{"id":44568,"date":"2021-08-07T12:12:20","date_gmt":"2021-08-07T10:12:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=44568"},"modified":"2021-08-07T14:12:39","modified_gmt":"2021-08-07T12:12:39","slug":"l7-tant-de-nuits","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l7-tant-de-nuits\/","title":{"rendered":"#L7 | Tant de nuits"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>Nos jeunesses \u00e9bauch\u00e9es<br>Le reste de nos vies<br>Si loin de moi<\/em><br><br><a href=\"https:\/\/youtu.be\/-0hSkQ_F5yU\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/youtu.be\/-0hSkQ_F5yU\"><em>Tant de nuits<\/em>, Alain Bashung<\/a><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans la remise en question de la premi\u00e8re phrase, du <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/a-tout-jamais\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/a-tout-jamais\/\">premier texte<\/a>, le doute qu&rsquo;il soul\u00e8ve dans le r\u00e9cit, se situe tout l&rsquo;enjeu du texte \u00e0 venir. Ce qui d\u00e9termine le moment de la rencontre, de la d\u00e9cision et de ses cons\u00e9quences, cet instant o\u00f9 tout peut basculer, comme survient un brutal changement de lumi\u00e8re, s&rsquo;esquisse un sourire sur un visage, tout ce que cela peut d\u00e9clencher, transformer. Ce moment de v\u00e9rit\u00e9. Mais \u00e9galement le doute, la m\u00e9prise.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Qui peut savoir quand \u00e7a arrive, le moment pr\u00e9cis, \u00e0 la seconde pr\u00e8s, conna\u00eetre le lieu et l\u2019heure de la rencontre ? La premi\u00e8re rencontre. Elle se r\u00e9p\u00e8te et se rejoue avec le temps, au point de ne plus ressembler \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du moment v\u00e9cu. Mais c\u2019est penser que la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un instant se fige dans le temps. \u00c0 tout jamais. Dans l\u2019esprit et la m\u00e9moire de ceux qui la vivent. C\u2019est un leurre. Une fiction. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est le lieu qui est d\u00e9terminant. La maison abandonn\u00e9e. L&rsquo;id\u00e9e que j&rsquo;avais effleur\u00e9e dans d&rsquo;autres textes, y compris dans <a href=\"http:\/\/liminaire.fr\/derives\/article\/presence-fantome\">un pr\u00e9c\u00e9dent atelier<\/a>, autour de cette sensation toute personnelle, d&rsquo;entrer dans les maisons de personnes qui ne sont plus chez elle et qui nous demandent d&rsquo;arroser leurs plantes ou de nourrir leur chat. En leur absence, visiter l&rsquo;appartement. Jouer avec cet interdit, ne pas se montrer, le c\u0153ur qui bat dans l&rsquo;obscurit\u00e9 ou l&rsquo;espace vide des pi\u00e8ces. Ne pas laisser de traces, mais fouiller un peu, par curiosit\u00e9. Entrer dans l&rsquo;intimit\u00e9 de gens qu&rsquo;on ne conna\u00eet pas finalement. L\u00e0, c&rsquo;est une maison qui existe sans exister.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la maison vide aux pi\u00e8ces nues, ses longs couloirs sombres et d\u00e9sol\u00e9s, murs au papier peint d\u00e9fra\u00eechi que la p\u00e9nombre ternit pr\u00e9matur\u00e9ment, leurs volumes \u00e9vasivement redessin\u00e9s par la lumi\u00e8re franche des lampadaires dans la rue d\u00e9serte, les formes myst\u00e9rieuses qu\u2019elles projettent au plafond, lambeaux fantomatiques qui se balancent et basculent r\u00e9guli\u00e8rement lorsque les voitures, aux phares \u00e9tincelants, filent \u00e0 vive allure, en contrebas, s\u2019y promener comme si c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois, \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019un lieu inconnu, ou si, par jeu, on y d\u00e9ambulait les yeux ferm\u00e9s, en tentant de parcourir l\u2019espace \u00e0 l\u2019aventure, \u00e0 l\u2019aveugle. La fatigue d\u2019une nuit d\u2019insomnie \u00e0 chercher en vain le sommeil, pr\u00e9f\u00e9rer se lever lorsque tout le monde dort dans sa chambre, pour visiter la vieille demeure \u00e0 son rythme en faisant attention que personne ne se r\u00e9veille et ne nous remarque. Dans la p\u00e9nombre sourde, le silence t\u00e9nu, la peur d\u2019\u00eatre surpris \u00e0 tout moment, persuad\u00e9 pourtant que tout le monde dort.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfant j&rsquo;aimais me promener dans ces maison vides. Il y avait quelque chose d&rsquo;\u00e9trange et fantomatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but du deuxi\u00e8me tome du livre de Virginie Despentes. <em>Vernon Subutex<\/em>, disquaire \u00e0 Pigalle, a compl\u00e8tement sombr\u00e9 depuis qu\u2019il a ferm\u00e9 boutique. Il erre pr\u00e8s des Buttes-Chaumont, dort dans une maison abandonn\u00e9e. Cette maison, il s&rsquo;agit de la Villa Zilvelli, situ\u00e9e sur la Butte Bergeyre, dans le 19\u00e8me arrondissement. J&rsquo;avais eu l&rsquo;id\u00e9e quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t d&rsquo;utiliser moi aussi cette maison comme d\u00e9cor d&rsquo;un de mes textes. J&rsquo;habite le quartier et je travaille \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de la butte Bergeyre. Cette maison m&rsquo;a toujours fascin\u00e9e. Je ne suis pas le seul. Aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est compliqu\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire un texte sur cette maison qui est le lieu central de l&rsquo;histoire. J&rsquo;ai choisi de prendre la b\u00e2tisse en brique rouge qui se trouve de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue et dont l&rsquo;architecture est assez insolite. Le panorama aussi troublant. On dirait un phare.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont les interactions entre les personnages, leurs liens qui \u00e9voluent au fil des textes, sans plan pr\u00e9con\u00e7u (au d\u00e9part tout au moins) qui s&rsquo;imbriquent et s&rsquo;influencent sans cesse. On part d&rsquo;un quatuor. Un couple et leur fille qui rencontrent un gar\u00e7on en vacances, sur une plage \u00e0 Marseille. Ces vacances sont boulevers\u00e9es par le d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 du couple et de leur fille. Ils remontent sur Paris. Que fuient-ils ? On ne sait pas bien. Une ombre sur leur pass\u00e9. Une menace. Un foyer impossible \u00e0 maintenir. Qui les oblige \u00e0 se d\u00e9placer sans arr\u00eat. Dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de se fixer. Ce qui explique la tension palpable entre la jeune fille et ses parents, son besoin de s&rsquo;\u00e9loigner d&rsquo;eux, qui d\u00e9passent la <em>crise<\/em> de l&rsquo;adolescence qu&rsquo;elle traverse.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le recul, je me rends compte que la plupart des adolescents traversent cette p\u00e9riode comme s&rsquo;ils vivaient au milieu d&rsquo;une guerre, d&rsquo;un conflit arm\u00e9. Leur aveu r\u00e9trospectif sur ce qu&rsquo;ils ont travers\u00e9 est aussi fort que le moment o\u00f9 cela se passait et qu&rsquo;on avait du mal \u00e0 comprendre. Dans l&rsquo;oubli de ce qu&rsquo;on a soi-m\u00eame travers\u00e9, qui s&rsquo;est effac\u00e9 avec le temps. <\/p>\n\n\n\n<p>Prolonger le plus possible cette tension li\u00e9e au myst\u00e8re des raisons qui poussent ce couple \u00e0 fuir, de maison en maison, \u00e0 la recherche d&rsquo;un refuge introuvable. <\/p>\n\n\n\n<p>Cette jeune fille ne supporte pas ses parents. Ce qu&rsquo;ils lui font vivre et c&rsquo;est vrai que leur vie de fugitif est d&rsquo;une rare violence dans l&rsquo;instabilit\u00e9 qu&rsquo;elle induit au quotidien pour leur enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est un texte sur la fuite en avant. Sur la relation entre les hommes et les femmes, entre les parents et leurs enfants. Sur le mensonge et la v\u00e9rit\u00e9. Sur la ville et sa violence.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela commence par des tensions familiales, des probl\u00e8mes de couples, une l\u00e9g\u00e8re angoisse. Mais peu \u00e0 peu, les menaces se pr\u00e9cisent et les portraits qui se dessinent sont ceux de personnages perdus, marginaux. Et la tension ne cesse d&rsquo;augmenter, au fil des chapitres qui s&rsquo;ach\u00e8vent sur des notes qui attendent leur r\u00e9solution, dans une dissonance p\u00e9trifiante. Utiliser le rythme de l&rsquo;\u00e9criture, des phrases longues, d\u00e9crivant avec une pr\u00e9cision clinique les faits mais aussi les ressentis, qui sont autant de monologues int\u00e9rieurs des personnages, avec les fluctuations de la pens\u00e9e qui rebondit et s&rsquo;adapte aux \u00e9v\u00e9nements qui surviennent avec un crescendo inqui\u00e9tant.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;avais un autre projet que j&rsquo;ai men\u00e9 il y a deux ans, \u00e9crit de la m\u00eame mani\u00e8re sans savoir avec pr\u00e9cision o\u00f9 j&rsquo;allais. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit autour de contraintes qui, avec le temps, n&rsquo;ont plus la m\u00eame importance. Reste un texte assez long dont les personnages ont des points communs avec ceux de cette histoire en cours d&rsquo;\u00e9criture. Ils partagent un va-et-vient entre deux lieux qui me sont chers. Paris et Marseille. J&rsquo;ai \u00e9crit avec Anne Savelli un texte intitul\u00e9 <em><a href=\"https:\/\/www.liminaire.fr\/liminaire\/article\/laisse-venir-co-ecrit-avec-anne-savelli\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.liminaire.fr\/liminaire\/article\/laisse-venir-co-ecrit-avec-anne-savelli\">Laisse venir<\/a><\/em>, qui reprend la forme du livre <em><a href=\"http:\/\/liminaire.fr\/livre-lecture\/article\/les-autonautes-de-la-cosmoroute\" data-type=\"URL\" data-id=\"http:\/\/liminaire.fr\/livre-lecture\/article\/les-autonautes-de-la-cosmoroute\">Les autonautes de la Cosmoroute<\/a><\/em> de Julio Cort\u00e1zar et Carol Dunlop. La question de la famille est \u00e9galement questionn\u00e9 dans ce texte, ainsi que la th\u00e9matique du couple. J&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de les relier. Et de faire jouer les correspondances que j&rsquo;avais vu \u00e9clore entre eux.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le mensonge qui dit la v\u00e9rit\u00e9<\/em>. La nouvelle de Sartre, <em>Le Mur <\/em>est le r\u00e9cit \u00e0 la premi\u00e8re personne d&rsquo;un prisonnier r\u00e9publicain espagnol condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre fusill\u00e9 par les arm\u00e9es franquistes. La nuit d&rsquo;attente s&rsquo;ach\u00e8ve dans la d\u00e9rision du sort (survie non d\u00e9sir\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 une trahison non voulue).<\/p>\n\n\n\n<p>Alors qu&rsquo;ils sont sur la plage \u00e0 Marseille, le jeune gar\u00e7on dont la fille tombe amoureux pr\u00e9tend qu&rsquo;il a habit\u00e9 dans une maison abandonn\u00e9e \u00e0 Paris, il la d\u00e9crit avec une telle pr\u00e9cision que la jeune fille s&rsquo;y trouve litt\u00e9ralement projet\u00e9e. Et lorsqu&rsquo;avec ses parents ils doivent fuir la ville de peur qu&rsquo;on les retrouve, elle leur parle de cette maison vide \u00e0 Paris dans laquelle ils vont pouvoir se r\u00e9fugier.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les deux lieux se m\u00e9langent comme si on pouvait \u00eatre dans deux lieux diff\u00e9rents en m\u00eame temps : La jeune fille s\u2019approche du gar\u00e7on. Il reste un instant silencieux. Ils se regardent les yeux dans les yeux avant de s\u2019embrasser. Dans la chambre de la maison vide. Sur le quai, face \u00e0 la mer. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;aimais bien creuser ces m\u00eames lieux et leurs personnages, mais \u00e0 ce moment de l&rsquo;atelier le besoin de les laisser respirer pour leur associer d&rsquo;autres personnages, avec d&rsquo;autres probl\u00e8mes, pour voir comment les faire r\u00e9sonner \u00e0 distance. Dans la compl\u00e9mentarit\u00e9 de leurs diff\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 on a un couple qui a particip\u00e9 dans sa jeunesse \u00e0 un braquage qui a \u00e9chou\u00e9, leurs complices ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s et jet\u00e9s en prison mais ils comptent bien r\u00e9cup\u00e9rer l&rsquo;argent vol\u00e9 et se venger des traitres qui les ont abandonn\u00e9. Depuis cette \u00e9poque l\u00e0, le couple qui entre temps a eu un enfant, vit dans la peur d&rsquo;\u00eatre retrouv\u00e9 par leurs anciens complices qui viennent de sortir de prison. Aucune violence dans leur quotidien, seulement ce poids du pass\u00e9, de la faute, la fuite, les cachettes, la vie de clandestins.<\/p>\n\n\n\n<p>De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, une jeune femme dont la s\u0153ur a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e \u00e0 Marseille il y a plusieurs ann\u00e9es et qui ne supporte plus la pression m\u00e9diatique autour de cette affaire ni la mani\u00e8re dont sa famille se comporte, obnubil\u00e9e par l&rsquo;affaire, et qui d\u00e9cide de fuir elle aussi pour retrouver un ancien ami qui vit sur Paris et qui l&rsquo;h\u00e9berge chez lui. Il s&rsquo;est s\u00e9par\u00e9 depuis peu de sa femme, partie vivre avec leur fille \u00e0 Marseille (leur fils est rest\u00e9 sur Paris, mais il vit seul). La jeune femme s&rsquo;enferme peu \u00e0 peu chez son ami. Il se rend compte qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas besoin de lui comme il pouvait l&rsquo;esp\u00e9rer. Il ne lui en veut pas, il est juste un peu triste de se sentir impuissant \u00e9galement avec elle. Il la voit s&rsquo;enfermer et \u00e9couter toutes les nuits \u00e0 la radio un homme dont les propos complotistes la fascine de plus en plus et lui font perdre pied.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;aime l&rsquo;id\u00e9e que ces deux r\u00e9cits qui se construisent \u00e0 distance, sans lien apparent au d\u00e9part, que ces deux lieux puissent se lire de mani\u00e8re fragment\u00e9e, disjointe, qu&rsquo;ils avancent parall\u00e8lement et qu&rsquo;on d\u00e9couvre petit \u00e0 petit ce qui les unit profond\u00e9ment, les liens insoup\u00e7onn\u00e9s entre eux.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La description sensuelle du caf\u00e9 au bord de la mer, ce qui se passe silencieusement en eux si d\u00e9licatement pr\u00e9cis\u2026 ce qui se dessine de l\u2019entourage, des contraintes, des mensonges et des sentiments vrais m\u00eame si \u00e0 peine naissants\u2026 besoin se cr\u00e9e de suivre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne s\u2019est install\u00e9e peu \u00e0 peu et c\u2019est dans cette patience \u00e0 laisser venir les \u00e9l\u00e9ments les uns apr\u00e8s les autres, comme on regarde autour de soi, dans la rue, qu\u2019on observe ce qui s\u2019y passe qui d\u2019habitude nous para\u00eet sans int\u00e9r\u00eat et qui, dans l\u2019accumulation lente, fait sens et sensations, qu\u2019elle a surgit lentement. Et c\u2019est tout l\u2019attrait de cet atelier.<\/p>\n\n\n\n<p>Une maison abandonn\u00e9e. Il existe de nombreuses demeures de ce style \u00e0 Paris.<br>Des gens qui vivent dans un appartement qui n&rsquo;est pas le leur. Trouver ses marques, ses habitudes dans un logement dans lequel on n&rsquo;est pas s\u00fbr de rester, sur le qui-vive au quotidien pour ne pas risquer d&rsquo;\u00eatre pris par leurs anciens complices en qu\u00eate de vengeance. Dans lequel il faut vivre sans vivre. Sans \u00eatre vu. En \u00e9tant discret. Invisible. Vivre dans une maison abandonn\u00e9e comme un fant\u00f4me.<\/p>\n\n\n\n<p>Extrait de la nouvelle <em>Le temps passe<\/em> extrait du recueil <em><a href=\"https:\/\/www.publie.net\/livre\/des-fantomes-sous-les-arbres-virginia-woolf\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.publie.net\/livre\/des-fantomes-sous-les-arbres-virginia-woolf\/\">Des fant\u00f4mes sous les arbres<\/a><\/em> de Virginia Woolf, traduit par <a href=\"https:\/\/christinejeanney.net\/spip.php?article1343\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/christinejeanney.net\/spip.php?article1343\">Christine Jeanney<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La maison \u00e9tait abandonn\u00e9e. La maison \u00e9tait d\u00e9serte. Elle \u00e9tait oubli\u00e9e comme un coquillage sur une dune se remplit de grains secs et sal\u00e9s parce que la vie le quitte. La longue nuit semblait s\u2019\u00eatre install\u00e9e ; avec leur grignotage, les petits souffles d&rsquo;air et les bouff\u00e9es moites et maladroites avaient gagn\u00e9. La casserole \u00e9tait rouill\u00e9e, le paillasson d\u00e9compos\u00e9. Les crapauds, montrant leur museau, s&rsquo;introduisaient \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. Indolent et sans intention, le ch\u00e2le se balan\u00e7ait. Un chardon avait pouss\u00e9 entre les carreaux du cellier. Les hirondelles nichaient dans le salon ; le sol \u00e9tait couvert de paille \u00e9parpill\u00e9e ; le pl\u00e2tre tombait par pellet\u00e9es ; on voyait les solives ; les rats portaient un peu de ci, un peu de \u00e7a, pour aller le ronger sous les lambris. Des papillons \u00e9caille-de-tortue jaillissaient de leurs chrysalides et venaient toute leur vie se cogner sur les vitres. Des pavots s&rsquo;\u00e9taient sem\u00e9s dans les dahlias ; des vagues d&rsquo;herbes hautes parcouraient le gazon ; des artichauts g\u00e9ants faisaient tour au milieu des roses ; un \u0153illet dentel\u00e9 fleurissait dans les choux ; et le gentil tapotement d&rsquo;une herbe contre la fen\u00eatre \u00e9tait devenu, pendant les nuits d&rsquo;hiver, le grondement de ronces \u00e9pineuses et d&rsquo;arbustes solides qui rendaient la pi\u00e8ce enti\u00e8rement verte l&rsquo;\u00e9t\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Fuir une maison dans laquelle on ne peut plus vivre car le souvenir de sa femme y est trop pr\u00e9sent et douloureux. Se r\u00e9fugier dans un petit appartement qu&rsquo;on louait mais dont le dernier locataire vient de d\u00e9m\u00e9nager. Prendre sa place et tenter d&rsquo;y retrouver ses rep\u00e8res. Quand une vieille amie frappe \u00e0 sa porte, il accepte au risque de bouleverser sa solitude. Mais elle s&rsquo;enferme. Elle vit chez lui mais c&rsquo;est comme si elle vivait dans un appartement vide.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Intrigu\u00e9 par l\u2019assemblage de d\u00e9sir de libert\u00e9 individuelle et d\u2019emprisonnement collectif.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La jeune fille dort sur le canap\u00e9. La femme s&rsquo;approche d&rsquo;elle avec un coussin. On a l&rsquo;impression qu&rsquo;elle va l&rsquo;\u00e9touffer en pla\u00e7ant le coussin sur son visage. Mais la jeune fille se r\u00e9veille en sursaut. La femme lui tend l&rsquo;oreiller en lui disant que cet oreiller sera plus confortable. La jeune fille le place sous sa t\u00eate et remercie la femme qui au moment de s&rsquo;en aller, attrape l&rsquo;oreiller pour \u00e9touffer la jeune fille avec.<\/p>\n\n\n\n<p>Foyer. Maison en feu.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Achet\u00e9 une maison. Je n\u2019ai plus peur de rien. \u00bb<br>Tarkovski, Journal 1970-1986, trad. Anne Kichilov, Paris, Cahiers du cin\u00e9ma, 1993, p. 336<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le film <em>Teorema<\/em> de Pasolini, un invit\u00e9, un myst\u00e9rieux visiteur, vient s\u00e9journer dans la maison d&rsquo;une famille bourgeoise. Tout change. L&rsquo;invit\u00e9 est une sorte d&rsquo;ange, une perturbation qui provoque des ruptures, s\u00e9duisantes et inqui\u00e9tantes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La vacance du temps est un pi\u00e8ge redoutable. Rarement nous y confronte le courant des jours strictement quadrill\u00e9s de leur emploi, souvent tr\u00e8s fallacieuse contrainte mais efficace pour s&rsquo;\u00e9viter de gamberger, de piquer une t\u00eate dans le vide sid\u00e9ral de notre raison d&rsquo;\u00eatre, des motifs que nous avons de poursuivre nos d\u00e9risoires agitations, p\u00e9rils et peines encourus, et jeux perdus en toute vanit\u00e9 pascalienne. Quel malheur de ne savoir demeurer en repos dans une chambre, de n&rsquo;y chercher que toutes les feintes possibles pour y \u00e9chapper. \u00bb<br><br><em>La nuit Atlantique<\/em>, Anne-Marie Garat<\/p>\n\n\n\n<p>Filature et d\u00e9rive po\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>Adel et sa femme Madeleine sont s\u00e9par\u00e9s. Elle est partie vivre \u00e0 Marseille. Leur fils Toni n&rsquo;a pas voulu les suivre. Il est rest\u00e9 vivre \u00e0 Paris. Il descend parfois rendre visite \u00e0 sa m\u00e8re \u00e0 Marseille. Le reste du temps Toni vit avec un colocataire dans un appartement au pied de la Butte Bergeyre. Il y a quelques mois il a rencontr\u00e9 en vacances \u00e0 Marseille une jeune fille \u00e9nigmatique, Mila qui s&rsquo;y trouvait avec ses parents. En \u00e9changeant avec elle, il lui a parl\u00e9 d&rsquo;une maison qu&rsquo;il conna\u00eet bien, lui faisant croire qu&rsquo;elle appartenait \u00e0 son p\u00e8re. Cette maison est juste une maison situ\u00e9e en haut de la butte au pied duquel il vit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la s\u00e9paration de ses parents, Toni a choisi de rester vivre \u00e0 Paris, mais sans accepter de vivre chez son p\u00e8re, car il ne le voit plus. Depuis le d\u00e9part de sa femme Albertine et de ses enfants, l\u2019appartement est vide. Son p\u00e8re y h\u00e9berge une vieille amie qu&rsquo;il conna\u00eet depuis le lyc\u00e9e, et qui a fui sa famille \u00e0 Marseille, et la pression m\u00e9diatique, depuis l&rsquo;enl\u00e8vement et la disparition de sa s\u0153ur. Adel l&rsquo;aide la jeune femme est boulevers\u00e9e comme il peut. Mais chaque jour elle s&rsquo;enferme un peu plus. Elle reste inerte, prostr\u00e9 sur son lit. Une seule pr\u00e9sence l\u2019accompagne : celle d\u2019un pr\u00e9sentateur de radio persuad\u00e9 que \u00ab presque tous les attentats terroristes sont mis en sc\u00e8ne par le gouvernement qui r\u00eave de d\u00e9pouiller le peuple am\u00e9ricain de sa libert\u00e9 \u00bb. Elle passe des heures \u00e0 \u00e9couter en boucle une \u00e9mission complotiste \u00e0 la radio, sans sortir de sa chambre. Ils s\u2019aper\u00e7oivent qu\u2019ils n\u2019arrivent pas \u00e0 se parler.<\/p>\n\n\n\n<p>Mila a du quitter Marseille pr\u00e9cipitamment avec ses parents, sans pouvoir donner d&rsquo;explications \u00e0 Toni, ni d&rsquo;adresse. En fait, elle a trouv\u00e9 refuge avec ses parents, Thomas et Inessa, dans la maison abandonn\u00e9e dont le jeune homme lui a fait croire qu&rsquo;elle appartenait \u00e0 son p\u00e8re mais qu&rsquo;elle \u00e9tait vide depuis sa s\u00e9paration avec sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans leur jeunesse, Thomas et Inessa ont particip\u00e9 \u00e0 un braquage qui a mal tourn\u00e9, une partie des autres membres du casse a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, les autres abattus, eux seuls ont r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 la police, \u00e0 se cacher avec le butin qu&rsquo;ils ont d\u00e9pens\u00e9s en grande partie depuis cette \u00e9poque. Leurs anciens complices, sortis de prison il y a quelques ann\u00e9es, sont \u00e0 leur recherche depuis. Ils les ont retrouv\u00e9 \u00e0 Marseille o\u00f9 ils s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9s avec leur fille de quinze ans. Ce qui les a oblig\u00e9 de fuir pour remonter \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l&rsquo;appartement vide d&rsquo;Adel, tout lui rappelle le souvenir de sa femme. Un jour, \u00e0 proximit\u00e9 de chez lui, il croise une femme qui lui rappelle leur premi\u00e8re rencontre. Il s&rsquo;agit d&rsquo;Inessa, la m\u00e8re de Mila qui squatte la maison abandonn\u00e9e. Il la suit plusieurs fois dans la rue. Elle ressemble \u00e0 Madeleine. Il finit par lui adresser la parole. Puis, d\u00e9pit\u00e9, il rentre chez lui. L\u2019absence de sa femme est encore plus forte.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour de l\u2019enterrement d\u2019Anna, Adel accompagne C\u00e9lia \u00e0 Marseille, pour l\u2019enterrement de sa s\u0153ur. Adel imagine les retrouvailles avec sa femme. Il retrouve des souvenirs de sa jeunesse, car il a v\u00e9cu dans cette ville jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de ses \u00e9tudes. Lors de son arriv\u00e9e \u00e0 la gare de Marseille, en attendant le cousin de C\u00e9lia, Adel se prend en photo dans un photomaton, mais il doit partir avant de voir son image. Entre temps sa femme, qui ne sait pas qu\u2019il est \u00e0 Marseille, se prend en photo avec sa fille. C\u2019est la photo d\u2019Adel qui sort. Elle doit partir. Une femme ivre qui danse dans une gare, rappelle ses chutes \u00e0 Adel. \u00c0 Marseille, la veille de l\u2019enterrement, il croise \u00e0 nouveau une femme qu\u2019il prend pour Albertine. Il la suit et finit par se retrouver dans un cin\u00e9ma pour qu\u2019elle ne le d\u00e9masque pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Le couple est au bord de la rupture, incapable de changer leur mode de vie, de se remettre en question, toujours sur le qui-vive, \u00e0 vivre cach\u00e9s, ils cherchent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 fuir. Ils se sont r\u00e9fugi\u00e9s dans une maison abandonn\u00e9e trouv\u00e9e par l&rsquo;interm\u00e9diaire de leurs fille qui a rencontr\u00e9 un jeune homme avant qu&rsquo;ils quittent Marseille, ce dernier pr\u00e9tendait que cette maison appartenait \u00e0 son p\u00e8re. Mais il n&rsquo;en est rien. La jeune fille l&rsquo;a rencontr\u00e9 par hasard aux abords de la maison abandonn\u00e9e. Elle le revoit plusieurs fois, d\u00e9sob\u00e9issant \u00e0 ses parents qui l&#8217;emp\u00eache de s&rsquo;\u00e9loigner trop souvent de la maison, au risque de se faire prendre par la police. Apr\u00e8s une nuit compliqu\u00e9e, ayant de plus en plus de mal \u00e0 se comprendre et \u00e0 vivre ensemble, \u00e0 supporter cette situation inconfortable qui a trop dur\u00e9e, chacun cherche de son c\u00f4t\u00e9 une solution pour s&rsquo;en sortir, renouant d&rsquo;anciens contacts, esp\u00e9rant trouver une solution pour fuir d\u00e9finitivement le pays avec leur fille.<\/p>\n\n\n\n<p>La description tr\u00e8s pr\u00e9cise de la maison abandonn\u00e9e sur la butte. Se sentir chez soi dans un lieu qui ne nous appartient pas.<br><br>Parce qu&rsquo;il est devenu impossible de vivre dans la maison principale dont tout nous relie avec la femme qu&rsquo;on y a aim\u00e9, la famille qu&rsquo;on y a construit. Se r\u00e9fugier dans sa maison secondaire, inhabit\u00e9e depuis que son dernier locataire en est parti. Un appartement plut\u00f4t. L\u2019exigu\u00eft\u00e9 de cet appartement que l&rsquo;on partage d\u00e9sormais avec une amie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Vous voyez que le vide est le soi-disant familier, or votre maison est infiniment famili\u00e8re, infiniment r\u00e9p\u00e9titive. Couloirs, corridors, pi\u00e8ces, sans cesse et encore. Un peu comme la maison de Dante apr\u00e8s un bon nettoyage de printemps. C&rsquo;est un lieu sans objet et sans vie. Cic\u00e9ron a dit : \u00ab\u00a0une pi\u00e8ce sans livres est comme un corps sans \u00e2me.\u00a0\u00bb Ajoutez donc l&rsquo;\u00e2me \u00e0 la liste. Un lieu sans vie, sans objet, sans \u00e2me. Sans dieu, \u00e9galement. L&rsquo;ab\u00eeme pr\u00e9-divin de Milton ou dans l&rsquo;univers nietzsch\u00e9en post-divin. \u00bb<br><br><em>La maison des feuilles<\/em>, de Mark Z. Danielewski (traduction Claro) <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Il reste un long moment \u00e0 fixer le paysage qui s\u2019\u00e9tend \u00e0 perte de vue. Au milieu des toits et des chemin\u00e9es de l\u2019horizon parisien, il imagine que sa femme est l\u00e0, quelque part au milieu du d\u00e9dale de ces rues. Elle observe \u00e0 distance les moindres d\u00e9tails de sa perplexit\u00e9. L\u2019id\u00e9e de ce qu\u2019il fait ne le traverse pas. Il croit que c\u2019est la premi\u00e8re fois qu\u2019elle est l\u00e0 sans id\u00e9e d\u2019y \u00eatre, que si on la questionnait elle dirait qu\u2019elle s\u2019y repose. De la fatigue d\u2019\u00eatre arriv\u00e9e l\u00e0. De celle qui va suivre. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/etatdeschoses-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-44591\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/etatdeschoses-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/etatdeschoses-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/etatdeschoses-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/etatdeschoses.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption><em>L&rsquo;\u00e9tat des choses<\/em>, Wim Wenders<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nos jeunesses \u00e9bauch\u00e9esLe reste de nos viesSi loin de moi Tant de nuits, Alain Bashung Dans la remise en question de la premi\u00e8re phrase, du premier texte, le doute qu&rsquo;il soul\u00e8ve dans le r\u00e9cit, se situe tout l&rsquo;enjeu du texte \u00e0 venir. 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