{"id":55172,"date":"2021-10-23T13:59:34","date_gmt":"2021-10-23T11:59:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=55172"},"modified":"2022-02-07T08:11:20","modified_gmt":"2022-02-07T07:11:20","slug":"autobiographies05-olympe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies05-olympe\/","title":{"rendered":"autobiographies #05 | Olympe"},"content":{"rendered":"\n<p>1. autobiographies#02. En passant<br>Annick<br>Un appartement modeste dans une HLM d&rsquo;une petite ville de province. Je monte les deux \u00e9tages du b\u00e2timent qui en comprend quatre. Je sonne \u00e0 sa porte. J&rsquo;entends des pas qui s&rsquo;approchent, je per\u00e7ois un corps qui se colle au judas. La porte s&rsquo;ouvre et Annick m&rsquo;accueille avec vivacit\u00e9. Elle tient un cabas dans une main, un marteau de l&rsquo;autre. Dans sa petite entr\u00e9e, elle prend toute la place. C&rsquo;est une tr\u00e8s vieille demoiselle maintenant. Qui oublie pas mal de choses. Qui n&rsquo;oublie jamais de<em> mettre du fard et du rouge aux l\u00e8vres <\/em>comme quand elle \u00e9tait mannequin. Pour l&rsquo;heure, elle est en col\u00e8re. Elle brandit son cabas, fait tournoyer son lourd marteau. <em>On lui vole tous ses torchons. C&rsquo;est un comble<\/em>. Elle s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 sortir, \u00e0 aller chercher les voleurs. Il y a quinze jours, elle en avait apr\u00e8s son vieux fianc\u00e9 qui lui apportait des fleurs et qu&rsquo;elle <em>a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e d&rsquo;\u00e9conduire. Vis-\u00e0-vis des <\/em>v<em>oisins<\/em>. Il la d\u00e9shonorait. <br><br><strong>Notes :<\/strong> <em>Rien ne va. Aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce texte. Tout \u00e0 revoir. Faut le remanier de bout en bout voire le supprimer et repartir sur quelque chose de nouveau. Pour respecter la consigne, vais tenter le remaniement et vais commencer par changer le pr\u00e9nom. Aucune id\u00e9e. Vais consulter un calendrier pour les noms&#8230; Me souviens que son amant l&rsquo;appelait Olympe pour se moquer. Va pour Olympe&nbsp;? Il faudrait qu&rsquo;Olympe nous soit plus pr\u00e9sente, plus vivante.<\/em><br><br><strong>Olympe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur un coup de t\u00eate elle avait quitt\u00e9 Paris pour s&rsquo;installer dans une petite ville de province proche de Carcassonne. Elle avait bazard\u00e9 tous ses meubles, rachet\u00e9 du fonctionnel et accroch\u00e9 aux murs de son modeste appartement de deux pi\u00e8ces, des tableaux, trois petites huiles de l&rsquo;une de ses s\u0153urs, d&rsquo;autres sans int\u00e9r\u00eat mais qu&rsquo;elle aimait. Je me suis toujours demand\u00e9e pourquoi elle avait choisi d&rsquo;habiter ici, loin de la ville, de ses transports en commun, si loin de son besoin de bouger, discuter, s&rsquo;\u00e9tourdir au PMU. D\u00e9sormais, elle ne voyait pas grand monde. C&rsquo;est une demoiselle de 84 ans, jamais mari\u00e9e, pas d&rsquo;enfants. Elle avait eu un fianc\u00e9. L&rsquo;appartement des futurs \u00e9poux \u00e9tait achet\u00e9 et meubl\u00e9. Quelques jours avant les noces, Olympe avait rompu avec \u00e9clat. Ce Francis avait regard\u00e9 d&rsquo;un peu trop pr\u00e8s leur amie commune. Jeune, Olympe \u00e9tait belle et impulsive. Ancien mannequin, elle est rest\u00e9e attentive \u00e0 son allure et se regarde avec mansu\u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque je sonne \u00e0 sa porte, j&rsquo;entends des pas qui se rapprochent, je pressens un corps qui se colle au judas, j&rsquo;entends quelques mots dont je ne devine pas le sens, la porte qu&rsquo;on d\u00e9verrouille. Olympe dans la petite entr\u00e9e prend toute la place. Sa jupe, droite, fermeture \u00e9clair ouverte, lui descend sur les hanches et l&rsquo;entrave. Elle tient premi\u00e8rement, un cabas qu&rsquo;elle agite sous mon nez, deuxi\u00e8mement un lourd marteau. Elle menace. \u00c7a va mal. <em>On me vole tous mes torchons<\/em>. <em>C&rsquo;est un comble. <\/em>Elle est pr\u00eate \u00e0 sortir pour les r\u00e9cup\u00e9rer. O\u00f9 sont-ils&nbsp;? Elle n&rsquo;en sait rien mais elle trouvera <em>C&rsquo;est \u00e9vident. <\/em>Il y a quinze jours, elle en avait apr\u00e8s son vieux fianc\u00e9 qui lui apportait des fleurs et qu&rsquo;elle <em>a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e d&rsquo;\u00e9conduire. Vis-\u00e0-vis des voisins.<\/em> Il la d\u00e9shonorait. Ce qui est remarquable, c&rsquo;est que ce fianc\u00e9 n&rsquo;est autre que Francis qu&rsquo;elle avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9conduit il y a de cela quelques 60 ans. Ils s&rsquo;\u00e9taient retrouv\u00e9s, jusque dans cette bourgade il l&rsquo;avait cherch\u00e9e mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas plus facile aujourd&rsquo;hui que dans le temps. Olympe, toujours impulsive, fi\u00e8re, quelquefois tr\u00e8s t\u00eatue faut dire aussi. Elle avait eu un amant que nous, les ni\u00e8ces et neveux, appelions Monsieur Robert. Nous ignorions le r\u00f4le qu&rsquo;il tenait toutes ces longues ann\u00e9es aupr\u00e8s de notre grand-tante ador\u00e9e. Il \u00e9tait le monsieur avec qui elle nous rendait visite. Aller d\u00e9jeuner chez eux \u00e9tait toute une histoire. Monsieur, royaliste et catholique prenait ses repas sur une table de marbre incrust\u00e9e d&rsquo;une fleur de lys, Olympe d\u00e9pliait une table de camping en formica. Les deux tables dans le prolongement l&rsquo;une de l&rsquo;autre, \u00e0 nous de savoir avec qui nous nous f\u00e2cherions en choisissant de nous attabler ici ou l\u00e0. Toute sa vie avec Monsieur, Olympe en communiste assum\u00e9e a d\u00e9pli\u00e9 sa table midi et soir.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a va mal et il m&rsquo;est impossible de lui dire qu&rsquo;elle perd la boule. Je ne peux pas. Je la connais diff\u00e9remment. <em>Tu te souviens quand tu m&#8217;emmenais au parc&nbsp;? <\/em>Elle me regarde furtivement et comme sans y penser <em>Oh mais on va y aller<\/em> <em>attends seulement que je mette la main sur ces voleurs on va y aller, tu t&rsquo;ach\u00e8teras de la barbe \u00e0 papa je te donnerai des sous. <\/em>Nous restons dans l&rsquo;entr\u00e9e<em>, <\/em>coinc\u00e9es dans ce minuscule espace clos. Elle cherche ses clefs. R\u00e9fl\u00e9chit tout en faisant tourner convulsivement dans un sens puis dans l&rsquo;autre le bouton d&rsquo;un des verrous. Et tu m&rsquo;attendras quand je ferai un tour de man\u00e8ge&nbsp;? Je n&rsquo;ai pas pos\u00e9 la question. On a cherch\u00e9 les clefs. On les as trouv\u00e9es dans le fond du cabas, sous l&rsquo;argenterie qu&rsquo;elle trimballait partout avec elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background\"><em>C<\/em><span class=\"has-inline-color has-blue-color\"><em>odicille <\/em>: Apr\u00e8s m<\/span>on passage chez Fran\u00e7oise Renaud, je m&rsquo;y suis mise. Merci \u00e0 elle.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>\n2 <sup>eme<\/sup> codicille :<\/em> ai modifi\u00e9 les derni\u00e8res lignes du texte d'apr\u00e8s commentaire d'Emmanuelle. Merci<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. autobiographies#02. En passantAnnickUn appartement modeste dans une HLM d&rsquo;une petite ville de province. Je monte les deux \u00e9tages du b\u00e2timent qui en comprend quatre. Je sonne \u00e0 sa porte. J&rsquo;entends des pas qui s&rsquo;approchent, je per\u00e7ois un corps qui se colle au judas. 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Elle tient un cabas dans une main, un <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies05-olympe\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">autobiographies #05 | Olympe<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":237,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3114,3116,2820,2911],"tags":[],"class_list":["post-55172","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-transversales","category-01_methode-echenoz","category-cycle_autobiographies","category-autobiographies-05-reecriture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55172","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/237"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=55172"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55172\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=55172"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=55172"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=55172"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}