{"id":56600,"date":"2021-11-03T20:28:56","date_gmt":"2021-11-03T19:28:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=56600"},"modified":"2021-11-21T20:02:31","modified_gmt":"2021-11-21T19:02:31","slug":"56600-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/56600-2\/","title":{"rendered":"autobiographies #07 | des cha-cha \u00e0 la mer, points de suspension&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211104_152614-1-731x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-56824\" width=\"325\" height=\"455\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211104_152614-1-731x1024.jpg 731w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211104_152614-1-300x420.jpg 300w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211104_152614-1-768x1075.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211104_152614-1-1097x1536.jpg 1097w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211104_152614-1-1463x2048.jpg 1463w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211104_152614-1-scaled.jpg 1828w\" sizes=\"auto, (max-width: 325px) 100vw, 325px\" \/><figcaption>La Alberca, la porte \u00e0 la serrure sans trou<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Enreg.-AUTOBIO-7-Des-cha-cha-a-la-mer.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p>\u2026 de la porte de l\u2019\u00e9picerie qui vendait des cha-cha trois par trois dans du papier dor\u00e9&#8230;   de celle d&rsquo;une autre en haut de trois marches, accueils renfrogn\u00e9s de son \u00e9picier aux faux airs de Daniel Ivernay, le Daniel-Ivernay vendant cependant de son jambon blanc et de sa  Valstar verte &#8211; non pas qu&rsquo;\u00e0 dix ans l&rsquo;on en b\u00fbt de la Valstar verte, mais reste cette odeur de jambon r\u00e9gnant sur toute l&rsquo;\u00e9picerie et sur ce mot de <em>Valstar<\/em> &#8211; Valstar <em>verte<\/em>, pas rouge, <em>verte<\/em> &#8211; blonde, d\u00e9salt\u00e9rante, rafraichissante, <em>Valstarverte<\/em>, ce mot aujourd&rsquo;hui encore impr\u00e9gn\u00e9 de l&rsquo;odeur du jambon, <em>Valstarverte<\/em> roulant surtout plaisamment avec elle dans la bouche certaine \u00e9trange \u00e9tranget\u00e9 devenant famili\u00e8re \u00e0 force de r\u00e9p\u00e9ter le mot pour jouer avec lui tout le long du chemin, <em>Valstarvalstarvalstarverte, Valse-\u00e0-valstar, Valstar-\u00e0-Valstarverte,<\/em> <em>Va<\/em>lstar-sans-verte-ou-bien-avec, verte-et-Valstar&#8230;<em>Valstar verte<\/em> v\u00e9hiculant dans la jubilation toute une langue invent\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aller ou retour si l&rsquo;on parvenait \u00e0 oublier la remarque de l&rsquo;\u00e9picier renfrogn\u00e9 quand on n&rsquo;avait pas la monnaie ou qu&rsquo;on en avait trop.. de la porte coch\u00e8re d&rsquo;un h\u00f4tel particulier, tr\u00e8s particulier, trop particulier, h\u00f4tel <em>de cuyo nombre no quiero acordarme<sup>1<\/sup>,<\/em> pour partager avec Cervantes certaines r\u00e9ticences&#8230; de la porte de la vitre qui tremblait et manquait se briser quand on la laissait retomber, attirant non pas la foudre mais un r\u00e9sign\u00e9 <em>fais-donc attention \u00e0 la<\/em>  <em>porte ! <\/em>&#8230; de la porte de la bobinette \u00e0 tirer et de la chevillette qui ch\u00e9ra&#8230; de celle s&rsquo;offrant au plus offrant&#8230; de celle de la rue Comines et du dernier palier avec les siennes, toutes ces portes pour eux seuls et le palier comme un palais de couloir et de portes \u00e0 pousser&#8230; de la porte de la conciergerie convoit\u00e9e, pass\u00e9e de belle-m\u00e8re en bru sur la rue Vaugirard&#8230; sur la rue de S\u00e9vign\u00e9, de la porte vitr\u00e9e juste en face de celle de la caserne des pompiers, elle affichait parfois <em>je reviens dans cinq minutes<\/em>, ce \u00e0 quoi les habitu\u00e9s ajoutaient en souriant <em>minutes de tailleur<\/em>, aujourd&rsquo;hui ne reste plus que celle de la caserne des pompiers pour dire o\u00f9 se trouvait celle du tailleur&#8230; de la porte de <em>Spring Cottage<\/em> avec ses deux <em>bottles of milk<\/em> du temps o\u00f9 l&rsquo;on chantait encore <em>no milk today, my love has gone away.<\/em>.., Spring Cottage comme on aurait dit la porte du15 ou du 27 de la rue Spring <em>Gardens<\/em>&#8230; des portes \u00e0 pousser de Walt Whitman<em> &#8211; be an opener of doors<\/em>, qu&rsquo;il disait, et l&rsquo;on s&rsquo;y effor\u00e7a&#8230; de la porte du 3, de celui y officiant, avec des yeux, disait-on, jusques au bout des doigts , le 3 pr\u00e8s du square des Trois Lacs, qui ne furent plus que deux, puis qu\u2019un seul&#8230; de la porte surplomblant l\u2019\u00e9chauguette, une porte tout au fond d&rsquo;un couloir mais au dessus des toits, l&rsquo;\u00e9chauguette roucoulant de pigeons&#8230; \u00e0 son insu, la premi\u00e8re de toute une collection, celle-ci portant sur elle l&rsquo;oeil de l&rsquo;esprit du lieu le long  d&rsquo;un chemin du c\u00f4t\u00e9 de Patna, dans les Himalayas&#8230; de la porte d&rsquo;un cimeti\u00e8re de plaine, quand elle grin\u00e7ait encore, que son mur \u00e9tait tout ventru et que lui, le cimeti\u00e8re, lui n\u2019\u00e9tait pas encore un cimeti\u00e8re<em> pour de vrai.<\/em>.. de l\u2019impr\u00e9vue porte d\u2019entr\u00e9e d\u2019une septic\u00e9mie, de celle de chez soi apr\u00e8s six mois d\u2019absence, na\u00efve assurance que la vie reprendrait comme avant&#8230; de la porte d\u2019Ivry-sur-Seine, avec sa ribambelle d&rsquo;escarpins align\u00e9s sur les barreaux d&rsquo;un tabouret en bois&#8230; de la porte d\u2019Italie \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la Nationale 7 et, tout au bout plein sud, celle \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e, <em>la vraie<\/em>&#8230; de la porte d\u2019un placard cadenassant un fant\u00f4me pendant pr\u00e8s de quatre-vingt quinze ans, de la porte de l\u2019escalier D, D comme l&rsquo;initiale de son patronyme, patronyme du fant\u00f4me dont on retrouva la photo dans un livret de famille&#8230; de la porte d&rsquo;un <em>no man&rsquo;s land<\/em>, infranchissable du13 ao\u00fbt 1961 au 22 d\u00e9cembre 1989&#8230; La Alberca, sa porte et sa serrure sans trou&#8230; de la porte bleu outremer, le long d&rsquo;une rue des Batignolles, quand la porte n\u2019\u00e9tait pas peinte de ce bleu-l\u00e0&#8230; de la porte rose dans Chelsea, du gadin magistral et de l\u2019optique explos\u00e9 pour s&rsquo;\u00eatre int\u00e9ress\u00e9 de trop pr\u00e8s aux fen\u00eatres du m\u00eame rose&#8230; de la porte du P\u2019tit Caf\u00e9 en bas de ses trois marches, odeur de Pr\u00e9fontaines et de cacahu\u00e8tes \u00e0 d\u00e9cortiquer, joueurs de belote ou de 4\/21 &#8211; r\u00e9manence  de C\u00e9zanne, ses joueurs de cartes, Degas et sa buveuse d&rsquo;absinthe &#8211; voix divagantes, corps avachis, ravaler sa peur pour parvenir \u00e0 la caisse et ses bocaux de Malabar, de Carambar, de roudoudou, r\u00e9glisse et boules de coco&#8230; Gaud\u00ed et ses portes, ses fen\u00eatres aussi, inspirer par les portes, souffler par les fen\u00eatres&#8230; porte du grand \u00e9cran et du petit t\u00e9l\u00e9viseur, un contre jour, la porte grand ouverte sur un d\u00e9sert rouge, pointant au loin ses doigts, mythique image d&rsquo;enfance sur un monde inconnu de pionniers&#8230; de la porte de Bagnolet, de celle de Clignancourt et du p\u00e9riph le dimanche soir, la porte de Clichy, ses tableaux noirs \u00e0 volont\u00e9 pendant les m\u00e9nages du soir&#8230; de la porte verte du cordonnier malaimable mais qui peignait \u00e0 l\u2019huile&#8230; de la grand-porte des grands messes, Montaigne, juste en face, \u00e9coutant officier les grands pr\u00eatres, sourire \u00e9nigmatique aux l\u00e8vres, jambes crois\u00e9es, pied dor\u00e9 en avant&#8230; de la porte de ma chambre avec ses rideaux rouges, l\u2019index \u00e9cras\u00e9 dans son encoignure un soir d\u2019orage&#8230; porte d\u2019une bulle de savon, qui a jamais vu la porte d&rsquo;une bulle de savon avant que la bulle de savon n&rsquo;\u00e9clate ?&#8230; porte en feuilles dans la haie donnant sur un champ de ma\u00efs&#8230; de la porte de l&rsquo;\u00e9picerie-taxiphone gardant le fil avec son Maghreb d&rsquo;antan&#8230; des portes dont il suffit de dire qu\u2019elles sont dublinoises pour savoir comme elles furent, comme elles sont encore&#8230; de la porte du 1406, voisine imm\u00e9diate de celle du 1380 suivant celle du 1354 s&rsquo;\u00e9loignant \u00e0 tire-d&rsquo;aile dans un vol d&rsquo;\u00e9tourneaux&#8230; de toutes ces portes-l\u00e0 \u00e0 celle tout en haut de la dune qui donne sur l&rsquo;Atlantique, tout n&rsquo;aura \u00e9t\u00e9 que travers\u00e9es et zigzags vers d&rsquo;autres portes encore\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>c<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2026 de la porte de l\u2019\u00e9picerie qui vendait des cha-cha trois par trois dans du papier dor\u00e9&#8230; de celle d&rsquo;une autre en haut de trois marches, accueils renfrogn\u00e9s de son \u00e9picier aux faux airs de Daniel Ivernay, le Daniel-Ivernay vendant cependant de son jambon blanc et de sa Valstar verte &#8211; non pas qu&rsquo;\u00e0 dix ans l&rsquo;on en b\u00fbt de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/56600-2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">autobiographies #07 | des cha-cha \u00e0 la mer, points de suspension&#8230;<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":389,"featured_media":56824,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2937],"tags":[],"class_list":["post-56600","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-autobiographies-07"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56600","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/389"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=56600"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56600\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/56824"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=56600"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=56600"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=56600"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}