{"id":53577,"date":"2021-10-03T23:04:55","date_gmt":"2021-10-03T21:04:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=53577"},"modified":"2021-10-03T23:31:54","modified_gmt":"2021-10-03T21:31:54","slug":"les-cotes-derin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/les-cotes-derin\/","title":{"rendered":"#P12 | les c\u00f4tes d&rsquo;Erin"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les c\u00f4tes d\u2019Erin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1 <\/strong>Il lui faudrait un voyage, car ici, c\u2019est un peu comme l\u00e0-bas, il lui faut sans cesse des voyages, ces poches sont bourr\u00e9es de papier tandis qu\u2019il tente de rejoindre la c\u00f4te, les c\u00f4tes, peu importe, il lui faudrait un voyage, avancer avec cette pens\u00e9e et la seule chose qui fait que son histoire avance, sans cette pens\u00e9e, ce ne serait pas un \u00eatre statique, ce serait rien du tout, ou alors une grande angoisse <strong>2<\/strong> Il y a une habitude \u00e0 prendre, c\u2019est de laisser ces yeux se faire attraper par le vide de ces espaces <strong>3<\/strong> Ce petit sentiment qui ne s\u2019explique pas, qui fait d\u00e9border, croise les lignes. Regardez la nature ou les villes, elles vous diront que tout cela, ce n&rsquo;est qu&rsquo;une histoire de lignes, celui qui n&rsquo;est pas d&rsquo;accord peut aller&#8230; <strong>4<\/strong> Quelqu\u2019un lui apprit que cela voulait dire pass\u00e9, histoire, ancien, en arri\u00e8re, abandonn\u00e9, ant\u00e9c\u00e9dent, avant le temps. Ce quelqu&rsquo;un, elle le retrouve ici. Et nulle part ailleurs. Mais encore faut qu&rsquo;il qu&rsquo;elle arrive ! <strong>5<\/strong> Arriv\u00e9e \u2013 ext\u00e9rieur \u2013 jour <strong>6<\/strong> Le port sans envergure et la ville qui d\u00e9borde <strong>7<\/strong> La maison o\u00f9 les bateaux \u00e9taient rang\u00e9s avait sa jumelle ici <strong>8<\/strong> Une journ\u00e9e dans la capitale pour le po\u00e8te <strong>9<\/strong> La biblioth\u00e8que de l\u2019universit\u00e9 est une lecture sans fin, une folie dont on ne peut sortir indemne <strong>10<\/strong> Les pav\u00e9s mouill\u00e9s sont le prolongement d\u2019une route qui commence par-del\u00e0 les mers <strong>11<\/strong> Pour faire bref&nbsp;: de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019Albion, il y a Erin, \u00e0 la fois reflet et Autre <strong>12<\/strong> La couleur de fond est le vert. Peindre un ciel devient un casse-t\u00eate. La solution est de le peindre en reflet dans une mare <strong>13<\/strong> Compter les moutons c\u2019est compter la mati\u00e8re qui existe seulement apr\u00e8s la chlorophylle <strong>14<\/strong> La pluie tambourine sur les feuilles et sa musique rythme les pas du peuple d&rsquo;Erin <strong>15<\/strong> La mer se confond avec le ciel. Plus tard, les cultes des eaux que l\u2019on raconte une fois la lune haute <strong>16<\/strong> Les m\u00e9tamorphoses ont des accents celtes <strong>17<\/strong> A l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019ext\u00e9rieur, la mat\u00e9rialit\u00e9 en double \u2013 dans la maison une maison de poup\u00e9es \u2013 et autres objets fa\u00e7onn\u00e9s par des \u00eatres soumis \u00e0 la volont\u00e9 d&rsquo;un syst\u00e8me. Ici tout est violence, avec des relents d&rsquo;alcool. Le monde a son content de traumatismes, ici ils ont un go\u00fbt amer <strong>18 <\/strong>Claddagh autour de son annulaire. Le lendemain, son doigt nu <strong>19<\/strong> Un tr\u00e8fle en m\u00e9tal entre ses seins <strong>20<\/strong> Sur le porte-manteaux un blouson de cuir qui a prit l\u2019odeur de la mer, se souvenir de l\u2019odeur est facile car elles vivent aussi sur une \u00eele mais quel corps avait travers\u00e9 ce cuir, voil\u00e0 que l&rsquo;amn\u00e9sie est commune <strong>21<\/strong> Sur la terrasse qui donne sur la mer, dans leurs fauteuils d\u2019osier, de pieuses lectures\u2026 Un Jack prenait le temps d\u2019allumer sa pipe. Quelques secondes o\u00f9 son visage \u00e9tait fum\u00e9e <strong>22<\/strong> Nous avons fini par arriver, l\u2019enfant a enfin accord\u00e9 son c\u0153ur au chemin. R\u00e9pit d\u2019une route sans heurts. Il aura fallu une dizaine d\u2019ann\u00e9es avant d\u2019y parvenir. <strong>23 <\/strong>Des chemins de pierre \u00e0 l\u2019abris du vent. Odeur iod\u00e9e. Des traces sur les parois. De la peinture ? Pourquoi donc ?<strong> 24 <\/strong>C\u2019est une statue. Un ange de pierre \u00e0 l\u2019aile cass\u00e9e. Non loin de l\u00e0, il y a une statue d\u2019une femme qui rit. C\u2019est une statue qui syst\u00e9matiquement, donne mal au c\u0153ur. Elle poursuit la route dans sa t\u00eate. R\u00e9cite mentalement ; une vaste prairie, une for\u00eat, plus loin, un village. La tourbi\u00e8re, elle oublie la tourbi\u00e8re. <strong>25<\/strong> Ils font une promenade sur les falaises qui tentent de dominer la mer. Trop de vent leur coupe le souffle. Si le ciel se d\u00e9voile, possibilit\u00e9 de faire l\u2019\u00e9tude de la mer. Les pieds nus affrontent les rigueurs de cette fin d\u2019hiver <strong>26<\/strong> L\u00e0, il y a le chemin qui se prolonge dans l\u2019eau, jusqu\u2019\u00e0 la brume, jusqu\u2019en terres d\u2019Erin. Du moins c\u2019est ce qui se disait, dans un temps pas si ancien. <strong>27<\/strong> Juste en bas, on peut voir ce couple de fous. En v\u00eatements de plage. Nous frissonnons pour eux. Sur sa serviette de plage, elle paraissait tr\u00e8s heureuse. Lov\u00e9e contre lui, elle mordille son \u00e9paule \u00e0 lui. Une \u00e9paule p\u00e2le, sal\u00e9e. <strong>28<\/strong> Le cou \u00e9carlate semble prisonnier d\u2019un serpent de laine <strong>29<\/strong> La discipline qui forme les corps \u00e0 devenir poup\u00e9es. Comme elles sont statuettes, elles provoquent le vent et se brisent sur les roches vertes. Le destin en fait sombrer dans la mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e&nbsp;; qui de nous peut dire ce qu\u2019il en advient&nbsp;? <strong>30<\/strong> Un nuage en bazar autour de sa t\u00eate <strong>31<\/strong> Trop de visages dans un miroir font que l\u2019on couvre ce dernier et qu\u2019on disperse les visages aux quatre vents <strong>32<\/strong> L\u2019oiseau qui hante ses jours n\u2019est pas exactement une colombe, voil\u00e0 comment d\u00e9bute la fin de sa vie <strong>33<\/strong> Le souffle des moutons forment des nuages par-dessus leurs boucles et l&rsquo;on peut en tirer une \u00e9pop\u00e9e <strong>34<\/strong> Le galop commence une pens\u00e9e. Et cette pens\u00e9e se disperse en \u00e9chos dans toutes les vall\u00e9es <strong>35<\/strong> Quelqu\u2019un, du c\u00f4t\u00e9 du c\u0153ur, nous intimait le silence pour ne pas effrayer les b\u00eates de la for\u00eat, nous n&rsquo;\u00e9tions que des enfants, lui aussi \u00e9tait de la ville, il me semble&#8230;Son avis \u00e9tait celui que j&rsquo;estimais le plus. Aussi nous \u00e9coutions ce que la nature voulait bien nous dire, m\u00eame si ici n&rsquo;\u00e9tait pas notre terre, nous la ressentions en nous-m\u00eames  <strong>36<\/strong> Britomart a du sable dans sa crini\u00e8re et cette impossibilit\u00e9-l\u00e0 est \u00e0 la fois l&rsquo;ouverture et la conclusion d&rsquo;un passage en terres d&rsquo;Erin <strong>37<\/strong> Le climat oc\u00e9anique de l\u2019ile donne des temp\u00e9raments particuliers <strong>38<\/strong> M\u00eame ici, sur cette ile qui n\u2019\u00e9tait pas la sienne, en se rappelant des soir\u00e9es organis\u00e9es chaque mercredi, elle ressentait chaque jeudi comme une trag\u00e9die <strong>39<\/strong> C\u2019est sur cette ile, dans une maison, qu\u2019un homme a cach\u00e9 des armes dans les murs <strong>40<\/strong> Il aime les \u00eeles. A pass\u00e9 ses vacances en qu\u00eate d\u2019\u00eeles<strong> 41<\/strong> L\u2019axe de Saint Michael traverse cette partie de l\u2019ile <strong>42<\/strong> Blouson de cuir associ\u00e9 \u00e0 l\u2019iode (bis). Les c\u00f4tes moites sont des remparts, pour qui, pour quoi&nbsp;? Passant comme sous un cerisier, des grappes roses et lourdes, des poids ronds. L\u2019odeur d&rsquo;une poitrine. Cela ne devait pas \u00eatre, pas ici, et pourtant\u2026<strong> 43<\/strong> Le phare se refl\u00e8te sur le sable tr\u00e8s humide. Les chaussures de toile laissent des empreintes inimitables. Une fois, sur la plage au sable fonc\u00e9, une empreinte particuli\u00e8re amor\u00e7a une enqu\u00eate. Sur le sable trac\u00e9 des lettres humides, friables, <em>Ulysses<\/em> <strong>44<\/strong> Les falaises qui dominent la mer font penser au corps dont le nom est tu par une t\u00e2che humide. Des pr\u00e9noms qui ne se prononcent absolument pas comme ils s\u2019\u00e9crivent, r\u00e9inventent la langue du monde. La confusion Edevane, c\u2019est ce qui m\u00e8ne par ici<strong> 45<\/strong> Elle a un visage brun, cette nature. Le vent d\u00e9s\u00e9quilibre les cairns. Les visages virent au rouge <strong>47<\/strong> L\u2019alcool n\u2019a ici que des ambassadeurs <strong>48<\/strong> Sa vie s\u2019efface, il troue les murs et un jour comme tous les autres il rejoindra l\u2019arm\u00e9e. Ces hommes qui sortent des bois, nuls ne sait qui ils sont. L\u2019un d\u2019entre eux est plus lent, dans la contemplation. Il divise les filles. Entre les deux jeunes femmes, il un salut militaire. Il se sentirait d\u00e9sol\u00e9 la minute suivante, d\u00e9sol\u00e9 d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 aussi idiot. Un homme s\u2019\u00e9tait jet\u00e9 d\u2019ici. Il n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas mort. Juste ab\u00eem\u00e9 <strong>49<\/strong> Il y a des catholiques, rien que des catholiques, fallait pas venir nous faire chier, vous les\u2026 <strong>50<\/strong> Jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 90, des filles ont connu l\u2019enfer dans ces lieux. Cela ne veut pas dire que c\u2019est termin\u00e9.<strong> 51<\/strong> Nous divisions la plage. Je vois double. L\u00e0, il y a longtemps, Michael a bris\u00e9 la roche en deux. Et l\u2019eau coule, se d\u00e9verse dans la mer. D\u2019\u00e9tranges traces vont se confondre dans l\u2019\u00e9cume. Des plumes plant\u00e9es dans des pics d\u2019argent. Elles fr\u00e9missent le long de la rivi\u00e8re. Elle pose, canne \u00e0 p\u00eache dans les tourbillons sauvages, ses yeux clos et un sourire flou, le soleil qui lui \u00e9clate \u00e0 la figure.&nbsp;<strong>52<\/strong> De toute fa\u00e7on, c\u2019est toujours l\u2019histoire d\u2019une femme qui se perd dans les lande<strong> 53<\/strong> Le doute amorce la r\u00e9bellion. <strong>54<\/strong> Un monde qui tombe est-il un monde \u00e0 ramasser ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les c\u00f4tes d\u2019Erin 1 Il lui faudrait un voyage, car ici, c\u2019est un peu comme l\u00e0-bas, il lui faut sans cesse des voyages, ces poches sont bourr\u00e9es de papier tandis qu\u2019il tente de rejoindre la c\u00f4te, les c\u00f4tes, peu importe, il lui faudrait un voyage, avancer avec cette pens\u00e9e et la seule chose qui fait que son histoire avance, sans <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/les-cotes-derin\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#P12 | les c\u00f4tes d&rsquo;Erin<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":286,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2070,2836],"tags":[298,2860,2201],"class_list":["post-53577","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-pete-2021-progression","category-progression-12-bolano","tag-corps","tag-eire","tag-nature"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53577","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/286"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=53577"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53577\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=53577"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=53577"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=53577"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}