{"id":51220,"date":"2021-09-14T13:27:09","date_gmt":"2021-09-14T11:27:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=51220"},"modified":"2021-09-14T13:31:44","modified_gmt":"2021-09-14T11:31:44","slug":"l10-avec-son-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l10-avec-son-temps\/","title":{"rendered":"#L10 \/ Avec son temps"},"content":{"rendered":"\n<p>Quand ils nous a r\u00e9unis au th\u00e9\u00e2tre, il s\u2019y croyait, se la jouait cool, c\u2019est vrai que \u00e7a fait cool une particule devant son nom. Il arrive en jeans, chemise blanche ouverte, manche retrouss\u00e9es, mal ras\u00e9, mes enfants nous dit-il, je compte sur vous ; nous on est assis dans les vieux si\u00e8ges de cin\u00e9 qu\u2019il a fait venir du Jean Vigo quand ils ont ferm\u00e9 le cin\u00e9ma.  Encore un de ferm\u00e9 et lui, avec sa particule devant son nom, tout ce qu\u2019il trouve de mieux \u00e0 faire c\u2019est de d\u00e9pouiller le cin\u00e9. Sans doute les a-t-il eu pour rien les fauteuils, avec une particule devant son nom on a le bras long. Pas rentable, qu\u2019il avait dit le maire quand on avait \u00e9t\u00e9 le voir pour sauver la salle, trop vieux, plus aux normes le cin\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9 avant tout, imaginez si \u00e7a flambe pendant une projection ! Il avait parl\u00e9 de la moquette et du manque d\u2019a\u00e9ration de la petite pi\u00e8ce avec le projecteur, de l\u2019\u00e9quipement d\u00e9suet et dites moi avait-il ajout\u00e9, qui vient dans ce cin\u00e9, hein, y\u2019a pas plus de trois pingouins par s\u00e9ance, \u00e7a veut dire que \u00e7a n\u2019int\u00e9resse plus, faut vivre avec son temps. Ca, c\u2019est l\u2019argument qui tue toute pens\u00e9e,  car enfin \u00e7a veut dire quoi, vivre avec son temps ? C\u2019est l\u2019hiver maintenant la nuit tombe t\u00f4t, par cons\u00e9quent y\u2019a le temps d\u2019y aller au cin\u00e9. A Durham, ils avaient tout compris, avant la s\u00e9ance ils servaient un chocolat chaud, on bavardait et apr\u00e8s ils allumaient un feu dans la chemin\u00e9e \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, et on restait discuter du film, du pourquoi du comment du quoi du qui.  Ca fait ringard quand on dit \u00e7a, \u00e7a fait le quelqu\u2019un qui se complait dans la nostalgie et qui cache derri\u00e8re l\u2019id\u00e9e qu\u2019il d\u00e9fend, son regret du temps qui passe, et qui se r\u00e9volte contre le temps qui le laisse sur le bord de la route, \u00e9clop\u00e9, ou qui le laisse assis dans le fauteuil de cin\u00e9 \u2014 alors que la salle a ferm\u00e9 \u2014 dans le noir, dans la solitude, \u00e0 se passer les films dans sa t\u00eate avant que clac, la bobine casse et pas de colle pour recoller. Ca ne se fait plus, d\u00e9sol\u00e9, on est pass\u00e9 au num\u00e9rique, faut vivre avec son temps, regarder un film depuis son lit, mieux que des fauteuils poussi\u00e9reux avec la t\u00eate du mec devant qui ne cesse d\u2019embrasser la fille avec lui et en plus, deux t\u00eates devant, \u00e7a cache tout l\u2019\u00e9cran ou pire encore quand on arrivait au cin\u00e9 et qu\u2019il ne restait de place qu\u2019au tout premier rang, on sortait avec un torticolis ou quand on avait un chewing-gum coll\u00e9 sur le pantalon parce que le spectateur d\u2019avant, sans doute un gar\u00e7on qui voulait avoir meilleure haleine pour embrasser sa copine, m\u00e2chait son chewing-gum et le collait l\u00e0 o\u00f9 il pouvait. C\u2019est mieux quand m\u00eame de prendre soin de sa bonne haleine, pas comme l\u2019oncle Jim, c\u2019est \u00e9pouvantable quand il parle, il faut tourner le nez, faire semblant de regarder par la fen\u00eatre tout en \u00e9coutant. Sa femme \u2014 tante Jeanne\u2014, disait que le pauvre homme avait des probl\u00e8mes d\u2019estomac depuis la guerre, il avait trop mal mang\u00e9 et puis sans doute eu trop peur, un traumatisme, ils en avaient d\u2019ailleurs fait tout un film, pas sur lui mais sur ce qui se passe dans la t\u00eate du soldat dans les tranch\u00e9es.  A l\u2019\u00e9cole aussi ils avaient mis au programme un roman sur ce que le soldat avait dans son sac, pas un vrai sac avec fermeture \u00e9clair dans lequel tout est bien s\u00e9curis\u00e9 mais un sac qu\u2019on appelle m\u00e9taphorique dans lequel y\u2019a la m\u00e8che de cheveux de la fianc\u00e9e et aussi la peur et aussi la mort qui, m\u00eame quand on la met dans une bouteille bien ferm\u00e9e, r\u00e9ussit \u00e0 sortir et contrairement \u00e0 l\u2019eau, ne s\u2019\u00e9vapore pas, reste l\u00e0 avec son odeur qui colle aux narines, sa couleur  qui colle aux yeux, son go\u00fbt de pomme pourrie.  Le pauvre oncle Jim remet sa veste tous les ans avec ses m\u00e9dailles et prend ses drapeaux pour aller retrouver les anciens devant le monument aux morts. L\u00e0 aussi on leur avait dit : mes enfants, je compte sur vous, sans doute celui qui avait dit \u00e7a avait une particule devant son nom et une chemise blanche. Quand il nous a dit au th\u00e9\u00e2tre: je compte sur vous les enfants, il s\u2019attendait \u00e0 ce que l\u2019on comprenne qu\u2019on devait d\u00e9fendre l\u2019image de son th\u00e9\u00e2tre, ses couleurs, son \u00e2me. Comme il disait, notre th\u00e9\u00e2tre a une \u00e2me.  Le cin\u00e9 qu\u2019ils ont ferm\u00e9, il avait aussi une \u00e2me. Vivez avec votre temps les enfants. C\u2019est le mot \u00ab avec \u00bb qui est troublant, \u00e7a doit vouloir dire cohabiter avec son temps, C\u2019est le mot \u00ab temps \u00bb qui est troublant.  Temps qui passe, air du temps, dans les temps, hors du temps tant qu\u2019\u00e0 faire. Quand il nous a dit, je compte sur vous, il comptait qu\u2019on accepte de porter son th\u00e9\u00e2tre, son th\u00e9\u00e2tre comme il le voit. Et comme il le voit, c\u2019est d\u2019\u00eatre avec son temps, c\u2019est toujours d\u2019aller dans le sens du temps, de le brosser dans le sens du poil.  Autrement il a la trouille \u2014 malgr\u00e9 sa particule devant son nom \u2014 la trouille de devoir fermer la salle de th\u00e9\u00e2tre faute de spectateurs, la trouille que les fauteuils de th\u00e9\u00e2tre finissent \u00e0 la d\u00e9charge. A propos des fauteuils, au cin\u00e9 ils ont tout compris : pour donner au spectateur la sensation de \u00ab vivre avec son temps \u00bb, ils ont fait des \u00ab love seats \u00bb, on peut s\u2019y installer \u00e0 deux. Avant, au temps du \u00ab drive in \u00bb, on s\u2019installait dans les love seats de la voiture. Certes, le volant, le levier de vitesse consistaient en des obstacles pour l\u2019\u00e9lan amoureux mais chaque voiture avait son style, pour certaines voitures, c\u2019\u00e9tait une banquette \u00e0 trois places, bien agr\u00e9able et confortable, spacieuse. Maintenant, les salles de cin\u00e9, pour \u00eatre dans le vent, dans l\u2019air du temps, sont model\u00e9es de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019on soit \u00e0 New York, Paris ou Oslo. C\u2019est comme chez Mc Do, tout est copie conforme. Quand m\u00eame, \u00e0 Dunedin, ils ont eu le nez fin, ils ont travaill\u00e9 la d\u00e9co c\u00f4t\u00e9 r\u00e9tro pour qu\u2019on se croie au cinoche comme avant \u2014au temps du film muet et du noir et blanc. C\u2019est l\u2019entr\u00e9e surtout qu\u2019ils ont bien con\u00e7ue, ils n\u2019ont pas oubli\u00e9 les grosses \u00e9toiles sur la moquette pour faire le lien avec Hollywood, et une enseigne lumineuse \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur digne des plus grands cin\u00e9mas, style bling bling on peut pas la rater, style \u00ab les stars du cinoche sont l\u00e0 \u00bb. Le spectateur est conditionn\u00e9 et quand il entre dans la salle de cin\u00e9, il entre dans une autre \u00e8re, celle du contemporain : il se retrouve avec son temps, celui des fauteuils rouges neufs et bien confortables, du \u00ab love seat \u00bb, du grand \u00e9cran, du pop corn achet\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, de l\u2019odeur du pop corn, et du craquement du pop corn qui se superpose aux d\u00e9claration d\u2019amour sur l\u2019\u00e9cran mais qu\u2019il n\u2019entend plus d\u00e8s qu\u2019il y a une p\u00e9tarade de pistolet dans une course poursuite. Il a la trouille bien s\u00fbr, lui, malgr\u00e9 sa particule, que son th\u00e9\u00e2tre ferme, alors il compte sur nous.  Finalement on va servir \u00e0 quelque chose.  Il parle de lutte, il parle bien. Nul doute, la particule devant son nom lui a permis d\u2019entrer dans une grande \u00e9cole et d\u2019apprendre \u00e0 faire de long discours. La tante, elle a perdu sa particule en \u00e9pousant oncle Jim.  Sa famille ne le lui a jamais pardonn\u00e9, c\u2019\u00e9tait la honte.  Vous imaginez, disait mon grand p\u00e8re, il n\u2019y aura plus personne pour maintenir la lign\u00e9e du nom, et en plus \u00e9pouser un \u00e9tranger, quelle id\u00e9e ! La tante Jeanne  dit toujours \u00e0 oncle Jim qu\u2019il ne parle pas bien. Depuis quelque temps d\u2019ailleurs, elle en reparle de son nom \u00e0 particule, de Lamazi\u00e8re, de ce village ressuscit\u00e9 par les bons soins de cet Anglais richissime qui a l\u00e2ch\u00e9 son nom commun pour prendre la particule et le nom du village en y construisant une demeure bourgeoise. De son balcon, il regardait le village et gonflait la poitrine, il croyait que tout \u00e9tait \u00e0 lui, le village, les collines, les rues, les arbres, les champs, les rivi\u00e8res, les chevaux.  Mes enfants avait-il dit \u00e0 ses serviteurs, je compte sur vous, nous allons faire de ce lieu un havre de paix.  Mon oncle Jim lui, il n\u2019en a pas profit\u00e9, il est parti \u00e0 la guerre, il a v\u00e9cu avec son temps. Un de leurs enfants a fini par retaper une maison dans le village Lamazi\u00e8re. Tante Jeanne leur a inculqu\u00e9 \u00e7a : l\u2019all\u00e9geance \u00e0 la famille, \u00e0 la particule, \u2014 m\u00eame si  elle avait \u00e9t\u00e9 engloutie par le nom tellement commun de l\u2019oncle en l\u2019\u00e9pousant.  Ils l\u2019ont bien senti les enfants, (entre celui qui s\u2019est implant\u00e9 \u00e0 Lamazi\u00e8re, l\u2019autre qui a fait une carri\u00e8re dans la musique comme la m\u00e8re \u2014 il a laiss\u00e9 tomber la guitare et le rock pour entrer \u00e0 l\u2019op\u00e9ra \u00ac au grand bonheur de la tante \u2014,la cadette qui n\u2019a rien trouv\u00e9 de mieux que d\u2019acheter une maison \u00e0 deux pas des parents \u2014 ce sera pratique pour faire garder les enfants et apr\u00e8s, en retour, les grands-parents se feront garder quand ils seront vieux \u2014 et le benjamin  parti \u00e0 l\u2019\u00e9tranger mais revenu au pays apr\u00e8s de longues ann\u00e9es, la nostalgie, le mal du pays avait-il dit). Tous avaient r\u00e9pondu au \u00ab je compte sur vous les enfants \u00bb que la m\u00e8re leur a ass\u00e9n\u00e9 avec ses bonnes mani\u00e8res \u2014 \u00e0 commencer par les mani\u00e8res de table. Elle r\u00e9p\u00e9tait de se tenir bien droit, de ne pas parler la bouche pleine. Pour parler, elle  faisait toujours les m\u00eames gestes \u2014 on savait alors qu\u2019il fallait se taire et que \u00e7a allait durer un bout de temps, qu\u2019on pouvait continuer \u00e0 manger mais sans faire clinquer la fourchette sur l\u2019assiette,  ni faire de bruit dans la d\u00e9glutition \u2014, elle s\u2019essuyait le coin de la bouche avec la serviette blanche pos\u00e9e sur les genoux, la reposait bien pli\u00e9e en trois \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019assiette, pla\u00e7ait fourchette et couteau parall\u00e8les au milieu de l\u2019assiette, avalait une minuscule gorg\u00e9e d\u2019eau du bout des l\u00e8vres, posait les deux mains \u00e0 plat sur la table et commen\u00e7ait \u00e0 raconter que quand elle \u00e9tait petite, c\u2019\u00e9tait autre chose, au moins on savait se tenir, l\u2019autorit\u00e9 \u00e7a sert \u00e0 quelque chose, maintenant tout s\u2019en va \u00e0 vau-l\u2019eau ; elle prenait son air triste, les yeux dans le vague, cela lui donnait l\u2019air tellement fragile, comme ces statuettes en porcelaine en habit d\u2019\u00e9poque d\u2019il y a un si\u00e8cle, au visage blanc sur lequel \u00e9tait peint de minuscules yeux inexpressifs et une bouche parfaitement rouge ne trahissant aucune \u00e9motion. Sans doute les enfants avaient-ils eu peur qu\u2019elle ne se casse et pour cela t\u00e9moignaient \u00e0 tour de bras leur all\u00e9geance. Je compte sur vous les enfants, c\u2019est \u00e7a qu\u2019il nous demande avec sa particule et sa chemise blanche, une all\u00e9geance \u00e0 son th\u00e9\u00e2tre, tout juste s\u2019il ne va pas nous faire broder un uniforme avec le nom du th\u00e9\u00e2tre qu\u2019on porterait partout. Ce qui fait lien et qui fait qu\u2019on ne va pas partir ailleurs, qu\u2019on revient, qu\u2019on appartient \u00e0 cette particule qui nous tient \u00e0 une terre. Le fr\u00e8re de l\u2019oncle Jim, il avait os\u00e9 partir un jour.  Ca c\u2019\u00e9tait pass\u00e9 comme \u00e7a : il avait laiss\u00e9 un mot sur la table disant qu\u2019il partait. Il s\u2019\u00e9tait embarqu\u00e9 sur un bateau et on ne l\u2019avait jamais plus revu. Comment a-t-il pu, r\u00e9p\u00e9tait le p\u00e8re, c\u2019est une trahison disait la m\u00e8re. Alors ils avaient encadr\u00e9 sa photo qui tr\u00f4ne sur la chemin\u00e9e, photo d\u2019il y a vingt ans, en noir et blanc. Il ne sourit pas sur la photo, il a juste le regard droit dans lequel on ne peut rien lire, lisse comme une nappe d\u2019eau fig\u00e9e par la vitesse rapide de l\u2019objectif et la l\u00e9g\u00e8re surexposition. On avait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 la barque avec laquelle il \u00e9tait parti pour quitter le village.  Il l\u2019avait pr\u00e9cautionneusement d\u00e9pos\u00e9e sur une plage tout pr\u00e8s du port.  Il avait pris soin de sortir les rames des dames de nage pour les caler dans le fond de la barque, de tourner la pointe de la barque vers le large comme pour la pr\u00e9parer pour celui qui, \u00e0 son tour, larguerait les amarres, couperait le lien de l\u2019all\u00e9geance, de l\u2019appartenance. L\u2019oncle Jim, il \u00e9tait parti \u00e0 la guerre par all\u00e9geance aussi, et celle-l\u00e0 il l\u2019avait dans la t\u00eate depuis son retour et pour \u00e7a, il avait fallu qu\u2019il en \u00e9coute des discours.  Dans l\u2019\u00e9ditorial du petit journal du th\u00e9\u00e2tre, il y avait \u00e9galement une d\u00e9claration d\u2019all\u00e9geance \u00e0 des valeurs, au \u00ab je compte sur vous \u00bb. Le cin\u00e9  Jean Vigo aussi comptait sur ses enfants, puis il est mort.  Un jour, ils ont mis un \u00e9criteau sur la porte : \u00ab Ferm\u00e9 \u00bb. Puis les affiches ont disparu tout comme le programme, puis un jour les peintres sont venus, et le camion de d\u00e9m\u00e9nagement qui a emport\u00e9 les fauteuils et le camion poubelle qui a emport\u00e9 de vieux rideaux rouges, des bouts d\u2019estrade en bois, de moquette d\u00e9chir\u00e9e, de lustres d\u00e9fonc\u00e9s, de marches d\u2019escalier \u00e0 peine reconnaissables, et puis dans la devanture, il y a eu des mannequins en plastique asexu\u00e9s, chauves et puis ils ont \u00e9t\u00e9 habill\u00e9s  et puis \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur il y a eu des mannequins en chair et en os qui ont racont\u00e9 qu\u2019avant c\u2019\u00e9tait un cin\u00e9ma mais qu\u2019il fallait vivre avec son temps, qu\u2019un grand m\u00e9ga cin\u00e9ma dans la ville \u00e7a suffisait bien, que de toutes fa\u00e7ons, ce vieux cin\u00e9ma n\u2019\u00e9tait plus aux normes et co\u00fbtait bien trop \u00e0 la communaut\u00e9, que dans le quartier le magasin offrait une nouvelle vie avec un petit cachet chic, le maire avait bien fait de fermer le cin\u00e9. Il faut savoir vivre avec son temps.<br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand ils nous a r\u00e9unis au th\u00e9\u00e2tre, il s\u2019y croyait, se la jouait cool, c\u2019est vrai que \u00e7a fait cool une particule devant son nom. Il arrive en jeans, chemise blanche ouverte, manche retrouss\u00e9es, mal ras\u00e9, mes enfants nous dit-il, je compte sur vous ; nous on est assis dans les vieux si\u00e8ges de cin\u00e9 qu\u2019il a fait venir du <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l10-avec-son-temps\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#L10 \/ Avec son temps<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2069,2781],"tags":[],"class_list":["post-51220","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-2021-faire-un-livre","category-livre-10-bernhard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51220","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=51220"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51220\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=51220"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=51220"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=51220"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}