{"id":50298,"date":"2021-09-07T14:59:06","date_gmt":"2021-09-07T12:59:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=50298"},"modified":"2021-09-07T14:59:07","modified_gmt":"2021-09-07T12:59:07","slug":"l10-la-maison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l10-la-maison\/","title":{"rendered":"#L10 &#8211; La maison"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"728\" height=\"630\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/La-maison-le-pays.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-50300\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/La-maison-le-pays.jpg 728w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/La-maison-le-pays-420x363.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 728px) 100vw, 728px\" \/><figcaption>Village de R. Pi\u00e9mont. La Ka&rsquo;<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Tu crois qu\u2019il y a une route maintenant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tu dis&nbsp;que tu crois mais tu sais qu\u2019ils ont fait une route. Cet \u00e9t\u00e9, comme chaque \u00e9t\u00e9, tu es all\u00e9e voir M. Tu la questionnes au sujet de sa sant\u00e9, de la famille, vous parlez de pluie et de beau temps mais vous finissez toujours par \u00e9voquer la maison. C\u2019est elle, la derni\u00e8re, qui y est all\u00e9e. Toi, tu calcules que \u00e7a fait maintenant plus de quarante ans que. Mais tu y penses tr\u00e8s souvent. Elle revient dans tes \u00e9crits. Tu voudrais bien. Tu aimerais. L\u2019envie est forte de t\u2019y rendre. Une fois. Une derni\u00e8re fois puis, plus jamais. Tu as trac\u00e9 la route sur Google map mais, \u00e0 chaque fois, tu as abandonn\u00e9 : trop loin, trop loin pour n\u2019y faire que passer. Parce que ce que tu souhaiterais, ce serait un passage, le plus bref possible, juste le temps d\u2019un coup d\u2019\u0153il. Que la maison s\u2019imprime une derni\u00e8re fois dans ta m\u00e9moire d\u2019adulte. Tu repartirais avec ce bagage au fond de tes yeux. Tu n\u2019imagines m\u00eame pas la d\u00e9ception que tu pourrais en ressentir. Et m\u00eame, il te prend encore de r\u00eaver que Mam\u00e9, peut-\u00eatre, est l\u00e0, et que m\u00eame, elle t\u2019attend !&nbsp; Tu l\u2019as apprise par c\u0153ur et tu la r\u00e9citerais, la ressusciterais, \u00e0 d\u2019autres. Et son nom, quelquefois, traverserait encore leurs armoires. Chaque ann\u00e9e, quand la saison trop vieille, h\u00e9site. \u00c0 cet instant de bascule vers moins de lumi\u00e8re, tu penses \u00e0 elle. Quand le dedans moelleux vous r\u00e9clame. Les premiers brouillards respirent sur le fleuve, les couleurs s\u2019\u00e9chinent \u00e0 se chercher. Comme, \u00e0 l\u2019heure de fermer les fen\u00eatres, le dernier regard lanc\u00e9 au ciel, vers son chahut mourant, au travers des d\u00e9sordres d\u2019oiseaux. Il faut faire la lumi\u00e8re dans les chambres, la cuisine, le petit fauteuil jaune, sur le bord liser\u00e9 d\u2019or du service de ta m\u00e8re qui n\u2019a servi \u00e0 rien. \u00c0 l\u2019instant de refermer le livre, augment\u00e9e de son poids de mots. Apr\u00e8s la lecture, sous le c\u00f4ne de lumi\u00e8re du jupon volant\u00e9 de la lampe tendre, la t\u00eate emport\u00e9e dans le courant des verbes. Tu penses \u00e0 elle, quand les \u00e9t\u00e9s chavirent vers l\u2019automne au froid d\u00e9butant. L\u2019humide collant les feuilles tomb\u00e9es, les mariant aux terres, \u00e0 ce moment o\u00f9 il fallait quitter vos Italies. Et la fatigue, son poids de b\u00eate morte qui te roulait sur ses genoux. Tu laissais aller ta t\u00eate, la plus lourde de mots, de routes. Et Mam\u00e9 ne bougeait plus. Dans la cuisine le feu pouvait s\u2019\u00e9touffer, elle attendait que le sommeil te vienne, elle ne respirait plus pour qu\u2019il entre et te prenne, et fasse taire toutes les questions. Et sa main \u00e9tait lourde sur tes cheveux. Tu la sens encore, et large, et savante de tant de gestes. \u00c0 ton r\u00e9veil, le mot est revenu. Te rendormant, tu l\u2019as laiss\u00e9 te quitter. Tu doutes qu\u2019il revienne. Tu veux qu\u2019il revienne et te ram\u00e8ne. Tu restes \u00e0 l\u2019\u00e9coute des mots. \u00c0 leur go\u00fbt dans ta bouche, au creux qu\u2019ils dessinent dans tes joues.Tu red\u00e9couvres, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture, une langue arri\u00e8re-grand-maternelle, dont il ne te reste que quelques mots, une langue sans grammaire ni orthographe, seulement orale, perdue puis \u00ab\u00a0retrouv\u00e9e\u00a0\u00bb tr\u00e8s r\u00e9cemment. Et tu t&rsquo;interroges sur la puissance \u00e9vocatrice de ces mots qui sont, pour toi en tous les cas, des mots-paysages sonores olfactifs tactiles \u2026 sans doute parce qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 entendus et prononc\u00e9s \u00e0 une \u00e9poque de l&rsquo;enfance, solaire et disparue, o\u00f9 le mot seul d\u00e9signait d\u00e9j\u00e0 peut-\u00eatre, un univers, dans cette langue simpliste, et tu aimerais savoir si dans d\u2019autres langues il existe aussi de tels mots ? <em>La faud\u00e0<\/em>\u2026 V\u00eatement de travail qui a suivi, subi, tous les mouvements du corps qui l\u2019a port\u00e9. Avec le contact, l\u00e9g\u00e8rement r\u00eache, de l\u2019humide s\u00e9ch\u00e9, des mains essuy\u00e9es, dessus, dessous, avant de prendre au facteur la lettre, au bois sa sciure, ses aiguilles, puis de les r\u00e9chauffer au feu, sa fum\u00e9e, derri\u00e8re la bu\u00e9e des casseroles. Le mot tient le moelleux du ventre, sa respiration, ses orchestres et le c\u0153ur tout au fond de l\u2019antre o\u00f9 poser ton oreille. Les genoux, leurs mouvements, sur lesquels, ta t\u00eate o\u00f9 partir, t\u2019endormir. Un endroit o\u00f9 consoler ta joue. Les draps de lin \u00e9taient allong\u00e9s sur l\u2019herbe, \u00e0 boire du soleil, tout le jour. Et Mam\u00e9 t\u2019en faisait un lit o\u00f9 te couler, te retenant toute la nuit, les membres en d\u00e9sordre \u00e9parpill\u00e9s dans l\u2019odeur de toile, voile pour le sommeil, hamac de lune un peu sonore, au craquant l\u00e9ger de gaufrette. Ils gardaient au matin, les plissures de tes r\u00eaves. Tu crois n\u2019avoir jamais plus dormi depuis. Le matin venait sur le bord jaune du bol \u00e0 berg\u00e8re, dans le caf\u00e9 br\u00fblant qui tournait encore entre ses mains, \u00e0 faire fondre le sucre. Venait aussi l\u2019aimable odeur de fum\u00e9e, l\u00e9g\u00e8re s\u00e8ve, encens de ses rituels. Depuis son lever, Mam\u00e9 relan\u00e7ait le feu, qu\u2019il morde \u00e0 la brass\u00e9e de bois, sciure et mousses voltigeant parmi les \u00e9tincelles sur son visage et, sur son tricot, des broches, \u00e9chardes de bois, comme un reste de for\u00eat. Tant de mots prononc\u00e9s autour de la maison. Arriv\u00e9e en haut, l\u00e0 o\u00f9 s\u2019ouvre l\u2019esplanade, apparait enfin la maison brutale et blanche \u2014 depuis la vall\u00e9e, elle est invisible, cach\u00e9e par les arbres \u2014. L\u00e9g\u00e8rement de c\u00f4t\u00e9, tu la vois, en une vue qui en montrerait la profondeur en m\u00eame temps que toute la fa\u00e7ade, le rectangle sous la fen\u00eatre de la chambre de la vieille D, ce rectangle de couleur ocre sur la fa\u00e7ade tr\u00e8s blanche, avec les initiales des anc\u00eatres, que tout le monde ici connait par c\u0153ur, \u2014 connaissait, car qui s\u2019en souvient aujourd\u2019hui ? \u2014 PE, NO, ME, NO, ANA, E, GE, TA, GE, NA. \u00c9couter le bassin, comme les fontaines. La brillance jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aveuglement attraperait dans sa course des tessons coupants, de lumineuses guirlandes liquides dans lesquelles les cailloux, de seulement avoir \u00e9t\u00e9 mouill\u00e9s, prendraient des veines pr\u00e9cieuses, \u00e9clats diamant du mica, comme tu croyais au brillant d\u2019une \u00e9caille, un orient de perle emm\u00eal\u00e9 au courant que le soleil de juillet \u00e9teignait d\u2019un souffle. Un coup d\u2019\u0153il sur la maison qui t\u2019apparaitrait en haut du chemin, toi, suffoquant, charriant ton ombre d\u00e9chiquet\u00e9e, toi parvenue au sommet de <em>La Viass\u00e0<\/em>&nbsp; \u2014 tu te souviens qu\u2019on y portait des chaussures sp\u00e9ciales <em>Ill\u2019 Socoul\u2019<\/em> , sortes de sabots, car les souliers de ville y seraient bien trop vite abim\u00e9s. Les chaussures \u00e9taient gard\u00e9es dans un sac lorsque tu descendais au village. En quelque sorte, la maison \u2013 <em>La ca\u2019<\/em> \u2013 plante ses fondations dans ce chemin.&nbsp; Tout au bout, au fond du paysage, avec tout l\u2019espace \u00e0 courir, \u00e0 couvrir de tes pas, de tes jambes neuves. ET, \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e, le trajet de l\u2019eau dans tout ton corps, l\u2019eau aval\u00e9e goulument \u00e0 la louche caboss\u00e9e \u2014 <em>\u00ebl cass\u00f9l\u2019<\/em> \u2014. Sur le miroir danse et flotte encore certainement ton visage, par-dessus l\u2019aur\u00e9ole de la bordure de foug\u00e8res. La main plant\u00e9e, les doigts affol\u00e9s, le bras, paillet\u00e9s de fines bulles d\u2019argent, bijoux de mercure, coup\u00e9s par le fil de l\u2019eau. Sans respirer pour que le froid entre, entre tes doigts, \u00e0 couler jusqu\u2019au fond, jusqu\u2019\u00e0 la soie ti\u00e8de et molle des mousses jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9c\u0153urement apr\u00e8s la morsure de l\u2019eau qui continue de courir sans user la sensation majuscule au creux du ventre, sous le nombril exactement, d\u2019une pointe de joie toute blanche. Et, tout autour, le soleil retentit dans ta t\u00eate, de la pleine lumi\u00e8re du plein \u00e9t\u00e9 et tu laisses un v\u00eatement de h\u00e2le se dessiner sur tes bras, tes jambes. Tu entendrais le souffle r\u00e9gulier des faux, le cri \u00e9parpill\u00e9 du fer contre une pierre, suivant la trace \u00e0 flanc de colline jusqu\u2019au rideau d\u2019arbres. Tu accueillerais encore la fraicheur de la source, tu entendrais son bruit, ce serait plut\u00f4t ce chant qui te rafra\u00eechirait que son eau, dans laquelle tu n\u2019aurais sans doute pas le temps d\u2019y tremper la main. Sur la gauche, le bassin, sa margelle disparaissant sous les mousses, les foug\u00e8res. Tout autour, la terre noire. Si c\u2019est jour de lessive, il y aurait la planche \u00e0 laver dans laquelle on s\u2019agenouille, et l\u2019odeur du gros bloc de savon sur le rebord de pierre \u2014 dans toutes ses bulles se d\u00e9place la maison, prise dans leurs taies mouvantes, iris\u00e9es, plan\u00e8tes surprises depuis l\u2019espace, la maison gard\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur arrondi de chaque bulle.<em> Il parait que l\u2019eau courante a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e et qu\u2019ils ont m\u00eame une machine \u00e0 laver&nbsp;!&nbsp;<\/em> \u00c0 mi-pente sur le ventre arrondi de la colline, mijot\u00e9 dans la lente ti\u00e9deur de Juillet, toutes fleurs \u00e9panouies. Encore le l\u00e9ger poivre des derniers \u0153illets. Herbe foul\u00e9e, humide, terre qui garde l\u2019empreinte pr\u00e8s de la source. Chambre d\u2019\u00e9chos froids \u00e0 l\u2019\u00e9coulement de l\u2019eau. Sur la pierre, le patient goutte \u00e0 goutte, premi\u00e8re musique, ostinato, pulsation. D\u2019inlassables bourdonnements d\u2019insectes, des troupeaux sonnaillant, leur odeur d\u00e9sir\u00e9e voyageant jusqu\u2019\u00e0 toi, derri\u00e8re l\u2019\u00e9cran de for\u00eat. Et de m\u00eame te parviendrait la fum\u00e9es d\u2019anciens cierges \u00e9teints, l\u2019eau b\u00e9nie de ces lieux d\u2019ombre \u00e0 l\u2019odeur de cave. Les \u00e9cailles du pl\u00e2tre des angles perdraient leurs fleurs d\u00e9licates, les saints tortur\u00e9s et dociles couch\u00e9s sur le pl\u00e2tre bleu. Des fleurs fan\u00e9es dans l\u2019eau croupie aux pieds des Saint-S\u00e9bastien ou Georges, \u00e0 moiti\u00e9 d\u00e9vor\u00e9s de salp\u00eatre et qui s\u2019endorment, les yeux grands ouverts dans les reposoirs du chemin, sous la lune et les poign\u00e9es d\u2019\u00e9toiles, la nuit parfum\u00e9e d\u2019arbres. Et, sur la pierre qui chavire, ton pied retrouverait la sensation des voyages de l\u2019enfance. Voyages de quelques millim\u00e8tres, les yeux ferm\u00e9s, \u00e0 chambouler toutes les certitudes du corps. <em>M\u2019incammino<\/em>, tu te mettrais en marche \u00e0 travers cette langue de tes a\u00efeules r\u00e9ssuscit\u00e9es, \u00e0 travers ce pays, celui que ce mot te dessine&nbsp;: Une usure blanche sous tes pas, creus\u00e9e par les passages.&nbsp; Au milieu, pousse encore un peu d\u2019herbe, un reste de sauvage. Tout autour, un paysage de campagne avec de rares maisons derri\u00e8re des bouquets d\u2019arbres sombres, une chapelle, un pont et du ciel. Et le son de cloches que l\u2019air traine, et puis, l\u2019aboiement d\u2019un chien. Et les odeurs&nbsp;: de terre, d\u2019herbe fauch\u00e9e. Et le moment&nbsp;: il est midi dans ce mot o\u00f9 la lumi\u00e8re est verticale. Tout cela qui l\u2019encombre, et voyage \u00e0 travers lui. Et, quittant la lumi\u00e8re verticale, tu te risquerais \u00e0 avancer jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ombre du porche o\u00f9 tes pas feraient r\u00e9sonner la voute. Le sol abim\u00e9 par le passage des b\u00eates. Sur la gauche, les deux \u00e9curies seraient vides. Leurs portes grandes ouvertes. Les vaches, mont\u00e9es <em>Al\u2019 Lot\u2019<\/em> o\u00f9 elles passent l\u2019\u00e9t\u00e9. \u00c7a sent toujours l\u2019animal et le foin. Toute la maison est habit\u00e9e par ces odeurs, \u00e7a doit s\u2019incruster dans la pierre m\u00eame, aux&nbsp; endroits que les vaches ont lustr\u00e9 en s\u2019y frottant. Le cr\u00e9pi \u00e9pais des murs est noirci et des pierres apparaissent aux angles. Face aux \u00e9curies, tu entrerais dans la premi\u00e8re cuisine, celle de droite, la plus petite. En arrivant du dehors, apr\u00e8s avoir \u00e9cart\u00e9 le rideau de filet blanc \u00e0 rayures jaunes vertes et rouges, il y ferait toujours un peu chaud \u00e0 cause du feu, entretenu m\u00eame l\u2019\u00e9t\u00e9. Poign\u00e9e de plumes jet\u00e9e sur ton souffle s\u2019ajoutant \u00e0 la chaleur du dehors. L\u2019odeur, la premi\u00e8re, viendrait \u00e0 ta rencontre&nbsp;: Feu de bois, suie, piquant un peu la gorge et celles, nombreuses, des repas simples mijot\u00e9s et rassembl\u00e9s ici depuis des d\u00e9cennies, et le beurre \u2014 conserv\u00e9 dans la galerie humide derri\u00e8re le bassin \u2014&nbsp; le lait, le lard, le poivron et le c\u00e9leri, les fromages, la Barbera et la fum\u00e9e des cigares aussi bien. Il faudrait laisser au regard le temps de s\u2019habituer \u00e0 la p\u00e9nombre d\u2019o\u00f9 les meubles surgiraient un \u00e0 un&nbsp;: la masse de la table au milieu, juste sous la lampe \u2014 une simple suspension d\u2019opaline blanche dont le feston ondul\u00e9 est \u00e9br\u00e9ch\u00e9 \u00e0 plusieurs endroits et une ampoule jaune \u2014 Le bourdonnement des mouches prisonni\u00e8res sous le verre retourn\u00e9. Croyaient-elles voler encore ? Trois chaises d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et de l\u2019autre un banc dont on ne distinguera que les pieds assez massifs, contre le sofa tendu d\u2019une cotonnade \u00e0 franges qu\u2019on devine d\u2019un rouge assez \u00e9teint \u2014 le tissu semble rapi\u00e9c\u00e9 de carr\u00e9s d\u2019\u00e9toffe jaune pass\u00e9, \u00e0 moins que ce ne soit des motifs du tissu \u2014&nbsp; il prend presque tout l\u2019espace du mur sous la fen\u00eatre donnant sur l\u2019ext\u00e9rieur o\u00f9 il apparait en contrejour, \u00e9clair\u00e9 seulement par la lumi\u00e8re rasante qui doit escalader le mur de l\u2019escalier pour parvenir dans la pi\u00e8ce o\u00f9 elle dessine une diagonale sur le sol. Tu verrais nettement l\u2019usure des dalles brunes et la poussi\u00e8re, l\u00e9g\u00e8re, que tes pas soul\u00e8vent. Contre le mur du fond, et sur la gauche, le buffet et ses tiroirs toujours mal ferm\u00e9s, et les portes du bas dont il manque la cl\u00e9, puis, <em>la stuv\u00e0<\/em> -\u2013 le po\u00eale \u00e0 bois \u2014 en fonte noire. Au fond de ses cendres, Mam\u00e9 est toujours l\u00e0, qui cherche encore la toute petite fleur du feu de la veille. Pour la nourrir. De tire-bouchons de journal, de bois sec. Puis, elle tirera une chaise, tu l\u2019entendras, et le moulin \u00e0 caf\u00e9 grincera encore. La clart\u00e9 bondissante par la porte entr\u2019ouverte viendra \u00e0 ta rencontre, et elle, de ses mains \u00e0 quoi tout ob\u00e9issait, doucement te l\u00e8vera, t\u2019aidera \u00e0 t\u2019habiller, entortillant ses bras, ses mains-oiseaux aux pi\u00e8ges des manches, ces ailes de tricot. Et les pulls de laine qui grattent, elle seule, sa main, savait en taire les \u00e9toiles. P\u00e9trole-hahn secou\u00e9, les bulles vertes en suspension au sommet du liquide visqueux, asperg\u00e9 sur tes cheveux o\u00f9 le peigne d\u2019os tra\u00e7ait ses chemins. Pr\u00eate, immobile, au milieu de ses mains-paysages qui dessinaient autour de toi toute une g\u00e9ographie. Montaient des collines de b\u00fbches dont le feu avait faim, voltigeaient, ses mains, dans l\u2019odeur du caf\u00e9 br\u00fblant et du lait chaud, \u00e0 surveiller comme un enfant turbulent. Mam\u00e9 d\u00e9crocherait encore le miroir au-dessus de l\u2019\u00e9vier de pierre. Tu regarderais l\u2019image de petite fille blonde, puis l\u2019image remonterait accroch\u00e9e au clou jusqu\u2019au lendemain. Tu ferais encore trainer les minutes au bout de tes pieds voyageant sous la chaise. Les matins de lessiveuse, o\u00f9 te tenir tranquille, dans les bouillons des bulles ? Alors Mam\u00e9 te tendrait le miroir, alors, monterait la table, \u00e0 l\u2019envers et, \u00e0 la place du couvert, s\u2019inviterait la lampe et tu porterais, assise en \u00e9quilibre dans tes deux mains, son \u00eele de sable. Pendues au mur noirci de fum\u00e9e, l\u2019\u00e9clat gris de quelques casseroles. Dans l\u2019ombre du po\u00eale, l\u2019\u00e9norme caisse dans laquelle on entasse le bois, et o\u00f9 sont jet\u00e9s journaux et papiers pour l\u2019allumage du feu. Les murs de la pi\u00e8ce simplement enduits d\u2019un pl\u00e2tre assez grossier et seuls les entourages de la porte et de la fen\u00eatre sont soulign\u00e9s d\u2019une couleur \u00e0 peine contrast\u00e9e. La courte lumi\u00e8re jouerait sur les imperfections, et la masse du mur vide, par dessus le banc et la table, para\u00eetrait en mouvement \u00e0 mesure de tes d\u00e9placements. Sur la photo, il y a une gazini\u00e8re blanche toute neuve, quatre feux, avec le tuyau rouge pour l\u2019alimentation \u00e0 la bonbonne de gaz. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, un meuble de cuisine blanc aussi et au dessus, un petit n\u00e9on a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9. Une table \u00e0 rallonges en formica et quatre chaises d\u00e9pareill\u00e9es occupent le milieu de la pi\u00e8ce.&nbsp; Cette ann\u00e9e, pour la premi\u00e8re fois, tu as voulu voir des photos. M est all\u00e9e pr\u00e9parer du caf\u00e9, malgr\u00e9 tes protestations, tu l\u2019entendais continuer de parler depuis la petite cuisine, elle disait <em>Mam\u00e9<\/em>, que <em>Mam\u00e9 lui manquait<\/em>, puis elle a sorti un album du buffet Henri II et l\u2019a ouvert devant toi. L\u2019odeur de vieux cartons des pages rigides est mont\u00e9e en m\u00eame temps que le bruit d\u2019\u00e9lytres du papier cristal qu\u2019elle a froiss\u00e9 en tournant, un peu trop vite \u00e0 ton go\u00fbt,&nbsp; les grandes pages sur lesquelles quatre, trois ou six vues, un peu jaunies, \u00e9taient maintenues. Certaines coll\u00e9es les unes par dessus les autres, des vues presqu\u2019identiques se chevauchant&nbsp; \u2014 le montage d\u2019un meuble, par exemple, afin d\u2019en voir les \u00e9tapes \u2014 M revient \u00e0 <em>La Viass\u00e0<\/em>, elle dit <em>c\u2019est termin\u00e9 tout \u00e7a&nbsp;!<\/em> <em>Ils ont fait la route maintenant, \u00e7a doit bien faire \u00e0 peu pr\u00e8s huit, dix ans peut-\u00eatre<\/em>.&nbsp;Elle pointe du doigt une photo. Une \u00e9norme cicatrice de cailloux blanch\u00e2tre a fractur\u00e9 l\u2019arriv\u00e9e du chemin, l\u2019\u00e9largissant, sur l\u2019esplanade, avec de part de d\u2019autre, un talus de terre et de pierres repouss\u00e9s contre les derniers arbres. Il y a trois ou quatre voitures gar\u00e9es pr\u00e8s de la maison. <em>Faut dire que c\u2019est plus pratique. Quand m\u00eame&nbsp;! On n\u2019a plus \u00e0 monter les bagages \u00e0 la main&nbsp;!<\/em> dit M.<\/p>\n\n\n\n<p>Maison du Pi\u00e9mont, plant\u00e9e au sommet d\u2019une colline \u00e0 quelques kilom\u00e8tres du village, o\u00f9 tu as v\u00e9cu tous les \u00e9t\u00e9s de ton enfance. Elle comporte deux \u00e9tages au dessus du rez de chauss\u00e9e o\u00f9 l\u2019on acc\u00e8de par une ouverture vout\u00e9e. Un escalier assez massif en pierre est adoss\u00e9 au mur sur la droite et m\u00e8ne \u00e0 une petite galerie couverte o\u00f9 donnent les chambres. Depuis cette galerie on acc\u00e8de au deuxi\u00e8me \u00e9tage par une \u00e9chelle de meunier. De l\u2019ext\u00e9rieur, ce niveau est soulign\u00e9 d\u2019un balcon de bois sur lequel est \u00e9tendu le linge, qui s\u00e8che \u00e0 l\u2019abri de l\u2019avanc\u00e9e du toit, et, dans le grenier ouvert, on \u00e9tale les pommes. \u00c7a sent toujours un peu le vieux paradis, m\u00eame en plein \u00e9t\u00e9, bien qu\u2019il n\u2019y ait plus de fruits. <em>Tu vois, c\u2019est pratique, et puis c\u2019est facile \u00e0 entretenir. Avant, tu te rappelles comme c\u2019\u00e9tait sale\u00a0?<\/em>\u00a0Tu la questionnes au sujet de la vaisselle, des vieux verres, des assiettes\u00a0: il y en avait une qu\u2019on te donnait toujours\u00a0! Le premier jour, le repas \u00e9tait toujours pris dans la deuxi\u00e8me cuisine avec les cousins. \u00cb<em>l piat\u2019 d\u00ebl\u2019 Signor<\/em> \u2013- le plat du Seigneur &#8211;\u00a0 Et tu ne parvenais pas \u00e0 manger tellement \u00e7a t\u2019impressionnait, le J\u00e9sus et les deux larrons sur leurs croix, en lamentation sous les haricots du jardin. <em>Tchetta\u00a0! Cuay\u00e9 qu\u00ebt\u2019 mangi gnin\u00a0? Etou\u2019 tr\u00ebp\u2019 stanca p\u00ebr\u2019 mangiar\u00a0?\u00a0<\/em> <em>Y\u2019a plus rien de tout \u00e7a, ma pauvre\u00a0!\u00a0Tu sais qu\u2019ils ont fait un salon\u00a0dans l\u2019une des \u00e9tables ? Ils ont m\u00eame la t\u00e9l\u00e9vision maintenant\u00a0! Voui\u00a0! Maintenant qu\u2019y\u2019a plus de b\u00eates. Dans l\u2019autre, la premi\u00e8re \u00e9curie, ils garent leur voiture.<\/em>\u00a0 Tu monterais au deuxi\u00e8me \u00e9tage o\u00f9 s\u2019ouvrent les chambres sous la galerie au plancher de bois. \u00c9tage de silence. Personne ne s\u2019y trouve dans la journ\u00e9e. Sur le large rebord de pierre pass\u00e9 \u00e0 la chaux sont pos\u00e9es trois lourdes poteries de g\u00e9raniums entre les deux piliers. Silence derri\u00e8re les lourdes portes sculpt\u00e9es de fleurs et d\u2019\u00e9pais soleils. Tu ouvrirais celle de gauche. Ta chambre. La porte crie toujours un peu quand on entre pour la premi\u00e8re fois. Elle frotte sur \u00eb<em>l pianeli<\/em> \u2014- les dalles \u2014 et reste, entreb\u00e2ill\u00e9e seulement, bloqu\u00e9e sur l\u2019un des carreaux qu\u2019elle use toujours au m\u00eame endroit. Il faut pousser d\u2019un bon coup d\u2019\u00e9paule pour l\u2019ouvrir tout \u00e0 fait, r\u00e9veillant un \u00e9cho de pi\u00e8ce vide et tout un peuple d\u2019araign\u00e9es qui s\u2019\u00e9parpillent sur le sol. N\u2019entre pas tout de suite. Tes mains sur la porte suivent le d\u00e9tail des \u00e9paisses sculptures au verni craquel\u00e9, puis, apr\u00e8s avoir retir\u00e9 tes souliers, ferme les yeux et laisse la chambre venir \u00e0 toi : les dalles froides sous tes pieds nus, l\u2019\u00e9t\u00e9 frissonne sur la peau, et toujours, l\u2019odeur de poussi\u00e8re des champs, de foin s\u00e9ch\u00e9, l\u2019haleine humide de la pierre, lavande ancienne, en traces, cire, un fond d\u2019encens. Tu peux rouvrir les yeux et entrer. <em>Tiens, tu la reconnais la chambre\u00a0? Regarde.<\/em>\u00a0 Tu avances et \u00e9cartes le rideau de dentelle au crochet afin d\u2019ouvrir la fen\u00eatre, repousser les volets pour que la for\u00eat entre. En te penchant tu suis le petit chemin qui longe le mur tout en bas et s\u2019en va, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la maison, o\u00f9 tu le perds, \u00e0 travers le pr\u00e9, vers les arbres et le ruisseau. Ce qui frappe le plus dans la chambre \u2013 <em>la stanci\u00e0<\/em> &#8211; c\u2019est le lit : immense, noir et tr\u00e8s haut, d\u00e9cor\u00e9 d\u2019oiseaux et de fleurs orange. Les panneaux de t\u00eate et ceux des pieds divis\u00e9s en deux parties orn\u00e9es de fines colonnes de m\u00e9tal surmont\u00e9es de d\u00e9cors ovo\u00efdes termin\u00e9s par des lancettes. Quatre lys, quatre oiseaux \u00e0 la t\u00eate et aux pieds qui, depuis l\u2019enfance, peuplent encore, parfois, tes nuits. Ton immobilit\u00e9 de petite statue, morte au creux des draps, dans leurs bras mous. Quatre lys, quatre oiseaux oranges montent la garde au-dessus de ta t\u00eate et tout au bout de toi, par-dessus tes pieds. Rouvrir les yeux, faire revenir le jour de la lampe, les d\u00e9livrer ? identiques et pourtant\u00a0 dissemblables, fig\u00e9s pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Ils habitaient ta nuit. La courtepointe de coton blanc est bien tir\u00e9e par-dessus les oreillers et les draps de lin. Sur le mur, au ras du plafond blanc, court une frise de fleurs multicolores peinte \u00e0 fresque. <em>La derni\u00e8re ann\u00e9e, on a tout repeint, \u00e7a fait plus propre\u00a0! Je pouvais plus les voir ces vieilleries\u00a0! Et puis on a mis des carreaux et on a chang\u00e9 la porte. On pouvait m\u00eame plus rentrer les derni\u00e8res fois\u00a0!<\/em> Pr\u00e8s du lit, une haute table de chevet en bois sombre, avec un tiroir ouvrant sous le plateau de marbre et une longue porte d\u2019un seul tenant mais sur laquelle on a reproduit les formes et les boutons de faux tiroirs. Sur le mur, juste au dessus, le cadre en bois sculpt\u00e9 de rubans nou\u00e9s autour de fleurs entoure la photo s\u00e9pia d\u2019un visage de femme assez jeune, les cheveux sombres relev\u00e9s en chignon sur la nuque. Elle est souriante et sa t\u00eate est tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement inclin\u00e9e sur la gauche. Si tu t\u2019\u2019approches au plus pr\u00e8s, tu pourrais distinguer des retouches faites au pinceau, autour du dessin de la bouche entrouverte, pr\u00e8s de l\u2019attache du cou, soulignant l\u2019ombre du d\u00e9collet\u00e9 de la robe claire. Sous la fen\u00eatre, une ancienne malle de voyage en bois recouvert de tissu d\u2019une couleur ind\u00e9finissable et une table de toilette peinte en blanc, dont le dessus de marbre tach\u00e9 et terni comporte une \u00e9tag\u00e8re vide. Un broc en fa\u00efence blanche est pos\u00e9 dans une cuvette en m\u00e9tal \u00e9maill\u00e9 \u00e0 filet bleu. Sur les cot\u00e9s du meuble, un porte-serviette et, au-dessus, fix\u00e9 au mur, un miroir dont le cadre de bois imite le bambou. Mam\u00e9, tu ne l\u2019as jamais vue au r\u00e9veil. Ou, peut-\u00eatre, bien plus tard.\u00a0 Tu t\u2019es excus\u00e9e. Ce n\u2019\u00e9tait pas encore l\u2019\u00e9poque o\u00f9 elle te laissait laver ses pieds. Sur la pierre, des hosties, restes de savonnettes, rose, vert, bleu, serr\u00e9s dans un morceau de vieux bas. Rien qu\u2019une fois, tu l\u2019as surprise, bretelle de combinaison sur l\u2019\u00e9paule nue, et les cheveux d\u00e9nou\u00e9s. Tu ne savais pas qu\u2019ils \u00e9taient si longs. <em>On a amen\u00e9 des meubles que l\u2019oncle a fabriqu\u00e9s. Quelques planches de contreplaqu\u00e9, un peu de peinture. C\u2019est plus pratique, facile \u00e0 nettoyer, et puis tu sais l\u00e0 bas, on vivait surtout dehors\u00a0!\u00a0<\/em>Tu refermes l\u2019album en la remerciant, <em>oui, toi aussi, \u00e7a t\u2019a fait plaisir,<\/em> tu lui promets de revenir l\u2019an prochain. Vous vous embrassez. Elle t\u2019accompagne jusqu\u2019\u00e0 la voiture. Une derni\u00e8re fois, vous vous embrassez. Promis, oui, vous vous appelez\u00a0! \u00c0 bient\u00f4t. Jamais ensemble, on n\u2019aura vu la mer. l\u2019ondulation de ses moires liquides, ridules irris\u00e9es \u00e0 nos quatre pieds r\u00e9unis pour une fois. Petit lac, bien rang\u00e9 et sage en longues nappes des Dimanches, courant l\u00e9cher, l\u00e9ger, sans plis se recouvrant et bord\u00e9es des dentelles du Champagne. Et, s\u2019arr\u00eatant, h\u00e9site, comme pour s\u2019excuser, regretter les cailloux bouscul\u00e9s, roul\u00e9s, chavir\u00e9s sur le chemin de fourmi. Repartant pour recommencer. Mam\u00e9 disait, <em>je demanderai \u00e0 l\u2019usine, je t\u2019emm\u00e8nerai<\/em>. Mais, \u00e0 qui laisser les b\u00eates ? Notre arche te r\u00e9clamait. Dans le miroir se refl\u00e8te une toute petite partie de la galerie, un pilier, une portion de poterie jaune et verte et les g\u00e9raniums rouges qui en d\u00e9bordent, la branche de l\u2019un des arbres de l\u2019esplanade, un morceau de ciel qu\u2019un oiseau traverse. \u00c0 la mort de Mam\u00e9, la maison a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e aux cousins. La maison blanche a travers\u00e9 bon nombre de tes textes depuis plus de dix ans. L\u2019\u00e9crit en a fait le tour, la traverse, tente d\u2019en restituer les odeurs, la sonorit\u00e9 des pas sur les dalles des chambres. Elle retourne pour toi \u00e0 l\u2019\u00e9tat de lieu r\u00eav\u00e9, qui n\u2019existe plus dans la r\u00e9alit\u00e9. Il est devenu impossible d\u2019en retrouver l\u2019adresse pr\u00e9cise et les cam\u00e9ras de Google Earth ne sont pas all\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 elle. Une photo t\u2019est parvenue r\u00e9cemment, retrouv\u00e9e par M \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un d\u00e9m\u00e9nagement. Prise sous un angle que n\u2019a pas choisi ta m\u00e9moire, tu es surprise par cette construction, compl\u00e8tement remodel\u00e9e. Ne restent, dans la r\u00e9alit\u00e9 de la photo, que les ouvertures vout\u00e9es, l\u2019escalier ext\u00e9rieur. Et Mam\u00e9, marchant vers le bassin.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tu crois qu\u2019il y a une route maintenant.&nbsp; Tu dis&nbsp;que tu crois mais tu sais qu\u2019ils ont fait une route. Cet \u00e9t\u00e9, comme chaque \u00e9t\u00e9, tu es all\u00e9e voir M. Tu la questionnes au sujet de sa sant\u00e9, de la famille, vous parlez de pluie et de beau temps mais vous finissez toujours par \u00e9voquer la maison. C\u2019est elle, la <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l10-la-maison\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#L10 &#8211; La maison<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":27,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2069],"tags":[],"class_list":["post-50298","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-2021-faire-un-livre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50298","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/27"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=50298"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50298\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=50298"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=50298"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=50298"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}