{"id":43757,"date":"2021-08-03T10:06:12","date_gmt":"2021-08-03T08:06:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=43757"},"modified":"2021-08-09T13:15:22","modified_gmt":"2021-08-09T11:15:22","slug":"p6-si-peu-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p6-si-peu-2\/","title":{"rendered":"#P6 Si peu\/ 2"},"content":{"rendered":"\n<p>Le regard au bord du sol, la t\u00eate loin de la main et de ses soubresauts d\u2019\u00e9criture, les cloches n\u2019en finissant pas d\u2019\u00e9grener le chapelet de l\u2019heure, puis de le signifier une nouvelle fois au cas o\u00f9 l\u2019on aurait \u00e9t\u00e9 distrait, avant de s\u2019\u00e9lancer dans une glorification du milieu du jour, l\u2019ang\u00e9lus disait-on autrefois, mais qui sait aujourd\u2019hui ce que repr\u00e9sente l\u2019ang\u00e9lus et qui respecte cette halte de pri\u00e8re, ou tout simplement de pause&#8230; Tout cela s\u2019entend et les heures continuent de passer alors m\u00eame que dans la t\u00eate tout se ralentit ou s\u2019\u00e9puise. Dans le pr\u00e9 au-dessus de la maison, des g\u00e9nisses broutent en cadence, levant parfois une t\u00eate curieuse vers cette silhouette \u00e9trange et solitaire. Les solitudes se toisent. L\u2019air glisse devant, des voix se d\u00e9tachent, des bruits de vaisselle qui cogne des surfaces \u00e9maill\u00e9es venant de la maison d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, mais ne pas bouger, rester dans cette attente solitaire qui esp\u00e8re un chemin autre, neuf, dans le mirage des mots, aux abords de ce qui se tient \u00e0 distance, que l\u2019on tient \u00e0 distance. L\u2019apr\u00e8s-midi sera lourd, \u00e0 l\u2019abri du rideau aux grosses fleurs, laides, finit-on par penser, mais qui fait semblant de contenir la chaleur au-dehors. Le temps passe entre pages d\u2019un livre qui se tournent et d\u00e9tournent des pens\u00e9es sauvages. Dehors rien ne change de place et cette immobilit\u00e9 creuse, perfore ce qui reste d\u2019esprit, s\u2019installe dans les failles d\u00e9j\u00e0 ouvertes. Alors des \u00e9clats naissent, des \u00e9clats ou peut-\u00eatre simplement des rides fr\u00e9missent aux tempes et le monde autour semble changer. Trois pas et de nouveau assise sur les marches de b\u00e9ton qui m\u00e8nent au jardin. Les yeux se posent sur une branche de l\u2019\u00e9pic\u00e9a qui remue avec lassitude et happe la pupille. Des bribes de lumi\u00e8re s\u2019infiltrent et jouent avec l\u2019\u0153il. Derri\u00e8re soi, la maison vide, mais encore emplie des joies d\u2019avant, celles qui ne seront plus. Garder la position de l\u2019enfant, sur ces marches de l\u2019escalier, et attendre. Et si tout s\u2019\u00e9vaporait enfin&#8230;Une question est en train de s\u2019esquisser, une d\u00e9cision se prendre&nbsp;: s\u2019affranchir du pass\u00e9, des r\u00e8gles qui g\u00e8rent le s\u00e9jour ici, n\u00e9cessaire, mais tellement lourd. La branche d\u2019\u00e9pic\u00e9a continue ses soubresauts, et la pens\u00e9e l\u2019imite, faisant des aur\u00e9oles sous un ciel calme. S\u2019extraire du jardin et de ses lianes, aller marcher sur les chemins du soir, droit vers l\u2019ouest pour que tout se calme, se pose, se range peut-\u00eatre. Le soleil s\u2019abaisse doucement. Les beaux arbres de la for\u00eat d\u2019en-bas enroulent leurs bras, enla\u00e7ant ce qui ne se voit pas. Se promener au travers des plaies du cr\u00e9puscule et des ombres informes. Le pour et le contre aff\u00fbtent leurs arguments&nbsp;: rester, partir, tel est le choix. Les ailes des anges sombres effleurent le dos, les champs au bord du chemin s\u2019emplissent de nuit o\u00f9 se heurtent les pens\u00e9es. On voudrait bien entendre une voix dire ce qu\u2019il faut. Au retour dans le jardin, m\u00eame le tremble s\u2019est tu. Avec les yeux du dedans, se laisser descendre vers un infini, une source, sans savoir o\u00f9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le regard au bord du sol, la t\u00eate loin de la main et de ses soubresauts d\u2019\u00e9criture, les cloches n\u2019en finissant pas d\u2019\u00e9grener le chapelet de l\u2019heure, puis de le signifier une nouvelle fois au cas o\u00f9 l\u2019on aurait \u00e9t\u00e9 distrait, avant de s\u2019\u00e9lancer dans une glorification du milieu du jour, l\u2019ang\u00e9lus disait-on autrefois, mais qui sait aujourd\u2019hui ce que <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p6-si-peu-2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#P6 Si peu\/ 2<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":75,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2070,2535],"tags":[],"class_list":["post-43757","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-pete-2021-progression","category-progression-6-kafka"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43757","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/75"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=43757"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43757\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=43757"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=43757"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=43757"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}