrouve toute sa l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 il a d\u00fb en voir passer des voies lact\u00e9es enti\u00e8res de secondes au temps arrach\u00e9es parce qu\u2019il ferme les yeux et savoure toujours plus les fines lamelles de la b\u00eate tu\u00e9e. Le caf\u00e9 mouille maintenant les l\u00e8vres sans br\u00fbler, une gorg\u00e9e, toute petite pour ne pas brusquer le sablier. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, ici m\u00eame, une bi\u00e8re \u00e9gr\u00e8ne son chapelet de bulles mais il ne faut pas trop tarder, avaler ce qui p\u00e9tille frais avant que les rayons ne prennent place et que leur chaleur ne renvoie toutes les secondes aux abris. Le caf\u00e9 solitaire, derni\u00e8re goutte, derni\u00e8re seconde, se lever. Quitter l\u2019espace, temps d\u00e9licieux de la place, que ce qui a \u00e9t\u00e9 suspendu reprenne son vol.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em><strong>Il<\/strong> <strong>n'y a rien de plus beau que la solitude d'un caf\u00e9 en terrasse car tout devant soi peut gagner en magie si on la laisse agir<\/strong><\/em>.<strong><em> J'y crois.<\/em><\/strong><\/pre>\n\n\n\n<p><strong>Jeudi&nbsp;: Train<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e9puisant de rater un train sur le quai, quand il a fallu poursuivre une valise aux roulements capricieux, essuyer son front, pour rien esp\u00e9rer pour une fois le retard. C\u2019est fatigant de rater exactement un train vingt et une minutes avant le coup de sifflet. Parce qu\u2019ailleurs un d\u00e9tour touristique a pris son temps. Parce qu\u2019un pont en travaux oblige aux chemins de traverse. C\u2019est lassant de voir ma journ\u00e9e sortir de son lit et d\u00e9verser toutes ses incertitudes en travers d\u2019une trajectoire pourtant si bien balis\u00e9e. Tout aurait \u00e9t\u00e9 si facile si seulement si. Monter dans le train. Caler la valise (ne pas l\u2019oublier en sortant). S\u2019assoir dans le sens de la marche ou \u00e0 contre-courant&nbsp;peu importe. A c\u00f4t\u00e9 d\u2019une m\u00e8re son enfant au sein accroch\u00e9 ou \u00e0 la fen\u00eatre pour regarder tout ce qui peu d\u00e9filer. Deviner la musique de celui qui \u00e9coute trop fort. Se demander ce qu\u2019elle tape fr\u00e9n\u00e9tiquement sur son clavier, elle travaille c\u2019est s\u00fbr quel courage. Attendre l\u2019uniforme \u00ab&nbsp;messieurs dames contr\u00f4le des billets&nbsp;\u00bb. Ecouter la petite voix <em>prochain arr\u00eat<\/em>. R\u00eavasser comme seulement on se perd dans un train que l\u2019on n\u2019a pas rat\u00e9. Observer les nouveaux arriv\u00e9s <em>y\u2019a dla place l\u00e0-haut&nbsp;?<\/em>. C\u2019est rageant de rater pr\u00e9cis\u00e9ment un train vingt et une minutes avant <em>attention au d\u00e9part<\/em>. Que faire alors de ce temps, hein&nbsp;? Je languis que se dissipe tous les si, j\u2019attends que l\u2019espoir totalement s\u2019\u00e9vanouisse, je m\u2019attarde \u00e0 croire vraiment aux trois mots qui hantent ma moelle \u00e9pini\u00e8re <em>pas si grave<\/em>, je joue \u00e0 l\u2019architecte le fusain dans la main dans la t\u00eate dessine un plan B en trois D, c\u2019est le b.a.-ba. Triangulation d\u2019une journ\u00e9e presque d\u00e9j\u00e0 avort\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong><em>Ce jour-l\u00e0, j'ai su que j'avais rat\u00e9 mon train pr\u00e9cis\u00e9ment vint et une minute avant son d\u00e9part. D\u00e9sabus\u00e9e.<\/em><\/strong><\/pre>\n\n\n\n<p><strong>Mercredi&nbsp;: Lucane<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Entre le fromage et le dessert il apporte sur la table un pot de confiture. Sans confiture. Dedans il y a d\u2019abord une forme noire. Dedans il y a un col\u00e9opt\u00e8re. Dedans il y a un lucane, can\u00e9. Une part de moi quitte la table et devient insecte, virevolte au-dessus de son cong\u00e9n\u00e8re. Le cerf-volant ne goutera plus ni le ciel, ni le ch\u00eane qu\u2019il l\u00e9chait goulument. Il ne se dressera plus fier cerf face aux courtisans de sa belle, biche patientant, combien de temps encore, se d\u00e9lectant du jus \u00e9pais suave sucr\u00e9 de l\u2019arbre dans la for\u00eat. Il a attendu lui dans le verre, viss\u00e9, herm\u00e9tiquement, ferm\u00e9. <em>Regardez les enfants ce que je vous ai trouv\u00e9&nbsp;!<\/em> <em>Il bouge pas papi, il ne pouvait pas respirer<\/em>. <em>Quand j\u2019\u00e9tais jeune \u00e0 \u00e7a on en voyait mais maintenant c\u2019est d\u2019une raret\u00e9<\/em>. Le pot de confiture sans confiture mais vide pour de bon a \u00e9t\u00e9 referm\u00e9, le cerf-volant a \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 car le tiramisu est arriv\u00e9. J\u2019en prends une pleine assiette.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong><em>J'aime les col\u00e9opt\u00e8res. Vivants.<\/em><\/strong><\/pre>\n\n\n\n<p><strong>Mardi&nbsp;: Sueur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Trois-cent-soixante-mille kilom\u00e8tres au compteur qui font la fiert\u00e9 des enfants <em>\u00e7a c\u2019est un achat rentabilis\u00e9 maman<\/em> et l\u2019air chaud qui s\u2019accumule au rythme des aller-retours. Transpirer, respirer, transpirer. Les cuisses collent au si\u00e8ge, les mains collent au volant, les lunettes glissent sur le nez. Et la sueur qui serpente qui sournoise entre la viscose et la peau. Quelle id\u00e9e du coton il fallait. Une goutte de sueur n\u00e9e \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du genou chatouille maintenant le mollet. Tonton, copine, courses. Trente-cinq degr\u00e9s \u00e7a fait combien de gouttes de sueur accumul\u00e9es. Visualiser. Goutte. \u00c0. Goutte. Kilom\u00e8tre. Apr\u00e8s. Kilom\u00e8tre. Les pores font cascade de sel. Ce pourrait \u00eatre saisissant, une statue de sel au volant d\u2019une voiture sur la route \u00e9lanc\u00e9e. Fen\u00eatres ouvertes pourtant, le corps entier se fait liquide. Ce pourrait \u00eatre stup\u00e9fiant, un \u00eatre lymphatique au volant d\u2019une automobile accroch\u00e9e au bitume qui lui aussi, colle les pneus, colle les paysages, trouble l\u2019horizon. La sueur habite d\u00e9sormais le pli du bras, une goutte d\u00e9gringole d\u2019une aisselle. Elle envahit kilom\u00e8tre apr\u00e8s seconde chaque fragment d\u2019\u00e9piderme. Jamais elle n\u2019arr\u00eate. Elle conquiert et r\u00e9pand une moiteur g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Inutile de lutter. Ne reste \u00e0 lui opposer que le terrain des id\u00e9es. Celle du gla\u00e7on qui craque timidement au contact de l\u2019eau. Celle de la source cach\u00e9e sous la montagne. Celle de la cheville t\u00e9m\u00e9raire glac\u00e9e dans la rivi\u00e8re. Celle du sorbet au citron qui ferme les yeux au contact de la langue. Je suis arriv\u00e9e, tremp\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video aligncenter\"><video height=\"1080\" style=\"aspect-ratio: 1920 \/ 1080;\" width=\"1920\" controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/source.mp4\" playsinline><\/video><\/figure>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong><em>J'ai tremp\u00e9 une cheville dans l'eau de cette source un peu plus haut dans la montagne. C'\u00e9tait un autre jour, plus tard que la sueur au kilom\u00e8tre. Mais j'y ai repens\u00e9 comme un sursaut en m\u00eame temps que saisie par la sensation glac\u00e9e.<\/em><\/strong><\/pre>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Codicille: J&rsquo;aime beaucoup les petits riens. Alors cet exercice de \u00ab\u00a0se rendre disponible \u00e0 la trace du r\u00e9el\u00a0\u00bb m&rsquo;a plu. 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