{"id":54925,"date":"2021-10-18T16:47:17","date_gmt":"2021-10-18T14:47:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=54925"},"modified":"2021-12-28T19:56:01","modified_gmt":"2021-12-28T18:56:01","slug":"autobiographie-vehiculee-de-ma-voix-qui-pleure1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographie-vehiculee-de-ma-voix-qui-pleure1\/","title":{"rendered":"autobiographies #01 et #02| autobiographie v\u00e9hicul\u00e9e de ma voix qui pleure"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/IMG_20211019_131533-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-56335\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/IMG_20211019_131533-1024x768.jpg 1024w, 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nuages, hier le soleil dans les yeux forc\u00e9ment plein Est, aujourd&rsquo;hui pas aveugl\u00e9e par le soleil, perdue la minute \u00e0 chaque jour, gagn\u00e9s les m\u00e8tres d&rsquo;ombre port\u00e9e des montagnes, pars toujours \u00e0 la m\u00eame heure matin, ne pas parler pour s&rsquo;\u00e9couter, ne vais pas aimer ma voix voil\u00e9e qui comme pleure, sous la couche tapage du moteur passages de vitesse trousseau des cl\u00e9s contact sonnailles contre genou droit, acc\u00e9l\u00e9rer, d\u00e9c\u00e9l\u00e9rer, passer vitesses, bo\u00eete de conserve tetrapak la voiture en carton, pour encaisser les chocs disent-ils, oh, la mer violette grimpe le ciel, ce seraient trois porches trois b\u00e2timents, et cinq personnes crois\u00e9es de l&rsquo;int\u00e9rieur du dedans de la visit\u00e9e, et un arbre, le ch\u00eane de courme, le m\u00fbrier de rouy\u00e8re, ou celui du quartier julien, les nuages violets les petits ch\u00eanes un vert voil\u00e9 poudr\u00e9 d&rsquo;automne, dans la grande descente, trois porches cinq ou six personnes et un arbre, en quoi l&rsquo;arbre me d\u00e9finit, pierre cogn\u00e9e du briquet souffle inspirer expirer par la bouche toujours baiss\u00e9e la vitre toujours entrouverte toujours, m\u00fbrier inutile exil\u00e9, d\u00e9j\u00e0 \u00e9cris tout \u00e7a, des boucles p\u00e9riodiques ce qu&rsquo;il faut faire, la chose \u00e9crite comme ci revenir dessus comme \u00e7a, non pas la recommencer mais l&rsquo;\u00e9crire de nouveau et autrement, le m\u00fbrier l&rsquo;encyclop\u00e9dique l&rsquo;arbre-m\u00fbrier import\u00e9 d&rsquo;orient, les feuilles les chenilles les vers \u00e0 soie les magnaneries, dans chaque ferme de ce pays un m\u00fbrier blanc, les claies les pouponni\u00e8res de cocons la pochette de cotonnade ti\u00e9die entre les seins des femmes, des graines disaient-elles des graines, de bombyx ne disaient-elles pas, des graines de soie, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que cela remue et grouille sous l&rsquo;indienne, alors l&rsquo;\u00e9closion port\u00e9e dans les claies d&rsquo;osier sous les tuiles br\u00fblantes, et feuilles du m\u00fbrier blanc en brass\u00e9es, trois francs six sous \u00e0 gagner et six fois par vingt-quatre heures les mains lac\u00e9r\u00e9es, l&rsquo;arbre m\u00fbrier exil\u00e9 adapt\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la <em>polis<\/em> des mas, et puis fini, le politique ne subventionne plus que fil p\u00e9trolif\u00e8re, restent les vieux m\u00fbriers blancs, j&rsquo;en ai connu un tr\u00e8s \u00e2g\u00e9 et qui vit encore, son houppier google earth la maison de la mort aussi elle existe encore, les petite drupes blanches et collantes sur le pare-brise la carrosserie et laver la voiture du petit homme il fallait, d\u00e9j\u00e0 nul ne savait les r\u00e9colter les appr\u00eater les manger, personne n&rsquo;y pensait aux m\u00fbres blanches de l&rsquo;arbre m\u00fbrier sauf quand la glue surie au pare-brise aux semelles, la cachette l\u00e0-haut dans l&rsquo;\u00e9norme tronc il l&rsquo;a b\u00e9tonn\u00e9e la b\u00e9ance mais on s&rsquo;en foutait, une plate-forme, \u00e0 rouy\u00e8re aussi, des ruines mais plus du tout le m\u00fbrier aux jolies et rondes feuilles dont parlait l&rsquo;ancien, du temps de sa jeunesse,  je connais un ancien, ou bien pas trouv\u00e9 ou bien \u00e9touff\u00e9 par les ronces-m\u00fbres, personne ne se plaint, sauf l&rsquo;ancien, mais qui s&rsquo;en soucie de l&rsquo;ancien, \u00e0 part le tirer vers ses cent ans, encore deux ans, les m\u00fbriers de ces jours de ce temps non plus, vu, au midi d&rsquo;un jour, de jeunes m\u00fbriers platanes plant\u00e9s dot on ne se s&rsquo;occupe que pour les ombres futures, sur des parkings des trottoirs, align\u00e9s, des m\u00fbriers donnant noires drupes sous larges feuilles trilob\u00e9es,  desquels personne ne saurait craindre une poix, ma voix, ma voix qui pleure ne le voulant pas plus pleurer, et les peurs greff\u00e9es \u00e0 ma gorge m\u00eame si tellement longtemps apr\u00e8s tout \u00e7a, oh, vu, au matin de jour un arbousier, des travaux en virage feu provisoire moteur point mort frein \u00e0 main mais, les oiseaux dans l&rsquo;arbousier verniss\u00e9 nul ne les voit, j&rsquo;entends leurs joies, cueillir les arbouses vermillons, l&rsquo;arbuste grand et haut et moi ceintur\u00e9e voiture tetrapak, cliquetis genou\/cl\u00e9s\/contact pas pouvoir tendre bras poser pied hors v\u00e9hicule en carton, feu orange clignotant circulez plus rien \u00e0 voir, enregistr\u00e9es les joies des oiseaux les joies soufflet\u00e9es, les entendrai-je, camion-poubelle en sens inverse tractopelle barri\u00e8res chantier mobile, oh, la mer toujours violette et partir ou rester, oh, le nuage dessin\u00e9 par-dessus la ville par-dessus la mer, de l&rsquo;Est les nu\u00e9es violettes-grises en sud la trou\u00e9e bleue et flotte le dessin, base tellement rectiligne le trait, \u00e0 rebours les \u00e9cumes d&rsquo;une neige gouach\u00e9e au pinceau, petit nuage dix-huiti\u00e8me existant ici maintenant n&rsquo;existera plus bient\u00f4t, une seconde mille ans, amalgam\u00e9 tu seras aux autres orageux, pauvre petit nuage dix-huiti\u00e8me, un ange en sortir ou le doigt de dieu ou la manne, aurais-je un jour mang\u00e9 toute la manne dans ma voix voil\u00e9e qui pleure malgr\u00e9 elle, remettre dans le contexte, dans l&rsquo;encyclop\u00e9die du contexte, un peu pour le voyeurisme consenti des faits priv\u00e9s, pour l&rsquo;enchantement avant-monde d&rsquo;un dragon dinosaure dont les restes quelque part dans les montagnes, m\u00eame sachant que plus jamais de dragon possible dans ce r\u00e9el de bient\u00f4t \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e, mais dans ma t\u00eate si, la qu\u00eate co\u00fbte que co\u00fbte des ann\u00e9es durant sur la mer violette, c\u00e9der le passage cliquetis craque-bo\u00eete, ce nuage comme tricorne peau de mouton peinturlur\u00e9e de cas\u00e9ine cr\u00e8me, m&rsquo;en souviens, c\u00e8de le passage et le verre se scratche dans le container bleu en bordure de route, un bien petit homme pour un si gros cabas de bouteilles vides, recycler recyclons, boucles p\u00e9riodiques, ce qui fut mal dit doit \u00eatre redit, vermillon des arbouses pompons si on mord dedans c&rsquo;est jaune melon peut-\u00eatre m&rsquo;en souvient-il, la qu\u00eate lanc\u00e9e \u00e0 cause d&rsquo;une histoire du temps jadis alors sortir du bureau obscur, et la mort ne serait pas le drame \u00e0 venir mais repos, recherche close sur un succ\u00e8s invisible inaudible et aval\u00e9 par des montagnes aux lacets tordus et dont les ombres port\u00e9es conservent la solitude, on cherche toujours seul en d\u00e9finitive, oh, le violet des jacarandas, refleurissent ceux du printemps, tout remonte, les framboisiers les rosiers les jacarandas et les lilas quel \u00e9trange automne, les mimosas des quatre-saisons nous savions, ce qui remonte ne s&rsquo;\u00e9rige pas plus que \u00e7a mais revient au moins deux fois, l&rsquo;encyclop\u00e9dique n&rsquo;est pas arrogance, ce qu&rsquo;il faut lire entendre et voir pour dire encore et mieux, ne serait-ce qu&rsquo;aux petits, comment f\u00fbt la terre la veille de leurs venues, pas seulement hier mais voici une heure une minute une seconde le temps \u00e0 quelque chose ou quelqu&rsquo;un de mourir et de s&rsquo;effacer, les m\u00fbriers blancs dans les ronces-m\u00fbres, les vers \u00e0 soie dans les pochettes imprim\u00e9es d&rsquo;indienne entre les seins des anciennes qui furent filles, leurs mains frip\u00e9es trop t\u00f4t, oh, aimer tant et trop les ipom\u00e9es fleurissant apr\u00e8s les grandes chaleurs, les premiers orages apocalyptiques, trompettes violettes liserons festons aux grands arbres aux postes \u00e9lectriques aux cl\u00f4tures aux cypr\u00e8s et, \u00e0 tout ce qui \u00e0 quoi s&rsquo;accrocher, leurs pieds forant vers les sources, leurs visages \u00e9ph\u00e9m\u00e8res tendus vers l&rsquo;astre citron et qui se seront pliss\u00e9s entortill\u00e9s essor\u00e9s sur eux-m\u00eames d\u00e8s seize heures, oh, ma voix v\u00e9hicul\u00e9e qui pleure quand bien m\u00eame voil\u00e0 le porche d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, muette jusqu&rsquo;\u00e0 la prochaine aube puisque,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">la vie d&rsquo;avant le d\u00e9sastre se r\u00e9sumant \u00e0 une constance de porches consid\u00e9rables commandant \u00e0 des b\u00e2timents, en leurs temps ultra-modernes, les d\u00e9volutions accumulant les repr\u00e9sentations, des plus singuli\u00e8res aux plus attendues, pr\u00e9tentieuses ou involontairement banales, b\u00e2timents actualis\u00e9s sauf leurs monumentales entr\u00e9es, quand bien m\u00eame tout dispara\u00eetrait et serait appel\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre, en franchissant les hauts porches, ploie la nuque,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ou bien se brise, au porche-\u00e9trave d&rsquo;un \u00e9difice divaguant loin de toutes mers, sur des carreaux de marbre rong\u00e9s de sel gemme et descell\u00e9s sous gel\u00e9es, beaupr\u00e9 en harpon \u00e9vit\u00e9 de peu, froidure mutilante des vitrages que plombent de grises nu\u00e9es constantes, quand bien m\u00eame, la femme de pierre assise en proue sur un socle, avec sur les genoux un livre ouvert qu&rsquo;elle ne lit pas ou plus, le dos droit regardant ailleurs, vers la droite ont gliss\u00e9 les lignes du livre, sur sa gauche ma nuque d&rsquo;esquif voulant croire encore au secours des rouges intermittences qui, l\u00e0-bas, au del\u00e0 du double sas, pulsent depuis un guichet,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">une autre fois nuque de martin-p\u00eacheur en livr\u00e9e bleue, bleue, \u0153il noir fendu d&rsquo;un loup orange, oiseau-fus\u00e9e \u00e9clair technicolor, bec en dague noire d\u00e9coch\u00e9e depuis le ciel bleu, bleu, fuselant depuis rivi\u00e8re aux caprices meurtriers, le ru l&rsquo;esplanade le parking goudronn\u00e9 de rose et ombr\u00e9 de jeunes greff\u00e9s remont\u00e9s, remont\u00e9s, deux coups d&rsquo;ailes, des vermicules grouillant sous le porche-saule o\u00f9 balancent des faisceaux de bois roux plant\u00e9s comme osier de biais, biais, des homoncules, de l&rsquo;esp\u00e8ce homo hypermercatorius, trois \u00e0 quatre g\u00e9n\u00e9rations, bip\u00e8des sextup\u00e8des octop\u00e8des, le ciel bleu, bleu, et plus bleu encore l&rsquo;azur verre tremp\u00e9, oiseau-supersonique \u00e9clair bariol\u00e9 dague d&rsquo;\u00e9caille nuque de cristal rompue net,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">minuscule peluche \u00e9lectrique devant les portes escamotables,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">et le dernier porche, dernier, tombeau crypte arcades colonnettes m\u00e2choire trou\u00e9e \u00e0 redans, salive des sources glandes claustras de terre cuite, mastaba sous ciel de plomb le dernier porche ici l\u00e0 de vivant rien, du vide de l&rsquo;air de la lumi\u00e8re du vent traversant et derri\u00e8re les baies empoussi\u00e9r\u00e9es biff\u00e9es de rubalise jaune\/blanche jaune\/rouge, au ralenti en silence deux trois petits bonshommes en v\u00eatures orange et casqu\u00e9s de blancs se mouvant, lents, d&rsquo;une chambre au puits d&rsquo;air, d&rsquo;un sas \u00e0 une autre chambre, d&rsquo;une crypte \u00e0 sa voisine, celles-ci ind\u00e9finiment r\u00e9it\u00e9r\u00e9es vo\u00fbte apr\u00e8s vo\u00fbte, d&rsquo;une rampe \u00e0 un escalier \u00e0 une coursive \u00e0 une passerelle, le porche ordonnant le retrait des l\u00e8vres des joues des langues raval\u00e9es ciment\u00e9es, les dents crissent du sable, les cervicales calcifient, les corps absent\u00e9s, <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/IMG_20210924_125439-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-54928\" 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