{"id":55462,"date":"2021-10-27T10:51:41","date_gmt":"2021-10-27T08:51:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=55462"},"modified":"2021-11-21T11:50:49","modified_gmt":"2021-11-21T10:50:49","slug":"autobiographies-04-des-lieux-graves","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-04-des-lieux-graves\/","title":{"rendered":"autobiographies #04 | des lieux grav\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>Vauthier le nom d&rsquo;une petite rue perpendiculaire \u00e0 la rue du Val de Saire, elle rejoint d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 la rue de Sennecey et de l&rsquo;autre la rue Malakoff. A l&rsquo;une des extr\u00e9mit\u00e9s, un peu en retrait il y a la R\u00e9sidence \u00ab\u00a0Les tilleuls\u00a0\u00bb et au n\u00b07 un immeuble blanc de 4 \u00e9tages. Pour acc\u00e9der au hall d&rsquo;entr\u00e9e une vol\u00e9e de 5 marches. Apr\u00e8s la s\u00e9rie des 17 bo\u00eetes aux lettres, une porte vitr\u00e9e s&rsquo;ouvre sans interphone ni digicode et un escalier sans moquette conduit dans les \u00e9tages, pas d&rsquo;ascenseur. Sur le palier du 4\u00e8me \u00e9tage, il y a 2 portes. Je sonne \u00e0 celle de droite. Lorsque la porte s&rsquo;ouvre, un grand couloir m\u00e8ne tout droit \u00e0 la pi\u00e8ce du fond. La 1\u00e8re porte \u00e0 gauche est parfois entrouverte, un jour j&rsquo;ai pu apercevoir la cuisine, les 2 portes qui suivent sont toujours ferm\u00e9es, celle de droite aussi. Pas de fen\u00eatre dans ce couloir, l&rsquo;odeur est pr\u00e9gnante, il fait sombre mais je n&rsquo;ai pas peur, je connais le chemin, c&rsquo;est tout droit et de toute fa\u00e7on il n&rsquo;y qu&rsquo;\u00e0 suivre le son du piano qui retentit derri\u00e8re la porte du fond.<\/p>\n<p>Chez eux, on entrait toujours par derri\u00e8re, par la grange, \u00e7a sentait le bois, la colle et le cambouis ensuite on passait par le cellier, \u00e7a sentait le fromage et les \u00e9pinards puis on arrivait directement dans la cuisine. Chez eux, tout \u00e9tait ouvert, pas de mur de s\u00e9paration, hormis sur la gauche une chemin\u00e9e perc\u00e9e des 2 c\u00f4t\u00e9s qui avan\u00e7ait jusqu&rsquo;au milieu de la pi\u00e8ce, elle d\u00e9limitait la cuisine du salon. Ce rez-de-chauss\u00e9 spacieux \u00e9tait un espace baign\u00e9 de lumi\u00e8re, succession de grandes baies vitr\u00e9es donnant sur le jardin (une pelouse bien tondue avec quelques arbres dans le fond). Chez eux, tout \u00e9tait calme, aucun bruit parasite, sensation de repos, de bien \u00eatre, de beaut\u00e9, douce odeur de musc et de framboise. Envie de s&rsquo;asseoir, les jambes \u00e9tendues, le haut du corps l\u00e9g\u00e8rement affal\u00e9 sur la banquette; s&rsquo;abandonner \u00e0 l&rsquo;instant pr\u00e9sent, savourer. Rester chez eux.<\/p>\n<p>Seizi\u00e8me arrondissement de Paris, quatre-vingt-dix boulevard Murat, septi\u00e8me \u00e9tage. C&rsquo;\u00e9tait une chambre exigu\u00eb: neuf m\u00e8tres carr\u00e9, on y acc\u00e9dait par l&rsquo;escalier de service. Derri\u00e8re la porte d&rsquo;entr\u00e9e, la pi\u00e8ce \u00e9tait rectangulaire, sur le mur de droite un lit d&rsquo;une place, sur le mur du fond un vasistas avec en dessous une table et une chaise, sur le mur de gauche un \u00e9vier-lavabo avec au dessus un placard \u00e0 deux portes et sur le pan de mur restant, trois \u00e9tag\u00e8res superpos\u00e9es qui filaient jusqu&rsquo;\u00e0 la porte d&rsquo;entr\u00e9e. Les toilettes \u00e9taient sur le palier au bout du couloir, la porte s&rsquo;ouvrait avec une grosse cl\u00e9 en fer, il y faisait frais, l&rsquo;odeur n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s agr\u00e9able souvent naus\u00e9abonde. Dans la chambre \u00e7a sentait le caf\u00e9, le cannelle et les pieds, il y faisait bon toute l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p>12 rue \u00c9tienne Dolet, au bout d&rsquo;une all\u00e9e \u00e9troite qui longeait un petit immeuble de deux \u00e9tages, une maison qu&rsquo;on disait d&rsquo;ouvrier. Une maison de plain-pied avec une courette devant. On se d\u00e9chaussait avant d&rsquo;entrer, on laissait ses souliers sur le paillasson et sous l&rsquo;auvent. Je me souviens de l&rsquo;odeur sp\u00e9ciale qui r\u00e9gnait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur: un m\u00e9lange de renferm\u00e9, de poussi\u00e8re, de brul\u00e9, de chaleur et de plats mijot\u00e9s. On arrivait directement dans la pi\u00e8ce principale, un poste de t\u00e9l\u00e9vision souvent allum\u00e9 tr\u00f4nait au milieu, sur une table basse. A droite de l&rsquo;entr\u00e9e se trouvait la cuisine et de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 quatre portes parfois entreb\u00e2ill\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vauthier le nom d&rsquo;une petite rue perpendiculaire \u00e0 la rue du Val de Saire, elle rejoint d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 la rue de Sennecey et de l&rsquo;autre la rue Malakoff. A l&rsquo;une des extr\u00e9mit\u00e9s, un peu en retrait il y a la R\u00e9sidence \u00ab\u00a0Les tilleuls\u00a0\u00bb et au n\u00b07 un immeuble blanc de 4 \u00e9tages. 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