{"id":50847,"date":"2021-09-11T14:36:13","date_gmt":"2021-09-11T12:36:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=50847"},"modified":"2021-11-11T19:52:08","modified_gmt":"2021-11-11T18:52:08","slug":"ecrire-lete-vi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecrire-lete-vi\/","title":{"rendered":"la fabrique | \u00c9crire l\u2019\u00e9t\u00e9 VI"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/32804571_2061949810501007_8533832526588805120_n-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-50849\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/32804571_2061949810501007_8533832526588805120_n-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/32804571_2061949810501007_8533832526588805120_n-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/32804571_2061949810501007_8533832526588805120_n-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/32804571_2061949810501007_8533832526588805120_n.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Quichotte, autoportrait chevaleresque&nbsp;\/ Eric Pessan<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Lundi<\/h3>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, je veux que le livre soit rond, qu\u2019il puisse boucler sur lui-m\u00eame, partir et revenir aux archives du S\u00e9rail. Je me creuse un peu la t\u00eate, cherchant quel objet il faudrait cr\u00e9er pour que cela soit lisible. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 en place, avec le lent retour \u00e0 Vienne. Je fouille mes fontes pendant une partie de la matin\u00e9e. Des textes que j\u2019avais exclus sont ajout\u00e9s, remani\u00e9s. Cela ne va pas sans l\u2019impression pu\u00e9rile de tricher, mais je n\u2019ai plus le loisir de faire ce genre de prisonniers, si je veux poursuivre ce qui a \u00e9t\u00e9 entrepris (le double journal, le livre\u2026). La reprise des cours, le retour \u00e0 Paris plein de gens \u00e0 (re)voir va m\u2019obliger \u00e0 plus de concision ici. Ce n\u2019est pas un mal.\u00a0<br>J\u2019ai flirt\u00e9 ce matin avec l\u2019id\u00e9e d\u2019abandonner la dose de po\u00e9sie quotidienne, mais ce serait me d\u00e9munir de ce qui tient tout ensemble. Qu\u2019il pleuve qu\u2019il neige ou qu\u2019il vente, je lis un po\u00e8me chaque jour, je le partage. Pas en vestale, non, mais en gardienne de phare, tout de m\u00eame. La b\u00eate \u00e0 \u00e9crire a besoin d\u2019\u00eatre bien nourrie, ou bien affam\u00e9e, c\u2019est tout un. Rien ne lui profite mieux que ce temps d\u2019exposition quotidien.\u00a0<br>Je suis tr\u00e8s occup\u00e9e par l\u2019\u00e9laboration des <em>Revox de Monsieur <\/em>(NDLR Qui est une dame). Occup\u00e9e ne veut pas dire que je lui \u00e9crive les dix pages par jour qu\u2019elle m\u00e9rite, mais que \u00e7a entrave tout ce que j\u2019entreprends d\u2019autre, \u00e7a vient se m\u00ealer du repassage, de la cuisine, des r\u00e9unions\u2026 Je suis bonne joueuse\u00a0: je vais aller saisir mes notes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mardi<\/h3>\n\n\n\n<p>Commentant la question du polar gantois et son attachement \u00e0 la ville, Roselyne \u00e9voque <em>le Paysan de Paris<\/em>. Je le note illico sur la liste des lectures connexes \u00e0 ce travail. Je l\u2019ai lu quand je suis arriv\u00e9e \u00e0 Paris. Un autre Allobroge en exil me l\u2019avait offert. Le conservatoire o\u00f9 je venais faire mes \u00e9tudes jouxte l\u2019enchev\u00eatrement de passages qui fait tout un chapitre chez Aragon. Les Buttes Chaumont aussi profitaient de cette double existence, lues et parcourues\u2026 Tout cela, je ne comptais pas l\u2019\u00e9crire ni le taire, mon id\u00e9e \u00e9tait ailleurs en lisant le commentaire de Roselyne. Je me rappelais la d\u00e9marche de Vinciane Desprest pour&nbsp;<em>Au Bonheur des morts<\/em>qui pendant de nombreuses ann\u00e9es, je crois, a collect\u00e9 toutes les pistes qu\u2019on pouvait lui donner quand elle \u00e9voquait son sujet, puis s\u2019est donn\u00e9 deux ans pour toutes les suivre. Je pense aussi \u00e0 Svetlana Alexievitch, d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e ici en semaine&nbsp;2 (j\u2019ai en t\u00eate les 600 \u00e0 700&nbsp;rencontres de Svetlana Alexievitch pour \u00e9crire un livre. Huit ann\u00e9es de travail pour chaque\u2026 Oui, oui. Quelque chose \u00e0 prendre-l\u00e0, doublement.). <strong>Un long temps d\u2019\u00e9coute<\/strong>. Me laisser agir par les vents des voix qui ne sont pas la mienne. Abandonner la croyance d\u2019une \u00e9criture univoque. Ne plus \u00e9crire qu\u2019avec des mots, ne plus venir qu\u2019avec des mots, des styles, dans une toute petite valise\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mercredi<\/h3>\n\n\n\n<p>Ce que je n\u2019ai pas le temps d\u2019\u00e9crire s\u2019amplifie, fait des boucles, des revers, des chapitres. Je me demande si finalement<strong> je n\u2019\u00e9cris pas pour arr\u00eater cette circulation perp\u00e9tuelle, pour la canaliser, pour qu\u2019elle irrigue au lieu d\u2019inonder.<\/strong> Et alors, \u00e9videmment, au lieu de cette rivi\u00e8re grossie de pluie qui sort de son lit pour aller faire marais et \u00e9tang de tout, je n\u2019ai plus qu\u2019un petit ruisseau que je regarde de travers. MAIS, je suis d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e pr\u00e8s de cet arbre. L\u2019an pass\u00e9, j\u2019ai \u00e9crit le journal du bord du m\u00e9decin de la caravane pour le&nbsp;<em>S\u00e9rail<\/em>. J\u2019\u00e9tais g\u00ean\u00e9e tant je trouvais \u00e7a \u00e9triqu\u00e9 et mal fichu. La forme toujours me d\u00e9\u00e7oit, j\u2019ai confiance dans mes histoires, mais la forme\u2026 Bref, relu un an plus tard dans le cadre (syllepse) du manuscrit, c\u2019est de la bonne mati\u00e8re, apte au service (retravail, ramifications\u2026). De ces pages est sorti un personnage dont le t\u00e9moignage m\u2019occupe \u00e0 pr\u00e9sent. J\u2019\u00e9cris les transcriptions de ces Revox testamentaires. Et je retrouve la famili\u00e8re haine de mon style \u00e0 chaud. Mais<strong> je suis d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e pr\u00e8s de cet arbre<\/strong>. Viendra peut-\u00eatre un jour o\u00f9 je n\u2019aurai m\u00eame plus \u00e0 formuler cette phrase.<br><br>La bonne blague&nbsp;: une amie me demande ce que j\u2019ai fait cet \u00e9t\u00e9, et pourquoi je rentre au lieu de prendre un verre. Je suis une ourse, serait la r\u00e9ponse la mieux appropri\u00e9e \u00e0 cette situation. Je n\u2019aime plus Paris, les terrasses m\u2019emmerdent (et me rendent vulgaire), je n\u2019aime plus Paris depuis tr\u00e8s longtemps, y ancrer la moindre ligne rel\u00e8ve de l\u2019exploit en ce qui me concerne, je veux retourner dans ma grotte, retourner mon petit optimiste de bureau et faire un livre. Et naturellement l\u2019amie demande&nbsp;: \u00e7a parle de quoi. Les 18&nbsp;secondes d\u2019Artaud pourraient seules contenir le temps et le chemin qu\u2019a pris la r\u00e9ponse pour arriver jusqu\u2019\u00e0 mes l\u00e8vres. Je ne me pose jamais cette question. Faux, \u00e0 l\u2019occasion de je ne sais plus quelle proposition, j\u2019ai pens\u00e9 en lisant Piero et\/ou Jacques&nbsp;: et si tu te fendais d\u2019un essai de quatri\u00e8me de couverture\u2026<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Quat\u2019 de couv\u2019<\/strong> \u2014 chantier pour le Dictionnaire du Tiers-Livre \u2014&nbsp;: Quelle d\u00e9ception qu\u2019il n\u2019y ait pas de mot consacr\u00e9\u2009! Ou plut\u00f4t un mot myst\u00e9rieux (comme&nbsp;<em>d\u00e9fets<\/em>) ou provoquant une apparition d\u00e9concertante (ours) ou d\u00e9sarmante de franchise (belle page). Couverture au moins a bien chaud sous sa polys\u00e9mie. Quat\u2019 de couv\u2019 estimions prometteur. \u00c0 moins de le r\u00e9p\u00e9ter en boucle pendant 15&nbsp;min \u00e0 haute voix pour le faire repasser de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du miroir\u2026 comme pour n\u2019importe quel mot en somme, m\u00eame s\u2019il faut reconna\u00eetre \u00e0 cette expression un sacr\u00e9 potentiel de turlututu.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Bref, voil\u00e0 \u00e0 quoi j\u2019en suis venue&nbsp;: \u00e7a parle d\u2019un lieu exceptionnel, un cabaret viennois mythique qui n\u2019a tourn\u00e9 que pendant quelques ann\u00e9es, des circonstances dans lesquelles il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9er et les suites qu\u2019il a connues \u00e0 travers ceux et celles qui l\u2019avaient visit\u00e9 (personnel ou public).<br>Et l\u2019amie de me demander&nbsp;: mais il a vraiment exist\u00e9\u2009?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Jeudi<\/h3>\n\n\n\n<p>Je tombe de ma chaise en apprenant que l\u2019<strong><em>Autoportrait en Don Quichotte<\/em>&nbsp;de&nbsp;\u00c9ric Pessan <\/strong>est quasiment introuvable. Sans ce livre, je n\u2019aurais pas lu le Quichotte (de l\u2019autre, Cervant\u00e8s) ni le po\u00e8me d\u2019Aragon&nbsp;<em>La Chambre de Don Quichotte<\/em>, ni trouv\u00e9 la confiance de regarder en face ce que j\u2019avais toujours pressenti et que gr\u00e2ce \u00e0 lui, \u00e0 eux, j\u2019ai \u00e9crit et dit \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un concert aux Hospices de Beaune&nbsp;: Contre les passions tristes, une seule chose \u00e0 faire, faire, agir. Ces livres de chevalerie que Don Quichotte a lus et relus lui ont non seulement permis de craquer le code de l\u2019illusion, des tours des enchanteurs, de lire entre les lignes de la r\u00e9alit\u00e9, la po\u00e9sie et le secret des choses, mais ils l\u2019ont aussi et surtout mis en mouvement. Il ne s\u2019agissait pas de se divertir en lisant, en \u00e9coutant de la musique, en entendant de la po\u00e9sie, mais bel et bien de sentir ce sens en nous de l\u2019ou\u00efe qui s\u2019ouvre, du regard qui s\u2019aiguise. Non pas divertissement, mais concentration. Non pas d\u00e9tente, mais action. Et Don Quichotte fonce&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>&nbsp;<em>il se recommande de tout son c\u0153ur \u00e0 sa dame Dulcin\u00e9e, la priant de le secourir en ce p\u00e9ril extr\u00eame\u2009; puis, bien couvert de son \u00e9cu, la lance en arr\u00eat, il se pr\u00e9cipite, au grand galop de Rossinante, et chargeant le premier moulin qui se trouve sur sa route, lui donne un coup de lance dans l\u2019aile, laquelle, actionn\u00e9e par un vent violent, brise la lance, emportant apr\u00e8s elle le cheval et le chevalier, qu\u2019elle envoya rouler sans m\u00e9nagement dans la poussi\u00e8re.<\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Oui, il y a des coups et des bosses, des gnons et des plaies, une oreille presqu\u2019arrach\u00e9e, des bleus, mais toujours le grand corps maigre se rel\u00e8ve pour aller aux aventures. Car la douleur est une illusion, un tour des enchanteurs, comme les moulins, les moutons, la tristesse et l\u2019envie, la peur et la jalousie. De vrai, il n\u2019y a que l\u2019amour pour la Dame de sa pens\u00e9e. Et l\u2019action\u2009!<br>Une autre r\u00e9v\u00e9lation Pessan, c\u2019est qu\u2019il ne s\u2019est vendu de 500&nbsp;exemplaires papier de son<em>&nbsp;Autobiographie en Don Quichotte<\/em>. Une bille de m\u00e9tal cogne tous mes murs en dedans. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, je fais partie des \u00e9lu.es (mais \u00e0 qui ai-je bien pu pr\u00eater mon volume\u2009?), d\u2019un autre je suis d\u00e9sol\u00e9e qu\u2019un livre si n\u00e9cessaire \u00e0 notre quotidien demeure inconnu \u00e0 tant de pauvres de nous qui en auraient bien besoin, d\u2019un autre encore le courage face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9 qui marque chaque page du livre, chaque pas du Quichotte et son arrangement magnifique avec l\u2019objectivit\u00e9 miteuse qu\u2019on nous vend pour mythique (et cher encore) et dont on nous serine qu\u2019elle est seule, unique et tot\u00e9mique (ce veau d\u2019or, cette mis\u00e8re) et qu\u2019il faut nous y soumettre.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vendredi<\/h3>\n\n\n\n<p>Hier soir, en rentrant \u00e0 v\u00e9lo, un nouvel \u00e9pisode et une augmentation de l\u2019existant se sont ajout\u00e9s \u00e0 l\u2019articulation S\u00e9rail\/Monsieur (NDLR Qui est une dame). Je ne me suis pas arr\u00eat\u00e9 pour prendre de notes. Je savais que je m\u2019en souviendrais parce qu\u2019avant de s\u2019\u00e9crire cette histoire se raconte en moi, elle se ressasse. Et c\u2019est peut-\u00eatre pour \u00e7a que les mots \u00e9crits ou saisis ont cette dr\u00f4le de t\u00eate. Ils sont trop fortement pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s par un r\u00e9cit muet tr\u00e8s satisfaisant. Un r\u00e9cit d\u2019images et d\u2019id\u00e9es\u2026<br>\u2014&nbsp;Monsieur retrouve par hasard \u00e0 Paris, quelques mois, un ou deux ans, apr\u00e8s la caravane, Selim. Nuit au bar, invention du S\u00e9rail, Monsieur et Selim vident verre sur verre pour voir au fond appara\u00eetre le portrait du plus grand m\u00e9t\u00e8que de Vienne.&nbsp;<br>\u2014&nbsp;Monsieur tr\u00e8s curieux de la Soigneuse, la rencontre et l\u2019emm\u00e8ne voir les planches de l\u2019Ange anatomique \u00e0 la BNF.<br>\u2014&nbsp;Apr\u00e8s la guerre, Monsieur demande une consultation au jeune m\u00e9decin de la caravane (qui n\u2019est plus si jeune, du coup). C\u2019est seulement lors de l\u2019auscultation qu\u2019il comprend que Monsieur est une femme. Incurable. Ces deux-l\u00e0 vivent ensemble encore quelques ann\u00e9es, assez heureuses.&nbsp;<br>\u2014&nbsp;Monsieur a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 des r\u00e9cits de ses voyages et de ses aventures en terres sahariennes sous un pseudonyme redoutable (Dick Duroi, Richard Corl\u00e9one\u2026). Des textes compl\u00e8tement bidonn\u00e9s, dont certains ont servi \u00e0 transmettre des codes aux r\u00e9seaux de r\u00e9sistances m\u00e9diterran\u00e9ens. Elle veut laisser de vraies m\u00e9moires. Revox.<br>\u2014&nbsp;Nouvelle entr\u00e9e&nbsp;: avant de venir en \u00c9cosse se d\u00e9shabiller dans le cabinet de son confr\u00e8re, Monsieur a crois\u00e9 la Soigneuse au Liban, o\u00f9 elle s\u2019est install\u00e9e apr\u00e8s la disparition de Selim. C\u2019est elle qui la premi\u00e8re lui signale la maladie \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Elle demande \u00e0 Monsieur de l\u2019aider \u00e0 adopter une jeune enfant.<br>\u2014&nbsp;Augmentation&nbsp;: dans le Journal de la caravane, creuser l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de la relation de Monsieur avec son (ses\u2009?) jeune vas-y-dire.&nbsp;<br><br>Tout \u00e7a, je tourne autour depuis une semaine, mais rien n\u2019est \u00e9crit pour l\u2019instant qu\u2019une longue mis en train des Revox. La proposition ressassement\/effondrement #10 tombe \u00e0 pic pour d\u00e9velopper cet <strong>envol d\u2019albatros<\/strong>\u2026 et retarde d\u2019autant la confrontation avec le gras du r\u00e9cit o\u00f9 c\u2019est moi qui suis comme l\u2019Albatros lourdingue.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Samedi<\/h3>\n\n\n\n<p>Je roule vers la Belle \u00c9quipe, le caf\u00e9, pour y retrouver une belle \u00e9quipe du Tiers-Livre. Le proc\u00e8s des attentats du 13&nbsp;novembre bat son plein. Nous sommes assis en terrasse, c\u2019est bruyant. Nous ne sommes <strong>pas tous l\u00e0<\/strong>, pas tous les 63 du zoom avec \u00c9ric Pessan de mercredi. Il y a Nathalie qui de pr\u00e8s ressemble davantage encore \u00e0 la f\u00e9e Viviane, Caroline qu\u2019on a d\u00e9coup\u00e9e dans le soleil, Xavier, son beau livre jaune et son cochon vivant ou fum\u00e9 et Piero, qui en a vu d\u2019autres et garde pourtant une douceur dans la voix et l\u2019\u0153il qui font de lui un coriace adversaire pour le temps qui passe. Je suis l\u00e0 aussi. Ma n\u00e9crologie para\u00eetra dans les jours \u00e0 venir. Des hommes arm\u00e9s arrivent \u00e0 moto et tirent. Nous sommes des herbivores en terrasse, nous avons tant cru dans cette r\u00e9alit\u00e9, que nous mourrons les yeux \u00e9carquill\u00e9s, sans m\u00eame une terreur, juste un \u00e9tonnement&nbsp;: Ah\u2009? C\u2019est donc possible\u2009? Nous parlons de Thomas Bernard, Nathalie a invent\u00e9 une technique \u00ab\u2009\u00e0 la mani\u00e8re de\u2009\u00bb qui rouvre les grands ateliers de la Renaissance, Piero commandait un deuxi\u00e8me Kir et Caroline parlait d\u2019une bo\u00eete \u00e9gar\u00e9e, alors m\u00eame qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 son intention, je jouais avec l\u2019expression \u00ab\u2009port compris\u2009\u00bb et Xavier en riait et maintenant nous sommes morts. La ressemblance de Piero avec Guy Cordoliani, mon grand-p\u00e8re corse m\u2019emporte avec cette ultime pens\u00e9e que nous sommes dans un roman de Laurent Gaud\u00e9, celui peut-\u00eatre que mon amie Cyb\u00e8le, r\u00e9cemment partie reprendre des \u00e9tudes \u00e0 Venise au milieu du chemin de la vie, m\u2019a envoy\u00e9 il y a des mois, Venise Piero en parlait\u2026 Sur mon v\u00e9lo, en roulant vers La Belle \u00c9quipe, je pense \u00e0 l\u2019\u00e9quip\u00e9e sauvage que d\u00e9clencheraient Ugo, Camille, B\u00e9n\u00e9dicte, Will et m\u00eame Fran\u00e7oise en apprenant la nouvelle de nos morts. Le Squat Sang Noir prendrait corps. Ils incendieraient des villes\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lundi Aujourd\u2019hui, je veux que le livre soit rond, qu\u2019il puisse boucler sur lui-m\u00eame, partir et revenir aux archives du S\u00e9rail. Je me creuse un peu la t\u00eate, cherchant quel objet il faudrait cr\u00e9er pour que cela soit lisible. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 en place, avec le lent retour \u00e0 Vienne. Je fouille mes fontes pendant une partie de la matin\u00e9e. Des <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecrire-lete-vi\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">la fabrique | \u00c9crire l\u2019\u00e9t\u00e9 VI<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":43,"featured_media":50849,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2069,2223],"tags":[],"class_list":["post-50847","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-2021-faire-un-livre","category-la-fabrique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50847","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/43"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=50847"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50847\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/50849"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=50847"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=50847"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=50847"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}