{"id":56258,"date":"2021-10-30T20:37:26","date_gmt":"2021-10-30T18:37:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=56258"},"modified":"2021-10-31T15:25:02","modified_gmt":"2021-10-31T14:25:02","slug":"la-fabrique-ecrire-lautomne-vi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-fabrique-ecrire-lautomne-vi\/","title":{"rendered":"la fabrique | \u00c9crire l\u2019automne VI"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/20211030_135510-1024x768.jpg\" alt=\"\" data-id=\"56265\" data-full-url=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/20211030_135510-scaled.jpg\" data-link=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?attachment_id=56265\" class=\"wp-image-56265\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/20211030_135510-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/20211030_135510-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/20211030_135510-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/20211030_135510-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/20211030_135510-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\">Faire en un seul jour<br>La tourn\u00e9e des ciels et retour<br>Tout \u00e0 la splendeur<\/figcaption><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Lundi<\/h3>\n\n\n\n<p>Journ\u00e9e de grand doute sur ce r\u00e9pertoire qui se mord la queue, ce r\u00e9pertoire de mouchoir de poche, de timbre poste de l\u2019op\u00e9ra. Nous travaillons bien, s\u00e9rieusement, nous avons des outils \u00e0 partager. Mais le doute partout, <strong>une forme de lassitude <\/strong>\u00e0 devoir toujours faire du neuf avec du vieux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u2026 toujours, tu me demandais de le faire alors je le faisais, j\u2019ai sutur\u00e9, de l\u2019inlassable aiguille br\u00fblante \u00e0 points compt\u00e9s. Mais ta peau, ta peau magnifique s\u2019affinant, m\u00eame mes plus subtils raccommodages finissaient par la d\u00e9chirer.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Elle n\u2019apparait qu\u2019un moment, dans l\u2019apr\u00e8s-midi, comme parfois mon mauvais visage dans la glace. Je me sens impuissante devant leur main droite qui toujours conduit la voix au lieu de s\u2019attacher au texte, musique ou po\u00e8me. Me revient alors ce personnage du <em>S\u00e9rail&nbsp;<\/em>: <strong>Celle-qui-sait-joindre-avec-de-l\u2019or<\/strong>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Avec ses deux phalanges de m\u00e9tal, on la croyait joueuse de qanun. La Soigneuse au premier coup d\u2019\u0153il a reconnu une femme de l\u2019art du kintsugi, Celle-qui-sait-joindre-avec-de-l\u2019or\u2026 Chaque jour depuis, elle brode la lune et le C du S\u00e9rail sur le tapis de Selim. Cicatrices magnifiques, gloire des toujours-vivants. Les fils sont ses fils, tous, y compris le franc-tireur qui blesse Selim en cet instant\u2026<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Un passage qui<strong> crie au retravail <\/strong>\u2014 et justement avec la proposition #13 qui cl\u00f4t l\u2019Atelier d\u2019\u00e9t\u00e9 du Tiers-Livre \u2014. Je mets la main sur le manuscrit, pour retrouver ces mots, tout en bas d\u2019une liste de fichiers<em> Word<\/em>. Depuis combien de temps ne l\u2019ai-je plus ouvert\u2009? Mais son temps est revenu&nbsp;: en le survolant, j\u2019aper\u00e7ois un passage dans&nbsp;<em>Une fois l\u2019an, la photo<\/em>&nbsp;propre \u00e0 la reconversion et au d\u00e9veloppement de la s\u00e9rie \u00ab\u2009Le plus grand m\u00e9t\u00e8que de Vienne\u2009\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>C\u2019\u00e9tait un sujet pour les \u00e9l\u00e9gantes et les puissants, ma client\u00e8le de pr\u00e9dilection, mais un sujet chuchot\u00e9, \u00e9voqu\u00e9 avec des pr\u00e9cautions de regards vers les portes et les rideaux, comme si l\u2019illustre propri\u00e9taire pouvait surgir n\u2019importe o\u00f9 et leur faire la peau, avant qu\u2019on ait eu le temps de parachever leur manucure, de leur resservir un alcool. Son nom, le nom qu\u2019on lui donnait, qu\u2019il \u00e9tait probablement donn\u00e9, leur baignait la langue&nbsp;: Selim, le Pacha Selim, le Pacha.&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p><strong>M\u00eame l\u2019\u00e9puisement<\/strong>, je peux le mettre au travail.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je leur donne <strong>rendez-vous <\/strong>\u00e0 l\u2019Autobus. Pour <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/marionm\/\">Marion<\/a>, rod\u00e9e parisienne, \u00e7a ne fait pas un pli, pour <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/camillec\/\">Camille<\/a> en visite, tout un imbroglio. Rendez-vous dans un bus, prendre un bus\u2009? (Rapide passage du S, avec \u00e0 son bord un jeune homme au long cou, coiff\u00e9 d\u2019un chapeau orn\u00e9 d\u2019une tresse au lieu d\u2019un ruban), mais peu importe. Ils sont encore plus <strong>beaux en vrai<\/strong>. Les pulls de Camille sont lointainement assortis \u00e0 la chevelure de Marion. Je m\u2019attrape \u00e0 parler trop fort, pas encore sortie finalement de cette longue journ\u00e9e de le\u00e7ons lyriques, en \u00e9coutant leur voix avec plus d\u2019attention, pour les emporter, pour les noter. Je les \u00e9coute&nbsp;<em>comme un b\u0153uf ayant soif penche son front vers l\u2019eau<\/em>. Nous laissons la nuit nous tomber dessus en discutant dans les fauteuils coques orange en plastoc. Nous parlons de <strong>ce que nous cherchons<\/strong>. Avec qui d\u2019autre, dans ce domaine puis-je le faire aussi simplement, tranquillement\u2009? Camille me demande ce que je compte publier dans la revue\u2026 Je comprends alors que j\u2019y ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e. Je me rappelle la servante m\u00e9taphorique \u00e9voqu\u00e9e par la Seconde Prieure des&nbsp;<em>Dialogues des Carm\u00e9lites<\/em>&nbsp;(<em>Lorsqu\u2019un grand roi, devant toute sa cour, fait signe \u00e0 la servante de venir s\u2019asseoir avec lui sur le tr\u00f4ne, ainsi qu\u2019une \u00e9pouse bien-aim\u00e9e, il est pr\u00e9f\u00e9rable qu\u2019elle n\u2019en croie pas d\u2019abord ses yeux ni ses oreilles, et continue \u00e0 frotter les meubles<\/em>)&nbsp;et je trouve ma conduite assez path\u00e9tique. Il s\u2019agirait d\u2019\u00eatre pr\u00e9sente \u00e0 ce qui se passe au lieu de laisser courir <strong>toutes les moindreries de l\u2019imaginaire<\/strong>. Nous nous quittons pour nous revoir.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mardi<\/h3>\n\n\n\n<p>Je fonctionne <strong>par tranche de cinq ans<\/strong>. Je ne sais pas comment je ferais si le temps venait \u00e0 se raccourcir drastiquement pour moi. Les pens\u00e9es morbides flottent dans l\u2019air de ce mois d\u2019octobre rose. De grand.es ami.es r\u00e9sistent au si\u00e8ge des <strong>arm\u00e9es du crabe<\/strong>, rassembl\u00e9es ici ou l\u00e0. Leur force est impressionnante, la force de leur faiblesse, leur souplesse aussi. Je crois que m\u00eame \u00e0 l\u2019article de la mort, je ne saurai pas mieux me presser et renoncer \u00e0 ce lustre de mise en place pour tout ce qui importe. J\u2019amorce quelque chose de neuf, d\u2019inconnu et je me dis&nbsp;: nous verrons, il sera encore temps de baisser les bras dans cinq ans. Cette forme de course d\u2019endurance, qui tient plut\u00f4t de la marche de p\u00e8lerinage, donne lieu \u00e0 d\u2019<strong>\u00e9tranges concomitances<\/strong>. Aujourd\u2019hui j\u2019ai envoy\u00e9 le manuscrit du&nbsp;<em>Journal d\u2019un Mot<\/em>&nbsp;\u00e0 Peters Bernard (le meilleur graphiste du monde) et l\u2019<em>Archive Sauveterre<\/em> issue de l\u2019atelier Ville&nbsp;2018 du Tiers Livre \u00e0 Camille et <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/author\/wpaille\/\">Will<\/a>, respectivement envoy\u00e9 sp\u00e9cial et correspondant permanent \u00e0 Jonzac. J\u2019ai la sensation d\u2019<strong>\u00eatre sans b\u00e2t<\/strong>. Je p\u00e8se effectivement (144 + 41 =) 185&nbsp;pages de moins. A4, douze. Il y a un soulagement double. Le poids d\u00e9pos\u00e9, la balle dans le camp des partenaires, mais aussi cette <strong>preuve manifeste<\/strong> d\u2019un travail \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 je ne vois pas que le sommet de l\u2019iceberg&nbsp;: ce journal d\u2019\u00e9criture. Le manuscrit je n\u2019y avais pas remis la main depuis des semaines, me semble-t-il. Le retard des billets FB du&nbsp;<em>Journal d\u2019un Mot&nbsp;<\/em>me donne l\u2019impression qu\u2019il vit seulement sur ses jours de l\u2019\u00e9t\u00e9, que je ne lui accorde plus qu\u2019un <strong>temps de hasard<\/strong>, alors m\u00eame que je suis d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 la publier. Rien de tout cela n\u2019est vrai, rien n\u2019est aussi simple que mes mauvais r\u00eaves. Je vois cela plus clairement depuis que j\u2019ai appuy\u00e9 sur la touche envoi par deux fois le m\u00eame jour.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mercredi<\/h3>\n\n\n\n<p>J\u2019avais demand\u00e9 aux \u00e9l\u00e8ves d\u2019apporter<strong> un po\u00e8me \u00e0 lire<\/strong> hier soir. Baudelaire est toujours aussi populaire, mais on a vu passer Breton, Tsveta\u00efeva, Rimbaud, F\u00e9lix Leclerc. Je pensais consacrer le cours \u00e0 la question de la po\u00e9sie, de la vie avec la po\u00e9sie, mais il ne restait plus qu\u2019une vingtaine de minutes quand les lectures ont commenc\u00e9. Je soup\u00e7onne les \u00e9l\u00e8ves d\u2019avoir fait tout leur possible pour les retarder, pas forc\u00e9ment en conscience, mais le sujet fait peur. Les lectures se sont encha\u00een\u00e9es. J\u2019\u00e9tais assise au milieu du groupe, je les peignais l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre, par leur pr\u00e9nom. La premi\u00e8re avait install\u00e9 un pupitre sur la sc\u00e8ne, pour ne pas lire en tenant son t\u00e9l\u00e9phone dans la main. Ce d\u00e9corum m\u2019a touch\u00e9e. Ensuite, tou.tes se sont succ\u00e9d\u00e9. es derri\u00e8re. L\u2019\u00e9coute \u00e9tait tr\u00e8s vive, tr\u00e8s <strong>fine en d\u00e9pit de la fin du jour<\/strong>. J\u2019ai dit un po\u00e8me du syrien Osama Khalil Aldiab.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Le soleil porte son costume orang\u00e9<br>il salue et part sans retour<br>l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00f4te son masque d\u2019acier<br>les feuilles fuient les arbres<br>tandis que le froid s\u2019approche<br>en portant sur son dos<br>ses couvertures de laine<br>et que la lune se souffle sur les mains<br>\u00f4 ma bienaim\u00e9e<br>la nature met sa tunique blanche<br>et les gens nous observent de leurs fen\u00eatres<br>pareils \u00e0 des fusils<br>ils nous voient saigner sans le moindre frisson<br><br>Emmagasinez les bougies et le bois<br>les grosses chaussures et les pardessus<br>vous qui n\u2019avez pas appris de langage nouveau,<br>des \u00eeles nouvelles,<br>le soleil frappe \u00e0 vos portes<br>depuis des ann\u00e9es<br>et vous, dans les salons vous jouez<br>aux cartes et sifflez le mat\u00e9,<br>je n\u2019ai pas peur,<br>je suis toujours debout<br>pr\u00e8s de la source gel\u00e9e<br>par l\u2019intensit\u00e9 des insultes et des injures,<br>les chenilles ne se sont pas encore envol\u00e9es autour de moi<br>je suis l\u2019arbre qui t\u2019attend toujours<br>tu me manques<br>le froid est un blasph\u00e8me qui me transperce<br>il va an\u00e9antir ces voix aiguis\u00e9es comme des regards<br>mes mains s\u2019\u00e9tendront vers le bord du lit<br>comme la m\u00e8re tend la main \u00e0 son b\u00e9b\u00e9,<br>mais je ne te trouverai pas<br>je crierai d\u2019une voix aveugle<br>que le dur hiver me combat<br>puis j\u2019allumerai mes souvenirs l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre<br>pour traverser sur l\u2019autre rive,<br>ne me reproche pas d\u2019avoir chang\u00e9<br>je recouvrirai mon visage de po\u00e8mes<br>et dessinerai sur le mur<br>apr\u00e8s avoir appris le jour<br>et respir\u00e9 la lumi\u00e8re,<br>je ne l\u00e8verai pas de drapeau<br>je ne l\u00e8verai pas de slogans,<br>je dessinerai seulement ton pr\u00e9nom<br>aussi petit que la lucarne d\u2019un mausol\u00e9e<br>d\u2019o\u00f9 s\u2019envolent les pri\u00e8res.<\/p><cite>Osama Khalil Aldiab\/Cr\u00e9puscule<br>Traduction&nbsp;: Shiraz al Faraj et Annie Salager&nbsp;<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9tais fatigu\u00e9e. J\u2019aime ce po\u00e8me depuis plusieurs ann\u00e9es. Je l\u2019ai dit sans le soin que je lui ai par le pass\u00e9 apport\u00e9. Mais j\u2019ai senti leur attention aussi bien que si nous avions dans\u00e9 ensemble. Avant de monter sur sc\u00e8ne, ma d\u00e9cision \u00e9tait prise&nbsp;: nous allons faire cela chaque mardi jusqu\u2019\u00e0 la fin des cours. Nous en avons besoin. Je ne ferai pas travailler. Ni la diction ni l\u2019interpr\u00e9tation. Mais nous partagerons une fois par semaine un temps d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la po\u00e9sie, auquel chacun. e contribuera. Et <strong>cela suffira<\/strong>, puisque c\u2019est l\u2019essentiel.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Jeudi<\/h3>\n\n\n\n<p>Je suis travaill\u00e9e par l\u2019\u00e9change du pique-nique d\u2019hier. Une habitude dont nous voulons faire une tradition&nbsp;: le mercredi midi nous apportons le d\u00e9jeuner, avec nappe et couvert et quand le temps le permet nous d\u00e9jeunons avec notre coll\u00e8gue et ami Damien Lehman (pianiste, compositeur) au jardin des bambous, dans l\u2019enceinte du CNSMDP, entre le cours du matin et celui de l\u2019apr\u00e8s-midi. Nous nous sommes d\u00e9couvert une grande amour partag\u00e9e pour Edmond Dant\u00e8s. Comme j\u2019\u00e9voquais les temps de trajets en diligence au XVIIIe, Damien a rappel\u00e9 la fiert\u00e9 du Comte \u00e0 <strong>rallier Rouen \u00e0 Paris en quinze heures<\/strong> seulement. Au dessert, j\u2019ai racont\u00e9 \u00e0 Mathilde le pr\u00e9lude \u00e0&nbsp;<em>Fondation&nbsp;<\/em>d\u2019Asimov. Alexandre pensait qu\u2019il y avait deux volumes, sept en fait, plus le prequel, tout \u00e7a se d\u00e9roulant sur des centaines d\u2019ann\u00e9es, dans plusieurs galaxies\u2026 et je m\u2019aper\u00e7ois que ce sont-l\u00e0 les <strong>r\u00e9cits fondateurs<\/strong> de mon \u00e9criture, de mon d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire. Ce qui se ramifie \u00e9chappe \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la ville, du pays et surtout, surtout de la personne. Quelle place alors pour certains projets (<em>L\u2019Anniversaire<\/em>,&nbsp;<em>L\u2019Amn\u00e9sie de l\u2019Enfance<\/em>)\u2009? Ne vaudrait-il pas mieux renoncer, trier, \u00e9lire\u2009?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vendredi<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019exposition <em>L\u2019Exp\u00e9rience Goya<\/em> \u00e0 Lille vaut bien mieux que son titre, fait pour app\u00e2ter le jeune chaland \u2014 et \u00e7a marche puisque nous y emmenons Mathilde, 15&nbsp;ans, consentante \u2014. Je prends des pages de notes en avan\u00e7ant<strong> \u00e0 pas de fourmis<\/strong>. Il faudra partager ceci avec les \u00e9l\u00e8ves&nbsp;: recal\u00e9 deux fois&nbsp;1763 et 1766 par l\u2019Acad\u00e9mie des Beaux-Arts de Madrid, Goya entre en 1780 \u2014 14&nbsp;ans plus tard, donc \u2014 avant d\u2019en devenir le directeur en 1792. <strong>Si quelqu\u2019un. e s\u2019impatiente, ou se d\u00e9courage<\/strong>, voil\u00e0 mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion), cela avec le Tiers Livre&nbsp;: le peintre sourd qui ach\u00e8te \u00e0 un sourd une maison appel\u00e9e la Quinta Del Sordo. Maison dont il peint les murs et qui dispara\u00eet avant d\u2019\u00eatre exhum\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 des recherches sur le cadastre\u2026 Cette femme qu\u2019il peint nue et qui fait scandale et puis, huit ans plus tard, dans la m\u00eame pose, v\u00eatue\u2026 le coup de Vivant Denon, directeur g\u00e9n\u00e9ral des Mus\u00e9es (je l\u2019oublie toujours, je ne le vois jamais plus loin que <em>Point de Lendemain<\/em>, or, comment comprendre ce petit r\u00e9cit si on oublie qui l&rsquo;a \u00e9crit? Je me souviens des points de biographie donn\u00e9 par F \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 : quelle simplicit\u00e9 soudain, dans cet \u00e9clairage), responsable de l\u2019acquisition des <em>Caprices<\/em>\u2026 Matisse au bord du renoncement qui tombe sur un Goya et retrouve le go\u00fbt (comme Bergotte, mais sans la mort, sans l\u2019impuissance, sans les patates)\u2026 <a href=\"https:\/\/www.icrc.org\/fr\/doc\/assets\/files\/review\/2011\/irrc-884-bouvier-fre.pdf\">Les gravures de la guerre des femmes<\/a>. Celle qu\u2019on voit de dos toute droite mettre le feu au canon parmi les cadavres, celles qu\u2019on force (on dit enl\u00e8vement, jamais violences, jamais viol, alors)\u2026 La prairie de San Isidoro, si bien montr\u00e9e du lointain ciel jusqu\u2019aux \u00e9normes visages du premier plan, dans la projection circulaire de l\u2019exposition et qui me ram\u00e8ne, encore une fois \u00e0 mon go\u00fbt du coll\u00e9gial\u2026 Un colosse d\u2019encre (Osmin\u2009?)\u2026 H\u00e2te de retourner \u00e0 la maison pour mettre le nez dans le gros livre de peintures de Bailly et voir ce qu\u2019il dit de tout \u00e7a. Et puis, avant la sortie, Pierre Michon, <em>Ma\u00eetres et Serviteurs<\/em> dans la boutique. C\u2019est <strong>d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit,<\/strong> si bien, concentre-toi sur ce que tu as \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 Gand, plus tard dans la journ\u00e9e, les adresses de l\u2019Autobiographie #4, au lieu du manuscrit. <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographie-4-plumes-aiguilles\/\">Adresses co\u00fbteuses, mais qui relient aussi d\u2019anciens travaux.<\/a> Rien ne se perd. M\u00eame pas la maison du sourd.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Samedi<\/h3>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9ponse de Will, si bien faite, ouvrant \u00e0 elle seule plusieurs portes dans le manuscrit envoy\u00e9 \u2014 je vais ajouter des notes de pr\u00e9sentations des personnages et de leur filiation, il est temps de sortir de ma crypte, de voir ce qui tient quand je cesse de mettre de l\u2019ombre l\u00e0 o\u00f9 le travail manque \u2014 que je pense \u00e0 nouveau \u00e0 la valeur de cette triple correspondance qui va son chemin. M\u00eame si nous n\u2019\u00e9crivions finalement rien ensemble, voici ceci qui consiste d\u00e9j\u00e0 et qui n\u2019est pas rien, s\u2019approchant d\u2019ailleurs de la forme codicille o\u00f9 ledit Will excelle\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Hier, une adresse s\u2019est d\u00e9fil\u00e9e dans Autobiographie #4, manque de temps, ce pr\u00e9texte \u00e0 toutes mains. Cette nuit j\u2019ai r\u00eav\u00e9 de deux adresses, une seule m\u2019est rest\u00e9e\u00a0: rue des Sioux \u00e0 Versailles. On dirait une contrep\u00e8terie. Mais plus tard dans la matin\u00e9e, un vieux squelette d\u2019os de seiche familier est remont\u00e9 \u00e0 la surface, objet d\u2019une terreur hurlante \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 7\u00a0ans, au bord de l\u2019eau. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque de \u00ab\u2009la Californie\u2009\u00bb, l\u2019adresse qui fait d\u00e9faut dans l\u2019Autobiographie #4, notre voisin s\u2019\u00e9tait fait tuer, descendre, pris \u00e0 partie dans un r\u00e8glement de compte o\u00f9 seul le bruit l\u2019avait amen\u00e9. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque du SAC de Pasqua. On en parlait beaucoup. Il \u00e9tait devenu \u00e0 force le sac de Pascale (mon autre pr\u00e9nom), je commence \u00e0 le croire. Et quand j\u2019avais demand\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re de m\u2019expliquer, elle avait ajout\u00e9 OAS. J\u2019aimais ce voisin, c\u2019\u00e9tait un papa, un jardinier et un monsieur rouquin. Il y avait peut-\u00eatre bien de l\u2019OAS de seiche dans ma terreur de Porquerolles\u2026<br><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Dimanche<\/h3>\n\n\n\n<p>Comme je me demande dans quelle mesure<em><a href=\"https:\/\/brunolecatfr.wordpress.com\/author\/corium0\/\"> l\u2019\u0152il affam\u00e9<\/a><\/em> de <a href=\"http:\/\/bruno-lecat\/\">Bruno Lecat<\/a> et ses billets d\u2019Alg\u00e9rie et de psychanalyse m\u2019auront men\u00e9e \u00e0 cet OAS de seiche, je tombe sur cet extrait de Giovanni Raboni qui fait dire \u00e0 Pierre, \u00e0 la fin du livre\u00a0: \u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote is-style-solid-color\"><blockquote><p>Mais combien<br>vraiment auront vu et entendu<br>et combien au contraire ne se souviendront<br>que de voix confuses\u2009?<\/p><cite><em>Repr\u00e9sentation de la croix<\/em><br><em>Traduction de l\u2019italien\u00a0: Jean-Charles Vegliant<\/em>e<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Ceci prouvant beaucoup\u00a0: de l\u2019utilit\u00e9 de lire les coll\u00e8gues, de l\u2019omnipr\u00e9sence de Pierre dans mon enfance, de la n\u00e9cessit\u00e9 absolue de maintenir la <em>Certaine Dose de Po\u00e9sie<\/em> \u00e0 l\u2019\u0153uvre, m\u00eame quand j\u2019envisage des coupes claires dans mes activit\u00e9s pour pouvoir faire de la place au manuscrit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lundi Journ\u00e9e de grand doute sur ce r\u00e9pertoire qui se mord la queue, ce r\u00e9pertoire de mouchoir de poche, de timbre poste de l\u2019op\u00e9ra. Nous travaillons bien, s\u00e9rieusement, nous avons des outils \u00e0 partager. Mais le doute partout, une forme de lassitude \u00e0 devoir toujours faire du neuf avec du vieux.&nbsp; \u2026 toujours, tu me demandais de le faire alors <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-fabrique-ecrire-lautomne-vi\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">la fabrique | \u00c9crire l\u2019automne VI<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":43,"featured_media":56265,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2223],"tags":[],"class_list":["post-56258","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-la-fabrique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56258","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/43"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=56258"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56258\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/56265"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=56258"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=56258"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=56258"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}