{"id":57618,"date":"2021-11-13T13:42:29","date_gmt":"2021-11-13T12:42:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=57618"},"modified":"2021-11-13T17:37:51","modified_gmt":"2021-11-13T16:37:51","slug":"autobiographies-04-femme-tronc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-04-femme-tronc\/","title":{"rendered":"autobiographies #03 | femme-tronc"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211113_135523-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-57622\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211113_135523-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211113_135523-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211113_135523-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211113_135523-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211113_135523-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Nous pourrions \u00eatre engloutis. Ils nous d\u00e9passent, sauvages. Prennent de la hauteur. Nous sommes aur\u00e9ol\u00e9s. Menus, m\u00eame gras. Admiratif de la pousse qui bousculent mais trouve place dans l\u2019immensit\u00e9.<br>Lorsque je marche, je tremble devant leurs grandeurs.<br>La beaut\u00e9 r\u00e9side jusque dans la pourriture de leurs racines. L\u2019odeur s\u2019accroche au nez sensible mais n\u2019agresse pas. Elle rassure, nous trouve en bon \u00e9tat. Respirant.<br>\u00catre bouscul\u00e9.<br>Nos pas s\u2019accordent \u00e0 l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Leur pr\u00e9sence durable apaise. Marcher. Avancer. Sans discontinuit\u00e9. R\u00eave \u00e9veill\u00e9 de celui qui cherche \u00e0 ma\u00eetriser les codes d\u2019un monde sans souffle vital.<br>Je voudrais plonger ma t\u00eate dans la terre. Avaler la boue. Me confondre avec la partie cach\u00e9e. Invisible. Qui nous repousse.<br>Nos corps deviendront compost. Viendra le jour o\u00f9 nous pourrons rendre \u00e0 la terre ce qu\u2019elle donne. G\u00e9n\u00e9reuse acclimat\u00e9e. Il faudra d\u00e9faire les couches d&rsquo;\u00e9corce pour acc\u00e9der au c\u0153ur de ce qui maintient en vie.<br>Devenir tronc, s\u2019enrouler au creux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Femme tronc<br>d\u00e9solation<br>Femme tronc<br>fondue dans les veinures bless\u00e9es<br>de sa peau<br>Parure pour chasseuse ou pour proie<br>Choix<br>Femme tronc<br>transperce l\u2019\u00e9corce<br>s\u2019abreuve de s\u00e8ve mielleuse<br>Surseoir \u00e0 l\u2019app\u00e9tit goulu de celui qui veut<br>Poss\u00e9der<br>Celui qui soumet<br>ceinture<br>Femme tronc<br>accueille<br>la ronde mortuaire de l\u2019hiver qui s\u2019annonce<br>Femme tronc<br>r\u00e9volution ou d\u00e9sint\u00e9gration<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais me planter l\u00e0. Au milieu d\u2019eux. Semblables. Ronds. Taill\u00e9s en spirale, ils s\u2019accordent au paysage, \u00e0 la chaleur. Plant\u00e9s pour durer, pour s\u2019imposer. Dans les champs sans soin, ils grandissent. Avec, ils implosent. Don de fruits. D\u00e9gustation apr\u00e8s saumure, salade apr\u00e8s pression. A froid, de pr\u00e9f\u00e9rence.<br>Devenir tronc d\u2019un olivier ? Biscornu, fin, sec. Il \u00e9toufferait les chairs.<br>Il faut un tronc large qui nourrit. Un saule balaiera l\u2019impuissance en laissant couler les larmes. Abri sous feuillage. Il attirera confidence.<br>Robuste, il s\u2019enrichira du sel de nos doigts.<br>Contempler, se cacher. Adorateur de secret. Tu lui confies m\u00eame la rage. Celle qui scinde. Refuse de s\u2019extraire. Elle s\u2019installe, compile les armes, compulse les drames et retient l\u2019eau.<br>Parcouru par le fr\u00e9missement du vent. Tu t\u2019installes et attend. Que le temps s\u2019\u00e9coule jusqu\u2019\u00e0 maturit\u00e9. Attendre de vieillir pour d\u00e9cider le chemin. En tailleur, \u00e0 genoux, en boule tu m\u00e9dites \u00e0 rebours de ce que tu penses savoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">\u00catre un saule<br>Epaules tombantes<br>Au sol<br>re\u00e7ois la pluie<br>re\u00e7ois les nuits<br>accueille les cris<br>\u00catre un saule<br>Les larmes m\u2019\u00e9vadent<br>Les larmes m\u2019\u00e9toffent<br>Corps fissur\u00e9<br>Mais robuste<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9ceptacle de d\u00e9ceptions lorsque tu fais des choix qui t\u2019\u00e9teignes. Le saule t\u2019apprivoise, t\u2019apprend. Ne recule devant aucune brimade. Il sait. Pers\u00e9v\u00e8re. D\u00e9ploie ses feuilles gouttes sur ta peau. L\u00e9g\u00e8res, elles caressent les stigmates.<br>L\u2019arbre ploiera jusqu\u2019\u00e0 gu\u00e9rison compl\u00e8te. Cicatrices voil\u00e9es. Mince lignes blanches raconteuses d\u2019histoires sans fin.<br>La fin en pluie de cendres souffl\u00e9es du bas. Elles remontent. Panache d\u2019un corps devenu poussi\u00e8re<br>puis recommencement.<br>Le saule reste l\u00e0. Il ne tr\u00e9buche pas. Comme toi quand tu sauras. Robuste, il attend le suivant.<br>Les blessures deviennent souvenirs, \u00e9vinc\u00e9s par la pluie. Tu chasses ce qui aspire. Les ondes sur le lac attenant te rappellent que tu existes. Ton reflet dans l\u2019eau ne te ressemble pas. Le saule recoud les m\u00e9moires et bordent les coins envol\u00e9s.<br>Tu sais maintenant.<br>Il faut continuer de pousser droit.<br>Laisser la place \u00e0 ce qui pourrait.<\/p>\n\n\n\n<p>Le saule n\u2019est pas au bon endroit.<br>Et moi ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous pourrions \u00eatre engloutis. Ils nous d\u00e9passent, sauvages. Prennent de la hauteur. Nous sommes aur\u00e9ol\u00e9s. Menus, m\u00eame gras. Admiratif de la pousse qui bousculent mais trouve place dans l\u2019immensit\u00e9.Lorsque je marche, je tremble devant leurs grandeurs.La beaut\u00e9 r\u00e9side jusque dans la pourriture de leurs racines. L\u2019odeur s\u2019accroche au nez sensible mais n\u2019agresse pas. 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