{"id":53933,"date":"2021-10-08T13:05:24","date_gmt":"2021-10-08T11:05:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=53933"},"modified":"2023-05-21T20:42:37","modified_gmt":"2023-05-21T18:42:37","slug":"autobiographie-1-aux-rives-de-locean","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographie-1-aux-rives-de-locean\/","title":{"rendered":"autobiographie #01 | aux rives de l&rsquo;oc\u00e9an"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La presqu&rsquo;\u00eele qui semble n&rsquo;avoir pas connu encore la trace de ce 29\u00e8me si\u00e8cle, les sentiers dont celui qui m\u00e8ne au cap n&rsquo;est que le principal, non encore carrossable, juste en terre tass\u00e9e entre les v\u00e9g\u00e9taux, les buissons accroch\u00e9s \u00e0 l&rsquo;herbe rase, brun sur vert, mottes pos\u00e9es la grande motte qu&rsquo;\u00e9tait la terre entre le ria et l&rsquo;oc\u00e9an. Terrain de jeux pour enfants. Une aventure hors famille mais pas trop loin. Courir, marcher en libert\u00e9. Et ce creux que l&rsquo;on d\u00e9couvre, terre et buisson comme un orbite et ses sourcils et cette longue fente encadr\u00e9e de ciment sale et d\u00e9grad\u00e9. L&rsquo;excitation, le coeur qui bat et l&rsquo;air bravache. On cherche l&rsquo;entr\u00e9e, et entre des branches \u00e9pineuses une porte m\u00e9tallique entrouverte. L&rsquo;int\u00e9rieur est accueilli par des propos d\u00e9\u00e7us, pas trace d&rsquo;arme, pas de casque. Pourtant des graffitis, des bouts de tissus qui tra\u00eenent, des crottes animales ou humaines, ce squelette d&rsquo;oiseau font na\u00eetre un sentiment d&rsquo;\u00e9trange juste assez inqui\u00e9tant pour \u00eatre ravissement muet.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9tendue de sable qui n&rsquo;en finit pas de grandir, cette dr\u00f4le de mer qui s&rsquo;en va que l&rsquo;on a d\u00e9couvert ici, cette immensit\u00e9 gris vert. Cette eau immense et vivante et notre soif. On marche loin des m\u00e8res et la mer semble s&rsquo;\u00e9loigner de plus en plus. Nos mains jointes pour faire reculer le doute. L&rsquo;humidit\u00e9 du sable enfin, et la longue avanc\u00e9e sur le sable rid\u00e9 qui n&rsquo;en finit pas de descendre sous la transparence de la mer. Ce moment o\u00f9 nos mollets tremblent dans l&rsquo;image d\u00e9form\u00e9e par les vaguelettes lentes, o\u00f9 on s&rsquo;accroupit, plonge la t\u00eate dans l&rsquo;eau, o\u00f9 l&rsquo;on boit. Redress\u00e9s, nos grimaces. La course contre l&rsquo;\u00e9c\u0153urement, l&rsquo;\u00e9tendue d&rsquo;eau, de sable, aval\u00e9e \u00e0 pieds tordus, bouches ouvertes, vers les adultes menteurs qui sont le seul recours, avec une petite rancune d\u00e9\u00e7ue bien install\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le maillot tricot\u00e9 sous le chandail tricot\u00e9. Les pieds qui pataugent, glissent parfois, entre sable humide, mousse verte et flaques d&rsquo;eau r\u00e9sistantes. Ce bout de rivi\u00e8re qui change de nature et d&rsquo;aspect au fil des heures sous la maison, l&rsquo;ouverture qui s&rsquo;\u00e9largit entre Tr\u00e9babu et la mer. Les voix qui se perdent, volent incompr\u00e9hensibles comme les cris des go\u00e9lands. Un monde mouvant, se tenir \u00e0 sa surface comme sur nos pieds qui s&rsquo;enfoncent dans l&rsquo;humidit\u00e9 gluante. Mais le haveneau, mais la joie des chevrettes, mais celles que l&rsquo;on mange crues en cachette, mais l&rsquo;oc\u00e9an qui entre en nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Le potager derri\u00e8re la maison, au dessus de l&rsquo;eau, les rang\u00e9es de salades, de feuilles inconnues qui sont des carottes ou autres, de plantes inconnues, bien align\u00e9es et pleines de fantaisie d\u00e9bordante. Une d\u00e9couverte et un int\u00e9r\u00eat qui faiblit au bout d&rsquo;un moment faute de pouvoir questionner et boire les r\u00e9ponses. Il y a l&rsquo;interdiction de sortir des all\u00e9es. Il y a aussi le plaisir des bandes de go\u00e9mon sombres avec lequel il ne faut pas jouer. Vient-il de la plage \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Bertheaume&nbsp;? Et puis il y a la cahute de bois, le banc de bois et son trou, le seau, la d\u00e9couverte d\u00e9plaisante (mais dont on s&rsquo;amuse ostensiblement faute de mieux) de cette hygi\u00e8ne sauvage.<\/p>\n\n\n\n<p>Il para\u00eet qu&rsquo;ensuite il n&rsquo;y a plus de terre, plus rien avant l&rsquo;Am\u00e9rique. C&rsquo;est un terrain plat qui tombe en rocher dans la mer. Il y a deux voitures dont la notre, quelques maisons blanc-gris vides pour le moment ou toujours, un vieille \u00e9glise de pierre sombre et un phare qui a l&rsquo;air d&rsquo;un gigantesque jouet blanc et rouge. Il y a l&rsquo;air plus fort que partout. Et du vent. Il y a l&rsquo;immense, un peu d&rsquo;ennui, un peu d&rsquo;effroi chuchotant, c&rsquo;est merveilleux mais j&rsquo;ai faim.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La presqu&rsquo;\u00eele qui semble n&rsquo;avoir pas connu encore la trace de ce 29\u00e8me si\u00e8cle, les sentiers dont celui qui m\u00e8ne au cap n&rsquo;est que le principal, non encore carrossable, juste en terre tass\u00e9e entre les v\u00e9g\u00e9taux, les buissons accroch\u00e9s \u00e0 l&rsquo;herbe rase, brun sur vert, mottes pos\u00e9es la grande motte qu&rsquo;\u00e9tait la terre entre le ria et l&rsquo;oc\u00e9an. 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