{"id":54475,"date":"2021-10-12T21:39:53","date_gmt":"2021-10-12T19:39:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=54475"},"modified":"2023-06-03T19:38:56","modified_gmt":"2023-06-03T17:38:56","slug":"l-12-cinq-heures-linfirmiere-du-sous-sol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l-12-cinq-heures-linfirmiere-du-sous-sol\/","title":{"rendered":"# L 12- Cinq heures, l\u2019infirmi\u00e8re du sous-sol"},"content":{"rendered":"\n<p>Cil un cil souple r\u00e9v\u00e9l\u00e9, repris le cil, lev\u00e9 de bas en haut, cil relev\u00e9 bout du crayon, la p\u00e2te enveloppe englobe l\u2019\u0153il, matin 4h30 suis lev\u00e9e, faste de la nuit, suis seule l\u2019infirmi\u00e8re, d\u00e9fast\u00e9e de nuit \u00e0 la fen\u00eatre, b\u00e9atitudes du soir quand j\u2019\u00e9coute la musique \u00e0 la fen\u00eatre jusque pr\u00e8s d\u2019une heure trente, peu raisonnable infirmi\u00e8re, l\u2019esprit d\u00e9ambulant dans la rue qui tombe \u00e0 pic dans la mer. Exactement comme. Elle se souvient de cette vue plongeante sur la mer du Sud, voil\u00e0 que lui revient ce passage d\u2019un film, tandis que le crime se commet, la rue soleil tombe \u00e0 pic dans la mer \u00e9blouissante, <em>L\u2019arm\u00e9e des ombres<\/em> juste un plan, en plong\u00e9e la ruelle de soleil, la m\u00e9diterran\u00e9e, et puis le jeune accus\u00e9 de trahison, qu\u2019il fallait \u00e9trangler dans une maison, soleil m\u00e9diterran\u00e9e, crime insoup\u00e7onn\u00e9. Se souvient. De la n\u00e9cessaire main enveloppante de la glaise autour des yeux, pour limite, noire ouvrir correctement les yeux, ne pas trop voir, \u00eatre issue d\u2019une ligne m\u00e9diane, l\u2019in\u00e9pous\u00e9e d\u2019\u0152dipe, la fleur pench\u00e9e de l\u2019ombre. Tout reprendre&nbsp;: col relev\u00e9, d\u00e9shabill\u00e9 de lin sec, le nez couvert de tulle, sera la mari\u00e9e noire, le feu d\u00e9capsul\u00e9, la cendre en chemin\u00e9e, corps en jach\u00e8re, la vie programm\u00e9e 4h30, personne ne sait, quand on se l\u00e8ve r\u00e9veil normal 6h30-7h, personne ne sait pour aller travailler, \u00e0 part les vieux qui ne dorment plus gu\u00e8re. A part les vieux qui fr\u00f4lent la nuit d\u2019un bout d\u2019aile cass\u00e9e, se fondent en murmures dans le coffret des salles de bain communes, ma salle de bain diurne, \u00e0 frotter les yeux d\u2019une petite vie discr\u00e8te, ne ferait jamais d\u2019ombre jamais sur terre, jamais d\u2019enfant jeu marionnette, argile infertile dans le ventre comme un bloc de mots dont on a coup\u00e9 le temps. Serait finie, mais si la rue n\u2019existait pas. Et ce matin, j\u2019ai relev\u00e9 l\u2019imperm\u00e9able en marchant sur les fen\u00eatres, les pas remplis d\u2019eau lourde, y faire mon chemin, cinq heures dans le visage et les mains, douceur infertile des embruns, tu auras beau frotter le ventre avec l\u2019ortie et la gentiane, \u00e9ther aux antalgiques puissants ballet d\u2019odeurs, encapsul\u00e9es dans chaque cellule, les chambres du premier \u00e9tage, et pourtant le cri de faim dans le ventre, m\u2019endormir serait la d\u00e9livrance, empaqueter les ventres, y infuser l\u2019amiante des eaux d\u2019un lac, faire que tout se fige, s\u2019ouvre et s\u2019a\u00e8re comme une fen\u00eatre dans un sous-sol, malgr\u00e9 l\u2019humidit\u00e9 malgr\u00e9 les armes de la honte, qui te font tenir droit. Froid, regain de froid au lent matin pris dans la brume. Me dis que je pourrai revoir, parler, faisceau de lumi\u00e8re, cet infirmier faisceau de joie, histoire peupler nos zones d\u2019ailleurs, voir en partage, et partager ce qu\u2019on a vu. Le livre cogne contre la hanche, <em>Y penser sans cesse<\/em> doux talisman, peupleur d\u2019hivers, lire et relire, tout d\u00e9sapprendre, se r\u00e9chauffer au coin d\u2019un mot. Suivre avec le doigt. Elle se le dit, et se le disant en marchant, <em>suivre avec le doigt<\/em>, en marchant dans le froid, elle voit cette chose un peu bondir se relever sur le trottoir. Une flaque s\u2019envase vers le haut, chose qui remonte du trottoir. Elle crut \u00e0 un chat \u00e9chapp\u00e9 d\u2019une cave en contrebas. C\u2019est une chose battante avec des bras et cela reste sur le trottoir. Elle voit en contre-jour mais en basculant sur la chauss\u00e9e la lumi\u00e8re a tourn\u00e9, l\u00e0 elle sait ce qui se trame sur le trottoir. A m\u2019approcher je sens le choc, je vibre un peu mais l\u00e2che rien \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, le c\u0153ur serr\u00e9 en cas d\u2019urgence, ce qui viendrait devrait \u00eatre parfaitement pris en charge, parfaitement syncop\u00e9 dans le c\u0153ur, la t\u00eate et les mains froides, les gants plastique autour des mots, oxyg\u00e9nation du cerveau, c\u2019est battant chamade qu\u2019elle se saisit de ce qui bouge l\u00e0-bas trente m\u00e8tres au plus sur le trottoir. Une corde vieille et rel\u00e2ch\u00e9e, la laine rebique, corde de jute \u00e9chevel\u00e9e, noue les sacs de pommes de terre. Au bout, les hanches d\u2019un enfant. Lui donnerait deux ans. Il joue par terre \u00e0 la fen\u00eatre on tire la corde, la rue attel\u00e9e \u00e0 l\u2019enfant, soudain le cri brut qui d\u00e9croche le c\u0153ur, fait claquer toute la rue. Voix rauque d\u00e9vaillante, crue rouge, voix d\u2019\u00e9corch\u00e9e, le foin dans les art\u00e8res, la m\u00e8re est la gueulante, la grotte ouverte par o\u00f9 hurle le soupirail, l\u2019ombre et l\u2019humide pi\u00e9g\u00e9s dedans. Cri de la m\u00e8re. L\u2019enfant ronge la corde avec la bouche de travers, glissant ses pieds dans un n\u0153ud fabriqu\u00e9 au hasard, ouvre grand le froid fait des plaques sur les tempes et les l\u00e8vres luisantes et la bu\u00e9e, les yeux tournent, font un tour complet de la rue, la couche autour des fesses remonte jusqu\u2019au milieu du dos, d\u00e9bordant d\u2019immondices qui tachent les \u00e9paules. Elle est fig\u00e9e, l\u2019infirmi\u00e8re. Plus rien ne bouge en dedans. La bouche suce la corde, les pieds s\u2019agitent en l\u2019air, les longs cris d\u2019humubilis qui sortent de la trappe. Elle avance la voix comme une craie. Coucou. Coucou toi. \u00c7a va toi. Coucou, l\u2019am\u00e9thyste Daquin, m\u00e9lodie m\u00e9lancolieuse. La voix craie fait un pas septentrional, la braise d\u2019une l\u00e8vre qui pousse sur le pav\u00e9, prosopop\u00e9e du froid, l\u2019enfant s\u2019est retourn\u00e9 par \u00e0-coups cogn\u00e9 sa bouche sur le trottoir, l\u00e8che un grain de bitume, son eau de pluie peut-\u00eatre, avance un peu, soleil du nord, je te remplace \u00e0 la lumi\u00e8re, tempe \u00e9toil\u00e9e, regarde-moi, tu n\u2019entends plus le cri des m\u00e8res, il tombe dans la glaise, et toi je te soul\u00e8ve. Elle a saisi l\u2019enfant d\u2019un seul pli\u00e9 courb\u00e9 contre la chair battante du cou, d\u00e9noue le lasso autour des hanches, le corps est tout l\u00e9ger, fumet de pourriture exhalaisons d\u2019entrailles, la joie coup dans le ventre, friture de seigles, pourriture joyeuse, se place dans le couloir, peut-\u00eatre rentr\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, a pu demander si tout va bien, peut-\u00eatre appel\u00e9 des services, l\u2019ambulance \u00e0 facettes, peut-\u00eatre a r\u00e9clam\u00e9 de l\u2019aide, le corps en manchettes bien plac\u00e9 pour savoir comment agir aux extr\u00eames, en dernier recours, le corps sait faire, geste trac\u00e9 d\u2019avance, les num\u00e9ros d\u2019urgence. Mais n\u2019est pas rentr\u00e9e dans le couloir, les quatre portes closes, le cri stratosph\u00e8re. N\u2019est pas rentr\u00e9e par la fen\u00eatre du soupirail. N\u2019a pas jet\u00e9 l\u2019amarre \u2013 l\u2019assaut de la victoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a saisi la rue avec enfant. S\u2019est mise \u00e0 courir tout \u00e0 travers la ville, corps chaud tout plein de ventres, c\u2019\u00e9tait cinq heures battantes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cil un cil souple r\u00e9v\u00e9l\u00e9, repris le cil, lev\u00e9 de bas en haut, cil relev\u00e9 bout du crayon, la p\u00e2te enveloppe englobe l\u2019\u0153il, matin 4h30 suis lev\u00e9e, faste de la nuit, suis seule l\u2019infirmi\u00e8re, d\u00e9fast\u00e9e de nuit \u00e0 la fen\u00eatre, b\u00e9atitudes du soir quand j\u2019\u00e9coute la musique \u00e0 la fen\u00eatre jusque pr\u00e8s d\u2019une heure trente, peu raisonnable infirmi\u00e8re, l\u2019esprit d\u00e9ambulant <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l-12-cinq-heures-linfirmiere-du-sous-sol\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># L 12- Cinq heures, l\u2019infirmi\u00e8re du sous-sol<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2069,2835],"tags":[],"class_list":["post-54475","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-2021-faire-un-livre","category-livre-12-phrase"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54475","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54475"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54475\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54475"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54475"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54475"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}