{"id":55437,"date":"2021-10-21T22:02:31","date_gmt":"2021-10-21T20:02:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=55437"},"modified":"2021-10-26T21:32:38","modified_gmt":"2021-10-26T19:32:38","slug":"autobiographie-vehiculee-de-ma-voix-qui-pleure2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographie-vehiculee-de-ma-voix-qui-pleure2\/","title":{"rendered":"autobiographies #03 et 04 |\u00a0autobiographie v\u00e9hicul\u00e9e de ma voix qui pleure"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/IMG_20210403_081446-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-55438\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/IMG_20210403_081446-1024x768.jpg 1024w, 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de la for\u00eat moussue, bonjour toi sur l&rsquo;autre rive bonjour pin d&rsquo;alep tout seul, seras-tu celui qui stoppera net ma voix v\u00e9hicul\u00e9e un autre matin, d&rsquo;hiver, bonjour roches et pierres et ciel et soleil sur les cimes et foug\u00e8res, et les animaux petits et grands cachez-vous, vent qui efface et dilue et estompe, les noms des vents, des nuages, si peu de mots, qui ne viennent \u00e0 l&rsquo;esprit de ma voix qui veut penser \u00e0 voix dite, hors dedans t\u00eate, doigt d&rsquo;ange sur mes l\u00e8vres, penser haut ne donne pas les mots, le nom du vent de ce jour, le nom du nuage d&rsquo;hier, le nom de la falaise de maintenant, si peu de mots, les chercherai en silence dans l&rsquo;encyclop\u00e9dique, n&rsquo;\u00eatre que voix d\u00e9bile de ce qui vient \u00e0 l&rsquo;esprit dans v\u00e9hicule tetrapak, la mer on ne la voit pas, nuages de l&rsquo;Est bas, tous ces petits ch\u00eanes apr\u00e8s le col, les noms de la couleur verte, on ne voit pas de mer, plus de mer, qu&rsquo;est-ce qui n&rsquo;est pas r\u00e9solu dont je ne suis d\u00e9barrass\u00e9e de cette histoire, les noms des roches, les noms des gris, les noms des bruns et des ocres, traces d&rsquo;avions, lire leurs feuilles de route, les couleurs du froid de la chaleur, vers le plateau premier palier, jamais plus descendue au niveau de la mer ne connais pas d&rsquo;adresses, ma voix qui pleure ne donne pas plus toutes les pens\u00e9es de ma t\u00eate que la voix de mes mains, elle les dit autrement, pauvrement, elle collisionne les <em>vu, au matin de ce jour<\/em> avec les <em>j&rsquo;ai connu quelqu&rsquo;un qui<\/em>, transcrire ma voix qui pense \u00e0 haute voix ne sera que partie de ma voix qui pense \u00e0, autrement, double partie, mont\u00e9e de sixtes parall\u00e8les, faire des boucles, ma voix que je ne pr\u00e9f\u00e8re pas entendre tant elle pleure ma voix haute aurait donc besoin de ma voix basse, celle des mains qui transcrivent le souffle, et pourtant cela ne suffit pas, je dois en appeler \u00e0 une autre voix pour la jonction la compl\u00e9tion entre les deux pr\u00e9c\u00e9dentes, elles ne savent rien faire toutes seules s\u00e9par\u00e9ment, la voix de la compl\u00e9tion vient des morts, depuis les mastabas sous les hauts porches, les rencontrer, un par un, pas eu le temps de tous, de les manger, d&rsquo;ailleurs les vivants ne les connais pas plus que \u00e7a, ne connais pas leurs adresses vraies, les morts sur les bords de la route, un bouquet dess\u00e9ch\u00e9, un marbre grav\u00e9 d&rsquo;une moto d&rsquo;un pr\u00e9nom, des fleurs en plastique, des chiffons en torchis, marquent les adresses des morts sur la nationale, ci-mour\u00fbt tel, borne 28 nationale 85 code postal 05460, l&rsquo;\u00e2me de celui-ci \u00e0 cette adresse, et encore impr\u00e9cise, dix m\u00e8tres avant la borne 28 ou 3 m\u00e8tres avant la 29, ou bien un caveau, ailleurs, ou bien un colombier, ou bien, en quel lieu cette voix motoris\u00e9e intercept\u00e9e, accroch\u00e9e \u00e0 une branche, caillot coll\u00e9 aux \u00e9corces, et qui aurait \u00e0 lui \u00e9crire ou l&rsquo;entendre, ne plus savoir o\u00f9 s&rsquo;adresser, au mort dont la voix persiste, lieu des recouvrances, l&rsquo;arbre la pierre sur le bord de la nationale, un cimeti\u00e8re ailleurs, adresse obsol\u00e8te ne servant de rien, une bo\u00eete aux lettres encombr\u00e9es de prospectus, courriers administratifs, ne connais pas d&rsquo;adresses, sauf la mienne qui ne r\u00e9colte que les m\u00eames, prospectus et administratifs, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que, lass\u00e9s, plus rien, et de fait ne serai pas dans ma bo\u00eete aux lettres, peut-\u00eatre au pied du pin d&rsquo;alep ou de ce ch\u00eane-l\u00e0, trop petit, quoique, pas grand chose pour buter une voix en terre, un caillou mal plac\u00e9, \u00e9boul\u00e9 , ailleurs, au lieu o\u00f9 se sera tue ma voix, mes voix, et, je l&rsquo;esp\u00e8re tant, mais pourquoi, toutes mes voix r\u00e9unies au mastaba, avec les autres morts ou comateux que l&rsquo;on \u00e9veille de temps en temps, comme les vivants, Lucien \u00e0 vilote, Audrey \u00e0 ferr\u00e8re, Edmond \u00e0 saint-jean, ma s\u0153ur rue de tunis, pouvoir trouver leurs adresses partout et puis, leurs voix je les entends sans adresses, chiffres, noms de voies, seuls les v\u00e9g\u00e9taux habitent l\u00e0 o\u00f9 ils sont, vivent et meurent au m\u00eame endroit, sans adresse l&rsquo;arbousier aux fruits vermillons, temporaire localisation cadastrale sise \u00e0 six m\u00e8tres de l&rsquo;excavatrice, seetp, plot plastique blanc lest\u00e9 d&rsquo;eau, barri\u00e8re cmat, feu provisoire, d\u00e9compte cadran lumineux 7 pass\u00e9 \u00e0 6, prendre un bonbon, ch\u00eane vert et arbouses, 5, chemin corniche, panneau impasse interdit \u00e0 tout v\u00e9hicule, 4, oh ma voix v\u00e9hicul\u00e9e, grand pin parasol d\u00e9coupe colline au loin face, 3, d\u00e9lire des oiseaux trou\u00e9es vacarme excavatrice, 2, tranch\u00e9e, c\u00e2bles tuyaux bleus, sable vole, enterrement, 1, ne sais pas compter, cadran rebours, pas de 0 clignotement circulez, pub histoire de glaces, en piste pour votre r\u00e9ussite, suis pass\u00e9e par les nuages, oh, cent pigeons gris en symposium sur c\u00e2ble \u00e9lectrique, attention am\u00e9nagement s\u00e9curitaire provisoire, 30 rappel pas plus, dos d&rsquo;\u00e2ne en triangle, boulevard alice, ne vois pas d&rsquo;ipom\u00e9es, camion-poubelle jacarandas violets, d\u00e9tritus sur les bas-c\u00f4t\u00e9s, matelas, meubles bris\u00e9s, un canap\u00e9 immonde, cut, le rythme tapotis je d\u00e9verrouille, deux croches, double croche point\u00e9e trois fois et toc, silence,<\/p>\n\n\n\n<p>connais quelqu&rsquo;un qui terrasse chaque matin une monstruosit\u00e9 dans la montagne entre les blocs gris, ne connais pas tout le vocabulaire des montagnes, encyclop\u00e9disme, ni l&rsquo;adresse de la marmotte, ne sais nommer les g\u00e9ologies, cirque pierres lavandes, les sauvages les vraies les angustifolia les aspic, qui les aura nomm\u00e9es, quelle adresse la marmotte, l&rsquo;image dans la t\u00eate, l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier, l&rsquo;alpe, marmotte \u00e0 plat ventre sur un bloc de granit se chauffant, le berger quel besoin d&rsquo;\u00eatre localis\u00e9, abreuv\u00e9 de prospectus, gendarmerie employeur pompiers, son g\u00eete de nuit bergerie, se cacher, vivre et se cacher, la marmotte creuse de fausses entr\u00e9es, ne donne pas son adresse au loup, aux chasseurs, on chasse les marmottes qui le sait \u00e0 part les chasseurs, et les laboratoires, si besoin l&rsquo;adresse du laboratoire, et cela ne m&rsquo;y m\u00e8nerait pas, le num\u00e9ro la voie donn\u00e9e \u00e0 m\u00e2chouiller \u00e0 une application, refus\u00e9, je m&rsquo;applique \u00e0 reconna\u00eetre le ch\u00eane rouvre quelques kilom\u00e8tres avant le laboratoire o\u00f9 d\u00e9poser trois pipettes de mon sang, sur la nationale des ci-mour\u00fbt ce ch\u00eane pr\u00e9cis sous lequel simone a embrass\u00e9 lucien et identifiable \u00e0 ce baiser, cet arbre, si quelqu&rsquo;un savait, l&rsquo;aurait su mais de peu, et encore, si la connaissance du baiser de simone \u00e0 lucien sous ce ch\u00eane rouvre le localisait lui, ce ch\u00eane, m\u00eame si longtemps longtemps apr\u00e8s le ch\u00eane grandi, forci, simone sous terre et lucien pas loin, auraient d\u00e9pos\u00e9s leur baiser au mastaba, avec quels mots, ci-naqu\u00eet les amours de simone et lucien, habitant ou ayant habit\u00e9 au num\u00e9ro tant de la voie z, code postal x quand leurs voix v\u00e9ritables demeurent dans les lignosit\u00e9s du ch\u00eane qui n&rsquo;a pas les mots pour dire le baiser de simone \u00e0 lucien, alors que quelque chose d&rsquo;indescriptible commen\u00e7ait l\u00e0, faire des boucles, nulle administration n&rsquo;accepterait comme adresse \u00ab\u00a0au-ch\u00eane-du-baiser-de-simone-et-lucien\u00a0\u00bb, quelque chose d&rsquo;indescriptible d&rsquo;inaudible, \u00e7a le constitue le ch\u00eane l&rsquo;histoire de simone et lucien, le ch\u00eane a constitu\u00e9 l&rsquo;histoire de simone et lucien, l&rsquo;univers a boug\u00e9, avec ou sans c\u0153ur grav\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9corce, aval\u00e9 les c\u0153urs, s\u00e8ve battante du baiser, peut-\u00eatre venaient-ils aux anniversaires du baiser, simone et lucien, le ch\u00eane venait aussi l\u00e0 o\u00f9 il est d\u00e9j\u00e0 et  encore et depuis longtemps, des rites, des saisons, la mer sorbet d&rsquo;abricot, rite du premier feu de po\u00eale \u00e0 bois, de la cueillette des derni\u00e8res tomates vertes, avant le gel, le rituel nouveau des enregistrements, trajet du matin, de ce qui me constitue et que je ne sais pas enti\u00e8rement, s&rsquo;habituer \u00e0 ma propre voix, oublier qu&rsquo;elle pleure, chuinte, ma voix chuinte que je transcrirai ce soir malgr\u00e9 ce qu&rsquo;elle raconte dans son timbre et souffle dont je ne veux me souvenir, sommant les capacit\u00e9s suppos\u00e9es de mes autres voix, mains, corps, morts, \u00e2mes accroch\u00e9es aux pierres rives d\u00e9routes, compl\u00e9tion, ai connu pourtant des arbres, deux m\u00fbriers blancs, occlusion de b\u00e9ton et ruines ronces-m\u00fbres, deux ch\u00eanes de cinq cents ans et ne dirai o\u00f9, un fusain japonais la petite centaine, un mirabellier \u00e0 l&rsquo;Est d&rsquo;une voie ferr\u00e9e, un pommier cercl\u00e9 d&rsquo;ancolies, je tairai leurs adresses, ceux qui savent savent, ces arbres personne ne voudrait entendre, ou en constituer fait divers enrob\u00e9 encyclop\u00e9disme personnages lieux, l&rsquo;attendu, \u00e9ventuellement, le d\u00e9ni\u00e9, plus souvent, quels sont les faits, soyez factuelle, des voix entendues et puis quoi, comprendre imagin\u00e9es par vous, \u00e9crivez noir sur blanc, adressez-vous \u00e0, postez \u00e0 telle adresse, les lettres g\u00eanent, je n&rsquo;\u00e9cris plus de lettres, des courtoisies jointes aux courriers administratifs, une adresse un envoi \u00e0 quelqu&rsquo;un travaillant \u00e0 tel endroit factuel, une pr\u00e9face, j&rsquo;ai \u00e9cris du sinc\u00e8re de mes multiples voix, \u00e0 la main, comme un livre ils disaient avec sourires mais ne r\u00e9pondaient pas, n&rsquo;\u00e9cris plus, t\u00e9l\u00e9phone parfois, ma voix qui pleure et chuinte ne s&rsquo;entend pas telle au t\u00e9l\u00e9phone, elle s&rsquo;enjoue et sourit toujours, des sentes, des traverses, brouillages des pistes, trac\u00e9s par noirceur, rejoindre les furtifs, personne n&rsquo;a jamais trouv\u00e9 mes logis successifs sans rep\u00e8res, apr\u00e8s la boulangerie, avant le carrefour, \u00e0 hauteur du panneau, juste avant l&rsquo;\u00e9glise, n&rsquo;ai rien dit des arbres, ces \u00e9pouvantes, les arbouses sans le rai de soleil on ne les voit plus, les chimies de la lumi\u00e8re les spectres le froid se mussent \u00e0 la porte de cet automne trop doux,<\/p>\n\n\n\n<p>lapiaz lapi\u00e9 ciselure eau tellurique cha\u00eene pente escarpement estive estiver alpe enmontagner amoncellement mont vallon falaise serre cr\u00eate baou barre chau chalp adret ubac pointe t\u00eate pic roche rocher roc cluse clue gorge doline cirque polj\u00e9 karst calcaire grotte gouffre marne \u00e9rosion fissure tuff travertin argile concr\u00e9tion ma voix rauque ne vais pas aimer<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>passe la montagne le soleil, ce jour nouveau, le nom de la montagne, les noms de chaque montagne falaise et barre, cette route, le pont de nann, quelqu&rsquo;un est mort ici, nouveau jour, le trousseau all\u00e9g\u00e9 ne tinte pas, le carton le plastique grincent toujours, sifflet de la vitre entrouverte toujours mais pas de soufflerie, que moteur, n&rsquo;aimerai pas plus <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographie-vehiculee-de-ma-voix-qui-pleure2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">autobiographies #03 et 04 |\u00a0autobiographie v\u00e9hicul\u00e9e 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