{"id":45803,"date":"2021-08-13T13:05:00","date_gmt":"2021-08-13T11:05:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=45803"},"modified":"2021-08-15T12:26:02","modified_gmt":"2021-08-15T10:26:02","slug":"p8suite-given-under-my-hand","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p8suite-given-under-my-hand\/","title":{"rendered":"#P8 (suite) \u2014 Given under my hand&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"722\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Download-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-45805\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Download-2.png 960w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Download-2-420x316.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Download-2-768x578.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">Tu nais deux mois trop t\u00f4t on te mets dans une boite \u00e0 chaussures. Coton, cocon. Tu survis. Tu nais d\u2019elle qui ne te veux pas. Qui saute un jour de sa fen\u00eatre, se manque, te manque. <em>&#8211; <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>que&nbsp; l\u2019enfant irait&nbsp; dans la boite &#8211; irait dans le coton &#8211; tu as dit &#8211;&nbsp; elle&nbsp; qui voulait un ange &#8211; elle qui voulait un enfant mort &#8211; et pleurer des larmes noires &#8211; elle qui voulait &#8211;<\/em>tu as dit<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">De lui, celui du sang ( l&rsquo;as tu dit) tu ne sais rien. Tu dis qu&rsquo;il s\u2019appelle Fleur c\u2019est le nom que tu t\u2019imagines. Monsieur Fleur. Un anglais. C\u2019est ta fable. Un autre t\u2019offre son nom. Monsieur B. qui fait de l\u2019argent et couche avec les bonnes. Il t\u2019offre un petit cheval Arabe racontes-tu, c\u2019est ta fable. Tu grandis chez les religieuses. Et ce n&rsquo;est pas une fable. C&rsquo;est l\u00e0 que tu grandis. Loin d&rsquo;elle qui vient te voir quelques fois. <br>Tu  dessines. Dans la  mie du pain tu sculptes des visages. On te rabroue de g\u00e2cher la mie. On garde ton J\u00e9sus pour la cr\u00e8che\u00a0\u00bb puisqu&rsquo;il est fait\u00a0\u00bb. ( tu ne l&rsquo;as pas dit j&rsquo;imagine comme je t&rsquo;imagine une autre vie ) <br>Tu te laves en chemise on ne se d\u00e9nude pas devant Lui. Qui? L&rsquo;ange me dis-tu. Le gardien. Tu apprends \u00e0 lire. Tu apprends \u00e0 compter. Ce que tu vois te hantes. Visages\/Images. Leurs images pieuses. <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted has-normal-font-size\">Entre les murs blanchis de chaux, la guerre n\u2019est qu\u2019un tumulte assourdi. Les jours de visite au pensionnat on ne parle pas de la guerre, les familles taisent leurs morts. Des absents qui ne reviendraient pas. Des ombres h\u00e9ro\u00efques. \u2014 Le pays a besoin de vos pri\u00e8res, disent les religieuses. Le bruit des canons, ne traverse pas les murs centenaires. Tu r\u00e9cites des actions de gr\u00e2ces dans la chapelle gel\u00e9e.\u00ab Dieu a donn\u00e9 son fils unique ! \u00bb Dieu et son fils grelottent sur vos l\u00e8vres d\u2019enfants. Vous  brodez du linge, de grandes camisoles. Vous copiez des images pieuses que les religieuses exp\u00e9dient vers le front. Tu dessines. Jours et nuits . Tu couvres les pages de dessins. Tu copies les images des livres. Vierges, saints martyres, christs. Copies le visage extatique recevant l\u2019annonce. Copies la vierge allaitant et les enfants ail\u00e9s demi nus qui font ronde. Copies. les saints aux yeux \u00e9carquill\u00e9s. Les cieux toujours bleus. Des \u00e9toffes se d\u00e9ploient autour de ces corps mystiques, J\u00e9sus de douleur dont le drap\u00e9 des suaires te fascines. \u00c9toffes comme d\u2019eau. Leurs plis tumultueux,  Un jardin ouvre la page d\u2019un livre. Tu copies: ces fleurs, cette rivi\u00e8re, ces b\u00eates au regard doux et l\u2019arbre o\u00f9 comme sur le papier des chambre les fruits se d\u00e9multipliaient, identiques. Tu reproduis puis tu inventes. \"Elle broda, goutant une libert\u00e9 qui lui sembla sans fin. Les fruits se chang\u00e8rent en visages, les fleurs en animaux hybrides. Un arbre aux bras d\u00e9multipli\u00e9s traversait des nu\u00e9es d\u2019or, la rivi\u00e8re coulait, rouge. On voyait des oiseaux \u00e0 t\u00eates d\u2019enfant, un serpent couronn\u00e9\" Les religieuses exposent tes dessins comme mod\u00e8le d\u2019insanit\u00e9 puis elles te commandes de les r\u00e9duire en fragments minuscules. Tout est jet\u00e9 au feu. \"Blanche d\u00fb je\u00fbner et prier \u00e0 genoux, des journ\u00e9es enti\u00e8res dans l\u2019angle d\u2019un mur nu. Ses camarades chuchot\u00e8rent ; on parla de ses dessins et de leur imagination merveilleuse. Elle avait boulevers\u00e9 la monotonie de leur vie recluse. On la plaignit et on l\u2019envia. Blanche retourna alors son crayon vers les visages qui vivaient autour d\u2019elle.\" Tu observes \u2014 tu voles le papier jusque dans les cuisines, rebuts de pains ou de viandes qu\u2019on livre envelopp\u00e9s. Tu dessines en te cachant. \"La semonce brutale des religieuses brisa son imagination.  Blanche ne s\u2019affranchirait plus du r\u00e9el. Elle croqua avec une application documentaire. Elle voulait qu\u2019on reconnaisse l\u2019une et l\u2019autre, qu\u2019on puisse nommer chacune.\" Journal en image. Journal d\u2019une vie recluse\" Tes carnets gardent trace.<\/pre>\n\n\n\n<p style=\"font-size:20px\">Tu veux peindre. D\u2019o\u00f9 attrapes-tu&nbsp; ce&nbsp; d\u00e9sir comme fi\u00e8vre? Il s\u2019ancre. Peindre! <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>vois-tu &#8211; flottant &#8211; ivres &#8211; leurs courbes &#8211; leurs ellipses &#8211; leurs corolles &#8211; de couleurs ivres sur la toile &#8211; o\u00f9 &#8211; se glisse &#8211; le grain &#8211; je peins &#8211; vois-tu &#8211; flottant &#8211; ivres &#8211; leurs courbes \u2013 leurs ellipses \u2013 leurs corolles &#8211; fleurs de couleurs ivres &#8211; c\u2019est dans la grange &#8211; o\u00f9 &#8211; je me tiens &#8211; devant la toile &#8211; la toile avale les couleurs &#8211; c\u2019est dans la grange &#8211; et &#8211; le vent &#8211; frappe &#8211;&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:20px\">Peindre dis-tu. Elle t\u2019interdit l\u2019\u00e9cole d\u2019art \u2014 Artiste, mais tu d\u00e9lires&nbsp;? Dit celle qui paye ses robes avec sa bouche . <br>On t\u2019accorde un petit m\u00e9tier. Tu retouches des photographies. O\u00f9? Quand? Est-ce l\u00e0 que tu le vois ? Qu&rsquo;il arrive? Qu&rsquo;il t&rsquo;arrive  qui parle \u00e0 peine ta langue. Ce soldat. Photographe des tranch\u00e9es. L&rsquo;am\u00e9ricain. Et sur son visage un rivage. Tu le vois comme un paysage. Tu le vois comme ta libert\u00e9.  Te marier pour fuir? Tu fais les choses dans le bon ordre, tu ne fais pas comme  Elle, la m\u00e8re repeinte avec ses l\u00e9vriers et ses chiens de salon. Monsieur B. t&rsquo;offre son bras. Tu n&rsquo;as pas vingt ans . Tu es l\u00e9g\u00e8re sous les broderies de ta robe nuptiale. Tu marches vers l&rsquo;autel, les officiers te font une haie d&rsquo;honneur, cependant que ton regard s&rsquo;absente. <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tu nais deux mois trop t\u00f4t on te mets dans une boite \u00e0 chaussures. Coton, cocon. Tu survis. Tu nais d\u2019elle qui ne te veux pas. 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