{"id":44758,"date":"2021-08-08T12:08:44","date_gmt":"2021-08-08T10:08:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=44758"},"modified":"2021-08-10T08:25:12","modified_gmt":"2021-08-10T06:25:12","slug":"p7-le-port-de-la-madelon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p7-le-port-de-la-madelon\/","title":{"rendered":"#P7 Le port de la Madelon"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"461\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/la-madelon-1024x461.jpg\" alt=\"\" data-id=\"44761\" data-full-url=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/la-madelon.jpg\" data-link=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?attachment_id=44761\" class=\"wp-image-44761\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/la-madelon-1024x461.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/la-madelon-420x189.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/la-madelon-768x346.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/la-madelon-1536x691.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/la-madelon.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est le bout du monde. L\u2019eau est \u00e0 des centaines de m\u00e8tres, au-del\u00e0 de la lande. Elle arrivera ici tout \u00e0 l\u2019heure en remplissant l\u2019\u00e9troit chenal, en bout de parcours. Deux bateaux attendent que la mar\u00e9e monte. Un canot \u00e0 moteur, marqu\u00e9 OVNI en lettres bleues est presque couch\u00e9. Un minuscule voilier lui fait face, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du Fliers. Le sable a une couleur sombre. Les bateaux y sont envas\u00e9s. Prennent-ils vraiment la mer ou sont-ils amarr\u00e9s l\u00e0, comme les souches des arbres, comme les bruy\u00e8res de mer qui ondulent&nbsp;tout autour&nbsp;? Sur la passerelle de bois qui longe le port de poche, un seau rouge vif, oubli\u00e9 par un enfant. Au bout de la passerelle, surplombe la terrasse du caf\u00e9 restaurant. Il n\u2019y a personne.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019eau, il n\u2019y en a pas. Pourtant, plus loin, \u00e0 peine plus loin, elle encerclera dans quelques heures, subrepticement, lentement, des bancs de sable qui se pensaient \u00e0 l\u2019abri. Les deux bateaux attendent l\u00e0, que leur lit se liqu\u00e9fie, que s\u2019installe un espace o\u00f9 flotter et voguer. Le sable est gris comme le ciel qui s\u2019annonce. Le bateau marqu\u00e9 OVNI lui offre son flanc comme un animal qui dort. Le seau a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 plus loin par le vent, au bord du quai, il semble concentr\u00e9, comme s\u2019il s\u2019appr\u00eatait \u00e0 sauter. Sur la terrasse, une mouette s\u2019est pos\u00e9e sur le bout d\u2019une table et picore des miettes oubli\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019eau est arriv\u00e9e avec le cr\u00e9puscule. Le ciel, \u00e9chancr\u00e9 de nuances orang\u00e9es et mauves, accentue la sensation de havre. Un bateau s\u2019est ajout\u00e9 au tableau. Il a pris place devant le petit voilier. Des mouettes tournent autour de lui, se posent sur son moteur, en d\u00e9collent en piaillant comme des gosses. Le jour est tomb\u00e9, on ne lit plus distinctement OVNI sur la coque du canot. A bord, un homme et une femme s\u2019affairent. Le seau rouge a saut\u00e9, il flotte \u00e0 proximit\u00e9. La femme se penche pour l\u2019attraper. Sur la terrasse qui surplombe, un vieil homme est assis, qui regarde l\u2019horizon en tirant sur une cigarette fatigu\u00e9e. Un bruit de moteur le sort sa contemplation et il fixe l\u2019embarcation qui s\u2019en va.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sable se joue de la mar\u00e9e \u00e0 venir, il se gorge d\u2019une humidit\u00e9 annonciatrice et s\u2019alourdit. Ce sont d\u2019abord de petites flaques qui remplissent en les caressant les sillons creus\u00e9s par elles \u00e0 leur pr\u00e9c\u00e9dent passage, c\u2019est un mouvement presque imperceptible, c\u2019est un clapotis si t\u00e9nu qu\u2019on doute de l\u2019avoir entendu. Le canot est rentr\u00e9 au port et fr\u00e9mit, laissant le sel le l\u00e9cher. Le chenal se remplit lentement, par vagues successives, transformant le paysage. Le soleil scintille \u00e0 la surface. Sur la terrasse, quelques all\u00e9es et venues. Un couple mange des moules et demande de la bi\u00e8re. Son regard \u00e0 elle, se pose sur l\u2019eau et s\u2019en d\u00e9tourne, elle est \u00e9blouie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est le bout du monde. L\u2019eau est \u00e0 des centaines de m\u00e8tres, au-del\u00e0 de la lande. Elle arrivera ici tout \u00e0 l\u2019heure en remplissant l\u2019\u00e9troit chenal, en bout de parcours. Deux bateaux attendent que la mar\u00e9e monte. Un canot \u00e0 moteur, marqu\u00e9 OVNI en lettres bleues est presque couch\u00e9. 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