{"id":48673,"date":"2021-08-28T19:40:44","date_gmt":"2021-08-28T17:40:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=48673"},"modified":"2021-08-28T19:40:46","modified_gmt":"2021-08-28T17:40:46","slug":"l9-feerie-perpetuelle-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l9-feerie-perpetuelle-2\/","title":{"rendered":"#L9 | F\u00e9\u00e9rie perp\u00e9tuelle 2"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/eba31b7d5c0ddad1a16a916b2b68004f.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-48677\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/eba31b7d5c0ddad1a16a916b2b68004f.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/eba31b7d5c0ddad1a16a916b2b68004f-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/eba31b7d5c0ddad1a16a916b2b68004f-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>\u00a9Luca Barberini<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><strong>29\/08&nbsp;[MAL]<\/strong><br>Tu as tous les droits, sauf celui de te faire mal, dit-elle \u00e0 l\u2019enfant qui semble imm\u00e9diatement comprendre l\u2019ampleur de cette responsabilit\u00e9.&nbsp;<br><br>**\u00ab\u2009C\u2019est mal\u2009\u00bb s\u2019\u00e9crit souvent&nbsp;: \u00ab\u2009c\u2019est tr\u00e8s vilain\u2009\u00bb, en rose sucre, avec un petit sourire. Mais parfois, trop souvent, en lettres de honte sur mon visage durci par le scandale.<br><br>***<em>&nbsp;Les mots vid\u00e9s de leur contenu, la parole sans poids, la langue \u00e0 ronron, le robinet d\u2019eau ti\u00e8de, le pr\u00eat \u00e0 penser, les fausses alternatives, le duel perp\u00e9tuel\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><strong>28\/08&nbsp;[\u00c2NE]<\/strong><br>Une amie se fait moquer parce qu\u2019elle a tent\u00e9 une randonn\u00e9e avec un \u00e2ne. Les autres compagnons de ce voyage me semblent pourtant de bien meilleurs objets de raillerie. Et sa foi dans l\u2019humanit\u00e9, un vain courage \u00e0 saluer. Chacun son b\u00e2t.&nbsp;<br><br>**Spontan\u00e9ment, ces masques que nous portons pour nous pr\u00e9munir du virus des pangolins m\u2019\u00e9voquent le bonnet d\u2019\u00e2ne. L\u2019association reste libre. Bonnets de tous pays, donnez-vous la main\u2009! Mais enfilez d\u2019abord des gants de latex fins, ultrafins de la mati\u00e8re m\u00eame des pr\u00e9servatifs \u00ab\u2009nude\u2009\u00bb. \u00c0 moins qu\u2019on leur pr\u00e9f\u00e8re finalement la callosit\u00e9 des poign\u00e9es de mains gant\u00e9es de mod\u00e8les perl\u00e9s\u2026<em>&nbsp;<\/em><br><br>***Par extension, le mot \u00e2nerie est doux, avec de grandes oreilles duveteuses et de beaux yeux noirs pein\u00e9s par l\u2019erreur. Il \u00f4te le tragique qui pourrait surgir mal \u00e0 propos, renvoie la culpabilit\u00e9 inopportune \u00e0 un malentendu enfantin. Une \u00e2nerie se r\u00e9pare \u00e0 chaud ou \u00e0 froid, comme on ferre un \u00e2ne, mais l\u00e0 aussi, ce n\u2019est pas forc\u00e9ment n\u00e9cessaire&nbsp;: on comprend \u00e0 son nom qu\u2019on va pouvoir faire avec, vivre avec une \u00e2nerie. La promotion de ce mot ajouterait un barreau manquant sur l\u2019\u00e9chelle qui va du \u00ab\u2009pas de souci\u2009\u00bb au \u00ab\u2009il n\u2019y a pas de mot\u2009\u00bb.<em>&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><strong>27\/08&nbsp;[APR\u00c8S]&nbsp;<\/strong><br>Marcher fait dr\u00f4le. Nul doute&nbsp;: ce sont les cyclistes qui ont invent\u00e9 les cosmonautes.&nbsp;<br><br>**Pour apr\u00e8s, voil\u00e0 ce que je souhaite garder&nbsp;: le geste continu de l\u2019\u00e9criture, la joie de pr\u00e9parer la nourriture la plus simple, la cl\u00e9 de cette maison dans ma poche et l\u2019\u00e9pitaphe en vigueur d\u00e8s mon vivant \u00ab\u2009E solo un truco\u2009\u00bb&nbsp;<br><br>***Tu m\u2019as dit&nbsp;: ne t\u2019inqui\u00e8te pas pour apr\u00e8s. C\u2019est la rentr\u00e9e qui va avoir peur de nous. Elle nous attend en tr\u00e9pignant d\u2019un pied sur l\u2019autre avec tous ses pr\u00e9suppos\u00e9s, elle a pr\u00e9vu plein de trucs pour nous faire tourner la t\u00eate, pour nous attirer dans son tourbillon de trop-plein, mais nous, on va \u00e0 peine la regarder. J\u2019ai r\u00e9pondu&nbsp;: Oui, on lui dira qu\u2019on n\u2019a besoin de rien, comme au vendeur de bible et d\u2019aspirateur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><br><strong>26\/08<\/strong>&nbsp;<strong>[COMPLAISANCE&nbsp;]<\/strong><br>\u00ab\u2009Vous pouvez vous arr\u00eater \u00e0 l\u2019\u00e9cluse de Beloeil pour regarder passer les bateaux de complaisance\u2026\u2009\u00bb&nbsp;<br><br>**J\u2019envisage \u00e0 ce sujet de donner un cours intitul\u00e9 \u00ab\u2009Le collier de nouilles et le choc esth\u00e9tique\u2009\u00bb. J\u2019ai bien peur qu\u2019il ne tienne en deux phrases.&nbsp;<br><br>***Retrouver la sc\u00e8ne, retrouver le public, on n\u2019en pouvait plus. C\u2019est notre plaisir la rencontre avec le public, jouer\u2026 Arr\u00eate Simon\u2009! Le plaisir de tout donner au public qui attend tellement de nous. C\u2019est toute notre vie \u00e0 nous autres, artistes, nous ne pouvons pas vivre sans ressentir l\u2019\u00e9motion intense\u2026 Simon, maman te voit\u2009! L\u2019\u00e9motion intense de la sc\u00e8ne, de l\u2019incarnation du personnage\u2026 Nous sommes des cr\u00e9atures d\u2019\u00e9motions, jouer c\u2019est d\u2019abord ressentir, ressentir intens\u00e9ment, vibrer\u2026 Alors tous ces mois \u00e0 la maison\u2026 Qui supporterait une existence sans plaisir\u2009? Personne\u2009! C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019on fait ce m\u00e9tier. Pour vivre d\u2019autres vies. Aujourd\u2019hui je suis Carmen, demain Desd\u00e9mone, oui, je rentre dans la peau de mes personnages\u2026 Simon, maman est occup\u00e9e, tu vois bien que maman donne une interview au monsieur. Je suis d\u00e9sol\u00e9e, j\u2019ai un probl\u00e8me de nounou, elle est partie dans sa famille, elle me met dans une situation impossible, mais elle est formidable, formidable, avec mes horaires et puis c\u2019est un m\u00e9tier tr\u00e8s prenant, enfin l\u00e0, son d\u00e9part \u00e0 deux semaines de la premi\u00e8re\u2026 Simon, maman a dit non\u2009! On ne touche pas \u00e7a\u2009! Excuse-le. O\u00f9 en \u00e9tais-je\u2009? Ah, l\u2019incarnation\u2026 Simon\u2009!!! Ne mets pas ta main l\u00e0\u2009! Tu g\u00eanes maman en faisant \u00e7a\u2026 S\u2019il m\u2019arrive d\u2019\u00eatre d\u00e9\u00e7ue\u2009? Jamais\u2009! Bien s\u00fbr parfois\u2026 Mais on prend son plaisir o\u00f9 on peut, dans les petites choses, un mot gentil d\u2019un partenaire, le coup d\u2019\u0153il enchant\u00e9 des habilleuses devant un costume bien port\u00e9, \u00e7a fait plaisir, tout de m\u00eame. Les applaudissements du public, si on joue, c\u2019est pour lui, pour qu\u2019il ait un peu de plaisir dans une vie si\u2026 Simon, arr\u00eate avec ton zizi\u2009! Le monsieur te regarde\u2009! Tout le monde te regarde\u2009! Excusez-moi, je ne sais pas ce qui lui prend, d\u2019habitude c\u2019est un enfant tr\u00e8s sage. Il doit \u00eatre jaloux de ne pas \u00eatre pris en photo avec sa maman\u2026 non, non, il n\u2019est pas habill\u00e9 pour \u00e7a&nbsp;: il s\u2019est mis du chocolat partout. Quatre ans. Presque. Vous savez ce que c\u2019est\u2026 Les r\u00e9p\u00e9titions avec Stuart\u2009? Tr\u00e8s exigeant. Tr\u00e8s tr\u00e8s exigeant. Un grand professionnel. Beaucoup de contraintes. Un d\u00e9cor en pente. Enfin une sc\u00e9nographie. Il ne croit pas au personnage\u2026 C\u2019est un peu comme de chanter malade, tout le monde vous admire, mais on n\u2019a pas son plaisir. Simon, sois gentil, ne donne pas ton g\u00e2teau \u00e0 Tchekhov. Enfin, la critique est dithyrambique\u2009! Donc, \u00e7a vaut la peine. J\u2019esp\u00e8re que le public suivra. J\u2019ai une admiration folle pour Stuart. Sinon je n\u2019aurais jamais accept\u00e9\u2026 Simon, ne lui donne pas ton g\u00e2teau\u2009! Tu sais que Tchekhov est malade quand il mange des g\u00e2teaux. C\u2019est un Shiba, vous connaissez\u2009? Leur estomac est tr\u00e8s d\u00e9licat\u2026 Mes projets\u2009? Des masterclasses\u2009! J\u2019adore enseigner, transmettre\u2026 C\u2019est un tel plaisir de voir un \u00e9l\u00e8ve qui s\u2019ouvre, qui s\u2019\u00e9panouit, comme une fleur, s\u2019offrir \u00e0 l\u2019attention du public, totalement, parce qu\u2019on a su lui glisser \u00e0 l\u2019oreille la parole d\u2019encouragement qu\u2019il attendait. (Soupir satisfait) Et voil\u00e0, Tchekhov a vomi\u2009! Tu es content\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><br><strong>25\/08&nbsp;[TAPISSERIE]&nbsp;<\/strong><br>Quand on passe rapidement on voit la poussi\u00e8re. Quand on s\u2019arr\u00eate, on voit la ville et la guerre. Si on insiste, les vols, les viols, les cr\u00e2nes fracass\u00e9s et les membres mutil\u00e9s. <em>TAMAT\/TOURNAI | Le Faussaire et l\u2019Aveugle&nbsp;<\/em><br><br>**Tant que rien ne bouge, on voit des figures paradisiaques, ou joyeusement mythologiques. La facture tr\u00e8s classique donne aux \u0153uvres immobiles de Mat Collishaw l\u2019apparence d\u2019une parfaite meringue, d\u2019une vitrine lisse de la rue du Faubourg Saint-Honor\u00e9\u2026 Et puis le man\u00e8ge se met en branle, \u00e7a tourne jusqu\u2019au vertige et l\u00e0 c\u2019est l\u2019orgie, la violence inexorablement reconduite. L\u00e0 devant, je me sens comme le foie de Prom\u00e9th\u00e9e. Je pense \u00e0 l\u2019op\u00e9ra, si terriblement fig\u00e9 dans ces ors que la premi\u00e8re image qui vient \u00e0 l\u2019esprit quand on l\u2019\u00e9voque, c\u2019est la meringue parfaite d\u2019un g\u00e2teau de plusieurs \u00e9tages, ou une vitrine d\u00e9sign\u00e9e de la rue du Faubourg Saint-Honor\u00e9. Il s\u2019est confondu avec les macarons Ladur\u00e9 qu\u2019on peut y acheter \u00e0 prix d\u2019or au bar \u00e0 moulures. Mais hier, j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 d\u00e9cevoir cruellement une jeune personne qui croyait comme \u00e0 un No\u00ebl que les moulures \u00e9taient sculpt\u00e9es \u00e0 m\u00eame les plafonds des immeubles haussmanniens qui la font r\u00eaver. Les immeubles demeurent de pierre. La mati\u00e8re de l\u2019op\u00e9ra est impitoyable, elle porte en elle un m\u00e9canisme qui rouille \u00e0 ne pas \u00eatre utilis\u00e9.<strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><br><br>***Somnambule d\u2019exception, je n\u2019avais pas exerc\u00e9 mes talents depuis de nombreuses ann\u00e9es. \u00c0 moins que\u2026&nbsp;vivre en couple est l\u2019occasion unique de se d\u00e9couvrir ce talent, quelqu\u2019un est int\u00e9ress\u00e9 par votre vie nocturne, concern\u00e9, voire impliqu\u00e9 dans ses al\u00e9as, \u00e0 la mesure qu\u2019ils d\u00e9rangent son sommeil. Je pratique un somnambulisme doux, consistant essentiellement \u00e0 me tenir debout \u00e0 une ou deux encablures du lit et \u00e0 fixer quelque chose. Quand c\u2019est le lit lui-m\u00eame, \u00e7a peut-\u00eatre assez inqui\u00e9tant pour la personne qui s\u2019y trouve et, dans un sursaut animal, se r\u00e9veille alert\u00e9e du poids de ce regard. Debout donc, sans le moindre souvenir de m\u2019\u00eatre lev\u00e9e, je fixe quelque chose. Une fois, c\u2019\u00e9tait un store dont les ajours laissaient passer de petits points de lumi\u00e8re&nbsp;: la rue sur laquelle donnait cette fen\u00eatre \u00e9tait arros\u00e9e de l\u2019orang\u00e9 de grands r\u00e9verb\u00e8res \u2014 ces lampes \u00e0 d\u00e9charges au sodium avec leur lent lev\u00e9, et leur climax fig\u00e9 qui grise tout ce qu\u2019il touche me fascinent&nbsp;: elles sont la pleine lumi\u00e8re qui dit la nuit pour les gens de ma g\u00e9n\u00e9ration. Je les utilise souvent en sc\u00e8ne. La halle de la montagne, chez le Roi des Trolls dans<em> Peer Gynt<\/em>, par exemple, nous l\u2019avions \u00e9clair\u00e9e ainsi. Et plus r\u00e9cemment, la nuit dans le tronc d\u2019arbre creux de Hansel et Gretel \u2014 . J\u2019entends une voix douce et inqui\u00e8te qui dit mon nom. Comme il n\u2019y a pas de probl\u00e8me, cette sollicitude m\u2019agace, d\u2019autant qu\u2019elle insiste, veut savoir si \u00e7a va\u2026 Mais la voix sent aussi mon exasp\u00e9ration dans mes r\u00e9ponses et redouble d\u2019inqui\u00e9tude. Est-ce que je ne veux pas revenir me coucher\u2009? Oui, oui, je r\u00e9ponds sans quitter la fen\u00eatre des yeux. L\u2019inqui\u00e9tude absurde de l\u2019autre \u00e9paissit l\u2019air de la chambre. Je soupire, il faut vraiment tout expliquer&nbsp;: oui, oui, mais c\u2019est si beau, il y a des biches, et des flambeaux. Au matin, je me souviens de tout sauf de l\u2019image \u00e0 la mani\u00e8re de la Tapisserie de Bayeux elle-m\u00eame. Mais j\u2019en garde la sensation \u00e9merveill\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><strong>24\/08&nbsp;[RAVEL]<\/strong>&nbsp;<br>R\u00e9seau Autonome des Voies Lentes. De l\u2019art belge de l\u2019acronyme.<br><br>**Ravel dit n\u2019avoir pens\u00e9 qu\u2019allit\u00e9rations et assonances en choisissant le titre Pavane pour une Infante d\u00e9funte. Cependant c\u2019est bien une infante d\u00e9funte qui s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 son esprit et non une aviatrice \u00e9vapor\u00e9e, un cluster iconoclaste, une sorci\u00e8re rissol\u00e9e\u2026 M\u00eame s\u2019il n\u2019y voyait rien d\u2019autre que des sons, ce sont ses mots. Et les mots demeurent d\u2019indiscrets paravents aux infantes comme aux d\u00e9funtes.&nbsp;<br><br>***\u00c0 Montfort l\u2019Amaury, on peut aller au \u00ab\u2009Belv\u00e9d\u00e8re\u2009\u00bb chercher Ravel dans le d\u00e9cor d\u2019Enfant et Sortil\u00e8ges de sa propre maison. Ou bien faire comme l\u2019enfant&nbsp;: \u00eatre au jardin en attendant d\u2019\u00eatre \u00e0 la for\u00eat et lever les yeux vers les \u00e9toiles, comme une chauve-souris qui n\u2019a pas perdu, mais trouv\u00e9 sa compagne.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><br><strong>23\/08&nbsp;[CYGNE]&nbsp;<\/strong><br>Plumes sur l\u2019eau verte<br>La toilette du cygne d\u2019hier<br>Piste balis\u00e9e<br><br>**Ils sont si nombreux cette ann\u00e9e dans cette petite boucle de l\u2019\u00e9tang<br>Nous partirons tout de m\u00eame dans quelques jours<br>Les petits ont des palmes disproportionn\u00e9es<br>Leurs cris ressemblent aux klaxons des voitures d\u2019enfants<br>Et s\u2019obstinent \u00e0 me distraire de ma tristesse et de mon inqui\u00e9tude<br>Ce monde si mal dot\u00e9 en cygnes vers lequel nous retournons bient\u00f4t<em>&nbsp;<\/em><br><br>***Rares sont les cygnes<br>O\u00f9 donc sont-ils all\u00e9s cacher<br>Le blanc cet \u00e9t\u00e9\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><strong>22\/08\u00a0[BELGE]<\/strong><br>De ce qui est ami, voisin, fr\u00e8re, familier, \u00e9tranget\u00e9, surr\u00e9aliste, chaleureux, \u00e2pre, mais doux, doux et \u00e2pre malgr\u00e9 tout, fort en gueule, fort discret, bizarrerie, l\u00e9ger d\u00e9calage\u2026\u00a0<br><br>**En visite \u00e0 Gand, je n\u2019ai pas pris mon sac imprim\u00e9 \u00ab\u2009je parle fran\u00e7ais\u2009\u00bb pour ne pas tordre de bouches, manquer d\u2019\u00e9gard \u00e0 la Flandre-Occidentale, faire un faux pas, commettre un impair. Dans mes petits souliers, j\u2019essaie de l\u2019allemand, ou de l\u2019anglais\u2026 immanquablement on me demande si par hasard je ne parlerais pas plut\u00f4t fran\u00e7ais\u2026\u00a0<br><br>***Il y a quelque chose de bouleversant dans le liminaire. Cette barre de seuil, barre deuil\u2009? Ne cesse de se repr\u00e9senter \u00e0 moi depuis le d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9, comme des voisins d\u2019une m\u00eame famille pour qui emm\u00e9nage dans un quartier nouveau, se reconnaissent par leur ressemblance plus que par leur nom. Sans convoquer les archivistes, deux instants liminaires me restent en t\u00eate\u00a0: celui des enfers et de l\u2019esp\u00e9rance apport\u00e9s (oui vraiment comme ces portes de th\u00e9\u00e2tres fix\u00e9es sur un ch\u00e2ssis qu\u2019on trouve dans les vieux cours de sc\u00e8ne) en cl\u00f4ture de son parcours dans l\u2019\u00e9cole, et celui du seuil d\u2019une chambre un instant confondu dans une perspective \u00e9cras\u00e9e avec celui de son balcon, ouvrant un grand appel d\u2019air vert. Une autre exp\u00e9rience de cette nature se vit sur la dur\u00e9e pour qui jouxte une fronti\u00e8re. Le Belge est tout pr\u00e8s, il suffit d\u2019\u00e9tendre le bras et nous voil\u00e0 ailleurs. Au point qu\u2019on pourrait oublier qu\u2019il existe, \u00e9crite sur du papier, une ligne sur laquelle les v\u00e9los roulent sans \u00e0-coup. Quelques lignes de Fran\u00e7ois Maspero dans <em>Balkans-Transit <\/em>l\u2019ont fait r\u00e9appara\u00eetre dans un \u00e9tonnant ricochet bulgaro-belge\u00a0: \u00ab\u2009(\u2026) la barri\u00e8re de la fronti\u00e8re bulgare avait \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par une simple chaise de jardin pos\u00e9e au milieu de la route. Un douanier la retirait placidement \u00e0 chaque passage de v\u00e9hicule pour la remettre ensuite.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background\"><strong>Codicille\u00a0<\/strong>: Depuis bient\u00f4t trois ans, je tiens le <strong><em><a href=\"http:\/\/www.emmanuellecordoliani.com\/journal-dun-mot-an-3\/\">Journal d\u2019un Mot<\/a><\/em><\/strong>. Les ** indiquent les ann\u00e9es. Je poste chaque jour une entr\u00e9e. Ce sont toujours les m\u00eames mots, je les retrouve, je retrouve mes entr\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, je fouille, j\u2019ajoute, je diverge\u2026 C\u2019est un projet en l\u2019air n\u00e9 de la <a href=\"http:\/\/www.emmanuellecordoliani.com\/tiers-livre-un-bon-ete-frontiere-close-ouverte\/\"><strong>derni\u00e8re proposition de l\u2019Atelier Ville<\/strong><\/a>. Je compte publier un recueil en d\u00e9cembre des trois premi\u00e8res ann\u00e9es. Apr\u00e8s, je ne sais pas. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 dans le cadre de #L6 une semaine de ce journal ici. Avec #L9, j&rsquo;y reviens. Parce que c&rsquo;est ce que je connais de plus proche de la <em>F\u00e9\u00e9rie g\u00e9n\u00e9rale<\/em>. Je l\u2019ajoute \u00e0 mes autres<strong><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p6-journal-edition-critique\/\"> <\/a><\/strong><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l9-ecrire-lete-iii\/\"><strong>#L9<\/strong> <strong>| \u00c9crire l&rsquo;\u00e9t\u00e9<\/strong> III<strong> <\/strong><\/a>qui prolonge le journal d&rsquo;\u00e9criture commenc\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion de la proposition #6.   <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>29\/08&nbsp;[MAL]Tu as tous les droits, sauf celui de te faire mal, dit-elle \u00e0 l\u2019enfant qui semble imm\u00e9diatement comprendre l\u2019ampleur de cette responsabilit\u00e9.&nbsp; **\u00ab\u2009C\u2019est mal\u2009\u00bb s\u2019\u00e9crit souvent&nbsp;: \u00ab\u2009c\u2019est tr\u00e8s vilain\u2009\u00bb, en rose sucre, avec un petit sourire. Mais parfois, trop souvent, en lettres de honte sur mon visage durci par le scandale. ***&nbsp;Les mots vid\u00e9s de leur contenu, la parole sans <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l9-feerie-perpetuelle-2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#L9 | F\u00e9\u00e9rie perp\u00e9tuelle 2<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":43,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2069,1,2707],"tags":[],"class_list":["post-48673","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-2021-faire-un-livre","category-atelier","category-livre-9-pireyre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48673","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/43"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=48673"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48673\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=48673"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=48673"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=48673"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}