{"id":56774,"date":"2021-11-04T10:51:49","date_gmt":"2021-11-04T09:51:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=56774"},"modified":"2021-11-04T11:26:10","modified_gmt":"2021-11-04T10:26:10","slug":"autobiographies07-en-voila","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies07-en-voila\/","title":{"rendered":"autobiographies #07 | en voil\u00e0"},"content":{"rendered":"\n<p>Il y a la lourde et imposante armoire de la grand-m\u00e8re. Trois portes dont l&rsquo;une, centrale, est dot\u00e9e d&rsquo;une glace o\u00f9 se voir. Derri\u00e8re ces portes, des draps blancs empil\u00e9s sur plusieurs \u00e9tag\u00e8res, un gros sac en toile de jute dont je ne sais la contenance. Hors port\u00e9e de ma main, des chapeaux \u00e9tranges portant des fleurs, des oiseaux, des fruits. Deux tiroirs o\u00f9 sont rang\u00e9s des bijoux et autres petites merveilles. Quand je suis malade, j&rsquo;ai le droit de les voir de plus pr\u00e8s, de les toucher. Les portes referm\u00e9es, l&rsquo;armoire garde ses secrets. Que font les draps, les chapeaux&nbsp;? Le quelqu&rsquo;un dans le sac de jute&nbsp;? J&rsquo;entends des voix derri\u00e8re les portes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>***<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si on passe cette porte, tout de suite \u00e0 gauche dans ce cagibis, une autre porte celle du placard o\u00f9 est enferm\u00e9 l&rsquo;album du petit chat jamais d\u00e9livr\u00e9, jamais retrouv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La porte HLM de son appartement \u00e9tait cribl\u00e9e de trous et de vis, la faute \u00e0 une ribambelle de verrous \u00e9lus domicile sur toute la hauteur du chambranle. Du plus petit au plus gros et du syst\u00e8me de verrouillage le plus simple au plus sophistiqu\u00e9. Il y en avait autant que de boutons \u00e0 son cardigan. Ces verrous, targettes, loquets \u00e9taient sans doute, de pi\u00e8tre r\u00e9putation puisqu&rsquo; Olympe souhaitait en acheter un autre <em>des plus efficace<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ton \u0153il est remous\/ Ton oreille aveuglement\/ Ta porte imp\u00e9n\u00e9trable. Mais tu es responsable de moi\/ Pluie, Vent, Soleil, nous sommes.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;enseigne <em>Pension de Famille. Location au mois ou \u00e0 la semaine <\/em>situ\u00e9e dans la coquette avenue de la station thermale promettait une agr\u00e9able vill\u00e9giature. Il y avait bien ce portillon \u00e0 passer d&rsquo;une couleur ind\u00e9finissable -un vert tirant sur un jaune- et ces plates-bandes de fleurs rachitiques courant le long du b\u00e2timent qui surprenaient. Mais on se disait que cette bizarrerie avait un charme d\u00e9suet plein de promesses. En entrant, le grand hall, sombre et ciment\u00e9, impressionnait dans sa nudit\u00e9. A sa droite, \u00e0 sa gauche, un long couloir dans la p\u00e9nombre dont on ne voyait pas la fin. Puis vint le m\u00e9chant n\u00e9on \u00e9clairant sans piti\u00e9 les rang\u00e9es de portes m\u00e9talliques, toutes identiques sur l&rsquo;un des c\u00f4t\u00e9s du couloir comme autant de cellules pour voyageurs d\u00e9funts.<\/p>\n\n\n\n<p>Steve aime sa rue. <em>Je suis le Seigneur de cette cit\u00e9. J&rsquo;en suis le garant. <\/em>Il a choisi d&rsquo;habiter le haut de la ville, aux abords du jardin qui longe l&rsquo;enceinte de la ville. Sa porte \u00e0 lui est massive, faite de pierres, faite pour durer, solidement arrim\u00e9e dans le sol aussi bien qu&rsquo; il est arrim\u00e9 \u00e0 la boisson. Une palissade faite de cartons lui permet de monter la garde. Steve est invincible aux portes de son domaine.<\/p>\n\n\n\n<p>La maman avait install\u00e9e son lit dans l&rsquo;alc\u00f4ve de la salle \u00e0 manger. Pas de porte coulissante mais un l\u00e9ger rideau qui voletait \u00e0 l&rsquo;approche des pas. Lui, dormait dans sa petite chambre sans se douter que Maman P\u00e9gase souvent, le veillait post\u00e9e derri\u00e8re sa porte close.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous cette chaleur \u00e9crasante o\u00f9 aucun souffle d&rsquo;air ne venait secourir les corps amoindris, la sieste se faisait toutes portes ouvertes. Dans ce silence blanc, seul le compresseur du r\u00e9frig\u00e9rateur bourdonnait.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>28.<\/strong> On entre dans Esope par une fente. Mall\u00e9able, elle reconna\u00eet votre forme et s&rsquo;adapte \u00e0 celle-ci composant un passage \u00e0 votre taille.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026 comme la porte promesse la porte naufrage la porte trou de souris la porte voyage la porte paysage la porte blessure la porte trait d&rsquo;humour Laporte nom connu la porte va-t-en la porte chemin la porte lune la porte armure la porte gomme&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Il arrive quelque part. Sans carte d&rsquo;identit\u00e9 ni passeport ni pass sanitaire ni origine. Il arrive quelque part. A quelle porte va-t-il frapper&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><strong>Codicille :<\/strong> A partir du 2 <sup>\u00e8me<\/sup> texte, j'ai tent\u00e9 l'\u00e9criture en prenant comme pr\u00e9texte, ceux d\u00e9j\u00e0 \u00e9crits. Par ordre dans ce texte : Mes images\/Olympe\/Etre\/Le cahier d'Aim\u00e9\/Dans le quartier\/Madame Lhure\/Choses renversantes\/Laville\/Je creuse comme\/Quoi qui<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a la lourde et imposante armoire de la grand-m\u00e8re. Trois portes dont l&rsquo;une, centrale, est dot\u00e9e d&rsquo;une glace o\u00f9 se voir. Derri\u00e8re ces portes, des draps blancs empil\u00e9s sur plusieurs \u00e9tag\u00e8res, un gros sac en toile de jute dont je ne sais la contenance. 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