{"id":49783,"date":"2021-09-05T13:00:48","date_gmt":"2021-09-05T11:00:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=49783"},"modified":"2021-09-05T19:58:37","modified_gmt":"2021-09-05T17:58:37","slug":"ecrire-lete-v","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecrire-lete-v\/","title":{"rendered":"la fabrique | \u00e9crire l\u2019\u00e9t\u00e9, V"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/241379978_366752055123420_7113433756910646890_n-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-49873\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/241379978_366752055123420_7113433756910646890_n-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/241379978_366752055123420_7113433756910646890_n-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/241379978_366752055123420_7113433756910646890_n-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/241379978_366752055123420_7113433756910646890_n.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">LUNDI<\/h2>\n\n\n\n<p>Publication d\u2019\u00c9crire l\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;IV et probl\u00e9matiques aff\u00e9rentes. Je me d\u00e9brouille comme un manche avec Ulysses (le logiciel pas le personnage)&nbsp;: je n\u2019arrive toujours pas \u00e0 poster directement sur wordpress sans perdre mes hyperliens. C\u2019est donc long, dans un moment o\u00f9 le temps redevient une question qui d\u00e9mange. Mais je tiens \u00e0 cette pratique du journal (on l\u2019aura compris) et en particulier \u00e0 cette nouvelle forme d\u00e9volue \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Ce n\u2019est pas seulement qu\u2019elle structure mon travail en me permettant un pas de c\u00f4t\u00e9 et l\u2019\u00e9vitement d\u2019une b\u00eate liste de t\u00e2che bien appuy\u00e9e sur la culpabilit\u00e9 annonc\u00e9e de ne pas pouvoir la remplir, c\u2019est-\u00e0-dire la rayer, c\u2019est-\u00e0-dire la satisfaire. <strong>Cette pratique&nbsp;<em>m\u2019est&nbsp;<\/em>structure.<\/strong><br><br>Et puis il y a cette surprise d\u2019\u00eatre lue et soutenue, support\u00e9e par quelques-un.es. Je me sens comme \u00e0 v\u00e9lo dans la mont\u00e9e, tandis que sur le bord de la route du col, Xavier, <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/jacdeturenne\/\">Jacques<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/rcazanave\/\">Roselyne<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/swambeke\/\">Simone<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/hvbarroso\/\">Helena <\/a>avec des bouteilles d\u2019eau, des rations de ravitaillement. J\u2019insiste&nbsp;: ce ne sont pas des encouragements qui me sont prodigu\u00e9s, mais de la bonne ch\u00e8re, en me signalant tel ou tel \u00e9l\u00e9ment de travail emport\u00e9 vers leur carnet, vers leur table de travail, chacun.e \u00e0 sa fa\u00e7on m\u2019invite \u00e0 poursuivre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">MARDI&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>Au Zodiac (le serial-killer, pas le bateau pneumatique) je retrouve <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/benedictelesenne\/\">B\u00e9n\u00e9dicte Lesenne<\/a>. J\u2019ai lu le matin ses textes plus r\u00e9cents. <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p6-seule-2\/\">#P6<\/a> notamment. On peut y voir \u00e0 l\u2019\u0153il nu la <strong>transformation de la personne en narratrice, au tournant d\u2019un dimanche<\/strong>, apr\u00e8s une semaine commenc\u00e9e dans l\u2019emp\u00eachement d\u2019\u00e9crire le plus nu.<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/xgeorgin\/\"> Xavier<\/a> nous rejoint, j\u2019ourdis le dessein de les pr\u00e9senter depuis deux mois. Ils sont voisins comme <strong>les Bobby Watson<\/strong> de la&nbsp;<em>Cantatrice Chauve<\/em>&nbsp;: \u00e7a les \u00e9poustoufle. Xavier d\u00e9couvre un jardin, devant lequel il est pass\u00e9 100&nbsp;fois comme B\u00e9n\u00e9dicte lui en d\u00e9taille la position. C\u2019est un moment tr\u00e8s heureux avec eux. Comme nous racontons \u00e0 B\u00e9n\u00e9dicte le principe de la premi\u00e8re saison de&nbsp;<em>Twin Peaks<\/em>&nbsp;(que je d\u00e9couvre cet \u00e9t\u00e9, tandis que Xavier est un fan de la premi\u00e8re heure), elle nous fait remarquer un type qui de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, accroupi devant une porte de garage filme une grande tige verte sauvage, un ma\u00efs sans \u00e9pi pouss\u00e9 au coin d\u2019une goutti\u00e8re.&nbsp;<br><br>Je repars avec <em><a href=\"https:\/\/xaviergeorgin.fr\/2021\/08\/27\/23-poses-manquantes-le-livre\/\">23&nbsp;poses manquantes<\/a><\/em>, le livre de Xavier, dans mon sac. Nous l\u2019avions \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 notre premi\u00e8re rencontre en juin. Je n\u2019avais pas compris qu\u2019il \u00e9tait aussi avanc\u00e9. C\u2019est une joie de voir l\u2019objet, le bel objet aux couleurs Kodak et la diapo de sa m\u00e8re, tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante \u2014 je suis b\u00eatement surprise par sa jeunesse, mais aussi par son \u00e9l\u00e9gance \u2014. C\u2019est un livre mince, mais les images qu\u2019il charrie dans son flux, je les appr\u00e9cierai soir apr\u00e8s soir. Une \u00e0 la fois. Les textes sont tr\u00e8s denses et pourtant de celui que j\u2019ai lu hier soir \u2014&nbsp;<em>Studebaker<\/em>&nbsp;\u2014, me reste l\u2019impression de sentir le vent dans mes cheveux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">MERCREDI<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment je redoute tout \u00e0 fait un \u00e9tat bien connu de lassitude de fin de journ\u00e9e, apr\u00e8s les cours ou tout simplement des rendez-vous qui font traverser la ville comme une tourn\u00e9e nationale organis\u00e9e par ordre alphab\u00e9tique (Agen, Besan\u00e7on, Cannes, Dunkerque\u2026). O\u00f9 trouver alors le jus pour \u00e9crire\u2009? Comment affronter l\u2019air pas content du <em>Journal d\u2019un mot<\/em>\u2009? Le meilleur rem\u00e8de \u00e0 ce jour consiste \u00e0 prendre de br\u00e8ves notes pour un lendemain plus frais. Parfois, <strong>ce manque d\u2019ambition suffit \u00e0 enclencher une \u00e9criture <\/strong>plus diserte. Une note s\u2019enfle, les phrases se greffent sur les mots, les paragraphes sur les phrases et la fatigue fait de la place sans trop r\u00e2ler, on se serre sur un canap\u00e9. Mais aux heures moins chanceuses, j\u2019ai au moins un solide plan de travail et sa r\u00e9daction ne me laisse pas de temps pour me taper sur la t\u00eate.&nbsp;<br><br>Depuis presque deux ans, avec le <em>Journal d\u2019un mot<\/em>, sa persistance, j\u2019ai appris \u00e0 me surveiller d\u2019un peu moins pr\u00e8s. Tout ne va pas \u00e0 vau-l\u2019eau quand je n\u2019\u00e9cris pas une entr\u00e9e au jour dit. <em>Tu prendras bien le temps de mourir<\/em>, entend-on en Corse. C\u2019est s\u00fbr. Prendre le temps d\u2019\u00e9crire proc\u00e8de de <strong>la m\u00eame exp\u00e9rience in\u00e9dite<\/strong>. On ne peut pas savoir d\u2019avance combien de temps il nous faut, ni m\u00eame conna\u00eetre la nature de ce temps. Il faut un temps, c\u2019est in\u00e9luctable. Ceci pos\u00e9, il y a moyen de moyenner.&nbsp;<br><br>Et puis si le temps n\u2019est pas extensible \u00e0 l\u2019infini, l\u2019espace dans ma t\u00eate lui l\u2019est. Pour pouvoir \u00e9crire, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e \u00e0 jeter pas mal de choses par-dessus bord. Elles m\u2019occupaient beaucoup, au sens d\u2019une occupation militaire. La plainte, le ressassement qui est une mani\u00e8re de traitement de la plainte, le th\u00e9\u00e2tre de la culpabilit\u00e9, celui, voisin, de la modestie, et la grande parade des exasp\u00e9rations. Je ne suis pas devenue le Dala\u00ef-Lama. Justement. Mais \u00e0 pr\u00e9sent,  il y a de la place pour un d\u00e9sert dans ma t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">JEUDI<\/h2>\n\n\n\n<p>Aux petites heures, je suis all\u00e9e lire <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l8-petite-balade\/\">un des textes de Will&nbsp;<\/a>: ou comment cr\u00e9er une zone de perturbation sur le quotidien en un seul mot (la structure)\u2026 Tout \u00e0 fait captiv\u00e9e par ce texte et le journal d\u2019\u00e9criture qui l\u2019accompagne, sous la forme du tr\u00e8s long codicille familier \u00e0 son auteur.<br><br>Dans la journ\u00e9e, je ne trouve pas d\u2019objet pour r\u00e9pondre \u00e0 la proposition de livre collectif\u2026 Pas d\u2019objet dans <em><a href=\"http:\/\/&lt;h5 style=&quot;font-size: 1.4em; text-align: justify; line-height: 25px;&quot;&gt;\">l\u2019Amn\u00e9sie de l\u2019Enfance,<\/a><\/em> \u00e0 par ton calendrier petit chaperon rouge douteux. Je veux dire que je doute de m\u2019en souvenir sans l\u2019at\u00e8le des photos.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment l\u2019\u00e9t\u00e9, une fa\u00e7on de l\u2019\u00e9t\u00e9 est finie. La concentration, pr\u00e9server la concentration, c\u2019est une autre paire de manche. Mais <strong>les moments d\u2019\u00e9criture se sont encore densifi\u00e9s<\/strong>. J\u2019\u00e9cris sur un carnet deux pages sur <em>Monsieur* <\/em>(NDLR Qui est une dame), chez le Roi du Caf\u00e9, parce que cette sortie \u00e9tait la seule voie pour m\u2019y mettre. Dans le m\u00eame temps, quelque chose se prend en note, quelque part dans les tr\u00e9fonds, sur le Roi, ses fr\u00e8res, le d\u00e9couragement de ces conditions d\u2019ouverture sans cesse contrari\u00e9es, entrav\u00e9es. Il faudra \u00e9crire sur le napalm des passions tristes et sur lui, qui m\u2019apporte un caf\u00e9, et plus tard, quand mon compagnon sera venu me rejoindre, un autre, dont il dira\u00a0: <strong>il est vraiment bon son caf\u00e9<\/strong>. C\u2019est vraiment le Roi du caf\u00e9\u2009! Deux pages donc, mais dedans une vraie amorce bien solide pour un long d\u00e9veloppement, un texte charni\u00e8re et une forme. La question de la forme insiste beaucoup, et heureusement, dans ces pages \u00ab\u2009resserr\u00e9es\u2009\u00bb une convention d\u2019\u00e9criture se signale \u00e9galement tr\u00e8s t\u00f4t.<br><br>Le soir, <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/camillec\/\">Camille,<\/a> qui enseigne \u00e0 Jonzac me relance sur la possibilit\u00e9 d\u2019un \u00e9change avec lui sur la ville (cf. Atelier ville 2018). Dans un premier temps, je lui dis que c\u2019est trop t\u00f4t pour moi. C\u2019est un chantier \u00e0 r\u00e9ouvrir au printemps. Mais nous avons d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9changer et une id\u00e9e me vient. Je t\u00e2te le terrain pour voir si le nom de Sauveterre lui dit quelque chose, puis \u00e9voque une sortie au cimeti\u00e8re avec ses \u00e9l\u00e8ves. Et un vague projet point de <strong>petites choses \u00e0 r\u00e9aliser sur place<\/strong> pour<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/wpaille\/\"> Will <\/a>et lui, qui les feraient simultan\u00e9ment personnages et \u00e9crivains de cet \u00e9crit, membres du Squat Sang noir\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">VENDREDI<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai longtemps \u00e9crit pour la joie profonde et complexe d\u2019\u00e9crire. Pour le geste, pour le secret, pour la solitude flamboyante de ce moment, pour le son de l\u2019encre sur le papier. Cela ne change pas, et s\u2019ajoute le d\u00e9sir et la volont\u00e9 de cl\u00f4ture de certains textes pour poursuivre vers d\u2019autres territoires. Je ne pensais pas les <strong>deux choses compatibles.<\/strong> Un agenda se dessine. La publication \u00e0 No\u00ebl de trois ann\u00e9es du <em>Journal d\u2019un mot<\/em>, la cl\u00f4ture du <em>S\u00e9rail<\/em> au printemps, pour pouvoir r\u00e9ouvrir le Squat Sang noir de Sauveterre, attaquer je ne sais quoi dans et sur le Nord, aller passer un moment \u00e0 Guermantes (tout \u00e0 fait le genre de r\u00e9sidence d\u2019\u00e9criture dans mes moyens) pour voir si vraiment le polar gantois passe par Proust.&nbsp;<br><br>Un \u00e9change avec Fran\u00e7ois Bon apporte en cadeau bonus la r\u00e9ponse au mis\u00e9rable casse-t\u00eate de mise en page qui m\u2019emp\u00eachait de voir le <em>Journal d\u2019un mot <\/em>comme je l\u2019imagine depuis quelques semaines. Page carr\u00e9e, texte justifi\u00e9, mais paragraphe centr\u00e9 au milieu de chaque page (\u00e7a va mieux en le voyant). Je crois tout \u00e0 coup que je sais comment je vais poursuivre en ann\u00e9e&nbsp;4. Une cohabitation hebdomadaire \u00e0 7&nbsp;entr\u00e9es avec un des mots pioch\u00e9 dans la liste pr\u00e9existante des mots de la semaine. Je dis&nbsp;<em>pioch\u00e9<\/em>, menteuse, je veux dire \u00e9lu, \u00e7a va de soit. Et puis au bout d\u2019un certain temps \u00e0 ce r\u00e9gime (deux ans , trois\u2009?), je passerai au mois du mois, pour finir sur mes vieux jours par un compagnon stable \u00e0 l\u2019ann\u00e9e. Si le temps m\u2019est donn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">SAMEDI<\/h3>\n\n\n\n<p>J\u2019avais perdu le polar gantois. Arriv\u00e9e \u00e0 Gant, la tension du polar gantois n\u2019y \u00e9tait plus, son insistance, ses demandes r\u00e9it\u00e9r\u00e9es d\u2019ordinaire \u00e0 chaque voyage, hier \u00e0 mon arriv\u00e9e aucune ne s\u2019est manifest\u00e9e. Il faisait tr\u00e8s doux, il y avait beaucoup de monde dans les rues famili\u00e8res, des femmes en robes d\u2019\u00e9t\u00e9, des cyclistes rapides, mais toujours attentifs \u00e0 la d\u00e9ambulation pi\u00e9tonni\u00e8re\u2026 Cette forme de secret qui appelle \u00e0 \u00e9crire, \u00e0 d\u00e9crire avait quitt\u00e9 les recoins des rues brusquement coud\u00e9es, les belles fa\u00e7ades de b\u00e9ton brut, de briques rouges, ou de pierre ouvrag\u00e9e et charg\u00e9e de balcons d\u2019or, n\u2019avaient plus d\u2019arri\u00e8re-plans pour moi, plus d\u2019arri\u00e8re-pens\u00e9es\u2026 D\u00e9sarroi \u00e9gal j&rsquo;imagine, \u00e0 celui d\u2019<strong><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/upandolfi\/\">Ugo Pandolfi<\/a> rentrant chez lui sans un chat<\/strong> pour se frotter \u00e0 ses jambes ou r\u00e9clamer sa p\u00e2t\u00e9e. L\u2019id\u00e9e nous visite et nous quitte. D\u2019autres l\u2019\u00e9crivent ou la filment, y r\u00eavent. On n\u2019\u00e9crit pas avec des id\u00e9es, mais avec des mots. Les id\u00e9es vont et viennent et il y a des rendez-vous manqu\u00e9s, tout cela m\u2019est connu, mais cet \u00e9t\u00e9 avait jusque-l\u00e0 charri\u00e9 une constance, une confiance, ouvrant des agendas de plusieurs mois, de grands appartements o\u00f9 cohabitaient tranquillement des \u00e9critures diff\u00e9rentes par leur sujet, leur forme et leur temporalit\u00e9. <br>Je me suis couch\u00e9e perplexe, mais pas triste, pas prise dans cette \u00e9charpe de tristesse, de cette \u00e9trange culpabilit\u00e9 que l\u2019on cultive dans son jardin quand une id\u00e9e s\u2019\u00e9chappe, quand le monde nous rappelle \u00e0 sa facilit\u00e9 \u00e0 tourner sans nous.<br><br>Ce matin, nous avions d\u00e9cid\u00e9 d\u2019emprunter de nouveaux chemins dans la ville encore toute silencieuse et calfeutr\u00e9e pour le week-end. Un grand chantier jouxte la cath\u00e9drale, et pensant \u00e0 Rouen je me disais justement que ces lieux ne semblent jamais s\u2019arr\u00eater d\u2019\u00eatre b\u00e2tis, quand une femme nous a appel\u00e9.es derri\u00e8re une palissade. Dans trois langues, elle demandait de l\u2019aide&nbsp;: la porte par o\u00f9 elle avait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 le chantier s\u2019\u00e9tait referm\u00e9e sur elle. Il ne s\u2019est agi que de faire le tour du p\u00e2t\u00e9 de maisons et de pr\u00e9venir les biblioth\u00e9caires de l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9 qui arrivaient justement \u00e0 v\u00e9lo dans la rue adjacente pour lib\u00e9rer la femme de la palissade. Mais le myst\u00e8re \u00e9tait revenu dans la ville, une chauve-souris, jambes \u00e9cart\u00e9es, sur la pierre de la maison d\u2019en face en \u00e9tait le premier signe. Plus tard, une petite chatte tricolore si\u00e9geant \u00e9l\u00e9gamment sur un gu\u00e9ridon en terrasse d\u2019un magasin d\u2019antiquit\u00e9 alors qu\u2019un gros basset Hound la toisait depuis le seuil de la boutique a confirm\u00e9<strong> le retour dans mon quotidien du polar gantois<\/strong>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LUNDI Publication d\u2019\u00c9crire l\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;IV et probl\u00e9matiques aff\u00e9rentes. Je me d\u00e9brouille comme un manche avec Ulysses (le logiciel pas le personnage)&nbsp;: je n\u2019arrive toujours pas \u00e0 poster directement sur wordpress sans perdre mes hyperliens. C\u2019est donc long, dans un moment o\u00f9 le temps redevient une question qui d\u00e9mange. Mais je tiens \u00e0 cette pratique du journal (on l\u2019aura compris) et en <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecrire-lete-v\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">la fabrique | \u00e9crire l\u2019\u00e9t\u00e9, V<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":43,"featured_media":49873,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2069,2223],"tags":[2784],"class_list":["post-49783","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-2021-faire-un-livre","category-la-fabrique","tag-gand"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49783","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/43"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=49783"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49783\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/49873"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=49783"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=49783"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=49783"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}