{"id":57172,"date":"2021-11-08T10:45:06","date_gmt":"2021-11-08T09:45:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=57172"},"modified":"2021-11-08T12:15:19","modified_gmt":"2021-11-08T11:15:19","slug":"autobiographies-07-portes-puertas-deuren","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-07-portes-puertas-deuren\/","title":{"rendered":"autobiographies #07 | portes, puertas, deuren"},"content":{"rendered":"\n<p>Porte d&rsquo;entr\u00e9e en bois brun, agr\u00e9ment\u00e9e d&rsquo;une grille en fer forg\u00e9 et de vitres ocres. La poign\u00e9e aussi en fer forg\u00e9, est difficile \u00e0 manier. C&rsquo;est une porte lourde, \u00e0 la fausse allure m\u00e9di\u00e9vale. Porte d&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;un pavillon de banlieu des ann\u00e9es quatre-vingt. On ne l&rsquo;utilise jamais. Si les habitants passent par la porte de derri\u00e8re, celle qui donne sur le cellier puis la cuisine; les invit\u00e9s sont introduits par la porte-fen\u00eatre du salon. <\/p>\n\n\n\n<p>Porte en bois des \u00e9troites toilettes d&rsquo;un appartement o\u00f9 je suis invit\u00e9e. Je bloque le verrou de m\u00e9tal, mais n&rsquo;arrive pas \u00e0 le tourner dans l&rsquo;autre sens. Je suis bloqu\u00e9e, je m&rsquo;angoisse, je ne peux plus respirer, mon coeur tambourrine. J&rsquo;appelle, je frappe la porte de mes mains \u00e0 plat, je suis oppr\u00e9ss\u00e9e par ces murs si proches l&rsquo;un de l&rsquo;autre, je pleure assise au pied de la porte pendant plusieurs heures. Voyant que personne ne me vient en aide, je me rel\u00e8ve et essaye \u00e0 nouveau. Le verrou c\u00e8de \u00e0 la premi\u00e8re tentative. La porte s&rsquo;ouvre doucement sur l&rsquo;ext\u00e9rieur, un monde auquel j&rsquo;avais fait mes adieux. <\/p>\n\n\n\n<p>Porte de ville, salie par les \u00e9claboussures de la route juste devant. Les jours de march\u00e9, il y a toujours un carton qui tra\u00eene sur le trottoir, une pomme \u00e9gar\u00e9e qui fini dans le caniveau. Porte verte fonc\u00e9e, engonc\u00e9e entre un restaurant turque et une \u00e9picerie arabe. Il y a les odeurs de kebab dans le long couloir sombre qui m\u00e8ne aux escaliers, m\u00eal\u00e9es au parfum de la menthe fra\u00eeche. Il y a les cris des enfants qui jouent et les pleurs d&rsquo;une femme qu&rsquo;on frappe. C&rsquo;est mon premier chez-moi. <\/p>\n\n\n\n<p>Large porte vitr\u00e9e aux montants m\u00e9talliques d&rsquo;une rue anciennement commercante. La porte s&rsquo;ouvrait sur une boutique de vet\u00eaments d\u00e9sormais abandonn\u00e9e. A ses c\u00f4t\u00e9s, la porte de bois qui m\u00e8ne aux logements. Puis une autre porte au pallier du troisi\u00e8me \u00e9tage. Il faut ouvrir trois portes pour arriver chez moi. Je maudis cette succession quand je suis press\u00e9e, mais j&rsquo;aime secr\u00e8tement cette barri\u00e8re avec l&rsquo;ext\u00e9rieur. C&rsquo;est comme entrer dans un autre monde, le bruit de la rue est assourdi, on n&rsquo;entend plus que la rumeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Lourde porte en bois \u00e0 la peinture \u00e9caill\u00e9e. Elle est fatigu\u00e9e, un peu collante o\u00f9 l&rsquo;on pose ses mains pour l&rsquo;enfoncer, les gonds grincent. Il faut lever le pied pour entrer dans le long couloir sans lumi\u00e8re. L&rsquo;interrupteur est un peu plus loin sur le mur d\u00e9fra\u00eechi, juste avant la longue rang\u00e9e de bo\u00eetes \u00e0 lettres bringuebalantes. Au sol, une mosaique de carreaux qui avaient \u00e9t\u00e9 noirs et blancs, il y a longtemps. Une nuit, j&rsquo;y ai crois\u00e9 une anguille rampant sur le sol, poursuivie par des jeunes hilares. <\/p>\n\n\n\n<p>Porte de bois brun, poign\u00e9e m\u00e9tallique. Elle a l&rsquo;air tr\u00e8s ordinaire comme ca, mais elle a du caract\u00e8re, il faut bien la connaitre pour la fermer et l&rsquo;ouvrir. Introduire la cl\u00e9 dans la serrure, soulever la poign\u00e9e vers le haut d&rsquo;un geste brusque, tourner la cl\u00e9 vers la gauche tout en appuyant son pied sur la plinthe et tendant tout mon corps vers l&rsquo;arri\u00e8re. Clac, j&rsquo;ai le mot de passe, le verrou tourne. Mais je serais rest\u00e9e assise \u00e0 ses pieds plusieurs fois avant d&rsquo;y r\u00e9ussir. Avant de partir, il faut cacher la cl\u00e9 entre deux poutres du toit de la cabane, au fond du jardin. <\/p>\n\n\n\n<p>Il faut monter une quinzaine de marches en pierre pour atteindre le seuil que se partagent quatre portes de bois peintes en vert. La mienne est propre avec trois petites vitres carr\u00e9es en haut. Mais on ne voit gu\u00e8re l&rsquo;int\u00e9rieur, le voisin y a coll\u00e9 des protections  pour emp\u00eacher les curieux d&rsquo;y mettre leur nez. On ne voit pas les escaliers de bois, le petit paillasson de moquette grise et le parapluie du voisin accroch\u00e9 \u00e0 la rampe. Dans les escaliers, cela sent la cire et le tabac, parfois le chien mouill\u00e9. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Porte d&rsquo;entr\u00e9e en bois brun, agr\u00e9ment\u00e9e d&rsquo;une grille en fer forg\u00e9 et de vitres ocres. La poign\u00e9e aussi en fer forg\u00e9, est difficile \u00e0 manier. C&rsquo;est une porte lourde, \u00e0 la fausse allure m\u00e9di\u00e9vale. Porte d&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;un pavillon de banlieu des ann\u00e9es quatre-vingt. On ne l&rsquo;utilise jamais. Si les habitants passent par la porte de derri\u00e8re, celle qui donne sur <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-07-portes-puertas-deuren\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">autobiographies #07 | portes, puertas, deuren<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":374,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2820,2937],"tags":[],"class_list":["post-57172","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cycle_autobiographies","category-autobiographies-07"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57172","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/374"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=57172"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57172\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=57172"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=57172"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=57172"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}