{"id":48801,"date":"2021-08-30T08:12:48","date_gmt":"2021-08-30T06:12:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=48801"},"modified":"2021-10-02T19:09:20","modified_gmt":"2021-10-02T17:09:20","slug":"ecrire-lete-iv","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecrire-lete-iv\/","title":{"rendered":"la fabrique | \u00c9crire l\u2019\u00e9t\u00e9 IV"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"762\" height=\"588\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Capture-decran-2021-08-30-a-08.10.14.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-48861\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Capture-decran-2021-08-30-a-08.10.14.png 762w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Capture-decran-2021-08-30-a-08.10.14-420x324.png 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 762px) 100vw, 762px\" \/><figcaption>Une semaine liminaire<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Dimanche<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le plus long dans l\u2019\u00e9criture c\u2019est de s\u2019autoriser \u00e0 \u00e9crire ce qu\u2019on veut absolument \u00e9crire. Je n\u00e9gocie comme au march\u00e9 des Vacillantes chaque <strong>changement de destination<\/strong> d\u2019un texte. Or, \u00e0 part moi, qui pourrait s\u2019offusquer que ce ne soit plus Selim, mais Osmin qui vive ou dise ou r\u00eave ceci ou cela\u2009?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lundi<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Matin\u00e9e d\u2019\u00e9cran pour la mise en forme du <em>Journal d\u2019un Mot<\/em>, puis du livre. J\u2019essaie pour le premier cette forme tr\u00e8s a\u00e9r\u00e9e qui s\u2019est propos\u00e9e pendant une insomnie gantoise. J\u2019\u00e9cris quelques textes au passage\u2026&nbsp;Bagarre avec le gabarit accueillant le livre. Le passage au PDF est un massacre. Je change de monture. Tout \u00e7a prend du temps. C\u2019est aussi du temps d\u2019\u00e9criture. Je change le chapitrage, \u00e7a me fait dr\u00f4le, une ligne (<em>AU COMMENCEMENT\u2026<\/em>), tout un \u00e9moi. Je me fais bien rire. Je veux dire que ma capacit\u00e9 \u00e0 sacraliser le texte, y compris le mien, est d\u2019abord risible. Ensuite, elle raconte pas mal de choses sur notre relation \u00e0 l\u2019\u00e9crit, \u00e0 la fiction, au refus de la fiction\u2026 Donc, un changement bien timide, mais \u00e0 quoi bon presser l\u2019organisation de l\u2019ensemble\u2009? Je prendrais le taureau par les cornes en octobre, d\u2019ici l\u00e0 je laisse venir \u00e0 moi les petits enfants. Des charni\u00e8res manquent. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 beaucoup de le savoir. Le temps du PDF, c\u2019est l\u2019occasion de voir non pas encore \u00ab\u2009ce qui reste \u00e0 \u00e9crire\u2009\u00bb, mais <strong>o\u00f9 \u00e7a bourgeonne, o\u00f9 \u00e7a prend racine, o\u00f9 \u00e7a rhizome<\/strong>.<br><br>De l\u2019impossibilit\u00e9 de savoir \u00ab\u2009combien\u2009\u00bb j\u2019\u00e9cris par jour avec tous ces petits chantiers ouverts. Mais finalement, en quoi est-ce pertinent au point o\u00f9 me voil\u00e0 rendue\u2009? Il y a quelque chose de la fatigue des textes (comme de la salade) qui pourrait s\u2019exp\u00e9rimenter ainsi, avec un objectif chiffr\u00e9. On le fait pour la marche, le v\u00e9lo, le sport, pas la peine d\u2019\u00eatre b\u00e9gueule pour l\u2019\u00e9criture. C\u2019est une exp\u00e9rience d\u2019\u00e9crire dix pages par jour, \u00e7a d\u00e9gage de ce \u00ab\u2009petit\u2009\u00bb, dont on fait l\u2019apanage des femmes, \u00e7a d\u00e9gage l\u2019id\u00e9e du bien fait, du fini, \u00e7a fait respirer autrement. J\u2019ai longtemps souhait\u00e9 \u00e9crire tous les jours, je crois que c\u2019est un souhait qui remonte \u00e0 l\u2019enfance. Je r\u00eavais d\u2019\u00e9crire. Mettre \u00e7a en marche n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 simple ni \u00e9vident. La rue de ce d\u00e9sir \u00e9tait tout \u00e0 fait entrav\u00e9e, essentiellement par mes propres contradictions. Depuis trois ans, avec le <em>Journal d\u2019un Mot<\/em>, j\u2019ai pris ce pli. Depuis deux ans, il s\u2019est doubl\u00e9 d\u2019un autre journal, papier, pour moi seule. J\u2019ai d\u00fb le suspendre pour tenir ce journal d\u2019\u00e9criture, <em><strong>\u00c9crire l\u2019\u00e9t\u00e9<\/strong><\/em>, dont je ne sais combien de temps il durera. <br>Aujourd\u2019hui d\u2019ailleurs, j\u2019en ai eu ras la casquette de l\u2019\u00e9cran et du clavier. Je suis sortie en bourrasque dans la rue, pour prendre l\u2019air avec dans mon sac un tr\u00e8s joli carnet offert par mon collaborateur bien-aim\u00e9 Victor Duclos. Depuis un moment tous mes carnets font le m\u00eame format, grande taille, simplement lign\u00e9s, de sorte qu\u2019\u00e9crire est un geste continu, quel que soit le chantier ouvert. Mais l\u00e0, j\u2019en avais assez, assez. Il est fantaisie celui-l\u00e0, avec des groupes de pages diff\u00e9rentes. Je me suis assise dans le vent. Je suis all\u00e9e \u00e0 la section des petits carreaux. J\u2019ai consacr\u00e9 une page au d\u00e9tail des textes sur l\u2019eau que je veux ajouter&nbsp;: \u00e9cluse-barrage-mascaret (un mal de chien pour retrouver ce mot cach\u00e9 derri\u00e8re \u00ab\u2009reflux\u2009\u00bb, tout y est pass\u00e9, Rouen, Giverny, L\u00e9opoldine Hugo\u2026) grandes mar\u00e9es-Atlantide. Alors comme un cadeau, l\u2019origine de cette parole de Selim sur l\u2019eau, comment elle est advenue, s\u2019est propos\u00e9e et je l\u2019ai not\u00e9e soigneusement parce que tout se m\u00e9lange tr\u00e8s vite sinon. <br>Une autre page liste les textes enregistr\u00e9s (REVOX) par l\u2019\u00e9nigmatique Monsieur (NDLR : Qui est une dame), r\u00e9pondant \u00e0 sa proposition \u00ab\u2009<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chapitre-du-passage-des-eaux\/\">Cambrioler des villes<\/a>\u2009\u00bb. L\u00e0 encore, j\u2019\u00e9tablis la liste et tr\u00e8s vite, presque trop pour mes doigts, elle se ramifie et vient s\u2019entrelacer au r\u00e9cit d\u00e9j\u00e0 existant. Enfin, une page consacr\u00e9e \u00e0 la question de la r\u00e9\u00e9criture, qui me taraude en ce moment, tant elle est multiple et non une comme je l\u2019ai trop longtemps crue. J\u2019entrevois la possibilit\u00e9 d\u2019adjoindre aux textes existants des notes \u00e9manant de la personne qui les aura recueillis, traduits, \u00e9crits sous la dict\u00e9e\u2026 pas en note de bas de page, cependant. Je n\u2019ai pas envie de ma casser les yeux avec \u00e7a. Mais comme un ajout, simplement, se nommant lui-m\u00eame, <strong>s\u2019excusant des lacunes<\/strong>, de la qualit\u00e9 de la compr\u00e9hension\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mardi<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Et Jaccottet de recenser ce que contient la forme admirablement souple des Cahiers.&nbsp;: \u00ab\u2009Les sc\u00e8nes parisiennes, v\u00e9cues, douloureusement subies au moment de la r\u00e9daction du livre (\u2026) les souvenirs d\u2019enfance, imaginaires ou r\u00e9els, enfin les riches m\u00e9ditations inspir\u00e9es par les lieux (le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Orange, les Baux, les Alyscamps), par des personnages historiques ou l\u00e9gendaires, par des \u0153uvres d\u2019art (la Tapisserie de la Dame \u00e0 la licorne\u2009\u00bb\u2026<\/em><br><em>Ces Cahiers de Malte Laurids Brigge sont \u00ab\u2009pour une part, la plus puissante, un livre de hantises.\u2009\u00bb<\/em>. La journ\u00e9e commence tr\u00e8s t\u00f4t et dans le silence de la maison, je me penche sur <a href=\"https:\/\/poezibao.typepad.com\/files\/flotoir-du-5-au-18-ao\u00fbt-2021.pdf\">le Flotoir de Florence Trocm\u00e9<\/a>, comme nous tou.tes, plus prolixe en \u00e9t\u00e9. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 gr\u00e2ce \u00e0 elle et \u00e0 Poezibao que j\u2019avais entrepris ce <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/fabrique-laissant-apparaitre-de-la-frequentation-de-jaccottet\/\">long c\u00f4toiement d\u2019un extrait de <em>Paysages avec Figures absentes<\/em><\/a> de Jaccottet. Ce court extrait suffit \u00e0 donner la direction de ce qui me permettra de poursuivre ce dr\u00f4le d\u2019\u00e9change&nbsp;: cette biographie de Rilke par Jaccottet. Je pense \u00e0 l\u2019or de celle de Rimbaud par Bonnefoy, que je n\u2019arrive \u00e0 lire que par bribes, tant chaque phrase m\u2019entra\u00eene au lointain. Et consid\u00e9rant l\u2019extrait ci-dessus, je me demande aussi par quel myst\u00e8re je n\u2019ai jamais su lire les <em>Cahiers de Malte Laurids Brigge<\/em>, nom qui se propose obstin\u00e9ment \u00e0 moi comme bridge (au lieu de \u00ab\u2009brigu\u00e9\u2009\u00bb, plus proche phon\u00e9tiquement), jeu auquel je ne sais pas jouer. Mais je ne suis pas arriv\u00e9e jusqu\u2019ici pour (me) d\u00e9monter \u00e0 l\u2019id\u00e9e de lire un livre sur un livre que je n\u2019ai pas lu. Tout au contraire, cette perspective me ram\u00e8ne au <strong>polar gantois<\/strong>, \u00e0 Guermantes, \u00e0 la <em>Recherche<\/em> elle aussi toujours un peu contourn\u00e9e et pill\u00e9e \u00e0 l\u2019envi, tandis que je sais encore par c\u0153ur quelque part dans mes tr\u00e9fonds <em><a href=\"https:\/\/edisciplinas.usp.br\/pluginfile.php\/27761\/mod_resource\/content\/1\/Proust_Sur_la_lecture.pdf\">Sur la Lecture<\/a><\/em>.<br>\u00ab\u2009Les sc\u00e8nes parisiennes, v\u00e9cues, douloureusement subies au moment de la r\u00e9daction du livre\u2026\u2009\u00bb me rappelle au caract\u00e8re profond\u00e9ment trouble, fragilisant et laborieux de l\u2019\u00e9criture de l\u2019<em><a href=\"http:\/\/www.emmanuellecordoliani.com\/amnesie-de-lenfanceverticales\">Amn\u00e9sie de l\u2019Enfance<\/a><\/em>. Tout <strong>ce d\u00e9bat int\u00e9rieur<\/strong> (et je l\u2019entends avec recours oblig\u00e9 \u00e0 la chambre capitonn\u00e9e, aux sangles, sinon \u00e0 la camisole chimique, l\u00e0 o\u00f9 je me d\u00e9bats, o\u00f9 je me cogne) pour ces petits textes de rien, voil\u00e0 comme je me parle parfois. Mais je ne l\u00e2che pas le morceau pour autant (c\u2019est-\u00e0-dire que sans rien avouer, je persiste malgr\u00e9 tout). Un petit signe du compositeur Thierry Deleyruelle, hier, en r\u00e9ponse \u00e0 mon envoi d\u2019<em>Un \u0153uf dans la foule<\/em> me confortant dans cet ent\u00eatement, puisque je lui proposais d\u2019\u00e9crire un livret en appui sur cette d\u00e9marche commune \u00e0 <em>Bobby Potemkine<\/em>, <em>Calvin et Hobbes<\/em> et l\u2019<em>Amn\u00e9sie de l\u2019Enfance<\/em>, pour un concert jeune public.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mercredi<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019apprends \u00e0 me servir de <a href=\"https:\/\/www.canva.com\">CANVA<\/a>. J\u2019apprends \u00e0 me servir de tas de trucs si on n\u2019y r\u00e9fl\u00e9chit. J\u2019essaie de me concentrer sur <strong>le verbe&nbsp;: apprendre<\/strong>. Parce que franchement, j\u2019ai beaucoup de r\u00e9serves sur tout un vent que je brasse, ce bruit que je produis, que nous produisons parce que nous nous d\u00e9battons, parce qu\u2019il est tr\u00e8s difficile de s\u2019extraire des pol\u00e9miques \u00e0 cette heure, des faux d\u00e9bats, des\u2026 (l\u2019expression m\u2019\u00e9chappe pendant 20&nbsp;secondes pleines, je les compte, r\u00e9jouis) <em>\u00e9l\u00e9ments de langage<\/em> qui flinguent la parole \u00e0 bout portant. J\u2019apprends des trucs pour esp\u00e9rer en \u00eatre quitte plus rapidement et retourner \u00e0 mes premi\u00e8res amours&nbsp;: papier, crayon, solitude. Mais ce petit savoir me sera utile pour la promotion des Fabuleuses (nom mignon trouv\u00e9 pour les fabulistes femmes contemporaines de Lafontaine, en cours d\u2019encensement comm\u00e9moratif) avec le <a href=\"https:\/\/george2etexte.wordpress.com\/fabuleuses2021\/\">Deuxi\u00e8me Texte<\/a>. J\u2019ai propos\u00e9 de joindre au d\u00e9fi #JELALIS (choisis une autrice du domaine public, lis son \u0153uvre et parles-en \u00e0 ton voisin) un d\u00e9sir #JELADIS (choisis une fable de Fabuleuses, apprends-l\u00e0 par c\u0153ur et enregistre-toi la disant, puis parles-en \u00e0 ton voisin des r\u00e9seaux sociaux). Avec des tutos pour le par c\u0153ur. <br>J\u2019entends la Jeanne&nbsp;: \u00ab\u2009Y\u2019a pas d\u2019id\u00e9e que t\u2019as pas\u2009\u00bb et j\u2019essaie de ne pas regarder mon sous-main calendrier avec trop de m\u00e9lancolie en pensant au temps d\u2019\u00e9criture qui va me filer entre les doigts.<br><br>J\u2019ai un plan de travail. Au moment o\u00f9 je le r\u00e9dige, je me sens super maline&nbsp;: eh, les gars, j\u2019ai un plan. Il est bien. Il n\u2019est pas pr\u00e9somptueux. Ensuite, c\u2019est le matin o\u00f9 je dois le mettre en \u0153uvre. Bien s\u00fbr, tout ce que j\u2019\u00e9cris depuis le plan me para\u00eet faible, forc\u00e9 et gniagniagnia, il faut bien le dire. Mais je suis d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e par cette case, alors j\u2019avance dans le plan, comme une mule corse dans l\u2019aridit\u00e9&nbsp;: j\u2019ajoute des berceuses d\u2019O. sur l\u2019eau, j\u2019augmente la #L6, et je me penche sur la r\u00e9\u00e9criture de <em>Sofia I<\/em>, vieillerie de l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier dont je suis profond\u00e9ment m\u00e9contente en l\u2019\u00e9tat. Pour ce faire, au lieu de me taper la t\u00eate contre mon texte, je prends le temps de relire les parties bulgares de <em>Balkans-Transit <\/em>de Fran\u00e7ois Maspero. J\u2019ai laiss\u00e9 \u00e0 Aubervilliers<em> Les Comitadjis<\/em> d\u2019Albert Londres&nbsp;: en 1931, la Bulgarie du roi Boris&nbsp;II est secou\u00e9e par des affrontements entre terroristes et contre-terroristes. Une guerre civile larv\u00e9e oppose de mani\u00e8re chronique communistes, r\u00e9volutionnaires et ligues fascistes des Balkans. Ces articles sur la \u00ab\u2009poudri\u00e8re des Balkans\u2009\u00bb constituent le dernier livre d\u2019Albert Londres, qui reste sans doute l\u2019un des plus actuels, \u00e0 la lumi\u00e8re des r\u00e9cents \u00e9v\u00e9nements qui ont d\u00e9chir\u00e9 ces r\u00e9gions. Actuel\u2026, le style m\u2019avait compl\u00e8tement d\u00e9concert\u00e9e (d\u00e9\u00e7ue\u2009?). Mais enfin la p\u00e9riode tape en plein dans le mille et surtout je compte sur des d\u00e9veloppements sur l\u2019Hotel Bulgaria. N\u00e9anmoins, on ne va pas se tirer les cartes entre gitans&nbsp;: j\u2019ai besoin de peu d\u2019extraits pour me mettre dans le bain, je ne lirai ni <em>Balkans-Transit<\/em>, ni <em>Les Comitadjis<\/em> dans leur int\u00e9gralit\u00e9, en tous cas pas dans l\u2019ordre et pas maintenant. De ma vie de th\u00e9\u00e2tre, je garde cette capacit\u00e9 \u00e0 me mettre tr\u00e8s vite dans une langue, dans une situation. Pour \u00e9crire, il faut simplement que j\u2019arrive \u00e0 m\u2019accorder cette autorisation \u2014 ce que \u00e0 quoi je parviens finalement apr\u00e8s maints tours de chien et danses de la pluie, mais qui reste toujours \u00e0 refaire \u00e0 chaque nouvelle occasion\u2026 \u2014. <br>Je m\u2019appuie sur une tr\u00e8s vieille exp\u00e9rience. J\u2019avais d\u00fb \u00e9crire un monologue pour un taxi-boy et je m\u2019\u00e9tais inspir\u00e9e d\u2019un texte de <em>Dubliners<\/em> de&nbsp;Joyce, que j\u2019avais \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 Boston cinq ans plus t\u00f4t. J\u2019avais \u00e0 l\u2019\u00e9poque une m\u00e9moire du tonnerre et ne l\u2019avais donc pas relu avant de commettre <em>Bazaar Palace<\/em>, le monologue que je pensais honteusement plagiaire, mais aucun membre de la troupe \u00e0 qui il \u00e9tait destin\u00e9 ne lisait Joyce, je pouvais dormir sur mes deux oreilles. Quelque temps avant la premi\u00e8re, ma mauvaise conscience ne me laissant pas en repos, je suis all\u00e9e \u00e0 la biblioth\u00e8que pour<a href=\"https:\/\/www.owleyes.org\/text\/dubliners\/read\/araby#root-74338-3\"> relire l\u2019extrait<\/a> dont je m\u2019\u00e9tais persuad\u00e9e avoir copi\u00e9 jusqu\u2019au titre. J\u2019ai donc eu un mal de chien \u00e0 le retrouver, pas de Bazaar ni de Palace dans la table des mati\u00e8res, mais en insistant, je tombais sur <em>Araby<\/em>. Sous le coup de la surprise, j\u2019ai tellement ri que j\u2019ai d\u00fb quitter la biblioth\u00e8que.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Jeudi<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est peut-\u00eatre un peu t\u00f4t pour lier les choses, mais une id\u00e9e m\u2019est venue qui, a posteriori, donnerait un contexte, une filiation, aux textes sur l\u2019eau qui viendront scander le livre. En l\u2019\u00e9crivant, appara\u00eet une figure d\u2019\u00e9corch\u00e9e famili\u00e8re&nbsp;: au mur de ma chambre, pendant plusieurs ann\u00e9es, l\u2019affiche d\u2019une exposition de la BNF sur les \u00e9corch\u00e9s. Le texte \u00e9crit je vais y voir une peu. L\u2019\u0153uvre est de Jacques Gautier d\u2019Agoty et elle a un nom d\u2019usage que j\u2019ignorai&nbsp;: l\u2019Ange anatomique\u2026 Ce titre ouvre des perspectives troublantes, vascularise des textes d\u00e9j\u00e0 \u00e9crits sur le corps de Selim.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"700\" height=\"916\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/ange.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-48856\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/ange.jpg 700w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/ange-321x420.jpg 321w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Gautier d\u2019Agoty a aussi publi\u00e9 une <em>Collection des plantes usuelles, curieuses et \u00e9trang\u00e8res, selon les syst\u00e8mes de MM.&nbsp;Tournefort et Linnaeus, tir\u00e9es du Jardin du roi et imprim\u00e9es en couleur <\/em>qui sera fort utile \u00e0 la Soigneuse d\u00e8s qu\u2019elle aura mis la main dessus. Les autres titres sont propres \u00e0 composer une nouvelle sentimenth\u00e8que, tant ils sont <strong>beaux \u00e0 ou\u00efr&nbsp;<\/strong>: <br><em>Cartes en Couleur des lieux sujets aux tremblements de terre dans toutes les parties du monde selon le sisteme de l\u2019impulsion solaire<\/em> (1756)<br><em>Anatomie des parties de la g\u00e9n\u00e9ration de l\u2019homme et de la femme, repr\u00e9sent\u00e9es avec leurs couleurs naturelles, jointe \u00e0 l\u2019ang\u00e9ologie de tout le corps humain, et \u00e0 ce qui concerne la grossesse et les accouchemens <\/em>(1773)<br><em>Exposition anatomique des organes des sens, jointe \u00e0 la n\u00e9vrologie enti\u00e8re du corps humain, et conjectures sur l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 animale et le si\u00e8ge de l\u2019\u00e2me<\/em> (1775)<br>L\u2019histoire de l\u2019acquisition de ces ouvrages me fait envie \u00e0 dire. Je me sens soudain l\u2019\u00e2me d\u2019Anne-James Chaton.<br><br>J\u2019\u00e9pluche \u00e9galement <em>Balkans-Transit<\/em>, pr\u00e9alablement annot\u00e9. Il se trouve aussi dans la biblioth\u00e8que serbophile de <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/xgeorgin\/\">Xavier Georgin<\/a> et je pense \u00e0 nos livres en double ou en triple dans la grande Sentimenth\u00e8que. Cette fraternit\u00e9 de dragons et de f\u00eates dionysiennes avec <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/pierre-emmanuel-dubois\/\">Pierre-Emmanuel Dubois<\/a>, que je ne connais que depuis deux jours. Aux \u00c9tats-unis, certaines maisons de retraite b\u00e2ties \u00e0 une encablure d\u2019\u00e9coles pour petits, proposent aux vieux, aux vieilles et aux enfants de se mettre en bin\u00f4me pour lire, de devenir Reading Buddies. Au d\u00e9but le vieux ou la vieille lit \u00e0 l\u2019enfant et si dieu lui pr\u00eate vie, l\u2019enfant finit par lui faire la lecture. Il arrive fr\u00e9quemment que l\u2019enfant perde son Reading Buddy, parti planter des choux \u00e0 Saint Cucufa, mais cette exp\u00e9rience de la vie et de la mort l\u2019aide bien plus qu\u2019elle ne le traumatise. Un.e autre vient occuper la place du Reading Buddy aupr\u00e8s de l\u2019enfant. Et la lecture continue. Les explorations d\u2019\u00e9criture du Tiers-Livre sont l\u2019occasion de rencontrer des Writing Buddies, pour quelques pages, un livre, une collection\u2026<br>Dans <em>Balkans-Transit<\/em>, que j\u2019avais pr\u00e9alablement annot\u00e9, j\u2019ai une petite mine de pistes pour augmenter le chapitre La Route des Balkans. Les bus Proleter (appeler un chat un chat), les monast\u00e8res o\u00f9 on peut loger, l\u2019usine de Pernik qui figurait autrefois sur les billets de banque et qui n\u2019est plus qu\u2019un d\u00e9cor, la mention du groom tout puissant de l\u2019Hotel Bulgaria, le passage d\u2019un troupeau d\u2019oies au beau milieu d\u2019une rue sofiote, les heures et malheurs du violoniste Sacha Nikolov, dit \u00ab\u2009mon d\u00e9lice\u2009\u00bb et l\u2019\u00e9pisode intrigant de <em>la mer de Sofia<\/em>.<br>Je d\u00e9cide d\u2019\u00e9crire demain de courtes entr\u00e9es pour chacune d\u2019elles. Mais d\u2019abord, je r\u00e9fl\u00e9chis \u00e0 une r\u00e9organisation de la chronologie des chapitres. Un long \u00e9pisode balkanique, interrompu par un sommeil de plusieurs ann\u00e9es aupr\u00e8s d\u2019un lac et clos d\u00e9finitivement par la mort de Sacha-mon-d\u00e9lice en d\u00e9portation \u00e0 Lovetch en 61. Je cherche une temporalit\u00e9 vaguement lin\u00e9aire, <strong>les trous du r\u00e9cit q<\/strong>ui autrefois m\u2019inqui\u00e9taient en sont devenus une mati\u00e8re, comme la r\u00e9serve en peinture, ce blanc de l\u2019appr\u00eat de la toile qui demeure apparent par endroit chez C\u00e9zanne, chez Modigliani\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vendredi<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis tomb\u00e9e sur ce <a href=\"https:\/\/www.exutopia.com\/urban-exploration-soviet-glass-factory-bulgaria\/\">site qui r\u00e9pertorie des vestiges de l\u2019architecture industrielle du bloc de l\u2019Est<\/a>. Je suis tomb\u00e9e aussi sur le dernier livre de Volodine. Je pense beaucoup \u00e0 mon ami Pierre, qui est un de mes relecteurs et avec qui je partage un attachement profond et assez post-exotique pour la culture slave. Nous n\u2019avons ni l\u2019un ni l\u2019autre d\u2019attaches familiales avec la Russie\u2026 je m\u2019aper\u00e7ois que j\u2019\u00e9cris beaucoup aux alentours de cette id\u00e9e d\u2019adoption d\u2019une culture et par une culture, par un lieu&nbsp;: quelque chose dont je prends une forte mesure ici, dans le Nord, \u00e0 chaque sortie \u00e0 v\u00e9lo, \u00e0 chaque regard vers le ciel.<br><br><strong>La fronti\u00e8re n\u2019est qu\u2019une chaise pos\u00e9e sur la route herbeuse. On la d\u00e9place quand vient une automobile, ou une charrette. Vingt ans plus tard, c\u2019est un temple aust\u00e8re et s\u00e9v\u00e8rement gard\u00e9. Entretemps, il s\u2019est endormi pr\u00e8s d\u2019un lac.<br><br>Asile pour la nuit dans un monast\u00e8re. Il entend la confession des autres depuis l\u2019\u00e9table o\u00f9 on l\u2019a rang\u00e9, lui et son tapis de pri\u00e8re.<br><br>Sacha-mon-d\u00e9lice, interdit d\u2019orchestre apr\u00e8s la fin de la guerre, devient la coqueluche de l\u2019h\u00f4tel Bulgaria. Il joue encore magnifiquement, mais surtout il dit des blagues. Elles le conduiront tout droit au camp de Lovetch, battu \u00e0 mort sur place, qu\u2019est-ce qu\u2019il a bien pu jouer \u00e0 la fin\u2009? Signal du d\u00e9part pour celui qui l\u2019entend une derni\u00e8re fois, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du mur.<br><br>La mer de Sofia&nbsp;: sept ann\u00e9es de travaux collectifs sur la base du volontariat. Rien qu\u2019un grand trou sec finalement&nbsp;: d\u2019anciennes canalisations romaines emportent l\u2019eau qu\u2019on y conduit, sans qu\u2019on sache pour o\u00f9. Reste un panneau&nbsp;: ICI FUTUR PORT DE PARLOVO au terminus du tram.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Samedi<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Retrouvailles avec <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/fdurif\/\">Fran\u00e7oise Durif<\/a> pour parler de son manuscrit, dans la foul\u00e9e vraiment du <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=d8FHjnyuri8&amp;feature=emb_logo\">Journal d\u2019\u00e9criture #16<\/a> de Fran\u00e7ois Bon&nbsp;: il est tr\u00e8s clair pour moi que la mise en forme est indispensable pour penser un livre. Je ne parle pas de trucs fantaisistes, je ne suis pas de l\u2019\u00e9cole des graphistes, mais simplement se donner les moyens de voir ce qu\u2019on a dans les mains. Ou plut\u00f4t de se mettre dans les mains ce qu\u2019on a dans la t\u00eate. Un vent de libert\u00e9 souffle sur les pages de Fran\u00e7oise et \u00e7a donne de l\u2019air \u00e0 la journ\u00e9e qui va doucement vers la fin des vacances, du <em>Polit Buro<\/em>, du Nord\u2026<br>La peur de ne plus pouvoir travailler comme je le souhaite me serre \u00e0 chaque tourne de page, mais ce n\u2019est peut-\u00eatre que son vestige.<br>Le plan de travail et la limite du livre dans le temps sont nomm\u00e9s. L\u2019\u00e9t\u00e9 prochain, si un atelier ville revient, je m\u2019attellerai au chantier abstrait de Valenciennes.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>On entourait d\u2019une particuli\u00e8re d\u00e9f\u00e9rence celui ou celle qui \u00e9tait \u00ab\u2009rest\u00e9e \u00e0 \u00e9crire\u2009\u00bb et on lui disait&nbsp;: \u00ab\u2009Vous avez fait votre petite correspondance\u2009\u00bb avec un sourire o\u00f9 il y avait du respect, du myst\u00e8re, de la paillardise et des m\u00e9nagements, comme si cette \u00ab\u2009petite correspondance\u2009\u00bb avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois un secret d\u2019\u00c9tat, une pr\u00e9rogative, une bonne fortune et une indisposition.<\/p><cite>Marcel Proust \/ Sur la lecture<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une partie de la journ\u00e9e d\u00e9volue \u00e0 <em>faire ma petite correspondance<\/em> (retour imm\u00e9diat \u00e0 cette expression de Proust, et par extension de l\u2019id\u00e9e du polar Gant\/Guermantes). Un service pour un ami dans le cadre d&rsquo;une f\u00e2cheuse histoire de proc\u00e8s qui n\u2019en finit pas. Je pense au <em>Misanthrope<\/em> relu r\u00e9cemment, \u00e0 l\u2019importance calamiteuse de la Justice comme minist\u00e8re dans sa collision avec l\u2019\u00e9quit\u00e9 dans la pi\u00e8ce. Cela vient se cogner contre <em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Lpq_VhTEhtg\">L&rsquo;Atelier d&rsquo;\u00e9criture Case Prison<\/a><\/em>, la longue vid\u00e9o de Fran\u00e7ois au sujet de son livre et de ses cons\u00e9quences. Comme j\u2019ai achet\u00e9 du papier \u00e0 lettre pour cette occasion, je r\u00eave un instant \u00e0 la lettre que j\u2019\u00e9crirai \u00e0 Ma\u00eetre Cliquet, le notaire, pour commencer le livre sur Valenciennes&nbsp;:  <em><strong>Mon nom ne vous dira rien, mais mon adresse, beaucoup\u2026<\/strong><\/em>mais je rencontre par hasard dans la rue un vieux monsieur qui me demandant son chemin, vient peut-\u00eatre coiff\u00e9 le notaire sur le poteau du d\u00e9part&nbsp;: voil\u00e0 40 ans qu\u2019il n\u2019avait pas remis les pieds \u00e0 Valenciennes. Il cherche la gare. Il finit par me demander mon signe astrologique et me parler du Royal Hainaut, l\u2019h\u00f4tel 5 \u00e9toiles o\u00f9 il loge\u2026 Et puis il y a la libraire des Yeux qui p\u00e9tillent qui a enfin rit \u00e0 une de mes blagues aujourd\u2019hui (comme elle expliquait \u00e0 son employ\u00e9e ce qu\u2019il fallait faire non pour r\u00e9gler le probl\u00e8me de sa caisse, mais pour \u00ab\u2009lib\u00e9rer Madame\u2009\u00bb, j\u2019ai scand\u00e9&nbsp;: LIB\u00c9REZ-MA-DAME\u2009!). Elle aussi, pourrait \u00eatre la premi\u00e8re sur ma liste\u2026<br>Et puis il y aura le manuscrit de Jonzac \u00e0 reprendre avec l\u2019aide de mes envoy\u00e9s sp\u00e9ciaux dans les lieux,<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/wpaille\/\"> Will <\/a>et <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/camillec\/\">Camille<\/a>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">_<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dimanche Le plus long dans l\u2019\u00e9criture c\u2019est de s\u2019autoriser \u00e0 \u00e9crire ce qu\u2019on veut absolument \u00e9crire. Je n\u00e9gocie comme au march\u00e9 des Vacillantes chaque changement de destination d\u2019un texte. Or, \u00e0 part moi, qui pourrait s\u2019offusquer que ce ne soit plus Selim, mais Osmin qui vive ou dise ou r\u00eave ceci ou cela\u2009? Lundi Matin\u00e9e d\u2019\u00e9cran pour la mise en <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecrire-lete-iv\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">la fabrique | \u00c9crire l\u2019\u00e9t\u00e9 IV<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":43,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2069,2223,1],"tags":[],"class_list":["post-48801","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-2021-faire-un-livre","category-la-fabrique","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48801","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/43"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=48801"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48801\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=48801"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=48801"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=48801"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}