{"id":43936,"date":"2021-08-04T15:14:56","date_gmt":"2021-08-04T13:14:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=43936"},"modified":"2021-08-09T18:54:23","modified_gmt":"2021-08-09T16:54:23","slug":"l7-les-marees-heure-par-heure-direct","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l7-les-marees-heure-par-heure-direct\/","title":{"rendered":"#L7 | Les mar\u00e9es heure par heure"},"content":{"rendered":"\n<p>Codicille : Cohabitent ici : <em>le journal de la semaine en cours<\/em>, <span style=\"text-decoration: underline;\">les condens\u00e9s des propositions pr\u00e9c\u00e9dentes<\/span>, <strong>leurs ramifications en attentes<\/strong>, des premiers jets r\u00e9pondant tant bien que mal \u00e0 ces attentes. La r\u00e9partition sur le mod\u00e8le \u00a0\u00bb \u00e0 chaque jour suffit sa peine\u00a0\u00bb. Je doute que tout \u00e7a soit lisible, mais c&rsquo;est le danger du direct\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"762\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/5102264187_383923ac15_b.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-43947\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/5102264187_383923ac15_b.jpg 762w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/5102264187_383923ac15_b-313x420.jpg 313w\" sizes=\"auto, (max-width: 762px) 100vw, 762px\" \/><figcaption>\u00a9 Kate Jessup<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Lundi = <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chapitre-du-passage-des-eaux\/\">L1 | Chapitre du passage des eaux<\/a><\/h1>\n\n\n\n<p><em>On a install\u00e9 \u00e0 mon intention une petite table \u00e0 battants pr\u00e8s de la fen\u00eatre de la chambre bleue, o\u00f9 nous sommes le plus souvent log\u00e9s quand nous visitons la famille. Une table avec vue sur le vert, la grande mare cornichon, les arbres magnifiques et la pluie cat\u00e9gorique. Elle est \u00e0 peine plus large que le carnet o\u00f9 je tiens le journal. Le journal priv\u00e9, qui depuis le passage de Kafka raconte beaucoup d\u2019histoires. Des histoires de voisins surprises et de g\u00e9ographie sentimentale de l\u2019Atelier. Mais il en va ainsi du journal depuis son commencement : il change souvent d\u2019avis sur sa fonction, ou plut\u00f4t il est tout occup\u00e9 d\u2019aider \u00e0 \u00e9crire et cela l\u2019oblige \u00e0 visiter des domaines tr\u00e8s divers et non celui seul de l\u2019introspection de d\u00e9tail<em>. Le journal avec quoi je commence cette semaine d\u2019\u00e9criture d\u2019ici, sur cette petite table en esp\u00e9rant que la m\u00e9t\u00e9o me permette de retrouver la grosse table en bois flanqu\u00e9e de bancs, o\u00f9 j\u2019\u00e9crivais sous l\u2019arbre il y a un an de cela. C\u2019est une maison de famille, mais c\u2019est une famille par alliance. C\u2019est une maison de vacances pour certain.es d\u2019entre nous, mais habit\u00e9e \u00e0 l\u2019ann\u00e9e par ses deux accueillants propri\u00e9taires. Finalement, il n\u2019en va pas si diff\u00e9remment du Tiers-Livre, et de l\u2019atelier. J\u2019\u00e9cris ici pendant une semaine chaque \u00e9t\u00e9 depuis cinq ans. C\u2019est bien d\u2019y revenir justement cette semaine. C\u2019est sur cette table de bois que l\u2019an dernier j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019atelier, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019Osmin, jusque-l\u00e0 bon second couteau, a pris la guide. \u00c9crire \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019atelier, qu\u2019est-ce que je veux dire par l\u00e0 ? Ce moment o\u00f9 on se demande si on ne va pas arr\u00eater les propositions parce que \u00ab<\/em>\u2009<em>\u00e7a va quelque part<\/em>\u2009<em>\u00bb et qu\u2019il faut \u00eatre l\u00e0 pour noter les indications de cet itin\u00e9raire in\u00e9dit. Mais finalement, \u00e0 grand renfort de notes, je pr\u00e9f\u00e8re rester avec l\u2019Atelier&nbsp;: plus par crainte de me perdre, mais par go\u00fbt de l\u2019aventure collective qu\u2019il repr\u00e9sente.<\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Suite (et fin\u2009?) du journal d\u2019un jeune m\u00e9decin \u00e9cossais coop\u00e9rant \u00e0 la Caravane Kafila. Il ne peut s\u2019emp\u00eacher de s\u2019imaginer ce que deviennent deux voyageurs qui avaient rejoint l\u2019exp\u00e9dition dans des conditions assez tragiques.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p><strong><strong>Le journal du m\u00e9decin, d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit, appelle \u00e0 retouches et \u00e0 expansion. Tr\u00e8s vite, il m\u2019appara\u00eet que j\u2019\u00e9cris l\u00e0 le d\u00e9but de l\u2019histoire de mes deux personnages principaux, il s\u2019agit en fait de la fin du livre. Cette inversion, ce retournement, offre une grande libert\u00e9 pour redistribuer et retravailler des textes plus anciens dans l\u2019\u00e9criture, mais \u00e0 venir dans l\u2019histoire. Une id\u00e9e nouvelle semble surgir de ce texte. O. a peur de l\u2019eau. Reprise du prologue que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 approfondi au-del\u00e0 de ces cent mots r\u00e8glementaires\u2009? Jeu po\u00e9tique\u2009? N\u00e9cessit\u00e9 dialectique pour faire consister une relation bas\u00e9e sur une tr\u00e8s grande fascination , un tr\u00e8s grand amour\u2009? En relisant l\u2019ensemble des textes, je m\u2019aper\u00e7ois que l\u2019eau, bien qu\u2019absente de tout l\u2019\u00e9pisode viennois, est tr\u00e8s pr\u00e9sente ailleurs (ainsi que dans d\u2019autres \u00e9crits). La relation contrari\u00e9e d\u2019O. avec toutes les formes de l\u2019eau, son long chemin vers elles, leurs retrouvailles co\u00efncidant avec le moment de v\u00e9rit\u00e9 du personnage, voil\u00e0 sans doute l\u2019armature du livre. Son squelette secret.<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mardi = <\/strong><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/trois-points-dombre\/\"><strong>L2<\/strong> | Trois points d\u2019ombres<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p><em>Un genre de rendez-vous semble se dessiner avec cette petite table sous les coups de 18h. C\u2019est l\u2019heure o\u00f9 les petits sont occup\u00e9s d\u2019eux-m\u00eames, la grande machine du repas pour douze n\u2019a pas encore demand\u00e9 son tribu de chair, personne ne semble trop se soucier de moi. Le plancher en papier de cigarette me rend un compte pr\u00e9cis des agitations de la cuisine o\u00f9 \u00e7a crie, sans col\u00e8re, mais par principe puisqu\u2019on interpelle de l\u00e0 toutes les autres pi\u00e8ces du vaste rez-de-chauss\u00e9e sous les pr\u00e9textes les plus futiles (une histoire de rami est \u00e0 la man\u0153uvre), par pure jouissance vocale. En me faufilant dans les trous de la vie en collectivit\u00e9, brillante dans mon r\u00f4le de g\u00e2te-sauce, garde ponctuelle d\u2019enfants, grande ordonnanci\u00e8re des vaissell<em>es, j\u2019ai trouv\u00e9 le moyen d\u2019\u00e9crire beaucoup aujourd\u2019hui et compte bien pers\u00e9v\u00e9rer.(Ce but doit \u00eatre bien clair si l\u2019on ne veut pas se perdre en vains chemins, comme dit P\u00e9trarque, c\u2019est-\u00e0-dire accorder trop d\u2019importance aux histoires de radis, de crottes de canards, au travers des un.es et des autres tr\u00e8s souvent livr\u00e9s en p\u00e2ture lors de ce genre de r\u00e9union sous un m\u00eame toit \u2014 qu\u2019on semble tent\u00e9 d\u2019\u00e9crire sans T, trop souvent). J\u2019ai donc travaill\u00e9 ce matin dans le grand salon clair \u00e0 inventorier les fragments concern\u00e9s par cette nouvelle proposition et travailler \u00e0 un minimum de codification entre eux pour ne pas me perdre dedans. J\u2019ai lu et comment\u00e9 en retour un petit paquet de textes, m\u2019appuyant un moment sur la grande qualit\u00e9 de ce qui se trouve dans notre atelier, pour retrouver mon souffle. Du d\u00e9jeuner, il y aurait beaucoup \u00e0 dire, mais je crois que j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 l\u2019essentiel gr\u00e2ce aux travaux \u00ab<\/em>\u2009<em>g\u00e9n\u00e9alogiques<\/em>\u2009<em>\u00bb de certain.es d\u2019entre nous&nbsp;: \u00e0 savoir que l\u2019(auto)biographie familiale n\u2019a pour moi d\u2019int\u00e9r\u00eat que dans ce qu\u2019elle tisse comme relation avec le monde, au-del\u00e0 de sa narration pure et simple (les deux adjectifs le plus mal choisis pour qualifier ce type de r\u00e9cit !). Cet apr\u00e8s-midi je suis retourn\u00e9e \u00e9crire dehors, sous le h\u00eatre rouge de l\u2019an pass\u00e9. Je dois v\u00e9rifier que le texte que j\u2019\u00e9crivais alors figure bien dans mon manuscrit. Il m\u2019avait beaucoup d\u00e9stabilis\u00e9&nbsp;: il ouvrait une voie vers un genre diff\u00e9rent qui pouvait \u00eatre suivie ind\u00e9pendamment de tout le reste. Mais je vois les choses bien diff\u00e9remment \u00e0 pr\u00e9sent. Cette voie, mon personnage peut l\u2019emprunter et la fuir. C\u2019est d\u2019ailleurs le conseil que je lui ai donn\u00e9 dans #L5 (cf. Coule \u00e0 flots et emporte tout sur ton passage). J\u2019ai pris le temps d\u2019avancer encore un peu dans Valet Noir et alors que je pr\u00e9vois d\u2019\u00e9crire une variation sur l\u2019\u00e9pisode d\u2019Ulysse et des Sir\u00e8nes depuis #L5 (d\u00e9finitivement profitable), voil\u00e0 qu\u2019Ulysse appara\u00eet et pr\u00e9cis\u00e9ment dans cet \u00e9pisode \u00e0 la page&nbsp;131. Je me promets d\u2019\u00e9crire un message \u00e0 l\u2019auteur depuis des semaines (je lis lentement), les co\u00efncidences se bousculent si nombreuses qu\u2019on dirait la fin de l\u2019ann\u00e9e dans l\u2019escalier d\u2019un pensionnat de jeunes filles\u2026<\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Trois points d\u2019ombre comme celles qui apparaissent sur les radiographies. Tumeurs\u2009? Zones de floues b\u00e9nignes\u2009?<\/span><\/p>\n\n\n\n<p><strong><strong>Bouleversement de l\u2019omnipr\u00e9sence de la maladie, du temps compt\u00e9 dans ce r\u00e9cit qui pourtant m\u2019occupe depuis de nombreuses ann\u00e9es. Ces nouvelles entr\u00e9es soulignent ces points d\u2019importance pour moi. Selim \u2014 le sain \u2014 c\u2019est le nom qu\u2019O. choisit pour cet homme qu\u2019il d\u00e9cide de sauver, de r\u00e9parer. Je pense \u00e0 une version de la Jeune Fille sans mains, que je n\u2019avais pas convers\u00e9 dans mon livret. Fuyant avec son enfant sur le dos la menace de mort de son mari, elle se penche au-dessus d\u2019un puits pour tirer de l\u2019eau. L\u2019enfant tombe dans le puits. Les mains de la m\u00e8re repoussent d\u2019un coup. Enfant j\u2019\u00e9tais une fan de l\u2019<em>Incroyable Hulk<\/em>, j\u2019\u00e9tais viss\u00e9e devant la t\u00e9l\u00e9 pour chacune de ces apparitions. Les Comics ne m\u2019int\u00e9ressaient pas. Hulk, c\u2019\u00e9tait un vrai film, avec un acteur qui pris par la col\u00e8re ou l\u2019urgence se d\u00e9multipliait, ses muscles verts r\u00e9duisant ses habits en lambeaux. La sainte col\u00e8re\u2026 Pour le livret j\u2019ai fait le choix d\u2019une repousse des mains par la patience et la paix, en sept ann\u00e9es. Qu\u2019est-ce que c\u2019est sauver quelqu\u2019un\u2009? Ou le maintenir dans la vie\u2009? Avec le S\u00e9rail, je maintiens dans ma vie une aventure d\u2019abord v\u00e9cue, humaine artistique, avant d\u2019\u00eatre litt\u00e9raire. L\u2019\u00e9crit la prolonge. En donnant quelques mois, ann\u00e9es, de mon temps, je l\u2019inscris dans une dur\u00e9e qui me d\u00e9passe. Il y a quelque chose de ce type que je pressens dans l\u2019\u00e9change entre O. et Selim, dans la cr\u00e9ation de Selim par O. \u00c0 ma grande surprise, je me rends compte que je me suis toujours tromp\u00e9e sur ce premier voyage. Ils ne sont pas deux \u00e0 traverser, mais trois. La troisi\u00e8me, je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9crite. Il s\u2019agit maintenant d\u2019en faire une compagne de voyage. C\u2019est d\u2019autant plus n\u00e9cessaire qu\u2019elle pourra porter t\u00e9moignage, relayer le journal du m\u00e9decin. On ne peut pas compter sur Selim, qui est myst\u00e9rieux comme Salammb\u00f4 ni sur O. dont la relation au langage et \u00e0 l\u2019existence est pour lui-m\u00eame une \u00e9nigme, pour s\u2019acquitter de cette charge narrative. Donc, je r\u00e9introduis la Soigneuse, plus t\u00f4t, plus importante. C\u2019est l\u2019occasion d\u2019\u00e9crire sur les plantes, d\u2019affirmer une filiation avec <em>Herbes et Golems<\/em> de Manuela Draegger.<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mercredi = <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l3-toutes-les-formes-de-leau\/\">L3 | Toutes les formes de l\u2019eau<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p><em>Aujourd\u2019hui, j\u2019\u00e9cris dans le bureau. On me l\u2019a laiss\u00e9 g\u00e9n\u00e9reusement pour que je puisse assister au zoom qui d\u00e9cale mon rendez-vous quotidien de journal. D\u2019ordinaire, il int\u00e9resse beaucoup mon beau-fr\u00e8re, un financier norv\u00e9gien qui depuis l\u2019arriv\u00e9e de son deuxi\u00e8me enfant g\u00e8re toutes ses affaires en ligne. Mais m\u00eame pour la finance, c\u2019est la premi\u00e8re semaine d\u2019ao\u00fbt. Le bureau a une vue sur le jardin (je devrais dire le domaine vu la dimension du terrain, mais nos beaux-parents s\u2019en occupent avec un tel soin et une telle inventivit\u00e9 qu\u2019il n\u2019est pas possible de laisser courir son regard sans qu\u2019il soit arr\u00eat\u00e9 par cent recoins charmeurs et intimes. Il faut vraiment aller \u00e0 la cl\u00f4ture pour voir au loin). Une chemin\u00e9e fort grande pour cette petite pi\u00e8ce me fait face, occup\u00e9e par un mince po\u00eale cylindrique en fonte, les deux \u00e9galement d\u00e9coratifs et obsol\u00e8tes en cas de coup de froid. Mais si tout le monde se plaint du temps \u00e0 plein-temps (\u00e0 l\u2019exception des enfants et de moi, puisque nous avons d\u2019autres chats \u00e0 fouetter), l\u2019heure n\u2019est pas encore \u00e0 la flamb\u00e9e. Demain, para\u00eet-il, il y aura un feu de camp\u2026 Pour l\u2019heure, bott\u00e9s et encapuchonn\u00e9s les braves sont partis couper le saule et rabattre le noisetier. L\u2019envergure de Mathilde qui d\u00e9gage une grande branche feuillue la montre dans toute sa magnificence de d\u00e9esse tut\u00e9laire. H\u00e9las, \u00e0 16&nbsp;ans, on ne voit pas ces choses-l\u00e0.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Tentatives fa\u00e7on tentacules d\u2019invention des relations aquatiques \u00e9volutives d\u2019O. Avec l\u2019eau.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab<\/em><\/strong><strong>\u2009<\/strong><strong><em>Je vois que je me suis tromp\u00e9e. Il n\u2019a pas le mal de mer. Il est plein de terreur comme ce marin d\u2019Ulysse\u2026 celui dont le bouchon de cire, trop fin, laissait passer le chant des sir\u00e8nes. Jusqu\u2019ici, seule cette histoire semble lui apporter un peu de paix. Je l\u2019ai envelopp\u00e9 dans ce tapis qu\u2019ils emportent partout avec eux. J\u2019ai toujours peur qu\u2019il se d\u00e9ploie sans prendre garde et m\u2019assomme d\u2019un coup de son menton, d\u2019un brusque mouvement du coude<\/em><\/strong><strong>\u2009<\/strong><strong><em>\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cette histoire, il faudra l\u2019ajouter. Mieux que le d\u00e9tail du voyage, les histoires pourront dire ce qui pour O. est un temps immobile (je pense \u00e0 l\u2019<em>Heptam\u00e9ron,<\/em> encore une histoire d\u2019eau pour irriguer 70&nbsp;r\u00e9cits).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Jeudi = <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l4-outils-et-refuges\/\">L4 | Outils et refuges<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p><em><em>Retour dans la chambre. Jeu pense imm\u00e9diatement \u00e0 un \u00e9change avec Christiane Mansaud autour de A room of one\u2019s own, l\u2019analogie qu\u2019elle fait avec A room with a View, ma traduction pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e du titre, Une Pi\u00e8ce bien \u00e0 Soi, la fa\u00e7on douce dont elle dit s\u2019accommoder de la chambre, ici (de cette traduction-l\u00e0<\/em>\u2009<em>? De celle o\u00f9 elle \u00e9crit<\/em>\u2009<em>? Myst\u00e8re). Avant le confinement, je n\u2019\u00e9crivais jamais dans ma chambre, sauf \u00e0 l\u2019h\u00f4tel. J\u2019\u00e9crivais au caf\u00e9 (sur des tables en Formica), dans la cuisine, en pensant \u00e0 Tseta\u00efeva&nbsp;:<\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>Dans la journ\u00e9e\nje n\u2019arrive jamais \u00e0 lire ni \u00e0 \u00e9crire, les t\u00e2ches quotidiennes\nempi\u00e8tent m\u00eame sur la nuit, car je n\u2019ai que deux mains.<\/em>\n<\/pre>\n\n\n\n<p><em><em>Quand bien m\u00eame j\u2019\u00e9crivais plut\u00f4t de jour. J\u2019ai r\u00e9cemment d\u00e9couvert deux choses&nbsp;: la premi\u00e8re c\u2019est l\u2019agr\u00e9ment d\u2019\u00e9crire dans une pi\u00e8ce bien \u00e0 moi (que nous appelons le Polit Buro depuis que nous avons emm\u00e9nag\u00e9). Tr\u00e8s haut plafond d\u2019un blanc qui en a vu d\u2019autres, mais murs largement lambriss\u00e9s dissimulant de profonds placards cam\u00e9l\u00e9ons, moquette vert olive pass\u00e9, elle n\u2019a longtemps abrit\u00e9 qu\u2019un petit bureau de bois de m\u00eame teinte que les murs. Deux fen\u00eatres dont une plus \u00e9troite mont\u00e9e d\u2019un verre \u00e0 relief, de sorte que j\u2019\u00e9cris soustraite aux regards. Il y a quelques mois, un lampadaire sur pied assez imposant et disposant de plus de t\u00eates que l\u2019hydre de l\u2019Herne a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion d\u2019une d\u00e9nomination alternative&nbsp;: l\u2019Empire des Cinq Ampoules. En face du bureau, sous une reproduction miniature de l\u2019arbre \u00ab<\/em>\u2009<em>remember the treason trial<\/em>\u2009<em>\u00bb de William Kentridge, un fauteuil en plastique noir et rouge dans la famille depuis la fin des ann\u00e9es soixante peut \u00e9ventuellement accueillir une visite\u2026&nbsp;<\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"860\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Kenteidge-tree.jpg.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-44293\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Kenteidge-tree.jpg.webp 800w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Kenteidge-tree.jpg-391x420.webp 391w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Kenteidge-tree.jpg-768x826.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em><em>La seconde d\u00e9couverte est moins heureuse et plus banale, c\u2019est l\u2019installation d\u2019un bureau dans notre chambre \u00e0 Aubervilliers. Si je vivais seule, ce ne serait pas la m\u00eame chanson, mais l\u00e0 il a fallu ruser pour d\u00e9limiter un espace, faire croire \u00e0 un bureau pendant les heures de visios interminables qui ont \u00e9t\u00e9 notre quotidien cette ann\u00e9e. J\u2019ai l\u00e0-bas le nez sur le mur et un petit paravent pour cacher ce travail que je ne saurais voir au moment du sommeil sans polluer durablement mes nuits. J\u2019ai chin\u00e9 un meuble noir, assez massif (il p\u00e8se un \u00e2ne mort, disons clairement la chose) et marqu\u00e9 du sceau du chic pratique de mon adolescence (Habitat). Il me fait penser \u00e0 un petit bateau, un optimiste. Je suis s\u00fbre qu\u2019il flotterait en cas d\u2019inondation, de naufrage de l\u2019immeuble. Sur le mur tra\u00eenent encore les Post-its de l\u2019\u00e9t\u00e9 dernie<\/em>r, <em>quand je courais deux li\u00e8vres \u00e0 la fois pendant l\u2019atelier.<\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"843\" height=\"632\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/120761030_3586454678073875_715313884605329517_n.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-44299\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/120761030_3586454678073875_715313884605329517_n.jpg 843w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/120761030_3586454678073875_715313884605329517_n-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/120761030_3586454678073875_715313884605329517_n-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 843px) 100vw, 843px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Cet \u00e9t\u00e9, en tous cas, d&rsquo;o\u00f9 que j&rsquo;\u00e9crive, j&rsquo;ai une chambre avec vision(s).<\/p>\n\n\n\n<p><strong><strong>La Sentimenth\u00e8que telle qu\u2019inscrite ici, je la vois plus clairement \u00e0 pr\u00e9sent se ramifier dans mes \u00e9crits, rhizomes, rejetons, essaimages\u2026 Le retour \u00e0 cette forme de l\u2019essentiel, l\u2019acceptation de ses lacunes, de ses gens, de ses manquements, m\u2019am\u00e8ne \u00e0 reconsid\u00e9rer mon livre, mon livre absolu, celui vers lequel penche mon c\u0153ur, dans sa forme. Et se nomment ainsi quelques points (essentiels, donc)&nbsp;:<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Pouvoir \u00eatre lu par fragment, qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019ordre de lecture autre que celui d\u00e9j\u00e0 assez limitatif de l\u2019\u00e9criture de gauche \u00e0 droite. Le\u00e7on r\u00e9p\u00e9t\u00e9e du <em>Dictionnaire Khazar et du<\/em> Carnet <em>d\u2019or<\/em><\/strong><\/li><li><strong>Laisser voir la fa\u00e7on de l\u2019\u00e9criture et son lien indissoluble avec la parole, comment les histoires s\u2019inventent et s\u2019amendent et parfois aussi dans quel but premier. Laisser appara\u00eetre le lieu de la conversation des conteurs (<strong>du latin&nbsp;<em>conversatio,&nbsp;<\/em>le fait de vivre avec, de fr\u00e9quenter, de s\u00e9journer, de se tenir habituellement dans un lieu.<\/strong>) Cf<em> le<\/em> <em>Conteur<\/em>,<em> <\/em>mais tout aussi bien les \u00e9changes avec Laurent Peyronnet et l\u2019atelier Cendrillon avec Martine Tollet.<\/strong><\/li><li><strong>Accueillir la cohabitation des genres. Lui faire de la place. Prose et po\u00e9sie, mais aussi le roman noir, la fantaisie, les r\u00eaves, les mythes, la satire sociale\u2026<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>\u2014&nbsp;Regarde\u2009! Je les ai mis dans l\u2019ordre chronologique. Le Journal du Docteur Rybiord, le jeune fran\u00e7ais de la caravane\u2026<br>\u2014 Je ne me souviens pas de lui<br>\u2014 \u2026 c&rsquo;est lui qui a soign\u00e9 Selim. <br>\u2014 Je ne me souviens pas.<br>\u2014 Lui se souvient de toi, tu verras. L\u00e0, les r\u00e9cits de Baba, ma grand-m\u00e8re (c\u2019est mon \u00e9criture et celle de ma m\u00e8re, elle n\u2019a jamais su. Nous avons pris sous sa dict\u00e9e et ajout\u00e9 de m\u00e9moire). Les t\u00e9moignages du Chiffre qui est venu nous visiter au Liban quand j\u2019\u00e9tais enfant. Les traces de la diaspora du S\u00e9rail, des cartes postales, quelques lettres, des articles de journaux. Regarde\u2009! Tu peux les prendre dans tes mains.<br>\u2014&nbsp;Et les carnets d\u2019or par terre\u2009?<br>\u2014&nbsp;\u00c7a, c\u2019est la vie que j\u2019ai imagin\u00e9e. La vie que je t\u2019ai imagin\u00e9e quand je suis arriv\u00e9e au bout des souvenirs de Baba. Ton voyage, Osmin. Ton voyage jusqu\u2019\u00e0 moi.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vendredi = <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l5-beaute-beton-libre-et-puissant-cameleon\/\">L5 | Beaut\u00e9, b\u00e9ton, libre et puissant cam\u00e9l\u00e9on <\/a><\/h2>\n\n\n\n<p><em><br>J\u2019\u00e9cris d\u00e8s le matin, repli\u00e9e ici, \u00ab\u2009en mes appartements\u2009\u00bb. Je me suis lev\u00e9e fort t\u00f4t pour m\u2019acquitter de t\u00e2ches qui facilitent la vie en communaut\u00e9. Pour dire aussi&nbsp;: Lili was here, comme on laisse un graffiti sur un monument historique. Le monumental, c\u2019est cette vie collective m\u00eame. Non pas celle ponctuelle des r\u00e9sidences de cr\u00e9ation, des troupes, mais des familles, des maisons de familles enracin\u00e9es dans des g\u00e9n\u00e9rations de quotidien, de non-dits, de malentendus (peut-il jamais y avoir autre chose entre les \u00eatres humains que le malentendu\u2009? (Tragique, doux, comique, \u00e9trange, vivable, v\u00e9cu\u2026) Mais la famille porte si fort le fantasme de la fusion que c\u2019est le lieu par excellence o\u00f9 on ne veut pas en admettre l\u2019existence, de cet \u00e9cart entre ce que je dis et ce que suis, entre ce que je dis et ce que tu entends. Sous le toit familial, le moi l\u2019emporte d\u2019une grande longueur sur le je, d\u2019ailleurs. C\u2019est un jour de f\u00eate, je les redoute entre tous&nbsp;: sa tension s\u2019organise sourdement depuis une semaine, aujourd\u2019hui en sera le comble. Bref, j\u2019\u00e9cris t\u00f4t le journal. J\u2019ai lu. C\u2019est toujours la meilleure chose \u00e0 faire. Je renoue encore une fois avec les techniques \u00e9labor\u00e9es dans l\u2019enfance \u00e0 gauche et \u00e0 droite et les trop longues vacances populeuses, loin du giron maternel, dans la pr\u00e9carit\u00e9 renouvel\u00e9e des cousinades trop occasionnelles, dans la perplexit\u00e9 chaleureuse de mes tantes \u2014 pauvre gosse\u2009! \u2014&nbsp;: le livre ouvert en son milieu, pos\u00e9 sur le lit, couverture au ciel, est la plus s\u00fbre des cabanes contre le loup d\u00e9vorateur, un abri antinucl\u00e9aire contre l\u2019atomisation, une grotte de Lascaux prot\u00e9g\u00e9e d\u2019une trop forte exposition. Pour entrer dedans, il faut garder cela \u00e0 l\u2019esprit en le saisissant \u2014 soit \u00e0 deux mains, soit en glissant le majeur le long de la reliure, index et annulaire de part et d\u2019autre de la couverture, tandis que l\u2019auriculaire et le pouce se calent confortablement contre les pages de gauche et de droite \u2014. <\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"731\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/11845242_996108960441806_5534791752903378832_o-1024x731-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-44402\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/11845242_996108960441806_5534791752903378832_o-1024x731-1.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/11845242_996108960441806_5534791752903378832_o-1024x731-1-420x300.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/11845242_996108960441806_5534791752903378832_o-1024x731-1-768x548.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Quand je parviens \u00e0 lire un livre, c\u2019est-\u00e0-dire quand j\u2019ai une fois de plus appris \u00e0 lire ce livre pr\u00e9cis\u00e9ment, j\u2019ai l\u2019impression de le dompter, d\u2019autre fois, de casser un code. Une bonne dompteuse sait qu\u2019avec le vivant, rien n\u2019est jamais d\u00e9finitif. Mais un petit sourire ancien se dessine encore ce matin sur mes l\u00e8vres, en parvenant aux environs de la page&nbsp;30 \u00e0 entrer dans Sinbad ou la Nostalgie de Gyula Kr\u00f9dy. Je m\u2019y \u00e9tais d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9e, rien de bien compliqu\u00e9 pourtant, mais lire le soir avant le coucher ne me vaut rien que des embrouilles. Je m\u2019\u00e9tais perdue dans les all\u00e9es et venues pourtant pas sorci\u00e8res du h\u00e9ros dans son temps. Ce livre et tant d\u2019autres font partie des rencontres passag\u00e8res pour l\u2019\u00e9criture. Je les somme au moindre indice qu\u2019ils me guideront dans les mondes qui m\u2019int\u00e9ressent ( et qui sont, h\u00e9las et tant mieux, tr\u00e8s nombreux). Je crois que je porte l\u2019espoir secret que l\u2019un d\u2019eux dira exactement ce que je d\u00e9sire lire et qu\u2019alors, je n\u2019\u00e9crirai plus. Nous sommes heureusement fort loin du compte.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><em><strong>plus vrai que b\u00e9ton<\/strong><\/em><br>Le livre est noir. <\/span><br><br><strong>Depuis longtemps j\u2019\u00e9cris sur le sable (!). Je vois enfin la relation avec la ville, ses ch\u00e2teaux de sable. D\u2019autant plus \u00e9tonnant cette longue mise en relation que le danger \u00e9cologique de la surutilisation du sable m\u2019est connu, j\u2019en fais mention dans des textes pr\u00e9c\u00e9dents. J\u2019ai cr\u00e9\u00e9 un personnage, l\u2019Ar\u00e9nophile, qui collectionne et conserve les sables.<br>Mais dans cette citation appliqu\u00e9e \u00e0 faire un livre, c\u2019est le go\u00fbt du roman noir qui d\u2019abord affleure.<\/strong><br><br><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong><em>Le jeu puissant<\/em><\/strong><br>Le livre est un guide de survie. <\/span><br><br><strong>Un des personnages est joueur. Joueur pour gagner, donc un faux joueur, joueur par m\u00e9tis comme Ulysse. Mais je dois rester vigilante \u00e0 ne pas expliciter tous ses tours de survie. Parce que ce ne sont pas tant les moyens qui importent que les m\u00e9tamorphoses.<\/strong><br><br><strong><em><span style=\"text-decoration: underline;\">ses langues cam\u00e9l\u00e9onnes<\/span><\/em><\/strong><br><span style=\"text-decoration: underline;\">Le livre est travers\u00e9 de nombreuses langues, de nombreux alphabets. <\/span><br><br><strong>Il y a des notes de bas de page.<\/strong><br><br>\u2014 Devenir le plus grand m\u00e9t\u00e8que de Vienne. Dispara\u00eetre derri\u00e8re l&rsquo;exotisme,  l&rsquo;allure et le  comportement qu&rsquo;on me pr\u00eatera. Car vois-tu on croit ne pr\u00eater qu&rsquo;aux riches mais on pr\u00eate aussi aux escrocs, ce vilain nom pour parler des prestidigitateurs.<br><br><strong><em><span style=\"text-decoration: underline;\">Avant destruction programm\u00e9e<\/span><\/em><\/strong><br><em><span style=\"text-decoration: underline;\">Le livre fait la nique \u00e0 la destruction programm\u00e9e. Il ne s\u2019agit pas tant d\u2019immortalit\u00e9 que <\/span><\/em><span style=\"text-decoration: underline;\"><em>de deuxi\u00e8me chance.<\/em> <\/span><br><br><strong>Au d\u00e9but de l\u2019histoire, Selim est tr\u00e8s mal en point. Le docteur ne donne pas cher de sa peau. Dans les ann\u00e9es qui suivent, les ann\u00e9es S\u00e9rail, il va tenir gr\u00e2ce aux drogues et aux soins de la Soigneuse. Et un jour, il va lui demander de le sevrer. Et l\u00e0, il y a un retournement. Parce qu\u2019Osmin lui fait une mani\u00e8re de don d\u2019organe vital. Sans le savoir. Je veux reprendre un texte que j\u2019ai \u00e9crit sans le comprendre il y a trois ans&nbsp;: en plein sevrage, O. est persona non grata dans la chambre de Selim. Le voir souffrir le rend fou, le met hors de lui. Il \u00e9coute ses g\u00e9missements, ses fi\u00e8vres, ses r\u00e2les, le front contre le mur de la pi\u00e8ce d\u2019\u00e0-c\u00f4t\u00e9.<br>Depuis que nous faisons un livre, cet \u00e9pisode du sevrage a pris une place beaucoup plus claire. Une partition du r\u00e9cit pourrait \u00eatre&nbsp;: La rencontre \u2014 Le voyage \u2014 Le S\u00e9rail \u2014 Le sevrage \u2014 Le voyage d\u2019O. \u2014 La rencontre \u2014 Le retour. Enfin, \u00e0 ce jour.<\/strong><br><br><strong><em><span style=\"text-decoration: underline;\">L\u2019\u0153uvre de la beaut\u00e9<\/span><\/em><\/strong><br><span style=\"text-decoration: underline;\">Le livre distille une histoire d\u2019eau. <br><\/span><br><strong><strong>Prolongement du Prologue. Rare parole de Selim. Il parle de l\u2019eau, pour apaiser les mauvais moments d\u2019O.Un retour aux textes soufis s\u2019impose pour prolonger cette parole, Bachelard aussi, sans doute. Ensuite, il faudrait faire pleuvoir ces textes ici et l\u00e0. Contrepoint des voix de toutes les formes de l\u2019eau, qui bouleversent O. puisqu\u2019il n\u2019est plus \u00e0 m\u00eame de les entendre.<\/strong>&nbsp;<\/strong><br><br><span style=\"text-decoration: underline;\"><em><strong>L\u2019histoire que tu as crue<\/strong><\/em><\/span><br><span style=\"text-decoration: underline;\">Le livre dit des contes auxquels O. ajoute foi. <br><\/span><br><strong>Il en redemande. Ils le mettent debout. Ils le guident parfois \u00e9trangement, et on se moque d\u2019O. mais in fine, eux seuls montrent une voie qu\u2019il peut suivre.<\/strong><br><br><em><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">broderie du sens<\/span><\/strong><\/em><br><span style=\"text-decoration: underline;\">Le livre po\u00e9tise l\u2019interpr\u00e9tation du monde. La renvoie aux d\u00e9tours de l\u2019enfance r\u00e9confort\u00e9e par la bu\u00e9e contre la vitre.<\/span><br><br><strong><strong>Comment peut-on \u00eatre un G\u00e9nie\u2009?<\/strong> <strong>Je pense au texte des<\/strong><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l2-on-ne\/\"><strong> \u00ab\u2009ON\u2009\u00bb de Gracia Bejjani<\/strong><\/a><strong>. Qui va prendre en charge le r\u00e9cit de cette \u00e9tranget\u00e9 au monde\u2009? O. est tr\u00e8s comment\u00e9 par les autres, observ\u00e9 par la Soigneuse, par le personnel du S\u00e9rail. Mais comment rendre compte de ce qui lui est \u00e9trange, puisqu\u2019il est si taiseux<\/strong>\u2009<strong>? Le r\u00e9cit de son voyage, sa vie imagin\u00e9e peut seule en rendre compte.<\/strong> <strong>J\u2019ai d\u2019autres villes \u00e0 \u00e9crire, des sp\u00e9culations sur le March\u00e9 des Vacillantes, des cartographies telles qu\u2019elles se pr\u00e9sentent \u00e0 son esprit (<em>Marcher alors jusqu\u2019au premier oiseau venu\u2026<\/em>).<\/strong><\/strong><br><br><span style=\"text-decoration: underline;\"><em><strong>en figure libre<\/strong><\/em><\/span><br><span style=\"text-decoration: underline;\">Le livre ne r\u00e9pond qu\u2019\u00e0 lui-m\u00eame. Dedans \u00e7a disait. Meilleure formule \u00e0 ce jour pour donner \u00e0 entendre le monologue int\u00e9rieur d\u2019O.&nbsp;<\/span><br><br><strong>Dans la foul\u00e9e de Vardaman, un grand travail d\u2019\u00e9laboration reste \u00e0 faire. La voix dans O. se m\u00e9tamorphose \u00e0 l\u2019\u00e9gal de la vie dans Selim Bassa. Ces vases communiquent. Il faut donc imaginer cette voix dans son brut et la laisser se polir dans la fr\u00e9quentation d\u2019une humanit\u00e9 d\u2019abord tr\u00e8s exclusive, r\u00e9duite aux deux seules personnes de Selim Bassa et de la Soigneuse, mais s\u2019\u00e9largissant dans l\u2019espace fiable du S\u00e9rail et enfin dans les rencontres de hasard d\u2019un voyage de 25&nbsp;ann\u00e9es.<\/strong><br><br><strong><em><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00e7a te r\u00e9veille une morte<\/span><\/em><\/strong><br><span style=\"text-decoration: underline;\">Le livre cherche \u00e0 gu\u00e9rir. La soigneuse en ses rem\u00e8des. La conjugaison des plantes avec les mots.<\/span><br><br><strong><strong>Les carnets de la Soigneuse. Tout dans la t\u00eate\u2009? Rien d\u2019\u00e9crit de sa main. L\u2019\u00e2ge venant, elle dicte \u00e0 sa fille. Le savoir ne peut pas se perdre. Peut-\u00eatre pour cette raison m\u00eame qu\u2019elle fait un enfant. Au premier signe de faiblesse de sa m\u00e9moire, \u00e0 la premi\u00e8re faille, elle sait qu\u2019il faut agir, transmettre.<\/strong> <strong>Fait-elle un enfant, ou adopte-t-elle \u00e0 son tour comme Selim adopte O.\u2009?<\/strong> <strong>La premi\u00e8re faille, il faudra l\u2019\u00e9crire, sans expliciter ses cons\u00e9quences. Seulement cet instant o\u00f9 elle sait qu\u2019elle a commenc\u00e9 \u00e0 ne plus savoir dans quels bocaux de ses souvenirs se trouve la r\u00e9ponse \u00e0 donner au mal.<\/strong><\/strong><br><br><strong><em><span style=\"text-decoration: underline;\">la peur en de\u00e7\u00e0 de ce qu\u2019il faudrait<\/span><\/em><\/strong><br><span style=\"text-decoration: underline;\">Le livre n\u2019a pas oubli\u00e9 ce qu\u2019il ne peut pas r\u00e9parer, ce qui terrifie et effare.<\/span><br><br><strong><strong>Cette nostalgie de la r\u00e9paration, c\u2019est plut\u00f4t l\u2019affaire de Selim Bassa. Elle passe un temps par le monde clos et donc moins imparfait du S\u00e9rail. Le S\u00e9rail est d\u2019abord un espace o\u00f9 mettre le monde en ordre de beaut\u00e9, de justice, et, aussi \u00e9tonnant que cela semble \u00e0 son nom, trop souvent mal interpr\u00e9t\u00e9, de libert\u00e9. Cela ne dure qu\u2019un temps&nbsp;: <em><a href=\"http:\/\/www.alalettre.com\/poemes-cendrars-tu-es-plus-belle.php\">Quand tu aimes, il faut partir<\/a><\/em>\u2026 Selim tire son \u00e9pingle du jeu et le vide qu\u2019elle laisse rend tout possible. Y compris un livre de ses aventures apr\u00e8s. C\u2019est le cas de chacun des personnages de ce livre, d\u2019ailleurs. Je pense \u00e0 cette vieille dame que sa fille ne voulait plus venir voir ni appeler et qui me disait&nbsp;: \u00ab\u2009C\u2019est dur, oui. Mais elle n\u2019est pas morte. Ce n\u2019est pas comme si elle \u00e9tait morte\u2009\u00bb. Les personnages du S\u00e9rail sont ainsi, en d\u00e9pit de la bri\u00e8vet\u00e9 de leur apparition dans le livre, ils ne sont pas morts, ou ils n\u2019\u00e9taient pas morts&nbsp;: \u00e0 tout moment tant que je serai en mesure des les \u00e9crire, leur pass\u00e9, leur pr\u00e9sent ou leur futur pourra faire un livre.<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Samedi = <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l6-trois-solitudes\/\">L6 | Trois solitudes en bateau<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p><em>Dans l\u2019ind\u00e9cision du soleil, un fauteuil pr\u00e8s de la fen\u00eatre. Tension lasse des veilles de d\u00e9parts&nbsp;: mon calendrier d\u00e9calqu\u00e9 de celui des propositions. Cl\u00f4ture de cette #L7, si prenante, fertile, (\u00e9)puisante. #L8 demain matin, \u00e0 l\u2019heure du d\u00e9part. Pour la premi\u00e8re fois, un certain d\u00e9couragement face \u00e0 la pluie du matin, l\u2019exasp\u00e9ration rab\u00e2ch\u00e9e \u00e0 ce sujet depuis une semaine a fini par me gagner la moelle, plus s\u00fbrement que l\u2019humidit\u00e9. Sentiments voisins&nbsp;: quitter cette grande maison, ses rythmes oblig\u00e9s comme un r\u00e9citatif avec orchestre, son trop-plein de famille, son magnifique isolement vert d\u2019eau, la concentration de survie que son contexte aura permis et sortir de cette semaine de #L7, organis\u00e9e autour de ces fragments m\u00e9thodiques (journal, compression, pistes, tentatives). Dans ces instants liminaires, les enfants pratiquent une politique de la terre br\u00fbl\u00e9e, condensant en une journ\u00e9e toutes les b\u00eatises dont le prochain d\u00e9part les prive. Je suis tent\u00e9e de faire la m\u00eame chose&nbsp;: envoyer promener ma haire et ma discipline et de me recroqueviller dans un fauteuil clair du salon pour lire un polar de Fred Vargas, \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 ma vigilance en 2008 et qui m\u2019a tendu un guet-apens dans la r\u00e9serve de romans noirs des toilettes de l\u2019\u00e9tage au r\u00e9veil. Fran\u00e7oise Renaud a raison&nbsp;: la #L7 est si vaste qu\u2019on n\u2019en viendra pas \u00e0 bout en une semaine, mais pas en deux non plus. Pourtant, elle ne porte pas pour moi ce grand souffle tentateur qui invite au voyage sans retour comme certaines propositions pr\u00e9c\u00e9dentes dans lesquelles j\u2019aurais pu engouffrer un \u00e9t\u00e9 (<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=VLguxPFe5kY\">Parpaing<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article4923\">contre le pass\u00e9 simple\u2026<\/a>). Je l\u2019ai contenue dans cette semaine. Et cette semaine s\u2019ach\u00e8ve.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Trois personnages sur un bateau. L&rsquo;un d&rsquo;eux ne dit rien . On entend pourtant trois voix.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p><strong><strong>Il y a un an et demi, j\u2019ai voulu \u00e0 toute force forc\u00e9e cr\u00e9\u00e9 une narratrice (ou un narrateur), alors m\u00eame que rien ne m\u2019importe autant que <em>l\u2019\u00eelot des voix<\/em> comme dit Fran\u00e7oise Renaud. Une biblioth\u00e9caire arrivait au S\u00e9rail, elle cherchait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment un livre, ne trouvait que le livre des comptes. \u00c7a se refusait. J\u2019insistais. \u00c7a se refusait encore. J\u2019ai battu en retraite. J\u2019ai abandonn\u00e9. Et puis voil\u00e0 qu\u2019une a fini par se proposer qui n\u2019emp\u00eache en rien l\u2019\u00e9criture chorale. L\u2019\u00e9t\u00e9 dernier, par hasard apr\u00e8s que j\u2019ai renonc\u00e9 \u00e0 trop de vraisemblance, \u00e0 trop de logique, \u00e0 un temps compt\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re des montres. Elle collecte autant qu\u2019elle \u00e9crit. Je la suis et accueille \u00e0 nouveau les r\u00e9\u00e9critures et variantes de contes, de r\u00e9cits mythologiques\u2026<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quand Ulysse ligot\u00e9 au m\u00e2t s\u2019est expos\u00e9 au chant des sir\u00e8nes, il en a \u00e9t\u00e9 irradi\u00e9. Elles ont laiss\u00e9 dans son \u00eatre une br\u00fblure comparable \u00e0 celle d\u2019Icare s\u2019approchant du soleil et comme Icare il a \u00e9t\u00e9 purifi\u00e9 de tout ce qu\u2019il y avait de faux en lui, la cire des abeilles, les ailes en plumes de poulet dont son p\u00e8re D\u00e9dale l\u2019avait dot\u00e9\u2026 mais comme \u00e0 Icare, cette puret\u00e9 originelle n\u2019aura servi de rien. Ulysse ne s\u2019est pas retrouv\u00e9 \u00e9parpill\u00e9 en centaines de petits os semblables \u00e0 ceux dont les festins du Minotaure pavent le sol du labyrinthe, mais c\u2019est sous la forme (et non le d\u00e9guisement) d\u2019un vieillard s\u00e9nile qu\u2019il est retourn\u00e9 \u00e0 ensuite \u00e0 Ithaque. Bavant, effar\u00e9 du moindre chant d\u2019oiseau\u2026 Bien s\u00fbr, ce n\u2019est pas ainsi que l\u2019histoire se raconte, mais qui choisit v\u00e9ritablement la part de v\u00e9rit\u00e9 et de mensonge dans les histoires\u2009? Voil\u00e0 ce qui s\u2019est pass\u00e9&nbsp;: P\u00e9n\u00e9lope a empoisonn\u00e9 les pr\u00e9tendants avec un puissant somnif\u00e8re et tandis qu\u2019ils gisaient b\u00e9ats sur la mosa\u00efque, elle a plant\u00e9 dans le c\u0153ur de chacun une fl\u00e8che d\u2019airain \u2014 non sans avoir pris le temps de lui conter une anecdote illustrant le d\u00e9go\u00fbt et le m\u00e9pris que ses manigances lui avaient inspir\u00e9s, bien qu\u2019elle n\u2019en eut rien dit, serrant la rage de ses yeux au plus profond de son sein \u2014. Elle a pris soin ensuite de disposer l\u2019arc entre les mains d\u2019Ulysse, dont les yeux avaient perdu leur couleur. Elle a enfin cousu de toutes ces pi\u00e8ces la l\u00e9gende du retour du roi et du meurtre furieux des pr\u00e9tendants. (Comment elle avait eu la certitude de son identit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 sa r\u00e9ponse exacte au sujet du bois de leur lit nuptial est un autre conte). Elle a d\u00e9pos\u00e9 cette histoire dans l\u2019oreille de celui qui s\u2019\u00e9tait cru jusque-l\u00e0 le plus habile conteur du royaume d\u2019Ithaque. Beau joueur, il l\u2019a propag\u00e9e dans tout le monde connu, non sans l\u2019orner de variations subtiles de fa\u00e7on \u00e0 ce que son inexactitude d\u00e9tourne la curiosit\u00e9 de son inauthenticit\u00e9. Et P\u00e9n\u00e9lope eut alors le grand r\u00e8gne digne que sa sagesse, sa force et sa beaut\u00e9 r\u00e9clamaient depuis vingt \u00e9t\u00e9s et vingts hivers.<br>Mais ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 divulgu\u00e9, c\u2019est ce qui arriva \u00e0 celui des marins d\u2019Ulysse, servi le dernier \u00e0 la distribution de cire. Tandis que ses compagnons, clos herm\u00e9tiquement comme amphores en cale, ramaient m\u00e9caniquement au travers des chants des sir\u00e8nes, celui-l\u00e0, moins bien prot\u00e9g\u00e9, aurait entendu deux choses. La supplication d\u2019Ulysse r\u00e9clamant qu\u2019on le d\u00e9tache du m\u00e2t et l\u2019invitation des sir\u00e8nes \u00e0 toujours revenir dans leurs parages, assortie de la description minutieuse du chemin, mani\u00e8re de carte au tr\u00e9sor dessin\u00e9e entre la mer et le ciel par des sons. Si Ulysse assourdit par les hurlements informes, terrifiants et absolus et par les cris qui sortaient de sa propre bouche, ce dernier marin entendait lui un chant qui disait aussi bien l\u2019histoire du lieu qu\u2019ils traversaient, sa nature et son avenir. Il avait suffisamment de cire dans les oreilles pour se pr\u00e9server du charme, car toujours en ramant il entendait le chant de la rame et puisqu\u2019elle volait dans l\u2019eau et dans l\u2019air et faisait ainsi corps avec les \u00e9l\u00e9ments, il ne ressentait pas l\u2019urgence de s\u2019ab\u00eemer lui-m\u00eame dans l\u2019une ou l\u2019autre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Codicille : Cohabitent ici : le journal de la semaine en cours, les condens\u00e9s des propositions pr\u00e9c\u00e9dentes, leurs ramifications en attentes, des premiers jets r\u00e9pondant tant bien que mal \u00e0 ces attentes. La r\u00e9partition sur le mod\u00e8le \u00a0\u00bb \u00e0 chaque jour suffit sa peine\u00a0\u00bb. 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