{"id":50398,"date":"2021-09-09T01:09:41","date_gmt":"2021-09-08T23:09:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=50398"},"modified":"2021-09-09T09:42:29","modified_gmt":"2021-09-09T07:42:29","slug":"la-convergence-des-risques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-convergence-des-risques\/","title":{"rendered":"#P10 | La convergence des risques"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Marseille<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le couple est inquiet. Il faut que tu parles \u00e0 Mila, que tu lui dises que nous ne sommes pas en vacances. Elle est sortie pour se baigner, elle n\u2019est pas rentr\u00e9e. Ses parents remontent le quai dans l\u2019espoir de la retrouver. Elle n\u2019est plus \u00e0 la plage. Elle prend des risques inconsid\u00e9r\u00e9s en sortant sans nous pr\u00e9venir, sans nous dire o\u00f9 elle va. Elle tra\u00eene dehors sans qu\u2019on sache o\u00f9, avec qui. Elle parle \u00e0 des inconnus. Le ton de sa voix monte dans les aigus sans qu\u2019il parvienne \u00e0 le ma\u00eetriser. Elle ne sait pas qui sont ces gens qui l\u2019approchent, ce qu\u2019ils cherchent, leurs intentions. Inessa observe son mari du coin de l\u2019\u0153il avec un air de reproche que les rides de son front trahissent. Dans le m\u00eame mouvement elle attrape son bras gauche pour lui signifier clairement son d\u00e9saccord. Il croit qu\u2019elle vient d\u2019apercevoir leur fille. S\u2019en f\u00e9licite. Fausse joie. Satisfaction pr\u00e9matur\u00e9e. Ce n\u2019est pas elle. Il faut la comprendre aussi, c\u2019est de son \u00e2ge. L\u2019insouciance que nous avons perdu. L\u2019innocence ? Lui proche-t-il se demandant s\u2019il a bien entendu. Pourquoi tu me parles d\u2019innocence ? Nous avons fait des choix. Ensemble, je sais. Je dis juste que notre fille n\u2019a pas \u00e0 supporter sur ses \u00e9paules le poids de notre pass\u00e9. Elle est \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 elle doit faire ses propres exp\u00e9riences. Suivre son chemin. Mais il faut tout de m\u00eame qu\u2019elle fasse attention, qu\u2019elle ne nous mette pas en danger. C\u2019est notre faute, c\u2019est nous qui l\u2019avons expos\u00e9e. Nous ne pouvons pas aujourd\u2019hui le lui reprocher. Tant que nous n\u2019aurons pas trouv\u00e9 le moyen de partir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, nous serons toujours dans cette urgence, sur le qui-vive. Dans la crainte d\u2019\u00eatre repris. Ce n\u2019est pas une vie. Nous somme en survie. Ce n\u2019est pas elle l\u00e0-bas, assise au caf\u00e9 ? Avec qui elle discute ? Ils restent \u00e0 distance et l\u2019observent en silence. La jeune fille tend une cigarette au gar\u00e7on en maillot de bain qui vient de s\u2019asseoir \u00e0 sa table. Avec le temps, cette sc\u00e8ne qu\u2019on croyait chass\u00e9e de nos m\u00e9moires, disparue, revient \u00e0 nous et nous agresse, elle nous agrippe par le bras, avec une poigne dont la douleur se prolonge longtemps en nous, comme un s\u00e9isme \u00e0 ses r\u00e9pliques, elle nous saute au visage, on n\u2019oublie jamais totalement. Le plus dur c\u2019est qu\u2019on croit y parvenir. On veut y croire. On s\u2019attache \u00e0 cette certitude qui n\u2019en est pas une. La peur de l\u2019indistinct. Tu m\u2019as dit que tu n\u2019y pensais plus. Je n\u2019y pense plus en effet. C\u2019est soudain, \u00e7a revient sans crier gare, au pire moment. Je croyais que c\u2019\u00e9tait loin derri\u00e8re nous, que nous avions tourn\u00e9 la page. Ce n\u2019est pas possible d\u2019oublier. Le sang, les cris, les larmes. Je ne veux pas oublier. Oublier vraiment c\u2019est impossible. Le plus souvent on ne se souvient plus, on a l\u2019impression d\u2019\u00eatre pass\u00e9 \u00e0 autre chose, ces images qui hantaient chacun de nos r\u00eaves, on n\u2019en parle m\u00eame plus, le sujet dispara\u00eet de nos conversations, de nos craintes et de nos obsessions, mais c\u2019est toujours l\u00e0, souterrain, invisible. Secret. Le secret est comme fant\u00f4me. La preuve qu\u2019il y a quelque chose qui s\u2019est mal pass\u00e9. Le fant\u00f4me nous hante jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on comprenne enfin ce qui ne va pas, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on trouve une solution, qu\u2019on r\u00e9pare notre faute ou notre erreur. Inessa fixe sa fille sans bouger. On a l\u2019impression qu\u2019elle cherche \u00e0 lire sur ses l\u00e8vres pour comprendre la teneur de sa conversation avec ce jeune homme. Leurs propos sibyllins. Leurs visages ferm\u00e9s. Leurs expressions s\u00e9rieuses. C\u2019est presque inqui\u00e9tant. Une ombre sur son visage. Tu penses toujours que nous aurions pu faire autrement ? se demande Thomas. C\u2019est notre faute, oui. Nous vivons avec, depuis tout ce temps, mais \u00e7a ne change rien. C\u2019est toujours l\u00e0, tapi dans l\u2019ombre, au secret, et \u00e7a peut revenir \u00e0 tout moment. C\u2019est une ombre qui ne nous quittera jamais. Enfant j\u2019avais peur de mon ombre. Cette pr\u00e9sence ind\u00e9termin\u00e9e qui me suivait partout, c\u2019\u00e9tait insoluble. J\u2019en avais peur. Mes parents ne comprenaient pas. Ils croyaient que je plaisantais. Une blague. Tu avais vraiment peur de ton ombre ? Le gar\u00e7on en maillot de bain se l\u00e8ve et s\u2019\u00e9loigne en saluant Mila d\u2019un signe de t\u00eate. Elle \u00e9crase sa cigarette \u00e0 peine entam\u00e9e dans le cendrier sur la table pour se donner une contenance. Je n\u2019aurais pas du lui en parler. Nous devrions nous \u00e9loigner d\u00e9sormais. Il ne faut pas qu\u2019elle nous voit l\u00e0. C\u2019est trop tard. Mila se l\u00e8ve sans remarquer tout d\u2019abord ses parents, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue. Je n\u2019en reviens pas qu\u2019il y ait des souvenirs aussi lointains, en m\u00eame temps aussi net dans ma t\u00eate, dont je ne me suis jamais ouvertes \u00e0 lui. Inessa esquisse un pas en arri\u00e8re, esp\u00e9rant que ce mouvement incite son mari \u00e0 la suivre, \u00e0 battre en retraite. Dans la crainte de quoi ? Un espoir peut-\u00eatre ? Je n\u2019ai jamais rien v\u00e9cu de plus violent. Mila remarque ses parents qui l\u2019espionnent. Elle hausse les \u00e9paules en les rejoignant, le visage ferm\u00e9 pour exprimer son agacement. Sa m\u00e8re est g\u00ean\u00e9e par ce renversement de situation. Je ne devrais pas te le dire, c\u2019est une forme de confession, un aveu d\u2019impuissance. La douleur de mon accouchement n\u2019\u00e9tait pas aussi forte. Sans doute parce que cette douleur a \u00e9t\u00e9 ensuite adouci par le bonheur d\u2019\u00eatre m\u00e8re. Le sang, les cris, les larmes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Paris <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tard dans la nuit, elle s\u2019est \u00e9loign\u00e9e de sa chambre improvis\u00e9e, elle entendait dans la chambre voisine ses parents faire l\u2019amour en poussant de petits g\u00e9missements ridicules tels des animaux bless\u00e9s. Le plus g\u00eanant c\u2019est qu\u2019elle ne reconna\u00eet jamais imm\u00e9diatement leurs \u00e9bats dont elle per\u00e7oit les sons lointains, indistincts, tout d\u2019abord \u00e9touff\u00e9s. Perplexe, se demandant ce qui se passe, elle tend l\u2019oreille, pr\u00eate attention. Elle s\u2019en veut aussi vite. Leurs gestes se pr\u00e9cipitent. G\u00ean\u00e9e d\u2019avoir \u00e9couter leurs g\u00e9missements et leurs petits cris avec un int\u00e9r\u00eat qu\u2019elle ne souhaitait pas leur accorder, prise au pi\u00e8ge de leurs souffles rauques, la r\u00e9p\u00e9tition m\u00e9canique des grincements de leur literie, des ressorts du lit. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 trop tard. Il doit s\u2019agir d\u2019un mauvais r\u00eave. Elle reconna\u00eet la provenance de ces bruits. Trouble r\u00e9troactif, g\u00eane, puis d\u00e9go\u00fbt. Embarras insupportable. Elle comprime ses oreilles avec ses mains. Elle serre tr\u00e8s fort. Le sourire \u00e9clate malgr\u00e9 elle. Elle pourrait pleurer aussi bien. Le ridicule de la situation fait pencher la balance du c\u00f4t\u00e9 du rire. Le malaise est si pesant. Elle voudrait dispara\u00eetre. Ils s\u2019imaginent que je ne le entends pas peut-\u00eatre. Bien s\u00fbr que non, c\u2019est impossible. Ils ne pensent pas \u00e0 moi dans ces moments l\u00e0, voil\u00e0 c\u2019est tout. C\u2019est plus fort qu\u2019eux. Dans notre situation, je trouve \u00e7a \u00e0 la fois ridicule et mensonger. Elle se l\u00e8ve d\u2019un bond, agac\u00e9e. Tr\u00e9pigne, impatiente. Elle ne peut pas rester l\u00e0 sans rien faire. Je pr\u00e9f\u00e8re m\u2019en aller, m\u2019\u00e9loigner. Elle se prom\u00e8ne seule dans les grands espaces de la maison \u00e0 l\u2019abandon. M\u00eame quand je ne les entends je continue tout de m\u00eame \u00e0 les imaginer faire l\u2019amour, entendre leur miaulement apeur\u00e9, c\u2019est insupportable. Les lumi\u00e8res de l\u2019ext\u00e9rieur cr\u00e9ent d\u2019\u00e9tranges volumes d\u2019ombres et de lumi\u00e8res, elles dessinent un int\u00e9rieur sans lien apparent avec l\u2019original. Je d\u00e9ambule dans la maison dans but. J\u2019aime marcher ainsi, sans penser \u00e0 rien. Je me d\u00e9tache. Je me disperse. Le temps s\u2019allonge comme les ombres qui s\u2019\u00e9tirent derri\u00e8re nous les jours de pleine chaleur, le soleil au z\u00e9nith. Elle se sent libre, lib\u00e9r\u00e9e du poids de ses parents, de leur jugement et de leur regard. De leurs erreurs, de leurs errements. Je laisse mon regard se promener au hasard. La nuit est douce ce soir, aucun nuage ne vient brouiller de ses tra\u00een\u00e9es n\u00e9buleuses l\u2019intensit\u00e9 de la p\u00e9nombre nocturne. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019appartement, depuis la fen\u00eatre du salon rest\u00e9e ouverte, elle peut contempler tout Paris. Les toits de zinc gris et les chemin\u00e9es de la ville \u00e0 perte de vue. Ce sentiment de permanente surprise qu&rsquo;on exp\u00e9rimente en regardant les toits de Paris dans la lumi\u00e8re du jour. Au loin, sur les contreforts de Montmartre, elle aper\u00e7oit le Sacr\u00e9-C\u0153ur qui brille dans la nuit. Elle pose sa main sur le verre froid de la fen\u00eatre. Elle a tr\u00e8s envie de revoir Toni. Elle voudrait lui parler. Ici, personne ne l\u2019\u00e9coute. Son visage se refl\u00e8te sur la vitre. Dans cette image un peu floue, incertaine, son double esquiss\u00e9, c\u2019est l\u2019image du jeune homme qu\u2019elle entraper\u00e7oit. Elle pense \u00e0 lui qu\u2019elle voudrait revoir. C\u2019est d\u00e9cid\u00e9 elle va le rejoindre ce soir. Je les abandonne. Pour retrouver la solitude du d\u00e9but. Ses parents ont fini par s\u2019endormir. Elle n\u2019entend plus aucun autre bruit que les ronflements de son p\u00e8re et le souffle satisfait de sa m\u00e8re. Je les observe l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, attentive au moindre de leurs gestes, \u00e9piant les expressions de leur visage dans le sommeil comme on s\u2019accroche au parapet d\u2019un pont. Elle sort sans faire de bruit. Lorsque le vertige me prend de les quitter. Je ne vois rien dans cette p\u00e9nombre. Les r\u00e9verb\u00e8res jettent une inqui\u00e9tante lumi\u00e8re blafarde sur les feuillages et les immeubles voisins. Dans la nuit des \u00e9clats de rire. La jeune fille rel\u00e8ve la t\u00eate. Rien ne vaut le soulagement infini que l\u2019on \u00e9prouve au moment o\u00f9 le corps se rel\u00e2che. Elle presse le pas, alerte, heureuse. Elle se retrouve chez lui. Il n\u2019a pas l\u2019air surpris de la revoir. L\u00e9ger pincement au c\u0153ur. Passons. Elle sait que son colocataire travaille tard les soirs de semaine. Ils vont pouvoir passer un moment tous les deux avant son retour. Ce n\u2019est pas que je ne l\u2019appr\u00e9cie pas, mais c\u2019est toi que je veux voir. Il voudrait la contredire par amiti\u00e9. C\u2019est avec lui que je veux passer du temps, pense-t-elle. Je ne sais pas ce qui m\u2019attire en lui. Il est calme. Patient. Il m\u2019\u00e9coute parler. Toni la fait entrer dans son deux pi\u00e8ces. Lumi\u00e8res tamis\u00e9es. Je n\u2019ai pas l\u2019habitude qu\u2019on fasse attention \u00e0 moi. Chez moi je ne peux jamais placer un mot. Soupir. Mes parents monopolisent l\u2019attention. Tout tourne autour d\u2019eux. Ce qu\u2019il faut faire, ce qu\u2019il faut dire et ne pas dire. Rester discret pour ne pas se faire rep\u00e9rer. Il me sourit, m\u2019offre \u00e0 boire. Il lance un disque sur son lecteur CD. Je ne veux rien boire. Il insiste. Tu es vraiment s\u00fbre que tu n\u2019as pas soif. Je consens \u00e0 lui demander un verre d\u2019eau. Il a l\u2019air d\u00e9\u00e7u. On dirait qu\u2019il voudrait que je boive avec lui. Tu as tout ton temps me dit-il. Ce n\u2019est pas une question, une suggestion. Il r\u00e9p\u00e8te tout ton temps. Le temps ne m\u2019appartient pas. Je me dirige vers sa biblioth\u00e8que pour me donner une contenance. Je feuillette distraitement quelques ouvrages. Il n\u2019est pas dupe. Perc\u00e9e \u00e0 jour. Dans un des livres, intercal\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, une ancienne carte postale glisse sans faire de bruit sur l\u2019\u00e9tag\u00e8re. Il me raconte que dans la plupart des livres de la biblioth\u00e8que qui appartiennent \u00e0 son colocataire, il retrouve r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des pages des lettres, des photographies, des cartes, des tr\u00e8fles \u00e0 quatre feuilles s\u00e9ch\u00e9s, des timbres, des factures, des tickets de m\u00e9tro, de cin\u00e9ma ou de concerts. Il a m\u00eame trouv\u00e9 une fois un mouchoir en papier. Le disque se termine. Je ne connais pas ce musicien. Surpris qu\u2019il \u00e9coute du jazz \u00e0 son \u00e2ge. Il demande si j\u2019aime cette musique. Je n\u2018y connais rien. L\u2019avenir nous appartient. La phrase tourne en boucle sans que je sache pourquoi. En dernier recours, je pense \u00e0 la plage o\u00f9 nous nous sommes rencontr\u00e9s. J\u2019aurais tellement voulu rester vivre l\u00e0-bas. Je suis heureuse \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, mais c\u2019est l\u00e0-bas que je l\u2019ai rencontr\u00e9. J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019ici, dans cette lumi\u00e8re parisienne, ce n\u2019est plus le m\u00eame gar\u00e7on. Ces pens\u00e9es me traversent l\u2019esprit fugitivement. Une lumi\u00e8re s\u2019allume. \u00c0 peine le temps d\u2019y songer que je passe \u00e0 autre chose. Je tourne la page. Il per\u00e7oit l&rsquo;esquisse d&rsquo;une ombre sur mon visage. Il va dire quelque chose, ouvre la bouche. Un mouvement de ma t\u00eate fait bouger ma chevelure et le distrait. Il se souvient des cheveux de Mila dans le vent, la premi\u00e8re fois qu\u2019il l\u2019a vue au caf\u00e9 sur la plage \u00e0 Marseille. Un go\u00fbt sal\u00e9 sur ses l\u00e8vres. Caf\u00e9 et cigarette. On a tort de croire que l\u2019impatience des mains qui pianotent sur la table, les grimaces involontaires du visage, les regards \u00e9vasifs, l\u2019intonation de la voix qu\u2019on voudrait imperturbable mais qui trahit notre \u00e9motion, puissent nous s\u00e9duire au premier rendez-vous. C\u2019\u00e9tait sans doute ce qui l\u2019attirait en elle, mais il restait dans l\u2019attente d\u2019un signe d\u2019elle. Le plancher craque. Le silence brusquement. Depuis mon enfance, j\u2019ai promis tant de choses que je n\u2019ai pas tenues. Son regard se perd aussit\u00f4t dans le vague.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marseille Le couple est inquiet. Il faut que tu parles \u00e0 Mila, que tu lui dises que nous ne sommes pas en vacances. Elle est sortie pour se baigner, elle n\u2019est pas rentr\u00e9e. Ses parents remontent le quai dans l\u2019espoir de la retrouver. Elle n\u2019est plus \u00e0 la plage. 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