{"id":44423,"date":"2021-08-06T12:26:37","date_gmt":"2021-08-06T10:26:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=44423"},"modified":"2021-08-06T18:00:25","modified_gmt":"2021-08-06T16:00:25","slug":"p7-depuis-la-terrasse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p7-depuis-la-terrasse\/","title":{"rendered":"#P7 | depuis la terrasse"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/elbe-rose-1024x683.jpg\" alt=\"\" data-id=\"44431\" data-link=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?attachment_id=44431\" class=\"wp-image-44431\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/elbe-rose-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/elbe-rose-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/elbe-rose-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/elbe-rose.jpg 1181w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/li><\/ul><figcaption class=\"blocks-gallery-caption\">un tiers de mer, deux tiers de ciel, Erbalunga<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Chaque matin la m\u00eame lumi\u00e8re, le m\u00eame \u00e9blouissement, le m\u00eame feu. C\u2019est l&rsquo;aube d&rsquo;\u00e9t\u00e9 ouverte par les chants d&rsquo;oiseaux \u2014 le bruit inou\u00ef qu&rsquo;ils peuvent faire quand le ciel est encore sombre, marine, d\u2019encre \u2014 l\u2019horizon s\u2019\u00e9claire \u00e0 l&rsquo;est par un \u00e9lan du jour. Au sud la nuit r\u00e9siste, la terre est toute petite. Un ruban rouge s&rsquo;\u00e9paissit au ras de la mer, soul\u00e8ve la masse grise des nuages : l&rsquo;aurore. Au loin des silhouettes de cargos, une chose guerri\u00e8re, une menace. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un jour calme, limpide, hypnotique, le soleil d\u00e9j\u00e0 ti\u00e8de, suspendu dans l\u2019air sec, la mer \u00e9tale. Il y a une lumi\u00e8re venue d\u2019ailleurs, surnaturelle, ardente, qu&rsquo;on croirait d\u00e9boul\u00e9e du soir, de l\u2019or en suspension au-dessus de l&rsquo;horizon. L\u2019eau elle m\u00eame semble alourdie de chaleur, sa brillance de rayonne surexpos\u00e9e, son parfum de peau ambr\u00e9e. Ici monte un air moite, indolent, le temps s\u2019arr\u00eate. Ici oublie la fin du monde.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le ciel vaporeux, trop clair, d\u00e9lav\u00e9 d&rsquo;un soleil haut \/ blanc \/aveuglant. L\u2019\u00eele d\u2019Elbe dresse au lointain sa roche cobalt. L\u00e0 o\u00f9 la terre rencontre l\u2019eau, monte une brume l\u00e9g\u00e8re, tremblante. Sous le soleil un \u00e9cran de mica. Surgissent les silhouettes fragiles de fant\u00f4mes endormis, attendre leurs chants. L\u2019ombre effil\u00e9e d\u2019un nuage, sa marbrure froide sur la mer lisse,&nbsp;une ligne de sable ensevelit les drames.<\/p>\n\n\n\n<p>Le vent s\u2019est lev\u00e9, un fort <em>libecciu<\/em>. Depuis deux jours il chante, il charrie une odeur fra\u00eeche de large. Il s\u2019approche de la mer, la caresse, la froisse, il la creuse comme une m\u00e9moire. Il fraye, il ouvre, il d\u00e9nude le ciel, l\u2019all\u00e8ge de nuages, le durcit de bleu. Il r\u00e9veille la nettet\u00e9 des vagues, leur intensit\u00e9 d\u2019aigue-marine, leurs ourlets d\u2019\u00e9cume. Il \u00e9claire la c\u00f4te d\u2019Elbe, les pierres. Le vent ouvre les plis.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le jour restant, dans la lenteur du soir, le maquis exhale la chaleur d&rsquo;\u00e9t\u00e9 en bouff\u00e9es \u00e2cres. Le soleil passe derri\u00e8re les monts, on sent le premier fraichissement. \u00c0 l\u2019est le bleu du ciel s\u2019estompe dans les nuages, se gorge de tourbillons rose tendre, un cr\u00e9puscule de papier buvard. L&rsquo;Elbe mauve flotte sur l\u2019eau dormante, drap\u00e9e de sa gaze transparente. Au sud une langue de terre s\u2019illumine, les roches replient en silence pendant que la nuit tombe.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a a commenc\u00e9 par une nuit soudaine, un air trop lourd, les nuages se sont charg\u00e9s  de carbone, une temp\u00eate de cendres s\u2019est lev\u00e9e au dessus d\u2019Elbe, lointaine et silencieuse, le ciel eut l\u2019air de s&rsquo;effondrer en dedans, la foudre a griff\u00e9 l\u2019obscurit\u00e9, des feux se sont allum\u00e9s dans les d\u00e9chirures, ils ont \u00e9clair\u00e9 la nuit d\u2019un chaos grandiose, on ne voyait plus la mer.<\/p>\n\n\n\n<p>Le ciel et la mer dissolus dans les t\u00e9n\u00e8bres, le vent tomb\u00e9, le ressac plus proche. L\u2019\u00e9tranget\u00e9 d\u2019un fr\u00e9missement orange sur l\u2019horizon, une apparition. Un temps on ne comprend pas ce que c\u2019est. Il faut sa lente ascension, il faut qu\u2019elle reprenne sa couleur froide de lune, il faut qu\u2019elle diffuse son halo p\u00e2le. Il faut son reflet comme une voie sur la mer plate, il faut alors guetter les ombres.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>Codicille : forc\u00e9ment retrouver cet horizon, et comme la mer et le ciel peuvent se confondre, il est probable que ces fragments aillent rejoindre le livre<\/code><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque matin la m\u00eame lumi\u00e8re, le m\u00eame \u00e9blouissement, le m\u00eame feu. C\u2019est l&rsquo;aube d&rsquo;\u00e9t\u00e9 ouverte par les chants d&rsquo;oiseaux \u2014 le bruit inou\u00ef qu&rsquo;ils peuvent faire quand le ciel est encore sombre, marine, d\u2019encre \u2014 l\u2019horizon s\u2019\u00e9claire \u00e0 l&rsquo;est par un \u00e9lan du jour. Au sud la nuit r\u00e9siste, la terre est toute petite. 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