{"id":48598,"date":"2021-08-27T16:52:31","date_gmt":"2021-08-27T14:52:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=48598"},"modified":"2021-08-27T16:52:32","modified_gmt":"2021-08-27T14:52:32","slug":"l5-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l5-5\/","title":{"rendered":"#L5"},"content":{"rendered":"\n<p>EXPANSION d&rsquo;apr\u00e8s Sentimenth\u00e8que<\/p>\n\n\n\n<p>En lisant les romans de Maylis de Kerangal, elle s&rsquo;\u00e9merveille de ces listes d&rsquo;adjectifs qui en agacent tant d&rsquo;autres&#8230; elle prend des notes, v\u00e9rifie le sens de ce vert c\u00e9ladon, de ce rouge andrinople &#8230;et qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une plante rud\u00e9rale&nbsp;?. Dictionnaire encore&nbsp;; elle ne m\u00e9morise pourtant pas grand chose de tous ces termes que d&rsquo;aucuns jugent abscons, et qu&rsquo;elle trouve simplement beaux. Elle les dit \u00e0 voix haute, s&rsquo;en gargarise sans les comprendre tous. Elle se demande o\u00f9 l&rsquo;auteur trouve ces vocables chantants, inconnus au point de laisser libre toute interpr\u00e9tation, toute imagination. Dans <em>La Naissance d&rsquo;un Pont<\/em>, il y a une jungle de tous les verts, un h\u00e9ros de toutes les masculinit\u00e9s, un chantier de tous les dangers, des mirages et des r\u00eaves, perdus, retrouv\u00e9s, infinis, toujours qualifi\u00e9s, toujours extrapol\u00e9s. Dans <em>Un Monde \u00e0 port\u00e9e de main<\/em>, c&rsquo;est de mati\u00e8res qu&rsquo;il s&rsquo;agit, et l\u00e0, la main s&rsquo;agite au fil de la lecture, effleure le stuc, caresse le marbre, s&rsquo;\u00e9merveille du rendu des trompe-l\u2019\u0153il. Les envols que ces mots autorisent la laissent sans voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle r\u00e9fl\u00e9chit. O\u00f9 donc a-t-elle d\u00e9j\u00e0 entendu ce mot&nbsp;? Ah oui, dans la bouche de ses \u00e9l\u00e8ves qui, pour &lsquo;\u00e9crire du rap&rsquo;, lui avaient r\u00e9clam\u00e9 un dictionnaire de rimes et allaient y chercher les mots les plus merveilleux, de pr\u00e9f\u00e9rence les plus longs aussi, ne se souciant alors que de la sonorit\u00e9 finale, y d\u00e9nichant le rythme souhait\u00e9, n\u00e9gligeant sans barguigner le sens, approchant alors d&rsquo;un surr\u00e9alisme involontaire, un peu \u00e0 la mani\u00e8re de ces peintres de l&rsquo;art brut dont les visions confinent \u00e0 la r\u00eaverie souvent cauchemardesque, parfois enchanteresse&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa gratuit\u00e9, la d\u00e9lectation du langage se fait pleine et enti\u00e8re, le mot n&rsquo;est plus n\u00e9cessairement porteur de sens mais seulement porteur de sa propre beaut\u00e9, de sa propre perfection. Elle jubile de disposer d&rsquo;un tel outil, se plaint de l&rsquo;utiliser mal, ne d\u00e9sesp\u00e8re pas de progresser. Et soudain jaillit une autre langue, riche elle aussi, pleine de mots beaux et r\u00e9jouissants, et elle compare, elle collationne, teste le sens dans une langue puis dans l&rsquo;autre, celle-ci va mieux, celle-l\u00e0 le dit mieux. Plus de syst\u00e8me de valeurs, pas de langue meilleure, juste des mots-sensations qu&rsquo;elle pr\u00e9serve en son sein, qu&rsquo;elle garde jalousement, qu&rsquo;elle donne parfois \u00e0 certains, qu&rsquo;elle offre au papier, au clavier de l&rsquo;ordinateur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>EXPANSION d&rsquo;apr\u00e8s Sentimenth\u00e8que En lisant les romans de Maylis de Kerangal, elle s&rsquo;\u00e9merveille de ces listes d&rsquo;adjectifs qui en agacent tant d&rsquo;autres&#8230; elle prend des notes, v\u00e9rifie le sens de ce vert c\u00e9ladon, de ce rouge andrinople &#8230;et qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une plante rud\u00e9rale&nbsp;?. Dictionnaire encore&nbsp;; elle ne m\u00e9morise pourtant pas grand chose de tous ces termes que d&rsquo;aucuns jugent abscons, et <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l5-5\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#L5<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":375,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2462],"tags":[],"class_list":["post-48598","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-livre-5"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48598","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/375"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=48598"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48598\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=48598"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=48598"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=48598"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}