{"id":43554,"date":"2021-08-04T11:15:32","date_gmt":"2021-08-04T09:15:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=43554"},"modified":"2021-08-09T13:11:51","modified_gmt":"2021-08-09T11:11:51","slug":"p6-2-cafe-pour-penser","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p6-2-cafe-pour-penser\/","title":{"rendered":"#P6 (2) Caf\u00e9 pour penser"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Le matin toujours, vers le milieu, le temps est doux, peut-\u00eatre gris mais pas de pluie, le bruit des derni\u00e8res gouttes qui glissent tranquillement des feuilles, peut-\u00eatre du vent qui pousse les cheveux dans la bouche, il vient de l\u2019ouest. C\u2019est l\u00e0, sur un angle de la vieille table en bois, grise par les ann\u00e9es avec ses petites touches de mousse bien verte h\u00e9riss\u00e9e de brins dress\u00e9s et ses plaques de lichen p\u00e2le, l\u2019angle qui est au soleil \u00e0 10h en ao\u00fbt, la meilleure place sur le banc. Le bois s\u2019effrite, se gondole mais r\u00e9siste aux hivers, aux \u00e9t\u00e9s, nous ne prenons plus le temps de le prot\u00e9ger, cette table que l&rsquo;on imaginait indestructible sera un jour recouverte par le ch\u00e8vrefeuille et les ronces, joli refuge indiscernable, int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la for\u00eat. En dessous la barre pour poser les pieds, les pieds la cherchent machinalement, au dessus les larges lattes espac\u00e9es offrent une surface irr\u00e9guli\u00e8re, la tasse repose en \u00e9quilibre, la tasse pr\u00e9alablement chauff\u00e9e pour que le caf\u00e9 ne ti\u00e9disse pas, \u00e7a g\u00e2cherait tout. On dit que le caf\u00e9 chasse les id\u00e9es noires, le caf\u00e9 qui doit presque br\u00fbler avec les g\u00e2teaux qui ne doivent pas se dissoudre d\u00e8s qu\u2019on les trempe, le mode d&#8217;emploi est simple si la qualit\u00e9 est l\u00e0, une fois plong\u00e9 dans la tasse pouvoir le ressortir entier et en croquer un morceau, le laisser fondre dans la bouche et l\u2019avaler avec une gorg\u00e9e. Le caf\u00e9 produit son effet, les pens\u00e9es flottent doucement dispers\u00e9es en petits ilots, la clart\u00e9 pourrait venir, le regard sur le potager ou sur la for\u00eat, inventaires divers, possibles trajectoires, fatigue de ce qui reste \u00e0 faire, r\u00eaves d\u2019une autre disposition, d\u2019un autre lieu. Le bruit frissonnant des arbres jamais le silence, toujours quelque part une tron\u00e7onneuse ou une tondeuse, toujours aussi les oiseaux, les pigeons sur un m\u00eame rythme, un truc comme \u00e7a \u266a\u2669. \u2669 \u266b, des aboiements, en bas sur sa terrasse la voisine t\u00e9l\u00e9phone laissant son hautparleur, \u00e7a permet de suivre les nouvelles, c\u2019est familier, \u00e7a enveloppe. <br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-small-font-size\" style=\"background-color:#eff8f6;color:#590b7e\"><em><strong>Codicille :<\/strong> Seule &#8211; je ne suis pas s\u00fbre de comprendre la proposition, je ne connais pas le journal de Kafka et la lecture plusieurs fois recommenc\u00e9e des<\/em> <em>extraits ne m\u2019\u00e9claire pas ni ne m\u2019inspire. Je laisse infuser, lis les textes de l\u2019atelier, admirative souvent mais perplexe aussi quand aux diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations, j\u2019ai compris deux exercices, s\u00e9par\u00e9s. Ce qui m\u2019aide c\u2019est cette id\u00e9e de fatiguer le texte, d\u00e9marrer le premier bloc et y revenir chaque jour, et je suis toujours \u00e9tonn\u00e9e de ce qui vient petit \u00e0 petit avec ce temps n\u00e9cessaire et cet effort indispensable, il faudra beaucoup de semaines, c\u2019est s\u00fbr que les mots ne coulent pas mais la r\u00e9f\u00e9rence aux gammes me parle bien, je connais cette exp\u00e9rience et j\u2019aime le moment o\u00f9 \u00e7a y est, c\u2019est fluide, c\u2019est agr\u00e9able\u2026alors j\u2019ai confiance.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le matin toujours, vers le milieu, le temps est doux, peut-\u00eatre gris mais pas de pluie, le bruit des derni\u00e8res gouttes qui glissent tranquillement des feuilles, peut-\u00eatre du vent qui pousse les cheveux dans la bouche, il vient de l\u2019ouest. 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