{"id":57708,"date":"2021-11-24T01:04:20","date_gmt":"2021-11-24T00:04:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=57708"},"modified":"2021-11-24T08:32:11","modified_gmt":"2021-11-24T07:32:11","slug":"autobiographies-09-faites-le-tour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-09-faites-le-tour\/","title":{"rendered":"autobiographies #09 | faites le tour!"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"2560\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/tour-L@ur6nt-scaled.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/tour-L@ur6nt-scaled.jpg 1920w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/tour-L@ur6nt-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/tour-L@ur6nt-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/tour-L@ur6nt-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/tour-L@ur6nt-1536x2048.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/figure>\n\n\n<p>Porte d&rsquo;entr\u00e9e avec son paillasson et son auvent \u00e9clair\u00e9 par une lanterne \u00e0 allumage \u00e0 halog\u00e8ne. Porte avec un oeil de boeuf laissant entrevoir des ombres et des lumi\u00e8res indistinctes, et sourdre, de temps \u00e0 autre, des bruits incertains. Une serrure \u00e0 p\u00e9ne en laiton sur un b\u00e2ti en bois \u00e9pais qu&rsquo;un vernis discret prot\u00e8ge des outrages du temps. Je me tiens l\u00e0, devant, ind\u00e9cis. Toquer \u00e0 l&rsquo;huis ou sonner apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre assur\u00e9 de la pr\u00e9sence ou pas des habitants des lieux&#8230;M&rsquo;annoncer au t\u00e9l\u00e9phone pour \u00eatre certain que l&rsquo;on m&rsquo;attende et comme pour m&rsquo;excuser du d\u00e9rangement. Entrer franchement ou timidement, d&rsquo;un pas assur\u00e9 ou mesur\u00e9, en cognant \u00e0 la porte, sans s&rsquo;annoncer ou lancer un tonitruant \u00ab\u00a0y a quelqu&rsquo;un?\u00a0\u00bb ou un piteux \u00ab\u00a0c&rsquo;est moi\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Un couloir et trois portes identiques, impersonnelles, sans chaleur. Bruits diffus derri\u00e8re l&rsquo;une d&rsquo;elles&#8230;oui mais laquelle? A moins que ce ne soit les deux voire les trois. Un bruit de t\u00e9l\u00e9phone vite r\u00e9prim\u00e9, aurait pu m&rsquo;en dire davantage. Je suis l\u00e0, assis, seul, sur un banc de moleskine, depuis un long moment. Ces portes communiquent-elles par un couloir que l&rsquo;on ne voit pas? Bien possible dans cet \u00e9difice de style haussmanien, abritant un service de l&rsquo;Etat d\u00e9sargent\u00e9, sans panache et sans prestige. Mon rendez-vous \u00e9tait pr\u00e9vu \u00e0 dix heures et il est presque onze heures. Et pourtant j&rsquo;\u00e9tais en avance. La r\u00e9ceptionniste \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e a annonc\u00e9 ma venue, puis on m&rsquo;a pri\u00e9 d&rsquo;attendre l\u00e0, dans le couloir. Personne ne m&rsquo;a encore invit\u00e9 \u00e0 le suivre. Nul n&rsquo;entre. Je me l\u00e8ve pour me d\u00e9gourdir les jambes dans ce couloir morne, au carrelage terne. Je marche lentement \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt du moindre bruit. Mais rien. Je laisse divaguer mon esprit, pensant et ressassant mille et une choses sans importance, trompant un ennui rampant. Je me trouve devant l&rsquo;une de ces trois portes. Quelle porte va t-on ouvrir pour me recevoir. Celle de droite? Celle de gauche? Pourquoi pas celle de milieu? je vais en prendre une au hasard et tant pis si je ne d\u00e9range pas la bonne personne. Oui mais \u00e7a pourrait \u00eatre une personne importante, un cadre sup\u00e9rieur et pourquoi pas un directeur qui pourrait mal prendre la requ\u00eate que je suis venu pr\u00e9senter au d\u00e9cideur de ces lieux aust\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>La porte est en bas d&rsquo;un escalier balis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9clairage de secours. Elle est l\u00e0, m\u00e9tallique,  travers\u00e9e de sa barre anti-panique, que j&rsquo;actionne d&rsquo;une pes\u00e9e de main. Elle s&rsquo;ouvre, sur une ruelle, mal \u00e9clair\u00e9e, aux murs barbouill\u00e9s de graffitis s&rsquo;entre-m\u00ealant comme autant de palimpsestes de l&rsquo;histoire d&rsquo;une ville, d&rsquo;un quartier, d&rsquo;une rue, occup\u00e9e par des habitants que l&rsquo;on ne voit pas, mais dont on devine la pr\u00e9sence inqui\u00e9tante, sans jamais la nommer. On l&rsquo;\u00e9voque par allusions, en petites touches suggestives, en descriptions n\u00e9gatives. Je marche au milieu de la ruelle, \u00e9vitant des encombrants et autres d\u00e9chets, dont on se sait que faire, et que l&rsquo;on a abandonn\u00e9 derri\u00e8re un parking, dans une ruelle mis\u00e9rable. Une toux  grasse, un raclement de gorge, un crachat&#8230;le bruit d&rsquo;une bouteille qui roule \u00e0 ma gauche. Je fais un pas \u00e0 droite, comme pour me prot\u00e9ger de miasmes qui pourraient m&rsquo;atteindre. A l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de la ruelle, je distingue \u00e0 peine dans l&rsquo;obscurit\u00e9, l&rsquo;ombre d&rsquo;une camionnette en stationnement&#8230; Le bruit d&rsquo;une porti\u00e8re lat\u00e9rale que l&rsquo;on ouvre, m&rsquo;alerte. J&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re le pas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Porte d&rsquo;entr\u00e9e avec son paillasson et son auvent \u00e9clair\u00e9 par une lanterne \u00e0 allumage \u00e0 halog\u00e8ne. Porte avec un oeil de boeuf laissant entrevoir des ombres et des lumi\u00e8res indistinctes, et sourdre, de temps \u00e0 autre, des bruits incertains. Une serrure \u00e0 p\u00e9ne en laiton sur un b\u00e2ti en bois \u00e9pais qu&rsquo;un vernis discret prot\u00e8ge des outrages du temps. 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