{"id":53041,"date":"2021-09-29T11:42:19","date_gmt":"2021-09-29T09:42:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=53041"},"modified":"2023-05-21T20:55:19","modified_gmt":"2023-05-21T18:55:19","slug":"p12-gens-de-porto","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p12-gens-de-porto\/","title":{"rendered":"#P12 | gens de Porto"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>1 \u2013 <\/strong>et, pendant toutes ces ann\u00e9es qui lui sont rest\u00e9es \u00e0 vivre, Camelinda A s&rsquo;habillait de beau le dimanche matin, prenait le m\u00e9tro jusqu&rsquo;\u00e0 S\u00e3o Bento, suivait \u00e0 petit pas l&rsquo;avenue Vimara Peres ensommeill\u00e9e, lentement, comme pour c\u00e9l\u00e9brer un culte, jusqu&rsquo;au Douro, le franchissait entre fleuve et grillage au sommet du pont Luiz 1, longeait, croisant quelques chiens qui promenaient leur ma\u00eetre, le bord du fleuve, et apr\u00e8s les caves de Ferreira, s&rsquo;arr\u00eatait contre la cahutte, s&rsquo;appuyait \u00e0 un poteau et regardait le chantier, les barques Rabelos, redevenait un instant la toute petiote qui accompagnait son p\u00e8re, qui regardait, admirant sa force, sa science, ses mains, et les planches, les courbes vernies, souriant baign\u00e9e par les odeurs du bois, des vernis, du chanvre, se revoyait jeune-femme venant chercher son Diego qui se penchait, au retour vers leurs deux pi\u00e8ces d&rsquo;une petite maison de Vila nova, sur la poussette, le p\u00e9piement de Jo\u00e3o, lui pr\u00e9disant un avenir qui le verrait piloter une des plus belles et derni\u00e8res barques transportant non des touristes mais du vin comme cela avait toujours \u00e9t\u00e9, mais Jo\u00e3o, lui, avait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 l&rsquo;oc\u00e9an, n&rsquo;\u00e9tait revenu que rarement, ne reviendrait plus, maintenant, transportait des touristes sur un grand bateau \u00e0 Anvers pour leur faire faire des promenades sur l&rsquo;Escaut, et m\u00eame si lui et sa femme lui demandait gentiment de les rejoindre, elle savait bien que sa place \u00e0 elle \u00e9tait l\u00e0, et elle fumait sa cigarette en caressant des yeux une barque, avant de rentrer dans sa petite maison de Prelada. \u2013 <strong>2 <\/strong>&#8211;Narcisso B suit avec un amusement r\u00e9sign\u00e9 la belle su\u00e9doise qu&rsquo;il pensait avoir lev\u00e9e et qui l&rsquo;a pris en main, l&rsquo;a entrain\u00e9 de boutiques en boutiques, s&rsquo;est servi de lui comme porteur avec l&rsquo;assurance souriante de l&rsquo;\u00e9vidence, et maintenant qu&rsquo;il a dans une main les brides de deux sacs et de trois sacs dans l&rsquo;autre, s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e avec un petit cri de joie devant le Caf\u00e9 Majestic, s&rsquo;est ins\u00e9r\u00e9e entre deux groupes de touristes consciencieux et p\u00e9n\u00e8tre maintenant, les yeux \u00e0 la fois \u00e9carquill\u00e9s et blas\u00e9s sous le plafond beige et rose, jette un regard furtif \u00e0 son image un rien \u00e9chevel\u00e9e dans un des grands miroirs, choisit une table dans la rang\u00e9e centrale, s&rsquo;assied, lui prend les sacs pour les poser sur deux des chaises, lui montre la quatri\u00e8me, lui fait signe de s&rsquo;asseoir, lui sourit, lui demande en anglais de commander, et il demande silencieusement \u00e0 une des t\u00eates de femmes en pl\u00e2tre comment il va pouvoir s&rsquo;\u00e9vader et la planter l\u00e0 devant son caf\u00e9 et son past\u00e9is de Nata.\u2013<strong> 3<\/strong> \u2013 le Senhor C s&rsquo;ennuie entre ses pr\u00e9sentoirs de lunettes dans sa boutique de la rua de S\u00e0 da Bandeira et regarde avec une inqui\u00e9tude lasse, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, la carapace blanche et bleue qui entoure depuis pr\u00e8s de deux ans le Mercado do Bolh\u00e3o, n&rsquo;osant esp\u00e9rer que la fin promise ne tardera plus beaucoup et que reviendra, encore plus grande, joyeuse, l&rsquo;animation qui s&rsquo;est transport\u00e9e provisoirement  quelques rues plus loin, sans que le prix des \u00e9tals r\u00e9nov\u00e9s mette \u00e0 mal l&rsquo;ambiance qui r\u00e9gnait l\u00e0 depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle. <strong>\u2013<\/strong> <strong>4 <\/strong>\u2013 Dans la cour de sa maison d\u00e9labr\u00e9e, si d\u00e9labr\u00e9e que les touristes s&rsquo;offusquent de voir si mal trait\u00e9s ces adorables azul\u00e9jos qui l&rsquo;habillent, derri\u00e8re, proche et loin de leurs appareils de photos, sacs \u00e0 dos, shorts et gentillesse bruyante, ou lassitude r\u00e2lante, une vielle femme assise sur un fauteuil en plastique jaune tricote un ch\u00e2le rouge sombre entre son lavoir et un appentis plein de bois. <strong>\u2013<\/strong> <strong>5 <\/strong>\u2013 Rua das Flores, contre le mur du Museu da Misericordia, Ermelinda N, comme tous les jours ou presque, est assise, une petite boite verte pos\u00e9e sur ses genoux joints, elle enfile quelques perles multicolores sur un fil, sans lever les yeux vers les passants. Elle a suspendu \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle, coinc\u00e9 entre le mur et une descente d&rsquo;eau un sac de toile sigl\u00e9 du nom d&rsquo;une boutique allemande, au dessus d&rsquo;un carton de jus de fruit et d&rsquo;un sachet de papier frip\u00e9 contenant de petites brioches. Sur un rectangle de toile blanche pos\u00e9 sur les dalles, devant ses pieds, est soigneusement pr\u00e9sent\u00e9e la marchandise qu&rsquo;elle a sorti du sac, de petites broches, versions exub\u00e9rantes des broches souvenirs des bourgeoises du 19\u00e8me si\u00e8cle encadrant quatre petits pr\u00e9sentoirs de velours noir portant des plastrons tiss\u00e9s de perles bleues ou multicolores. A c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle, son fils Eduardo ach\u00e8ve de pr\u00e9senter, rang\u00e9s en colonnes sur une toile de m\u00eames dimensions, les bracelets de perles ou de cuir, les chaines, les lunettes qu&rsquo;il a sorti d&rsquo;une grande besace en tissage multicolore, cadeau du petit neveu de sa m\u00e8re, arriv\u00e9 depuis quelques jours de ce pays, l&rsquo;Angola, qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais connu&#8230; petit neveu du moins ce qu&rsquo;il pr\u00e9tend, ce jeune gar\u00e7on \u2013 maintenant tass\u00e9 devant la toile, plus grande celle l\u00e0, offrant des sacs, ceintures, d&rsquo;autres colliers plus simples, les pi\u00e8ces les plus encombrantes ou les plus simples de leur marchandise \u2013 mais \u00e0 vrai dire Ermelinda a beau chercher \u00e0 se souvenir, en dehors de son nom de famille, tr\u00e8s r\u00e9pandu parait-il, qui lui vient d&rsquo;un p\u00e8re en all\u00e9 avant sa naissance il y a trente ans dans une clinique tenu par des bonnes s\u0153urs \u00e0 Lisbonne, elle ne sait rien, vraiment rien sur sa famille, sa m\u00e8re r\u00e9pondant par des sourires mutiques ou le refus violent de tout retour en arri\u00e8re \u00e0 ses demandes de renseignement&#8230; mais ma foi il avait un air perdu, gentil, juste ce qu&rsquo;il fallait pour un premier contact, et puis il s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 dr\u00f4le, astucieux, audacieux, alors puisqu&rsquo;il se contente du cagibi dans la cour de la maison qu&rsquo;ils partagent avec une autre famille, puisque Eduardo et lui s&rsquo;entendent&#8230; Le gardien du Mus\u00e9e, debout devant une des portes, quand ils sont arriv\u00e9s, tout \u00e0 l&rsquo;heure et se sont install\u00e9s, l&rsquo;a d&rsquo;ailleurs salu\u00e9 le gar\u00e7on, a compliment\u00e9 Ermelinda sans chercher \u00e0 savoir quel lien les unissait&#8230; <strong>\u2013 6 <\/strong>\u2013 Devant un immeuble r\u00e9cent de briques beiges au portique de ciment blanc, qui borde une des rues perpendiculaires \u00e0 la grande avenue, presque au niveau de l&rsquo;hospital S\u00e3o Jo\u00e3o, un groupe, deux quadrag\u00e9naires, des jeunes, gar\u00e7ons et filles du quartier ou du moins scolaris\u00e9s dans le m\u00eame lyc\u00e9e, assis autour des tables de fer noir d&rsquo;un petit caf\u00e9, ou debout, t\u00e9l\u00e9phone en main pour rameuter les retardataires, se pr\u00e9pare \u00e0 la sortie mensuelle du club fond\u00e9 par l&rsquo;un des adultes, celui qui pointe sur une feuille les pr\u00e9sents, r\u00e9pondant \u00e0 chacun des arrivants par le surnom dont il l&rsquo;a affubl\u00e9, manie qui agace son compagnon qui y trouve un relent de scoutisme ou de ces organisations religieuses de jeunes qui les ont rejet\u00e9s tous les deux.<strong> \u20137 <\/strong>\u2013 Seul face \u00e0 l&rsquo;Atlantique, sur son v\u00e9lo arr\u00eat\u00e9 sur le trottoir de la rue Colonel Ra\u00f9l Peres, Marcelino F enrage contre sa m\u00e8re qui, hier encore, a refus\u00e9 que ces petites roues qui lui sont un stigmate, une marque infamante aupr\u00e8s des autres gar\u00e7ons, soient d\u00e9mont\u00e9es enfin par son p\u00e8re, et sa fr\u00eale nuque bien droite, ses yeux dard\u00e9s sur la jonction entre l&rsquo;ondulation vert clair de la mer et la fuite de nuages dans le ciel, il supplie qu&rsquo;un dieu, un esprit, un il ne sait quoi, l\u00e0 bas au loin, dans cet espace qui est, il le sait, son domaine, comme celui de son grand-p\u00e8re, de tous ses a\u00efeux et de ces h\u00e9ros d&rsquo;autrefois dont il lit l&rsquo;histoire, vienne l&#8217;emporter, attester qu&rsquo;il est bien de cet ailleurs.<strong> \u2013 8<\/strong> \u2013 Une fin de matin\u00e9e du printemps, le dos mince d&rsquo;un homme en tee-shirt blanc assis sur un petit muret d\u00e9limitant la promenade, rua do Ouro, il ne regarde pas le large d\u00e9veloppement du Douro, face \u00e0 lui, la douce colline verte qui fait suite, jusqu&rsquo;\u00e0 la Reserva National et l&rsquo;Atlantique, aux derni\u00e8res maisons de Vila Nova de Gaia, ni les barques endormies qui disent, au moins aux promeneurs, la douceur de vivre, il courbe la t\u00eate et contemple ses pieds et les taches que fait sur eux la lumi\u00e8re traversant le feuillage de l&rsquo;arbre voisin qui le baigne de son ombre, il attend que la rage, l&rsquo;effet des deux verres de vin bus tr\u00e8s vite en sortant du bureau aussi, se dissipe, il repousse de toute sa volont\u00e9 la crainte de l&rsquo;avenir, apr\u00e8s cette algarade avec ce foutu petit chef imb\u00e9cile qu&rsquo;il a \u2013 mais il ne pouvais tout de m\u00eame pas laisser passer cette d\u00e9cision stupide et encore moins l&rsquo;ignorance m\u00e9prisante oppos\u00e9e, comme toujours, \u00e0 ses objections et conseils par ce bonhomme \u2013 non ne pas penser pour le moment, se calmer, attendre, un peu, pas trop pour qu&rsquo;elle ne s&rsquo;inqui\u00e8te pas, se lever, saluer la beaut\u00e9 qui est l\u00e0 devant lui il le sait, y prendre sourire m\u00eame crisp\u00e9, marcher, croquer un grain d&rsquo;anis, boire tr\u00e8s vite un caf\u00e9 chez Joaquim, dans la mont\u00e9e, en peaufinant une histoire pour elle, s&rsquo;arr\u00eater chez Iolanda pour prendre le paquet qu&rsquo;elle a pr\u00e9par\u00e9 \u2013 ne lui parler de rien surtout pour ne pas redonner force au sombre, enfin si, la remercier et lui demander ce qu&rsquo;elle a choisi, qui sera forc\u00e9ment tr\u00e8s bien, elle sait Iolanda, m\u00eame si c&rsquo;est surtout de lui qu&rsquo;elle est l&rsquo;amie, elle a adopt\u00e9e Henriqueta, r\u00e9veiller son amour et sa joie qui dormaient sous les ennuis, entrer, l&#8217;embrasser sa femme, lui demander d&rsquo;excuser son retard sans perdre de temps pour l&rsquo;expliquer parce que c&rsquo;est cela l&rsquo;essentiel, leur premier anniversaire de mariage. <strong>\u2013 9 <\/strong>\u2013 Sur le seuil de la maison verte Cristiano, de \u00ab&nbsp;Seniors in Motion&nbsp;\u00bb, l&rsquo;un des responsables du centre de soins du quartier Campanh\u00e3, accueille d&rsquo;un sourire Madame Costa, qui arbore aujourd&rsquo;hui une robe, un peu trop courte et \u00e9troite pour son vieux corps osseux, d&rsquo;un bleu mauve assorti \u00e0 ses cheveux \u2013 Josefina est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9e, Maria, elle ne vous a pas attendue, elle est dans la piscine \u2013 un petit rire grelotant et \u2013 pas aujourd&rsquo;hui, Monsieur Jo\u00e3o Martins \u2013 qu&rsquo;ils sont beaux les po\u00e8mes qu&rsquo;il a dit jeudi dernier, vous ne trouvez pas&nbsp;? \u2013 \u2013 bien s\u00fbr Maria&#8230; et donc Monsieur Martins&#8230;&nbsp;? \u2013 \u2013 et il est beau avec \u00e7a, enfin beau pour son \u00e2ge, et puis il est si gentil, il pr\u00e9tend qu&rsquo;il manque une actrice pour la pi\u00e8ce qu&rsquo;ils r\u00e9p\u00e8tent dans son atelier, et qu&rsquo;il est certain que la dame, je ne sais plus comment elle s&rsquo;appelle, sera ravie de me confier le r\u00f4le&#8230; sa voix se fait si basse qu&rsquo;il doit se pencher jusqu&rsquo;\u00e0 son niveau pour entendre \u2013 je ne sais vraiment pas, j&rsquo;ai bien peur de ne pas en \u00eatre capable, mais il est si gentil&#8230; il sourit, il se retient de lui donner une petite tape d&rsquo;encouragement, il s&rsquo;efface en disant \u2013 d\u00e9p\u00eachez vous alors, ils vous attendent. <strong>\u2013 10 <\/strong>\u2013 En marchant main dans la main, yeux grands ouverts, dans la rua de la Reboleira, ravis de marcher main dans la main, ravis aussi d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, et m\u00eame lui qui d\u00e9testait depuis toujours de c\u00e9der aux endroits qu&rsquo;il faut voir, qui ne craignait rien plus que de se sentir semblable aux touristes d&rsquo;antan avalant avec conscience ce que leur indiquait leur Baedeker, trouvait de la saveur, une saveur de lune de miel (il souriait avec agacement attendri \u00e0 ces mots) \u00e0 cette situation, ils s&rsquo;\u00e9taient arr\u00eat\u00e9s un moment, reculant un peu contre le mur d&rsquo;une maison d\u00e9cor\u00e9e d&rsquo;un macaron, sous un balcon soutenu par des consoles de pierre, pour mieux go\u00fbter, face \u00e0 eux, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9troite rue, la fa\u00e7ade aux pierres arrondies par l&rsquo;\u00e2ge, les deux portes cintr\u00e9es, les fen\u00eatres m\u00e9di\u00e9vales joliment d\u00e9coup\u00e9es, les souples bandeaux de pierre, elle avait dit \u00ab&nbsp;tu as vu&nbsp;? C&rsquo;est un restaurant&nbsp;\u00bb et il s&rsquo;\u00e9tait renseign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel, le patron lui avait dit que oui c&rsquo;\u00e9tait un restaurant, assez bon, pas un des meilleurs de la ville mais pas loin, que oui la b\u00e2tisse \u00e9tait belle, et la salle en sous-sol tr\u00e8s pittoresque, et puis qu&rsquo;il y avait des chanteurs de fado, il avait grimac\u00e9 un peu mais ses yeux \u00e0 elle brillaient, que c&rsquo;\u00e9tait assez cher aussi, mais finalement pas tant \u2013 oui ce n&rsquo;\u00e9tait pas trop a-t-il r\u00e9pondu \u2013 et l&rsquo;h\u00f4telier avait t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 pour leur r\u00e9server une table. Elle lui avait fait admirer trois fois sa robe, il l&rsquo;avait un peu d\u00e9rang\u00e9e comme il se devait, et ils \u00e9taient partis vers le restaurant dans les rues vivantes de la nuit. C&rsquo;\u00e9tait bon et surprenant un peu, et les chanteurs \u00e9taient bien, le vin aussi, il \u00e9tait heureux et souriait \u00e0 sa joliesse. Elle ne lui a avou\u00e9 qu&rsquo;en sortant que, bon le pudim caseiro c&rsquo;\u00e9tait simple mais d\u00e9licieux, elle n&rsquo;aimait que les choses simples, mais qu&rsquo;elle avait \u00e9t\u00e9 un peu d\u00e9\u00e7ue par le poulpe, \u00e7a ne valait pas celui qu&rsquo;elle avait mang\u00e9 avec Jacques son premier mari \u00e0 Amalfi, et puis vraiment la cave c&rsquo;\u00e9tait trop humide&nbsp;; alors en rentrant, un peu pour assurer son pas \u2013 m\u00eame si, non, il n&rsquo;avait pas vraiment trop bu, il \u00e9tait juste trop heureux \u2013, un peu pour la r\u00e9chauffer, il la serrait contre lui, tant qu&rsquo;elle en tr\u00e9buchait et a finalement protest\u00e9 en riant, s&rsquo;est d\u00e9gag\u00e9e, a pris sa main, et ils ont press\u00e9 le pas vers l&rsquo;h\u00f4tel, mais vraiment c&rsquo;\u00e9tait curieux ces chanteurs, ils donnaient presque plus envie de danser que de s&rsquo;attrister tendrement . <strong>\u2013 11 <\/strong>\u2013 Elle avait enfin, apr\u00e8s avoir gard\u00e9 quatre fois les enfants d&rsquo;amis de ses parents, r\u00e9uni assez d&rsquo;argent, Catarina a demand\u00e9 \u00e0 son p\u00e8re l&rsquo;autorisation d&rsquo;aller le d\u00e9penser : il a ri, il a dit qu&rsquo;elle \u00e9tait bien assez grande maintenant pour savoir ce qu&rsquo;elle avait \u00e0 faire sans le lui demander, et puis comme il savait que son professeur de math \u2013 il y tenait aux maths \u2013 \u00e9tait content d&rsquo;elle, c&rsquo;\u00e9tait un de ses amis, il a ajout\u00e9 un billet de vingt euros, elle en a \u00e9carquill\u00e9 les yeux au moment o\u00f9 il a ajout\u00e9 que ce serait mieux, et certainement plus amusant, si elle sortait avec une amie, avec Maria la fille du docteur de Sousa par exemple ; alors les voil\u00e0 toutes les deux rue Santa Catarina devant la Fnac, discutant de ce que Catarina peut obtenir avec cet argent quelle a, et Maria a plein d&rsquo;id\u00e9es (que bien entendu Catarina repousse silencieusement et r\u00e9solument) en plus de ce tout petit short que Catarina lui envie, qui lui irait beaucoup mieux, dont elle demande ce que son p\u00e8re penserait. <strong>\u2013 12 <\/strong>\u2013 Domingos et Alberto, bermuda rouge pour l&rsquo;un, vert pour l&rsquo;autre, et torse nus, sont debout, splendidement jeunes et bronz\u00e9s, sur la rambarde de fer du ponte Luis 1, Nicaulo Vieitas, plus pleutre disent-ils, moins fou pense-t-il, simplement moins bon plongeur et puis il faut bien un guetteur, est rest\u00e9 sur le tablier du pont ; ils attendent&nbsp;; Nicaulo annonce qu&rsquo;un bateau approche, et juste au moment o\u00f9 le nez blanc \u00e9merge hors du pont, les gar\u00e7ons sautent. Sur le bateau certains crient, certains applaudissent, certains photographient, certains se souviennent de r\u00e9cits anciens de voyageurs en Egypte. <strong>\u2013 13 <\/strong>\u2013 Sur le chemin de l&rsquo;h\u00f4pital Lusiadas, Pedro et Amalia Cortes\u00e3o, se sont arr\u00eat\u00e9s au coin de la rua de Junio Dinis et de la place, en attendant que le feu vire de couleur, puis, quand le petit, bonhomme vert s&rsquo;est \u00e9clair\u00e9, ont fait un pas en arri\u00e8re pour ne pas g\u00eaner, et Pedro courbe sa grande taille, son front d\u00e9garni,sa couronne de cheveux blancs vers sa femme pour l&rsquo;\u00e9couter lui parler du malade. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il lui a laiss\u00e9 le soin de lui rendre visite \u00e0 Marcelo, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;il faisait expr\u00e8s de parler d&rsquo;autre chose quand elle revenait de l&rsquo;h\u00f4pital avec un air de plus en plus apitoy\u00e9 et voulait lui parler de ce que disaient les docteurs, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;il est rancunier, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;il ne lui a jamais pardonn\u00e9 de l&rsquo;avoir presque \u00e9ject\u00e9 de l&rsquo;entreprise, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il parte de lui-m\u00eame et lui vende ses parts, m\u00eame si cela lui a plut\u00f4t r\u00e9ussi il faut bien le dire (en fait il en p\u00e8te d&rsquo;orgueil comme il le pense en jouissant, il doit se l&rsquo;avouer, de la vulgarit\u00e9 de l&rsquo;expression). Alors maintenant, puisque hier quand elle est rentr\u00e9e avec un petit sourire il l&rsquo;a \u00e9cout\u00e9 annoncer une am\u00e9lioration, oh fragile, mais nette, et curieusement que c&rsquo;est \u00e0 ce moment qu&rsquo;il a senti se r\u00e9veiller un souvenir de tendresse pour ce cochon de grand-fr\u00e8re, il a d\u00e9cid\u00e9 de l&rsquo;accompagner, et maintenant, comme il a un peu peur de faire \u00e9talage de son ignorance \u00e9go\u00efste, il interroge enfin Amalia&nbsp;; elle r\u00e9pond patiemment, sagement, comme toujours, mais avec une petite lumi\u00e8re d&rsquo;ironie dans les yeux, dans la voix, et puis lui montrant le sac plastique qu&rsquo;elle porte \u00ab&nbsp;il va tellement mieux qu&rsquo;il m&rsquo;a demand\u00e9 des livres, je les ai choisis comme tu l&rsquo;aurais fait, il y en a un ou deux qui vont l&rsquo;agacer, il saura que c&rsquo;est bien toi qui les a s\u00e9lectionn\u00e9s&nbsp;\u00bb. <strong>\u2013 14<\/strong> \u2013 Dress\u00e9 sur ses petites jambes tendues, depuis le balcon du bel appartement d&rsquo;un ami de classe, M\u00e3rio, crisp\u00e9 de regret et de d\u00e9sir, regarde la courbe de la tribune de l&rsquo;estadio do Dr\u00e3gao, et pense qu&rsquo;il ne pourra jamais y aller. <strong>\u2013 15 <\/strong>\u2013 Derri\u00e8re les fen\u00eatres aux carreaux cass\u00e9s ou sans carreau de la seconde maison aux azul\u00e9jos bleu et blanc, au d\u00e9but de l&rsquo;avenida Gustavo Eiffel, juste apr\u00e8s le pont, Margot et Ann font cuire du riz dans une grande marmite en \u00e9quilibre sur un r\u00e9chaud bricol\u00e9 en se moquant de la paresse des gar\u00e7ons, Carmen l\u00e8ve la t\u00eate et leur dit de faire attention, Giovanni, Lucia, Amadou et Manuel jouent \u00e0 un jeu de cartes dont ils r\u00e9inventent les r\u00e8gles, Fernando leur tourne le dos et regarde sans le voir le monast\u00e8re sur la colline de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du fleuve en ruminant sa triste col\u00e8re parce que Sophia les a quitt\u00e9, est rentr\u00e9e chez les siens sans qu&rsquo;il lui ait parl\u00e9, vraiment parl\u00e9, \u00e7a aurait suffit, et les autres \u00e9coutent Vicente et Nuno qui jouent de la guitare. Une fille se met \u00e0 chanter, doucement, en for\u00e7ant sa voix vers le bas, Fernando se retourne, lance une chanson \u00e0 pleine voix triomphante, il y a une pause, la fille c\u00e8de, se tait, les guitares suivent Fernando, Manuel abandonne les cartes, se met \u00e0 danser, Amadou tente de le suivre, la pi\u00e8ce se met \u00e0 tanguer, les filles \u00e9teignent sous le riz&#8230; d&rsquo;ailleurs il est cuit ou \u00e7a ne fait rien. <strong>\u2013 16 <\/strong>\u2013 T\u00f4t le matin, Tian est arriv\u00e9 en v\u00e9lo dans le parc de S\u00e3o Roque, a roul\u00e9 jusqu&rsquo;a une petite terrasse, a pos\u00e9 son v\u00e9lo contre la petite rambarde de pierre grossi\u00e8re, hum\u00e9 l&rsquo;odeur des arbres et tranquillement, avec application, commence sa petite s\u00e9ance de qi gong, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Lidia arrive en faisant teinter sa sonnette avec un thermos de th\u00e9 et des petits g\u00e2teaux. Ils petit-d\u00e9jeunent sur un banc, ils se sourient, tentent quelques mots, se taisent parce que \u00e7a ne vaut pas la peine de parler. Elle l&#8217;embrasse sur la joue et part vers l&rsquo;h\u00f4pital. Il s&rsquo;allonge sur le sol, regarde la lumi\u00e8re \u00e0 travers les branches, il a le temps, il n&rsquo;a pas de rendez-vous avant cet apr\u00e8s-midi. <strong>\u2013 17 <\/strong>\u2013 rua do Lagarteiro, quatre hommes sur des fauteuils de plastique blanc fument des joints en silence, un peu plus loin, sur le m\u00eame trottoir, un couple a sorti d&rsquo;une camionnette trois bacs en plastique pleins de vaisselle qu&rsquo;ils ont pos\u00e9 au sol, accroch\u00e9 des v\u00eatements \u00e0 la grille d&rsquo;une boutique abandonn\u00e9, la femme s&rsquo;est assise sur un pliant, l&rsquo;homme regarde les fumeurs, elle attend de tr\u00e8s \u00e9ventuels clients, il attend que les autres l&rsquo;invitent, l&rsquo;attente s&rsquo;installe, personne ne viendra les d\u00e9ranger. <strong>\u2013 18 <\/strong>\u2013 rua do Infante Don Henrique, un peu apr\u00e8s six heures, M\u00e3rio Coelho au pied de l&rsquo;\u00e9chafaudage que son \u00e9quipe a d\u00e9sert\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 demain discute avec Novo dos Santos, son ami, son ancien patron \u00e0 Paris, venu le saluer pendant ses quelques jours de vacances. Toujours le m\u00eame ce sacr\u00e9 Novo, incapable de ne as participer aux chantiers l\u00e0-bas, il a emprunt\u00e9 un casque, une veste et il a fit sa part, l\u00e0, tout \u00e0 l&rsquo;heure, semant un peu la pagaille avec ses plaisanteries, que d&rsquo;ailleurs les Moussa et autres comprenaient mal, seul Tahiro, qui a pass\u00e9 plusieurs ann\u00e9es \u00e0 Sao Tom\u00e9 et qui tente de se faire appeler Tom\u00e9 on ne sait pourquoi, riait comme un qui comprend ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas garanti, mais M\u00e3rio a laiss\u00e9 faire, pas en souvenir de leur ancienne hi\u00e9rarchie mais parce qu&rsquo;il savait bien que les gars, stimul\u00e9s, travailleraient plus rapidement et joyeusement, sans compter que Novo, mine de rien, les observait, pr\u00eat \u00e0 intervenir et corriger un geste imparfait. Maintenant, au bas de l&rsquo;\u00e9chafaudage ils parlent entreprise, difficult\u00e9, M\u00e3rio se plaint, dit qu&rsquo;il a eu bien de la chance de d\u00e9goter ce ravalement, que ce n&rsquo;est pas aussi facile qu&rsquo;il l&rsquo;imaginait depuis Paris, qu&rsquo;il ne sait pas s&rsquo;il a fait le bon choix, mais tu comprends il y avait mes parents qui vieillissaient et puis ma femme se languissait, elle ne s&rsquo;est jamais faite \u00e0 Ivry, elle trouvait ses voisines froides, elle avait une patronne encore plus odieuse que les nouvelles riches d&rsquo;ici, alors&#8230; et Novo lui r\u00e9pond que c&rsquo;est de plus en plus difficile pour les toutes petites entreprises comme la sienne de trouver du chantier l\u00e0 bas, m\u00eame les tous petits chantiers urgents, il y a une concurrence africaine qui pointe \u00e0 peine mais qui commence \u00e0 \u00eatre et puis tous ces travailleurs ind\u00e9pendants, le travail au noir en plus, bon \u00e7a a toujours exist\u00e9 mais \u00e7a tend \u00e0 devenir la norme, il h\u00e9sitait \u00e0 rentrer, m\u00eame si ce serait difficile, il y a si longtemps qu&rsquo;il est parti, tout jeunot, et sa femme et ses fils n&rsquo;envisagent pas de venir vivre au pays, m\u00eame le Manuel pour les derni\u00e8res vacances les a abandonn\u00e9s, est parti avec des amis en Norv\u00e8ge, il a aim\u00e9, oui&#8230; alors, bon, si c&rsquo;est aussi difficile ici, il va s&rsquo;accrocher encore&#8230; et puis il lui reste des clients fid\u00e8les. <strong>\u2013 19 <\/strong>\u2013 Magali a eu un choc, m\u00eame si bien entendu elle savait, \u00e7a fait partie du circuit des touristes et d&rsquo;ailleurs elle avait h\u00e9sit\u00e9, pour cela, \u00e0 \u00ab&nbsp;faire la Livaria Lello, vous savez cette librairie fabuleuse&nbsp;\u00bb comme ils disent, mais se refuser le plaisir d&rsquo;une for\u00eat de livres, m\u00eame incompr\u00e9hensibles, c&rsquo;\u00e9tait au dessus de ses forces&#8230; vraiment malgr\u00e9 les photos qu&rsquo;elle avait vu, in\u00e9vitablement, elle a eu un choc, elle est rest\u00e9e un moment noy\u00e9e dans le plaisir des boiseries, des alignements color\u00e9s de dos de livres, des cuirs, des couvertures violemment color\u00e9e des nouvelles parutions, des sculptures, de la double courbure de l&rsquo;escalier comme des mains ouvertes et accueillantes, des tables, des lustres, les imaginant ou le tentant, un moment, d\u00e9barrass\u00e9s de la petite foule n\u00e9glig\u00e9e qui circule, parle toutes les langues, des t\u00e9l\u00e9phones brandis pour photographier, rep\u00e9rant les vrais lecteurs, les vrais clients, avec une envie de les conna\u00eetre, de leur parler, que bien entendu elle sait indigne et stupide, plaignant les vendeurs&#8230; elle a circul\u00e9, les hordes s&rsquo;en allaient, elle a rep\u00e9r\u00e9 dans un coin des couvertures de Gallimard et un vieil homme, un vendeur, s&rsquo;est approch\u00e9, lui a adress\u00e9 la parole en fran\u00e7ais et maintenant, alors que la fermeture approche, ils parlent de tout, de rien ou plut\u00f4t de leurs pr\u00e9f\u00e9rences, passionn\u00e9s, s\u00e9rieux malgr\u00e9 le sourire dans leurs yeux qui dit que seul compte le plaisir de cette rencontre. <strong>\u2013 20 <\/strong>\u2013 sur le m\u00eame banc que chaque jeudi, sous une des branches colossales se d\u00e9ployant presque \u00e0 la base \u00e0 partir du tronc \u00e9norme de cet arbre qu&rsquo;elle devine pluri-centenaire, et dont, ignorante comme toujours, elle est bien incapable de dire le nom, Adriana, dans le cimeti\u00e8re d&rsquo;Agramonte, est assise, regardant les tombes, toujours les m\u00eames, devenues famili\u00e8res, et parle en silence \u00e0 son mari qui n&rsquo;a d&rsquo;autre tombe que l&rsquo;oc\u00e9an. <strong>\u2013 21 <\/strong>\u2013 \u00e0 Campanh\u00e3, rue de Miraflor, l&rsquo;\u00e9picier a ferm\u00e9 boutique pour aller d\u00e9jeuner, mais les cageots de l\u00e9gumes et de fruits, recouverts pour le moment de torchons, restent pos\u00e9s sur le trottoir, d\u00e9bordant devant les maisons voisines et sur la chauss\u00e9e devant les maisons qui leur font face, Louren\u00e7o en tricot de corps et short tach\u00e9 de peinture, fume une cigarette, appuy\u00e9 au chambranle de sa porte, derri\u00e8re un empilement d&rsquo;oranges et attend le retour de son fils qui est en retard. <strong>\u2013 22 <\/strong>\u2013 le jour s&rsquo;est lev\u00e9 depuis une heure sur la ville encore engourdie, depuis le ciel ou depuis un ballon, son ange gardien ach\u00e8ve sa veille, il voit pr\u00e8s de la Marina do Freixo, un marin et un serveur de la compagnie Tomaz do Douro, discuter en haut de la coup\u00e9e de leur bateau, attendant l&rsquo;heure du service, il voit deux balayeurs boire un caf\u00e9 accoud\u00e9s au comptoir du bar \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la station de m\u00e9tro Trinidad apr\u00e8s leur travail, il voit les premiers tramways et bus \u00e0 moiti\u00e9 pleins, les premiers clients des boulangerie, il voit les \u00e9quipes de nettoyage quitter les bureaux, il voit l&rsquo;\u00e9veil d&rsquo;une ville comme de toutes les villes et je les laisse, lui et tous les visiteurs et habitants, parce qu&rsquo;il est temps pour moi de le faire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 \u2013 et, pendant toutes ces ann\u00e9es qui lui sont rest\u00e9es \u00e0 vivre, Camelinda A s&rsquo;habillait de beau le dimanche matin, prenait le m\u00e9tro jusqu&rsquo;\u00e0 S\u00e3o Bento, suivait \u00e0 petit pas l&rsquo;avenue Vimara Peres ensommeill\u00e9e, lentement, comme pour c\u00e9l\u00e9brer un culte, jusqu&rsquo;au Douro, le franchissait entre fleuve et grillage au sommet du pont Luiz 1, longeait, croisant quelques chiens qui <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p12-gens-de-porto\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#P12 | gens de Porto<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":95,"featured_media":53042,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2836],"tags":[],"class_list":["post-53041","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-progression-12-bolano"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53041","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/95"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=53041"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53041\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/53042"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=53041"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=53041"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=53041"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}