{"id":52237,"date":"2021-09-22T23:21:30","date_gmt":"2021-09-22T21:21:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=52237"},"modified":"2026-04-26T12:35:56","modified_gmt":"2026-04-26T10:35:56","slug":"l10-lecheveau-du-sort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l10-lecheveau-du-sort\/","title":{"rendered":"#L10 | L&rsquo;\u00e9cheveau du sort"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"498\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/APOCALYPSE-ANGERS.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-52238\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/APOCALYPSE-ANGERS.jpg 800w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/APOCALYPSE-ANGERS-420x261.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/APOCALYPSE-ANGERS-768x478.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>Une ville illumin\u00e9e entrevue une nuit, des bulles d\u2019air color\u00e9es travers\u00e9es de lumi\u00e8re ainsi qu\u2019une nu\u00e9e de lampions, les coques de phryganes toutes d\u2019or et de pierres pr\u00e9cieuses reposent telles des s\u00e9pulcres, des corps chim\u00e8res, mi peau mi cartilage, des insectes volants aux ailes d\u00e9ploy\u00e9es marchant au fond de l\u2019eau, ville de carnaval, subaquatique, ville lumi\u00e8re, ville \u00e0 fonder.<\/em>\n<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-dytique-cest-fantastique-ou-parmi-la-maladive-exhalaison\/\">#P8 | La maladive exhalaison ou Le dytique(2)<\/a><\/pre>\n\n\n\n<p>Sur le sable, algues et racines enchev\u00eatr\u00e9es et une lumi\u00e8re qui vient du haut. Il marche sur le fond du marais. Un nuage d\u2019argile \u00a0s\u2019\u00e9l\u00e8ve. La lumi\u00e8re nimbe les algues d\u2019un halos vert et dor\u00e9. C&rsquo;est que les contours de toute chose ici deviennent flous. Autour des algues, autour des racines, des excroissances moussues, soyeuses, rayonnent, ondulent en mouvements lents, mouvement dor\u00e9 ondulant de toute chose, chatoyant, non moir\u00e9 peut-\u00eatre non plus, mordor\u00e9 oui, vert et mordor\u00e9, des couleurs, des teintes au fond de l&rsquo;eau vives et dor\u00e9es mais noires \u00e9galement, obscures, intenses, iris\u00e9es non, profondes et sonores, d&rsquo;une sonorit\u00e9 grave, des couleurs graves comme des sons, avec cette intensit\u00e9, dense, imp\u00e9n\u00e9trable de la couleur au fond d&rsquo;un tableau,ou plut\u00f4t \u00e0 la surface d&rsquo;une fresque, couleur de ces \u00e9toffes de certaines peintures m\u00e9di\u00e9vales, ces \u00e9toffes aussi dans les \u00e9glises, ces \u00e9toffes sur des parois autrefois faiblement \u00e9clair\u00e9es, \u00e9clair\u00e9es \u00e0 la flamme, presque invisibles et chatoyantes alors sous la lueur des chandeliers, sous l\u2019\u0153il terrifi\u00e9 ou \u00e9merveill\u00e9 ou hallucin\u00e9 d&rsquo;hommes et femmes assis sur des bancs, le regard parfois errant sur les parois et dans l&rsquo;\u00e9glise le son lent des psaumes, le son grave des psaumes, la litanie de paroles en latin, cryptiques et ces couleurs qui chatoient, le tremblement au plafond sur les vo\u00fbtes les parois, le tremblement de ces \u00e9toffes aux couleurs ind\u00e9finissables habillant ces \u00eatres au regard fig\u00e9, on dit hi\u00e9ratique, des couleurs sombres, on dit pourpre, on dit mordor\u00e9\u2026 De telles couleurs qui se d\u00e9voilent un instant dans les eaux du marais alors que son pied se pose au fond et que d&rsquo;un mouvement gracieux, il rebondit et s&rsquo;\u00e9lance et nage \u00e0 travers l&rsquo;onde, des mouvements de propulsion r\u00e9guliers, rapides, rythm\u00e9s et qui pourtant dans cette \u00e9lasticit\u00e9 propre \u00e0 l&rsquo;eau et \u00e0 lui propre \u00e9galement paraissent lents, comme immobiles comme en r\u00e9sonance parfaite avec la vibration invisible du marais, un mouvement vif, pr\u00e9cis, immobile pourtant, comme si cette att\u00e9nuation des contours, cette iridescence, non cette impr\u00e9cision, ce chatoiement des couleurs d\u00e9bordaient, se diffusaient au mouvement, \u00e0 toute forme de mouvement au fond du marais, \u00e0 la fois saccad\u00e9, vif et immobile, une lenteur ind\u00e9finissable, des mouvements l\u00e0 fig\u00e9s, aussi fig\u00e9s que ces visages aux teintes changeantes \u00e0 la lueur des flambeaux, une sc\u00e8ne au fond du marais, une sc\u00e8ne fig\u00e9e alors, fig\u00e9e alors dans le temps, un tableau traversant les si\u00e8cles, et la silhouette de cet homme, cet animal, cet \u00eatre ind\u00e9finissable, se figeant, se diluant alors dans le temps, prenant la figure, les contours impr\u00e9cis d&rsquo;un symbole, voire d&rsquo;une trace, d&rsquo;une empreinte ancienne. L&rsquo;homme, l&rsquo;animal, l&rsquo;\u00eatre ind\u00e9finissable r\u00eave, r\u00eave de b\u00e2tir et de tisser, et la pierre, au fond de l&rsquo;eau comme les fils, se d\u00e9font, se d\u00e9sagr\u00e8gent, le rouet tourne en sens inverse et la torsade bien \u00e9tir\u00e9e, la bobine se d\u00e9senroule, de ses doigts malhabiles alors chutent de longs brins de soie brute qui frisottent et s&#8217;emm\u00ealent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une ville illumin\u00e9e entrevue une nuit, des bulles d\u2019air color\u00e9es travers\u00e9es de lumi\u00e8re ainsi qu\u2019une nu\u00e9e de lampions, les coques de phryganes toutes d\u2019or et de pierres pr\u00e9cieuses reposent telles des s\u00e9pulcres, des corps chim\u00e8res, mi peau mi cartilage, des insectes volants aux ailes d\u00e9ploy\u00e9es marchant au fond de l\u2019eau, ville de carnaval, subaquatique, ville lumi\u00e8re, ville \u00e0 fonder. #P8 <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l10-lecheveau-du-sort\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#L10 | L&rsquo;\u00e9cheveau du sort<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":403,"featured_media":52238,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2069,2781],"tags":[],"class_list":["post-52237","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-2021-faire-un-livre","category-livre-10-bernhard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52237","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/403"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=52237"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52237\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":208364,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52237\/revisions\/208364"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/52238"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=52237"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=52237"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=52237"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}