{"id":57203,"date":"2021-11-08T12:04:41","date_gmt":"2021-11-08T11:04:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=57203"},"modified":"2023-05-21T20:35:50","modified_gmt":"2023-05-21T18:35:50","slug":"autobiographies-7-trois-lieux-et-quelques-portes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-7-trois-lieux-et-quelques-portes\/","title":{"rendered":"autobiographies #07 | trois lieux et quelques portes"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/pour-aut-7-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-57204\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/pour-aut-7-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/pour-aut-7-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/pour-aut-7-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/pour-aut-7-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/pour-aut-7-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>n&rsquo;ayant aucune photo d&rsquo;aucune des portes cit\u00e9es, et en totale d\u00e9calage, une photo d&rsquo;une humble, mais pas tant, et gentille porte de jardin avignonnaise<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Paris, rive droite. En tirant les deux portes en bois de l&rsquo;ascenseur toujours un rien brinquebalantes, en \u00e9tendant le bras, saisissant la poign\u00e9e en fer forg\u00e9 de la grille, en posant le pied sur le terrain plus ferme du palier, on se trouve entre deux grandes doubles portes de bois autrefois verni que relient un \u00e9troit tapis o\u00f9 le rouge et le noir se m\u00ealent depuis des ann\u00e9es et face \u00e0 une banquette cann\u00e9e qui n&rsquo;a d\u00fb que rarement recevoir un fessier&nbsp;; sur la porte de droite est perc\u00e9 un oeilleton et c&rsquo;est avec un sentiment d\u00e9sagr\u00e9able qu&rsquo;on se tient devant celle de gauche, sentant dans son dos ce regard \u00e9ventuel, en attendant que la vie s&rsquo;\u00e9veille en r\u00e9ponse au son que notre doigt appuy\u00e9 au centre d&rsquo;un rond de faux marbre \u00e0 d\u00e9clench\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;int\u00e9rieur, pass\u00e9e la porte, dont deux panneaux d&rsquo;une tr\u00e8s vieille tapisserie cachent la porte, le verrou, la serrure et le loquet, on se retrouve dans un hall assez \u00e9triqu\u00e9, \u00e0 peine plus large que cet acc\u00e8s, sur lequel ouvrent trois portes vitr\u00e9es, celle de droite laissant appara\u00eetre confus\u00e9ment, dans la p\u00e9nombre qui r\u00e8gne sur la rue \u00e9troite et sombre qui semble garder le souvenir des petits trains \u00e0 vapeur de la ligne de ceinture, le grand vitrail de la fen\u00eatre sur cour, tandis qu&rsquo;\u00e0 gauche la premi\u00e8re, double \u00e9galement, s&rsquo;ouvre sur le salon, les deux portes-fen\u00eatres \u00e9troites et le petit balcon, la derni\u00e8re, simple mais \u00e9galement vitr\u00e9e, donnant sur la chambre principale, face \u00e0 la porte couverte de papier peint et toujours ouverte du long couloir qui dessert cuisine, salle de bains, le bureau, une grande chambre au fond comme rel\u00e9gu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre lieu, dans le sud, au dessus des vieilles et vivaces stations baln\u00e9aires, en venant de la petite route qui serpente pour grimper une colline \u2013 on la nomme chemin et elle le m\u00e9rite \u2013 il n&rsquo;y a pas de porte, juste sur la gauche une pile en pierres jointoy\u00e9es assez basse, muni d&rsquo;une petite cloche, apr\u00e8s lequel reprend pour un temps le muret de pierres s\u00e8ches qui laisse rapidement place \u00e0 une fronti\u00e8re symbolique, et sur la droite, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un grand cypr\u00e8s une boite \u00e0 lettres m\u00e9tallique, un panneau de c\u00e9ramique portant le nom de la propri\u00e9t\u00e9 et un petit panneau de bois sur lequel est peint simplement \u00ab&nbsp;priv\u00e9 \u00bb&nbsp;; le chemin, terre et orni\u00e8res, qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve doucement vers le sommet de la colline entre les rang\u00e9es de vignes est visible affirmation du refus de toute pr\u00e9sence non d\u00e9sir\u00e9e ou intempestive et il ne viendrait \u00e0 personne l&rsquo;id\u00e9e de franchir ce seuil sans une bonne raison.<\/p>\n\n\n\n<p>Le long b\u00e2timent bas qui borde la terrasse, le parterre de plantes grasses naines, auquel on acc\u00e8de en descendant quelques marches depuis le terrain de terre s\u00e8che qui sert de parking est ponctu\u00e9 de portes de bois peint d&rsquo;un vert soigneusement d\u00e9lav\u00e9 qui ferment des r\u00e9duits pour le mat\u00e9riel de jardinage, le potager, une chambre de secours \u00e9clair\u00e9e par un fenestron, le chemin se terminant par un saut de loup assez large sur laquelle s&rsquo;ouvre, \u00e0 gauche, la porte vitr\u00e9e de la cuisine, \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re de la grande maison carr\u00e9e, reprenant le style des anciennes maisons paysannes, simples et robustes, \u00e0 mille lieux des fantaisies des villas des lotissements.<\/p>\n\n\n\n<p>En tournant autour de la maison,en laissant derri\u00e8re soi la petite porte d&rsquo;entr\u00e9e qui semble \u00e9ternellement close, on d\u00e9bouche sur la grande terrasse, les six portes fen\u00eatres \u2013 pour chacune&nbsp;: deux soubassements de boiserie verte, repeinte de neuf surmont\u00e9s chacun de trois carreaux \u2013 r\u00e9guli\u00e8rement espac\u00e9es dont les trois premi\u00e8res, celle du grand salon pi\u00e8ce \u00e0 vivre sont, avec la petite porte de la cuisine, l&rsquo;acc\u00e8s normal \u00e0 la demeure.<\/p>\n\n\n\n<p>Alger, une porte de bois \u00e0 la peinture brune craquel\u00e9e, encadr\u00e9e d&rsquo;un chambranle d&rsquo;acier, perc\u00e9e dans un mur de jardin faisant suite \u00e0 une maison sans caract\u00e8re, une sonnette, une poign\u00e9e au dessus d&rsquo;une serrure que l&rsquo;on ne ferme que la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le jardin qu&rsquo;une haie partage en deux moiti\u00e9s sensiblement \u00e9gales, une terrasse de ciment autour de la maison, quelques fen\u00eatres et une double porte sous une imposte en verre gaufr\u00e9 \u2013 bois peint comme la porte de la rue et un simple bec de cane en aluminium \u2013, g\u00e9n\u00e9ralement entreb\u00e2ill\u00e9e, donnant sur le hall carr\u00e9 de l&rsquo;appartement qui occupe une moiti\u00e9 du rez-de-chauss\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les portes de l&rsquo;int\u00e9rieur, \u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;une porte vitr\u00e9e au fond \u00e0 droite du hall, donnant sur le salon et la chambre des parents qui communique avec lui, sont toutes de simples portes de bois peintes du m\u00eame ton blanc cass\u00e9 que les murs, munies du m\u00eame bec de cane ordinaire que la porte principale.<\/p>\n\n\n\n<p>image \u00a9Brigitte C\u00e9l\u00e9rier &#8211; Avignon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>n&rsquo;ayant aucune photo d&rsquo;aucune des portes cit\u00e9es, et en totale d\u00e9calage, une photo d&rsquo;une humble, mais pas tant, et gentille porte de jardin avignonnaise Paris, rive droite. 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