{"id":42580,"date":"2021-07-30T19:13:57","date_gmt":"2021-07-30T17:13:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=42580"},"modified":"2024-10-15T11:33:38","modified_gmt":"2024-10-15T09:33:38","slug":"testard_fait_un_livre_6_1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_fait_un_livre_6_1\/","title":{"rendered":"#\u00e9t\u00e92021 #06 | Derniers jours (escalier)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"la_grenouille\">Le noir n&rsquo;a pas de phrase. N&rsquo;a pas de liaison. N&rsquo;a pas de sujet. Pas les mots. Les mots peuvent en cacher un autre, un mot pour un autre. Le noir n&rsquo;a personne pour le dire. Propose, ne se prononce pas. Ne s&rsquo;entretient pas, n&rsquo;entretient pas de liaison. Ne veut rien dire. Le noir ne dit rien. Noir est l&rsquo;essaim de tous les mots. Le noir le mot noir. Dans le noir les papillons. Dans le noir les cafards. Les t\u00e9g\u00e9naires. Dans le noir ainsi, les mots. Font, ont leur vie. Aujourd&rsquo;hui la grenouille. La grenouille est rose. Elle n&rsquo;est pas \u00e9cras\u00e9e, elle est \u00e9tendue, elle est longue, la d\u00e9tente, la route est encore mouill\u00e9e et elle est rose. Elle est pos\u00e9e. Rose p\u00e2le et ti\u00e8de, et chaude, rose de crevette, les pattes comme des doigts effil\u00e9s, palmes pour ongles, un \u00e9corch\u00e9 de main de pianiste, pianoteuse \u00e0 deux doigts, palm\u00e9s, la main comme un gant retourn\u00e9, gant de vaisselle rose de saumon p\u00e2li, lisses pattes arri\u00e8res sur le ventre rose cuisses grosses comme le doigt, crue. Inanim\u00e9e est \u00e9tendue. Se r\u00e9chauffe, morte est de couleur vive, \u00e0 la route ti\u00e8de, la route fume, la pierrade \u00e0 goudron, la pluie, l&rsquo;\u00e9t\u00e9, la cuisson basse temp\u00e9rature, bienfaits, la grenouille au grand jour. Elle n&rsquo;aura pas fini de traverser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"le_pignon\">Il est gris. Il a pris des tra\u00een\u00e9es grises. Avec le temps. Il est le pan de mur derri\u00e8re la porte du garage. Quand elle est ouverte. Il est le coin de mur. Je l\u00e8ve la t\u00eate. Nous nous faisons face. Il est le temps. J&rsquo;ai le temps.&nbsp;(Je suis presque en avance. Je suis en avance sur la maisonn\u00e9e. Pour une fois je ne cours pas derri\u00e8re : est-ce que tout est ferm\u00e9 ? est-ce que tout est bien \u00e9teint, avez-vous tout ? je suis sorti et je suis dans la rue.)&nbsp;Je suis avec le temps.&nbsp;(L&rsquo;autre jour j&rsquo;ai lessiv\u00e9 l&rsquo;int\u00e9rieur de ce battant-l\u00e0 de la porte du garage, le seul que l&rsquo;on ouvre, nous ouvrons, l&rsquo;auto n&rsquo;entre pas dans le garage, le garage d\u00e9borde, jamais dans la maison, elle dort dehors, j&rsquo;ai effac\u00e9 les traces du mucus des limaces, mais ce sont des escargots, je ne les ai jamais vus, brillantes, sinueuses dans le noir de suie ou de poussi\u00e8re, ou s&rsquo;il est le noir d&rsquo;\u00e9chappement, il est l&rsquo;\u00e9chappement des v\u00e9hicules, nombreux v\u00e9hicules, quotidiens, qui s&rsquo;arr\u00eatent au stop, il est l&rsquo;\u00e9chappement de l&rsquo;auto du voisin, par exemple, un Captur, d\u00e9marrant chaque matin, qu&rsquo;il stationne quasiment devant, c&rsquo;est-\u00e0-dire : devant sa porte d&rsquo;entr\u00e9e, comme nous, moi : sous le lampadaire devant notre sortie de garage, le lampadaire de la rue qui fait une lampe de chevet \u00e0 notre chambre, \u00e0 notre sommeil, extinction des feux \u00e0 minuit, pas avant, je me suis escrim\u00e9 plusieurs minutes contre la porte, le battant, le tenant \u00e0 bout de bras gauche au niveau du loquet tandis que la main de mon bras droit frottait, maintenant la pression et afin qu&rsquo;elle ne recule pas sous elle, de l&rsquo;inconv\u00e9nient d&rsquo;\u00eatre droitier, les bras ainsi crois\u00e9s devant moi dans cet acharnement \u00e0 faire dispara\u00eetre, \u00e0 ne laisser aucune trace de, de mon, passage, ainsi assujetti au battant gauche, si on la consid\u00e8re de l&rsquo;int\u00e9rieur, de la porte, sans avoir un regard pour le mur, le haut pan du mur derri\u00e8re, sans un regard non plus, d&rsquo;ailleurs, ni m\u00eame une pens\u00e9e, pour l&rsquo;ext\u00e9rieur de ladite porte, je porte des \u0153ill\u00e8res, tel est l&rsquo;uniforme du quotidien.)&nbsp;Il s&rsquo;est gris\u00e9.&nbsp;(Le temps non. Le temps est clair. Le temps s&rsquo;est \u00e9clairci avec le jour qui penche vers sa fin, comme il est fr\u00e9quent.)&nbsp;J&rsquo;ai le temps et avec lui, la vision du pignon sud de la maison. On est hier (avant-hier du coup). Le temps l&rsquo;a gris\u00e9, il est sale, se couvre de tra\u00een\u00e9es grises, de coulures qui s&rsquo;\u00e9talent, que le mur boit, ou absorbe, le cr\u00e9pi gris\u00e9, il a noirci, des salissures noires, \u00e0 noir\u00e2tres quand j&rsquo;ouvre la porte, il se cache derri\u00e8re la porte, l&rsquo;ouverture de la porte du garage le cache, me le cache, \u00e0 moi, le gris, le sale est incrust\u00e9, il est dans le cr\u00e9pi (que je ne fais pas nettoyer parce que je ne suis pas le propri\u00e9taire, parce que je n&rsquo;aurai jamais de maison*, parce que je suis \u00e0 la porte, l\u00e0, \u00e0 la porte du garage, \u00e0 la place des poubelles, quand je les sors, et que je l\u00e8ve la t\u00eate, je ne l\u00e8ve jamais la t\u00eate, j&rsquo;ai les yeux sur l&rsquo;herbe, les m\u00eames herbes qui poussent, repoussent dans les fissures, dans les bas des murs quand je sors, pour les arracher). Je m&rsquo;attarde sur le pignon sud c\u00f4t\u00e9 garage dans la rue, seul, la rue vide, le temps, la salissure sur un mur, celui que les automobilistes, les conducteurs, conductrices et conducteurs, celui que les usagers de la route quittant la vall\u00e9e, qui s&rsquo;arr\u00eatent au stop pour quitter la vall\u00e9e voient, peuvent voir au passage, au stop, celui que je pourrais voir, \u00e0 la surface duquel je pourrais me perdre si je me penchais (dans la position la plus inconfortable : comme dans un \u00e9chafaud) par le velux de notre chambre qui se trouve au-dessus du garage contre ce pignon que les phares des autos \u00e9clairent quand le ballet, le balayage des phares dans la nuit et d\u00e8s avant l&rsquo;aube fait tourner le lotissement sur lui-m\u00eame, glisser les ombres pointues des maisons sur les toits, les fa\u00e7ades des maisons voisines comme des draps glissent, comme des couettes tombent dans le sommeil ou l&rsquo;insomnie (ce qui sans doute me r\u00e9veille \u00e0 cette heure avanc\u00e9e de la nuit avec le mal de mer, de terre), parce que j&rsquo;attends pr\u00e8s de l&rsquo;auto, parce que je suis pr\u00eat, parce que je suis le seul qui le soit, parce que j&rsquo;aime : j&rsquo;aime la sensation, non, l&rsquo;\u00e9tat, comme un plateau, d&rsquo;\u00eatre pr\u00eat, de m&rsquo;\u00eatre pr\u00e9par\u00e9, de n&rsquo;avoir, n&rsquo;avoir eu, que \u00e7a \u00e0 faire (pour une fois) : me pr\u00e9parer, j&rsquo;aime attendre et voir venir et (\u00eatre soudain vid\u00e9 par l&rsquo;attente, sentir l&rsquo;air passer et) \u00eatre plant\u00e9 l\u00e0 (sentir l&rsquo;aventure. L&rsquo;aventure qu&rsquo;il y a \u00e0 \u00eatre plant\u00e9) au milieu de la rue et regarder ce que la rue voit, la rue seule, ce que la route qui dessert la rue voit, ce qui se voit de ma vie, de mon habitat, de mon milieu de la route, de mes conditions d&rsquo;apparition (et par un infime d\u00e9placement, \u00e0 un pas pr\u00e8s, c&rsquo;est \u00e0 deux pas, pas de c\u00f4t\u00e9 me retrouver) debout sur la bande blanche de signalisation du stop, de l&rsquo;obligation faite \u00e0 tout v\u00e9hicule de s&rsquo;arr\u00eater, marquer l&rsquo;arr\u00eat afin d&rsquo;effectuer les contr\u00f4les visuels qui permettent de s&rsquo;assurer de la possibilit\u00e9 de poursuivre, avancer, imaginer sur chaque bande blanche quelqu&rsquo;un debout, \u00e0 la surface du territoire, sur chaque segment blanc des mat\u00e9rialisations au sol de l&rsquo;obligation faite \u00e0 tout conducteur de c\u00e9der le passage quelqu&rsquo;un, imaginer des grilles de gens, que des gens poussent sur les bandes blanches, des barrages filtrants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"l_escalier\">Dans le noir. Il y a un escalier. Est-ce qu&rsquo;il descend ou qu&rsquo;il monte ? Chaque marche est une r\u00e9percussion, dans r\u00e9percussion, il y a percussion, r\u00e9percute, de percussion en percussion se noie, de marche en marche, il y a noyade. Des mots dans le noir. Il descend, dans le noir, les doigts vont \u00e0 l&rsquo;interrupteur, les doigts ont des yeux dans le noir, le noir a des tentacules \u00e0 bouts de bras, le noir est la maison des bras, les bras tendus dans le noir, les mots, les sens des mots se perdent, dans le noir, les bras ont tous les sens, les doigts, une \u00e9tincelle, est-elle verte ? verte luisante ? un orage ou quoi dans l&rsquo;interrupteur interrompt la VMC, \u00e0 l&rsquo;interruption, sans un clic dans les doigts, coupe le souffle de la maison, dans le noir il y a une poign\u00e9e, le mot poign\u00e9e, b\u00e2ille, fait b\u00e2iller la porte, b\u00e9er, pousse le volet dans la nuit, entreb\u00e2illement il y a une b\u00e9ance, qui est-il ? Les mots se fondent dans le noir, les uns, des sucres, dans les autres. Les couleurs noy\u00e9es. Il y a un escalier**. Haut, bas, c&rsquo;est en bas de l&rsquo;escalier il y a les mots, dans le noir, les bons, les non, dans le noir le mot nuit. La nuit est grise. Est dehors. La nuit est en grisaille. D&rsquo;une grisaille soutenue, dense, profonde. Noire, est gorg\u00e9e. La nuit est immobile et sans un souffle. Sans un souffle d&rsquo;usine. Sans un souffle de deux-voies. Deux fois. La nuit s&rsquo;avance sans un oiseau, \u00e0 la porte, et la porte pass\u00e9e, dans un frisson d&rsquo;arbre, dans les arbres, dans la masse des arbres*** qui se d\u00e9tache sur le massif noir, l&rsquo;\u00e9paisseur, sur le fond, l&rsquo;intensit\u00e9, sur le ciel \u00e9toil\u00e9, qui s&rsquo;\u00e9toile, se d\u00e9couvre, s&rsquo;ouvre, qui maintenant, peu \u00e0 peu, d&rsquo;\u00e9toile \u00e0 \u00e9toile, \u00e9toile par, apr\u00e8s \u00e9toile, s&rsquo;\u00e9toile, les arbres s&rsquo;\u00e9tendent, il y a une d\u00e9tente, un espace, les arbres des jardins, les jardins voisins, sont une \u00eele. Ils sont une seule \u00eele, l&rsquo;\u00eele d\u00e9colle, se d\u00e9ploie sur le fond noir, le fond d&rsquo;\u0153il, le fond d&rsquo;\u00eele, il y a des mots dans le noir qui appellent, c&rsquo;est \u00e0 un mot que j&rsquo;ai ouvert, qui est-il ? \u00c0 un mot pr\u00e8s j&rsquo;ouvre la porte, il y a un mot d&rsquo;\u00eele en \u00eele. D&rsquo;arbre en arbre. En \u00e9toile. Qui a dit ? Les mots sont mes oiseaux de nuit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">***Que sont des arbres sans un bruit, sans s&rsquo;\u00e9battre, qui s&rsquo;\u00e9cartent, dans l&rsquo;avanc\u00e9e d&rsquo;escalator sans \u00e0-coup, sans degr\u00e9 comme poisson nage, un poisson se glisse ? Je suis le seul vent. Je me contiens. Qui suis-je ? \u2014 O\u00f9 me suis-je dit que le vent \u00e9tait ce solitaire ? Que je me rappelle&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"le_r\u00e9veil\">Aujourd&rsquo;hui (l&rsquo;autre jour) le r\u00e9veil au milieu de l&rsquo;herbe, au milieu du pr\u00e9, au milieu du village au milieu de la for\u00eat, au milieu du jour. Les meilleurs sommeils sont ceux qui ne vous s\u00e9parent pas du mouvement de l&rsquo;avanc\u00e9e du ciel, de ses m\u00e9tamorphoses, sont de ces sommets, o\u00f9 les souffles du vent vous confondent avec l&rsquo;herbe, avec l&rsquo;air. Les plus beaux sommeils sont lumineux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"l_\u00e9changeur\">L&rsquo;\u00e9changeur monte dans les frondaisons des robiniers. Dans la splendeur des arbres. Des verts. (De l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Est-ce lui ?)&nbsp;Virant toujours. Dans la lumi\u00e8re. Le jour qui se l\u00e8ve. Qui d\u00e9cline. C&rsquo;est \u00e9gal. Qu&rsquo;il d\u00e9vale toujours. Montant toujours. Ce qui compte c&rsquo;est les retrouvailles. Que nous tournions. Comme l&rsquo;\u00e9t\u00e9 n&rsquo;en finit pas d&rsquo;atteindre son point culminant. Son pic ou plateau de verdure et floraisons, aujourd&rsquo;hui (avant-avant avant-hier) les arbres aux papillons, leurs immenses hampes \u2014 d&rsquo;o\u00f9 est-ce que je sors le mot ? D&rsquo;o\u00f9 est-ce que je les sors tous ? Qui me les a appris ? Combien sont-ils ? Si l&rsquo;\u00e9t\u00e9 est un massif, je veux dire, si la saison, cette saison-l\u00e0 comme nulle autre, est une montagne, les \u00e9changeurs routiers en repr\u00e9sentent les cols. Il me donne le vertige. Mes mains sont moites dans les descentes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"le_sucre\">**Les mots fondent comme des sucres dans la nuit. Les marches. Se descendent. Se montent. Tout un escalier se fond et dissout dans la nuit. Qui est une construction, qui est-il ? il fait nuit, se r\u00e9sorbe et se lisse, dans le noir, est sans asp\u00e9rit\u00e9. Le noir n&rsquo;a que des contours \u00e0 caresser, on y entre sans fin, sans rien qui touche, il n&rsquo;a pas de fond, que du fondu au noir, il est le noir de l&rsquo;encre. Le noir de la nuit : noir de l&rsquo;encre aussi. D&rsquo;encre noir sur le blanc de l&rsquo;aube. Sur le point du jour, la nuit, est sucre fondu entre les jours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 Le dessous de ton pied colle, tu dis. Tu as trouv\u00e9 aujourd&rsquo;hui du sucre dans l&rsquo;escalier. Et tu as demand\u00e9 qui c&rsquo;\u00e9tait. Le dessous sucr\u00e9 de ton pied.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"les_canyons\">L&rsquo;\u00e9changeur descend dans un canyon de ronces, de cl\u00e9matites, de sureaux \u2014 je les invente, je les reconstitue. Je les monte de toutes pi\u00e8ces. J&rsquo;\u00e9cris. Chaque phrase est un degr\u00e9 de cet escalier qui glisse et se d\u00e9robe. De voir de l&rsquo;escalator ainsi partout, je d\u00e9duis mon degr\u00e9 d&rsquo;impr\u00e9gnation automobile. La m\u00e9tamorphose est presque achev\u00e9e. Bonne pour les \u00e9changeurs, les n\u0153uds routiers. Ils sont nombreux. Ils ont l&rsquo;ombre pour eux. Ils vous d\u00e9sorientent, s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas le soleil. Mais \u00e0 force le soleil tourne aussi. Quelle mati\u00e8re se laisse p\u00e9n\u00e9trer ainsi dans l&rsquo;\u00e9changeur ? Qui est l\u00e0 ? Quelles retrouvailles ? Avec l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et la vitre baiss\u00e9e, je suis comme \u00e0 fleur d&rsquo;auto. Je ne sais plus si je conduis ou si je me laisse emporter. J&rsquo;affleure, c&rsquo;est moi. Le cimeti\u00e8re du Blanc-Mesnil est au milieu de Garonor, en plein milieu de mon apr\u00e8s-midi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"le_pignon_2\">*L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9, je passerai ma vie \u00e0 c\u00f4t\u00e9. (En cela ne serai jamais gilet jaune ?) \u00c9crire, je n&rsquo;aurai qu&rsquo;une priorit\u00e9. La priorit\u00e9 infinie, je ne quitterai plus le rond-point. \u2014 D&rsquo;acc\u00e8s, je n&rsquo;ai que les rampes et les bretelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"l_\u00e9pigramme\">Je lis quelque chose \u00e0 propos d&rsquo;existences \u00e9pigrammatiques (Ranci\u00e8re, <em>Les bords de la fiction<\/em> \u00e0 propos d&rsquo;Hugo, <em>Les mis\u00e9rables<\/em>). Elles sont des formes de vie qui tiennent en des formes de fiction, en une figure de style, qui se tiennent sur un fil entre ce qui se raconte et ce qui ne se raconte pas, en est digne et n&rsquo;en est pas. Ce fil court \u00e0 travers le volume des livres. Des instantan\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"la_dame\">Dans l&rsquo;auto pour nous faire vacciner : \u00ab On t&rsquo;attendait. Un camion est arriv\u00e9 avec des toilettes de chantier. Derri\u00e8re ta voiture \u00e9tait stationn\u00e9e. J&rsquo;arrive par derri\u00e8re, je vais pour monter, je m&rsquo;aper\u00e7ois que ce n&rsquo;est pas toi, il y a une dame dedans, avec des lunettes, \u00e0 ta place, je me dis : il a quoi mon p\u00e8re ? je regarde ta plaque\u2026 \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle n&rsquo;aura pas fini de traverser. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_fait_un_livre_6_1\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#\u00e9t\u00e92021 #06 | Derniers jours (escalier)<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":334,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2069,2070,2523,2535],"tags":[],"class_list":["post-42580","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-2021-faire-un-livre","category-pete-2021-progression","category-livre-6","category-progression-6-kafka"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42580","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/334"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=42580"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42580\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":172759,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42580\/revisions\/172759"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=42580"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=42580"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=42580"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}