{"id":46248,"date":"2021-08-15T10:58:32","date_gmt":"2021-08-15T08:58:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=46248"},"modified":"2021-08-15T10:58:33","modified_gmt":"2021-08-15T08:58:33","slug":"p7-simple-jardin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p7-simple-jardin\/","title":{"rendered":"#P7 Simple jardin"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-color has-background\" style=\"background-color:#d7e1e6;color:#7900a3\"><em>Codicille\u00a0: <strong>MAKING OF<\/strong> Comme ce f\u00fbt laborieux. Mise en place d\u2019un protocole \u00ab\u00a0litt\u00e9ral\u00a0\u00bb: rien ne venant \u00e0 mon esprit, pas d\u2019image de paysage, encore moins de variations, je me suis install\u00e9e avec l\u2019ordinateur devant la fen\u00eatre de la biblioth\u00e8que. Je connais si bien cette vue, j\u2019ai l\u2019impression que d\u2019un jour \u00e0 l\u2019autre rien ne va changer mais je ne trouve pas d\u2019autre moyen pour d\u00e9marrer sur cette proposition 7. Tentative de passer directement \u00e0 la proposition 8 mais la 7 encombre ma t\u00eate. Et je reprends le texte \u00e0 diff\u00e9rents moments, diff\u00e9rentes journ\u00e9es, install\u00e9e devant la fen\u00eatre, l\u2019impression que rien ne change mais si je reste suffisamment longtemps en laissant mon esprit vagabonder, laissant venir ce que m\u2019\u00e9voque ce paysage, quelques id\u00e9es \u00e9mergent, si difficilement, je note des morceaux de phrases, des sensations fugitives et plus tard je retravaille. Le r\u00e9sultat n\u2019importe presque pas mais cette d\u00e9marche de creuser, de d\u00e9couverte l\u00e0 o\u00f9 je pense ne rien trouver \u00e0 voir, \u00e0 dire (avec un temps disponible limit\u00e9), me laisse entrevoir cette id\u00e9e de texte pas encore l\u00e0 et qui va se construire et un plaisir \u00e0 venir. Et une question\u00a0: quand s\u2019arr\u00eater\u00a0?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mercredi 4 ao\u00fbt 2021<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la haute fen\u00eatre rectangulaire, vue sur un jardin. Le large battement central s\u00e9pare le paysage en deux lieux diff\u00e9rents, ce qui se cache \u00e0 la vue manque \u00e0 l\u2019\u0153il pour construire la continuit\u00e9 de l\u2019image. Jeu de profondeurs, comme sur ces cartes \u00e0 construire ou l\u2019on d\u00e9plie chaque \u00e9l\u00e9ment, depuis les premi\u00e8res fleurs qui touchent presque la fen\u00eatre jusqu\u2019\u00e0 la for\u00eat au fond. En bas \u00e0 gauche, les derni\u00e8res marches de l\u2019escalier de pierre conduisent \u00e0 une brouette retourn\u00e9e, comme pos\u00e9e contre le dormant de la fen\u00eatre, coiff\u00e9e des longues tiges emm\u00eal\u00e9es d\u2019une vigne. Derri\u00e8re la brouette, pointent l\u2019avoine et d\u2019immenses roses tr\u00e9mi\u00e8res. A droite au premier plan, une touffe de lavande s\u2019\u00e9tale sur le sommet d\u2019un muret gris qui dispara\u00eet un temps pour r\u00e9appara\u00eetre par l\u2019autre ventail, pas tout \u00e0 fait dans la continuit\u00e9, comme s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 en chemin. Les vrilles d\u2019un concombre ne trouvent pas \u00e0 s\u2019accrocher, d\u00e9sorient\u00e9es et inutiles sans pouvoir rejoindre le fuchsia ni le rosier jaune. Au second plan, une charmille cache le bas d\u2019un saule pleureur et tout au fond, presque indistincts les uns des autres, ch\u00eanes et grands marronniers occupent la totalit\u00e9 de l\u2019horizon.<\/p>\n\n\n\n<p>jeudi 5 ao\u00fbt 2021<\/p>\n\n\n\n<p>Fluidit\u00e9 du l\u00e9ger vent, mouvement qui se transmet \u00e0 chaque souffle, par vagues qui font onduler les branches du saule, secouent les feuilles de la charmille et font se pencher les roses tr\u00e9mi\u00e8res, g\u00e9antes et raides, se rencontrant et se repoussant, presque jusqu\u2019au sol mais qui r\u00e9sistent et se rel\u00e8vent. Les tiges du fuchsia rouge se balancent tranquillement sans qu\u2019on puisse distinguer l\u2019oscillation de ses clochettes, les branches souples de la vigne s\u2019enchev\u00eatrent et laissent appara\u00eetre quelques grappes de raisin vertes. L\u2019influence du vent est presque invisible sur les arbres du fond, seules quelques branches isol\u00e9es s\u2019agitent en d\u00e9passant de la voute foresti\u00e8re. Multiples hauteurs, multiples profondeurs, multiples couleurs, multiples formes, profusion qui se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 la vue au travers de ce cadre contraint. Une fleur de pissenlit traverse le paysage en volant doucement, sa trajectoire d\u00e9finie par le souffle de la brise, envie de la suivre en se laissant porter dans son sillage.<\/p>\n\n\n\n<p>Vendredi 6 ao\u00fbt 2021 <\/p>\n\n\n\n<p>Une araign\u00e9e a tiss\u00e9 sa toile \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, sur l\u2019angle gauche en haut de la fen\u00eatre mais reste invisible. Dans la lumi\u00e8re grise du petit matin, les grands arbres remplissent presque totalement l\u2019horizon, masse compacte, barri\u00e8re sombre et opaque, le l\u00e9ger balancement des cimes moins feuillues qui laisse juste entrevoir un peu de ciel blanch\u00e2tre. Le m\u00e9lange des esp\u00e8ces est indissociable, feuilles de ch\u00eanes sur branches de marronniers. Une \u00e9trange immobilit\u00e9 de cet arri\u00e8re-plan, ces quelques arbres semblent l\u2019avant-garde d\u2019une multitude qui les prolonge derri\u00e8re, une \u00e9paisse for\u00eat touffue qui continue et se densifie. Ce rideau sombre des ch\u00eanes et des ch\u00e2taigniers est un \u00e9cran parfait pour la palette de verts plus lumineux des arbustes l\u00e9gers qui se d\u00e9tachent devant. Poursuite d\u2019oiseaux de branche en branche. Souffle plus vigoureux ce matin, en petites rafales, chaque \u00e9l\u00e9ment bouge \u00e0 son rythme, le m\u00eame souffle ne produit pas les m\u00eames mouvements. Les branches du saule se balancent ensemble, tr\u00e8s gracieuses, les grandes roses tr\u00e9mi\u00e8res passent d\u2019un vantail \u00e0 l\u2019autre, disparaissent par instants, crainte qu\u2019elles ne se rel\u00e8vent pas tellement elles se penchent. Une rose fan\u00e9e est tomb\u00e9e sur le muret de pierre, jaune devenu rouille.<\/p>\n\n\n\n<p>Dimanche 9 ao\u00fbt 2021 <\/p>\n\n\n\n<p>Bruit de la pluie battante \u00e0 travers la fen\u00eatre ferm\u00e9e, paysage barr\u00e9 de ce rideau de perles grises, ciel de nuages bleu sombre pour ce qu\u2019on en distingue par quelques trou\u00e9es. Gouttes qui tombent brutalement sur les grandes feuilles de concombre et d\u00e9valent en petits ruisseaux. Violence de cette pluie qui frappe les p\u00e9tales sans m\u00e9nagement, comme des gifles ass\u00e9n\u00e9es et r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, pourtant les fleurs r\u00e9sistent mais celles qui \u00e9taient pr\u00eates \u00e0 tomber, aux corolles fatigu\u00e9es, se laissent entrainer sur le sol en petits tas chiffonn\u00e9s. Gait\u00e9 cependant du joyeux rebond des gouttes sur le muret de pierre tout brillant de petites flaques. Le rythme de la pluie est changeant, par instants on devine un peu de clart\u00e9 qui cherche \u00e0 traverser les nuages, un ralentissement du rythme des gouttes, presque \u00e0 s\u2019arr\u00eater puis qui repart encore plus vivement. Derri\u00e8re la brouette, on ne voit plus l\u2019avoine sans doute couch\u00e9e d\u00e9finitivement au sol, les graines d\u00e9tach\u00e9es de leur enveloppe et se perdant dans la terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Jeudi 12 ao\u00fbt 2021 <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9crasant soleil d\u2019ao\u00fbt en cette fin d\u2019apr\u00e8s-midi, la torpeur a gagn\u00e9 chaque brin d\u2019herbe, pas un mouvement dans la v\u00e9g\u00e9tation, seuls quelques vols d\u2019insectes, libellules, abeilles ou papillons animent le paysage. Les larges feuilles du concombre se fl\u00e9trissent, comme fatigu\u00e9es, se r\u00e9tractent sous l\u2019effet de la soif, le vert p\u00e2lit, les bords jaunissent, on les devine cassantes maintenant. Quelques mouches sont pi\u00e9g\u00e9es dans la toile de l\u2019araign\u00e9e. Le soleil d\u00e9cline vite et seules le haut de la vigne et quelques roses tr\u00e9mi\u00e8res restent touch\u00e9es par ses rayons, comme mises en valeur par un projecteur qui choisit d\u2019\u00e9clairer cette partie de la sc\u00e8ne allum\u00e9e et s\u2019\u00e9teint progressivement, plus de vedette, uniquement des figurants. Les fleurs rouges du fuchsia ressortent encore, ces petites cloches au carillon noir, que l\u2019on cueille et retourne pour faire des poup\u00e9es v\u00e9g\u00e9tales. Derniers rayons dans les grands arbres, ultime tour de piste avant la fin du spectacle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Codicille\u00a0: MAKING OF Comme ce f\u00fbt laborieux. 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