{"id":54245,"date":"2021-10-10T21:07:29","date_gmt":"2021-10-10T19:07:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=54245"},"modified":"2023-05-22T11:38:27","modified_gmt":"2023-05-22T09:38:27","slug":"dijon-by-the-sea","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/dijon-by-the-sea\/","title":{"rendered":"#P12 | Dijon by the sea"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Dijon-nuit-NB_2-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-54247\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Dijon-nuit-NB_2-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Dijon-nuit-NB_2-420x279.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Dijon-nuit-NB_2-768x510.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Dijon-nuit-NB_2-1536x1020.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Dijon-nuit-NB_2-2048x1360.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Muriel Boussarie, Dijon, avril 2011<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>1.<\/strong>&nbsp;L\u2019Ours&nbsp;soul\u00e8ve sa patte arri\u00e8re et son corps massif s\u2019\u00e9lance en avant. Face \u00e0 lui, la Place Darcy o\u00f9 convergent six art\u00e8res et la Porte Guillaume, un arc de triomphe qu\u2019il franchit gaillardement.&nbsp;<strong>2.<\/strong>&nbsp;Le hall circulaire de la gare est l\u2019endroit id\u00e9al pour tourner en rond en attendant quelqu\u2019un.e, sans savoir par quel train il arrivera, sans savoir si oui ou non elle viendra.&nbsp;<strong>3<\/strong>. Par o\u00f9 sont-ils entr\u00e9s dans la ville\u2026 par le Nord-Ouest et l\u2019Ouest sans doute\u2026 deux jours avant, la ligne de d\u00e9fense du Canal de Bourgogne avait c\u00e9d\u00e9, les autorit\u00e9s militaires avaient appris la chute de Sombernon et la police dijonnaise avait incit\u00e9 la population \u00e0 \u00e9vacuer la ville\u2026 ils ont d\u00fb arriver par Talant, par Plombi\u00e8res, par la d\u00e9partementale D971\u2026 ils ont peut-\u00eatre descendu le Boulevard de Troyes puis l\u2019avenue Victor Hugo\u2026 Toujours est-il que le 17 juin 1940 les tanks de la 4e Panzer-Division ont pris possession de la ville, \u00e0 quinze heures une dizaine de blind\u00e9s, d\u2019automitrailleuses et de motos de la Wehrmacht stationnaient devant le Palais des Ducs de Bourgogne.&nbsp;<strong>4<\/strong>. Pour rejoindre son bureau \u00e0 la grande Poste de la Place Grangier, Victor a le choix entre cinq itin\u00e9raires \u00e0 partir des deux possibilit\u00e9s qui s\u2019offrent \u00e0 lui au sortir de sa maison. Soit il remonte la rue Paul Thenard par la droite apr\u00e8s avoir allum\u00e9 sa pipe qu\u2019il fumera tranquillement tout au long du parcours&nbsp;et dans ce cas il empruntera plus loin la rue de Talant avant de rejoindre l\u2019avenue Victor Hugo et d\u2019arriver sur la Place Darcy qu\u2019il traverse pour attraper la rue de la Poste qui le conduit naturellement \u00e0 la Place Grangier. Soit il descend par la gauche la rue Paul Thenard apr\u00e8s avoir tass\u00e9 son tabac et allum\u00e9 sa pipe car quel que soit l\u2019itin\u00e9raire choisi, que le soleil brille ou qu\u2019il pleuve, il profite toujours de son&nbsp;trajet&nbsp;pour fumer une bonne pipe. Ce deuxi\u00e8me choix offre plus d\u2019options. Il peut en effet tourner tr\u00e8s vite \u00e0 gauche&nbsp;dans la rue Phillibert de la Mare,&nbsp;puis de nouveau \u00e0 gauche sur la rue Charles Brifaut puis \u00e0 droite sur la rue Thurot et encore \u00e0 droite dans la rue des Aqueducs. Il arrive ainsi au Jardin Darcy qu\u2019il traverse dans sa longueur avant d\u2019atteindre la place Darcy. Il peut aussi tourner un peu plus loin sur la rue Lamartine et prenant \u00e0 gauche la rue Charles Brifaut rejoindre l\u2019itin\u00e9raire pr\u00e9c\u00e9dent. Ou m\u00eame aller jusqu\u2019\u00e0 la rue Amiral Courbet et descendre vers la gare, suivre la rue des Perri\u00e8res pour arriver Place Darcy et prendre la rue de la Poste mais il n\u2019emprunte que rarement ce dernier itin\u00e9raire, plus long que les autres. Quel que soit le parcours choisi, Victor aime faire quelques pas dans le Jardin Darcy, s\u2019il en a le temps, pour aller saluer l\u2019Ours blanc.&nbsp;<strong>5<\/strong>. Il s\u2019est engouffr\u00e9 dans les rues du centre historique \u00e0 la recherche de poubelles \u00e0 \u00e9ventrer au pied des porches o\u00f9 l\u2019odeur des cro\u00fbtes de fromage, du gras des viandes, des t\u00eates de dorades a creus\u00e9 sa faim puis sa fureur quand il a d\u00e9couvert ce menu fretin apte \u00e0 r\u00e9galer un chaton mais pas \u00e0 satisfaire son app\u00e9tit de b\u00eate sauvage rest\u00e9e clou\u00e9e plus de quatre-vingts ans sur une st\u00e8le.&nbsp;&nbsp;<strong>6<\/strong>. Dans le bar o\u00f9 il a ses habitudes \u2013 est-ce face au virage d\u2019une de ces rues aux maisons basses menant \u00e0 la place des Cordeliers&nbsp;? \u2013 l\u2019\u00e9crivain soupire. Il ne s\u2019en rend pas compte mais il soupire&nbsp;: il vient de recommencer sa phrase pour la troisi\u00e8me fois et ce n\u2019est pas dans ses habitudes.&nbsp;<strong>7<\/strong>. Quittant la gare apr\u00e8s l\u2019avoir attendue en vain, il a pris l\u2019avenue Marechal Foch et s\u2019est arr\u00eat\u00e9 un moment au Jardin Darcy. Trois jardiniers tr\u00e8s agit\u00e9s parlaient, ils criaient presque. Apr\u00e8s avoir ramass\u00e9 les feuilles souillant l\u2019eau turquoise des bassins, ils avaient relev\u00e9 la t\u00eate et constat\u00e9 avec stupeur la disparition de l\u2019Ours blanc \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du Jardin. Ils s\u2019\u00e9taient approch\u00e9s incr\u00e9dules de l\u2019emplacement que l\u2019Ours occupait encore la veille au soir. La statue semblait avoir \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement arrach\u00e9e \u00e0 sa st\u00e8le de pierre, fendue en deux sur toute la longueur.&nbsp;<strong>8<\/strong>. Ou alors c\u2019est toi qui \u00e9tais arriv\u00e9e par le train et constatant que personne ne t\u2019attendait dans le hall circulaire de la gare avais gagn\u00e9 la Place Darcy, \u00e9tais rest\u00e9e immobile un instant au milieu de la place, regardant de part et d\u2019autre les immeubles&nbsp;<em>haussmanniens<\/em>&nbsp;qui l\u2019entourent avant de prendre la rue du Docteur Chaussier. Au num\u00e9ro neuf, tu t\u2019\u00e9tais arr\u00eat\u00e9e devant un immeuble de six \u00e9tages, en forme de U, massif. L\u2019arrondi de ses deux avanc\u00e9es vers la rue n\u2019adoucissait pas l\u2019inqui\u00e9tante stature du b\u00e2timent qui a \u00e9t\u00e9 le si\u00e8ge de la Gestapo durant la deuxi\u00e8me guerre mondiale.&nbsp;<strong>9<\/strong>. Vers trois heures du matin, les habitants du centre avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9s par un vacarme \u00e9pouvantable et surtout difficilement identifiable.&nbsp;<em>Comme si un grand cheval de pierre caracolait et heurtait les fa\u00e7ades\u2026<\/em>&nbsp;<strong>10<\/strong>. Ta ville natale te tendait ses tentacules de boulevards d\u2019avenues de rues qui bifurquaient se rejoignaient tournaient autour de places o\u00f9 affleuraient des \u00e9bauches de souvenirs, une sorte d\u2019<em>atmosph\u00e8re<\/em>&nbsp;<em>retrouv\u00e9e<\/em>&nbsp;avec aussi cette lourde gravit\u00e9 des pierres qui plombait tes d\u00e9ambulations, alors tu as commenc\u00e9 \u00e0 courir sur le sol mouill\u00e9 vers la place en demi-lune.<strong>&nbsp;11<\/strong>.&nbsp;<em>Ici commence la mer.<\/em>&nbsp;Une plaque de m\u00e9tal ronde avait \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e devant l\u2019avaloir d\u2019\u00e9gout de la Place de la Lib\u00e9ration pour rappeler que quatre-vingts pour cent des d\u00e9tritus jet\u00e9s ici sur la voie publique&nbsp;affluaient&nbsp;par le r\u00e9seau des \u00e9gouts des rivi\u00e8res et des fleuves jusque dans la M\u00e9diterran\u00e9e. Ainsi la mer commen\u00e7ait l\u00e0, sous les pav\u00e9s de ta ville natale.&nbsp;<strong>12.<\/strong>&nbsp;Maisons \u00e0 colombages rouges ou bruns, rues pav\u00e9es, bossage vermicul\u00e9, encorbellements\u2026 toute cette&nbsp;<em>pr\u00e9sence moyen\u00e2geuse<\/em>&nbsp;qui fr\u00f4lait ton corps vivant.&nbsp;<strong>13<\/strong>. Pendant quelques semaines les t\u00e9moignages les plus farfelus ont afflu\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de police municipale o\u00f9 malgr\u00e9 un sous-effectif chronique il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 d\u2019affecter un quart-temps \u00e0&nbsp;<em>l\u2019affaire de l\u2019Ours<\/em>. Certains affirmaient avoir aper\u00e7u l\u2019Ours traverser la place de la R\u00e9publique en pleine nuit, suivi par un renard argent\u00e9 qui semblait lui tenir compagnie. D\u2019autres l\u2019avaient vu&nbsp;<em>de leurs propres yeux<\/em>&nbsp;attaquer la vitrine du magasin H&amp;M rue de la Libert\u00e9 avant de se dresser sur ses \u00e9normes pattes arri\u00e8re, le museau tendu vers le haut de la rotonde Art d\u00e9co o\u00f9 l\u2019inscription&nbsp;<em>Au pauvre diable<\/em>&nbsp;\u00e9tait grav\u00e9e sur la pierre. Certains voulaient porter plainte en pr\u00e9tendant que l\u2019Ours avait saccag\u00e9 leur potager. Durant cette p\u00e9riode le hashtag #retrouvemonours a f\u00e9d\u00e9r\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 trois cents tweets par jour tandis que quelques chasseurs voulaient pr\u00eater main forte au petit groupe de citoyens qui menaient des rondes nocturnes dans le centre historique et que certains complotistes relayaient la rumeur d\u2019un myst\u00e9rieux convoi exceptionnel remontant le boulevard de Brosses \u00e0 l\u2019aube.&nbsp;<strong>14<\/strong>. \u00c0 Cannes o\u00f9 il finira ses jours, Victor voit les rues dijonnaises qu\u2019il a tant arpent\u00e9es se superposer aux rues de la cit\u00e9 baln\u00e9aire. Il aper\u00e7oit la mer et ses souvenirs d\u00e9bordent.&nbsp;<strong>15<\/strong>. Une mani\u00e8re d\u2019Italie a sculpt\u00e9 l\u2019encadrement des fen\u00eatres de la rue&nbsp;des Forges et s\u2019est ancr\u00e9e dans ton c\u0153ur.&nbsp;<strong>16<\/strong>. Sans doute l\u2019Ours s\u2019\u00e9tait-il enfui le long du Boulevard Georges Cl\u00e9menceau, on avait relev\u00e9 sur une centaine de m\u00e8tres de profondes traces de pattes qui avaient soulev\u00e9 la pelouse du tramway. La police avait s\u00e9curis\u00e9 la zone durant toute une matin\u00e9e comme s\u2019il s\u2019\u00e9tait agi d\u2019une sc\u00e8ne de crime, le temps de pr\u00e9lever des morceaux de terre et d\u2019herbes foul\u00e9es par les pattes pr\u00e9sum\u00e9es de la b\u00eate.&nbsp;<strong>17<\/strong>. Est-ce qu\u2019on pouvait v\u00e9ritablement parler de cette ville sans utiliser le mot&nbsp;<em>bossage&nbsp;<\/em>? Tu les vois d\u00e9corer l\u2019entresol des maisons, s\u2019\u00e9tendre parfois jusqu\u2019aux \u00e9tages sup\u00e9rieurs des immeubles, tu les vois partout ces saillies de pierre qui agr\u00e9mentent les fa\u00e7ades et r\u00e2pent tes souvenirs.&nbsp;<strong>18<\/strong>. L\u2019avenue devient un boulevard et ensuite une d\u00e9partementale\u2026 pas de discontinuit\u00e9 urbaine entre Dijon et Talant, un peu plus d\u2019espace peut-\u00eatre entre les maisons basses, un \u00e9tage rarement deux, entour\u00e9es de haies touffues ou de murets, souvent des parall\u00e9l\u00e9pip\u00e8des surmont\u00e9s de tuiles rouge sombre. La ville glisse et s\u2019\u00e9tiole dans la zone pavillonnaire.&nbsp;<strong>19<\/strong>. Alors le grand chien noir saute la barri\u00e8re de son enclos et traverse des jardins similaires au sien pour aller se poster au seuil des maisons voisines montrant les crocs aux habitants qui tenteraient d\u2019en sortir.&nbsp;<strong>20<\/strong>. Une des photos montrait deux officiers nazis qui avaient pris la pose face \u00e0 l\u2019objectif, fiers et droits devant l\u2019Ours blanc comme devant un troph\u00e9e de chasse.&nbsp;<strong>21<\/strong>. Il referme son carnet, regarde l\u2019horloge derri\u00e8re le comptoir, \u00e9tonn\u00e9 de l\u2019affluence soudaine. Surprenant son regard, le serveur lui dit de ne pas se fier \u00e0 l\u2019horloge qui s\u2019est arr\u00eat\u00e9e ce week-end,&nbsp;<em>en r\u00e9alit\u00e9 il est douze heures cinq<\/em>. Il n\u2019a pas vu le temps passer, il est trop tard pour aller la chercher \u00e0 la gare.&nbsp;<strong>22<\/strong>. Que sont devenus les rosiers grimpants que Victor cultivait avec soin sur le mur de son jardin&nbsp;? Tu ne vois qu\u2019un mur nu, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment propret. Selon la timeline de Google Street View, les rosiers auraient disparu entre 2008 et 2013.&nbsp;<strong>23<\/strong>. Les recherches s\u2019\u00e9taient poursuivies boulevard de Champagne o\u00f9 de profondes griffures sur des fa\u00e7ades et des arbres pouvaient sugg\u00e9rer le passage de l\u2019Ours. Les inspecteurs t\u00e2chaient \u00e0 pr\u00e9sent d\u2019\u00eatre discrets dans leurs investigations. Tu les \u00e9coutais parler doucement \u00e0 la terrasse du bar situ\u00e9 au pied d\u2019un petit immeubles des ann\u00e9es 30 o\u00f9 tu buvais un caf\u00e9&nbsp;en compagnie de l\u2019\u00e9crivain. Vous aviez imm\u00e9diatement cess\u00e9 de parler, il ne fallait pas prendre le risque qu\u2019ils vous entendent parler de l\u2019Ours. Vous n\u2019\u00e9tiez pas d\u2019accord sur les suites \u00e0 donner \u00e0 cette&nbsp;<em>affaire,&nbsp;<\/em>fallait-il fournir des indices suppl\u00e9mentaires \u00e0 la police, fallait-il rendre l\u2019Ours ou le rel\u00e2cher dans une for\u00eat\u2026 vous avez fait quelques pas dans la rue de Monastir pour en discuter.&nbsp;<strong>24<\/strong>. Tu avais long\u00e9 le boulevard Eug\u00e8ne Spuller, num\u00e9ros pairs \u00e0 l\u2019aller, num\u00e9ros impairs au retour, attentive au glissement des pneus dans les flaques, \u00e0 la vibration m\u00e9tallique d\u2019un portail rapidement referm\u00e9, aux voix des rares personnes que tu croisais, \u00e0 quelques cris d\u2019oiseaux apr\u00e8s la pluie.&nbsp;<strong>25<\/strong>.&nbsp;<em>Comme si tu attendais que ta ville natale te dise quelque chose<\/em>\u2026&nbsp;<strong>26<\/strong>. Finalement vous avez laiss\u00e9 les traces de l\u2019Ours se perdre avenue de Stalingrad \u00e0 la hauteur de l\u2019usine&nbsp;Safran Electronics &amp; Defense, un long b\u00e2timent de quatre \u00e9tages qu\u2019il est interdit de photographier ou de filmer.&nbsp;<strong>27<\/strong>. Puis Google Street View au ralenti d\u2019une connexion al\u00e9atoire a d\u00e9coup\u00e9 des tron\u00e7ons de ta ville natale dans l\u2019\u00e9cran bleu du ciel devenu mer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1.\u00a0L\u2019Ours\u00a0soul\u00e8ve sa patte arri\u00e8re et son corps massif s\u2019\u00e9lance en avant. 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