{"id":57886,"date":"2021-11-16T15:16:15","date_gmt":"2021-11-16T14:16:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=57886"},"modified":"2021-11-16T17:55:30","modified_gmt":"2021-11-16T16:55:30","slug":"dedale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/dedale\/","title":{"rendered":"autobiographies #04 |\u00a0d\u00e9dale"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Non.<\/em> Voil\u00e0 bien un mot que j&rsquo;aime&nbsp;: non. Te souviens-tu de ton premier Non&nbsp;? Cette col\u00e8re en moi enterr\u00e9e mais pas morte, \u00e7a ressort au moment o\u00f9 on s&rsquo;y attend le moins et c&rsquo;est bon, non, un choc qui vient du ventre, de profond. Le t\u00e9l\u00e9phone a sonn\u00e9, j&rsquo;ai commis l&rsquo;erreur de d\u00e9crocher et depuis la phrase pr\u00e9c\u00e9dente, je continue d&rsquo;\u00e9crire tout en \u00e9coutant la voix au bout du fil (le covid remonte troisi\u00e8me injection tu manges du saucisson toi un b\u00e2ton de berger \u00e7a te va&nbsp;?), faisant de br\u00e8ves r\u00e9ponses &nbsp;(ah, tiens, ah bon, pas trop, d&rsquo;accord), en essayant de garder le fil. <em>Ni terreur ni piti\u00e9.<\/em> Pain de mie, cornichons. <em>Col\u00e8re plut\u00f4t<\/em>. J&rsquo;en parlais justement. <em>\u00c0 imaginer ces personnes qui un jour d\u00e9cident de quitter leur pays<\/em>, on quitte son pays en gros pour deux types de raisons&nbsp;: partir vers et se sauver de. Il fait beaucoup plus froid aujourd&rsquo;hui \u00e7a sent l&rsquo;hiver, au bout du fil on cherche du vinaigre on doit \u00eatre dans une grande surface, dans les all\u00e9es bord\u00e9es, la voix dit quelle merde de faire les courses, d&rsquo;alignements de bo\u00eetes multipli\u00e9es \u00e0 l&rsquo;infini, l&rsquo;enfer doit \u00eatre construit sur ce mod\u00e8le. <em>De s&rsquo;en arracher, et m\u00eame des enfants de 11 ans en Erythr\u00e9e par exemple, traversant le d\u00e9sert dans la benne d&rsquo;un camion<\/em> et s&rsquo;il n&rsquo;y avait que le d\u00e9sert.. mais c&rsquo;est seulemment la premi\u00e8re \u00e9tape <em>initialement destin\u00e9 au transport des d\u00e9chets pour aller vers le nord,<\/em> le nord, j&rsquo;ai perdu le nord la boussole indique toujours le nord, c&rsquo;est vers le nord qu&rsquo;ils sont all\u00e9s depuis le d\u00e9but les hommes n&rsquo;est-ce-pas, laissez moi v\u00e9rifier&nbsp;: l&rsquo;&nbsp;<em>Homo erectus<\/em>&nbsp;semble avoir suivi les migrations d&rsquo;animaux vers le nord pendant les p\u00e9riodes plus humides, probablement comme source de nourriture charogn\u00e9e. Nourriture charogn\u00e9e dans grandes surfaces aux noms sympathiques assortis d&rsquo;un slogan D\u00e9penser moins sans aller loin L&rsquo;avantage du coin c&rsquo;est qu&rsquo;il est du coin votre magasin ouvert de 7 h \u00e0 23 h avec les caissi\u00e8res Philippines ou Tamoules \u00e0 l&rsquo;air ensommeill\u00e9es (andro\u00efdes?), <em>vers une vie suppos\u00e9e plus vivable ou moins mortelle<\/em>, vers un pays o\u00f9 on n&rsquo;est pas oblig\u00e9 de faire son service militaire toute la vie, esclave ou soldat, ou les deux. Je suis bien ici, bien \u00e0 l&rsquo;abri, la plante grasse pousse \u00e9tonnament vite ainsi que l&rsquo;habituel fatras sur la table et la grosse cruche qui fait pied de lampe avec la photo de Maurice Ponge en noir et blanc pos\u00e9e devant, son air suspendu. <em>Les uns sur les autres entass\u00e9s, un num\u00e9ro \u00e0 l&rsquo;encre bleu sur le gras du bras<\/em>, peut-\u00eatre faudrait-il mettre Marqu\u00e9 sur le gras du bras ou Imprim\u00e9 puisque c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;encre bleue, je dois avouer que cette histoire d&rsquo;encre bleue sur le gras du bras je l&rsquo;ai rajout\u00e9e pour faire v\u00e9cu en r\u00e9alit\u00e9 j&rsquo;avais lu le r\u00e9cit d&rsquo;un jeune homme, son p\u00e9riple depuis le Mali, il disait qu&rsquo;ils \u00e9taient une trentaine dans le camion et on leur avait donn\u00e9 \u00e0 chacun un num\u00e9ro et le jeune homme mentionnait que c&rsquo;est \u00e0 ce moment l\u00e0 seulement qu&rsquo;il avait pris conscience qu&rsquo;il quittait sa famille et Peut-\u00eatre m\u00eame son identit\u00e9 avait-il ajout\u00e9. <em>Dans l&rsquo;immensit\u00e9 torride, buvant aux haltes l&rsquo;urine des chameaux pour ne pas mourir<\/em> \u00e7a, \u00e7a vient du r\u00e9cit d&rsquo;une jeune femme, Julienne, elle dit aussi avoir vu douze types sur une fille dans les toilettes d&rsquo;un restaurant <em>mais quand&#8230; quand, \u00e0 quel moment de l&rsquo;histoire, ou de la pr\u00e9histoire, certains humains se sont-ils racont\u00e9 que certains autres \u00e9taient des animaux<\/em>, avec le pr\u00e9suppos\u00e9 que les animaux sont inf\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;homme, c&rsquo;est ce que nous disent les religions monoth\u00e9istes rangeant la femme aussi dans la case des animaux pour ce qui est de l&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 et d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;autres choses, sauf pour la sainte Vierge \u00e9videmment mais Marie est un avatar de la d\u00e9esse Isis qui d&rsquo;ailleurs couchait avec son fr\u00e8re et&#8230; on s&rsquo;en fout \u00e7a la regarde. <em>Mill\u00e9naires d&rsquo;esclavage, colonialisme, exploitation de ceux-ci par ceux-l\u00e0 qui poss\u00e8dent le pouvoir des banques et des armes<\/em> je sais, \u00e7a fait toujours un peu Neuneu ce genre de discours, comme sur le traitement inhumain des poulets dans les fermes industrielles et l&rsquo;abattage des arbres selon des crit\u00e8res de rentabilit\u00e9 alors que la for\u00eat a besoin des plus faibles pour garder son \u00e9quilibre et ce n&rsquo;est pas, loin s&rsquo;en faut, la politique des DRH dans les entreprises mais qu&rsquo;est-ce-que vous voulez qu&rsquo;on y fasse on y peut rien c&rsquo;est la soci\u00e9t\u00e9, la pente naturelle de toute soci\u00e9t\u00e9 est d&rsquo;\u00e9voluer vers la barbarie, la preuve c&rsquo;est qu&rsquo;elles disparaissent toutes, les soci\u00e9t\u00e9s, \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre et qu&rsquo;est-ce-que j&rsquo;\u00e9tais en train de copier&nbsp;? <em>D\u00e9cideurs, leaders, P\u00e8res Blancs, Missions \u00c9trang\u00e8res, pr\u00eats, investissements, guerres<\/em>, cette \u00e9num\u00e9ration m&rsquo;\u00e9tant dict\u00e9es par les lectures que je peux faire d&rsquo;articles de presse ici ou l\u00e0 (et le choix n&rsquo;est pas si vaste qu&rsquo;il y para\u00eet), et de la r\u00e9alit\u00e9 que je reconstruis \u00e0 partir de ce fatras sans en comprendre le m\u00e9canisme bien entendu, <em>ajustements structurels, famines, routes et camions n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;acheminement des richesses pill\u00e9es<\/em>&#8230; ma chaise grince quand je me balance le tronc d&rsquo;avant en arri\u00e8re, ce que j&rsquo;ai tendance \u00e0 faire lorsque je r\u00e9fl\u00e9chis, et plus profonde ma r\u00e9flexion, plus large le balancement et plus \u00e9loquent le grincement de la chaise qui semble ponctuer le d\u00e9roulement de mes id\u00e9es avec des sons courts Ah, Ah bon, Tiens, tu crois etc&#8230; comme si elle m&rsquo;\u00e9coutait distraitement, engag\u00e9e qu&rsquo;elle est dans une autre conversation (avec elle-m\u00eame peut-\u00eatre, entre barreaux). Et je vais devoir m&rsquo;interrompre pour me rendre \u00e0 cette invitation&#8230;&#8230;. Pour me rendre \u00e0 cette invitation qui n&rsquo;en \u00e9tait pas vraiment une, d&rsquo;ailleurs, juste une info envoy\u00e9e par sms et r\u00e9dig\u00e9e n\u00e9gligemment (mais j&rsquo;ai compris par la suite que c&rsquo;est plut\u00f4t une difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9crire le fran\u00e7ais) par ce B., rencontr\u00e9 au cours d&rsquo;une soir\u00e9e \u00e0 la galerie P., j&rsquo;avais r\u00e9pondu \u00e0 cette invitation \u00e0 cause de la solitude vertigineuse o\u00f9 je trouvais que je me trouvais et de laquelle je m&rsquo;accusais \u00eatre responsable, dans ces cas-l\u00e0 je pendule entre deux attitudes&nbsp;: accepter cette solitude comme une b\u00e9n\u00e9diction, une occasion de me consacrer \u00e0 mes travaux (mais en v\u00e9rit\u00e9 j&rsquo;utilise tr\u00e8s peu de ce temps donn\u00e9 pour les dits travaux&nbsp;; le plus clair de mon temps je le passe \u00e0 fumer), Ou alors, d\u00e9cision de \u00ab&nbsp;voir des gens&nbsp;\u00bb, n&rsquo;importe qui pourvu que \u00e7a soit des gens, d&rsquo;o\u00f9 cette exp\u00e9dition d&rsquo;hier dans le 7\u00b0 arrondissement, quartier pompeux domin\u00e9 par les Invalides, rues vides bord\u00e9es de petites boutiques et restaurants chics et moi, sortie du m\u00e9tro \u00e0 la station Varennes, march\u00e9 dans les rues d\u00e9sertes, il \u00e9tait autour de 20 h, j&rsquo;avais aper\u00e7u une petite foule au loin sous une enseigne ovale, tout le monde fumant un verre \u00e0 la main. Je vais pour p\u00e9n\u00e9trer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur mais je suis repouss\u00e9e par le dos d&rsquo;une femme en train de transporter une table, je fais par la suite deux autres tentatives pour entrer, \u00e0 chaque fois repouss\u00e9e par le dos de quelqu&rsquo;un qui sort une table, finalement me voil\u00e0 dans le caf\u00e9-restaurant bond\u00e9, empli d&rsquo;une odeur tonitruante de rago\u00fbt de mouton, des gens assis \u00e0 des gu\u00e9ridons couverts d&rsquo;assiettes sales, d&rsquo;autres qui s&rsquo;affairent \u00e0 transporter des consommations en se frayant difficilement un chemin dans la foule mass\u00e9e autour du bar, pendant qu&rsquo;un petit homme \u00e0 t\u00eate de fouine commence un discours sur son p\u00e8re qui a cr\u00e9\u00e9 ce lieu o\u00f9 nous sommes, lutt\u00e9 toute sa vie avec courage pour la cause de la po\u00e9sie &#8211; la po\u00e9sie \u2013 qui aident les gens \u00e0 s&rsquo;aimer \u2013 la po\u00e9sie lusophone, ce soir \u2013 des artistes br\u00e9siliens de grand talent, mais o\u00f9 sont-ils&nbsp;? Ah oui, dans leur loge, avec un geste vers le plafond comme si les \u00e9tages sup\u00e9rieurs abritait tout un the\u00e2tre avec ses loges, ses r\u00e9serves de costumes, ses ateliers, le bureau du directeur (lui \u00e9videmment, fils du fondateur), je m&rsquo;\u00e9tais avanc\u00e9 un peu pour saisir ce qu&rsquo;il disait dans le brouhaha (\u00e7a faisait partie du projet en venant, noter et d\u00e9crire ce que j&rsquo;imaginais \u00eatre quelques vieilles personnes devisant \u00e0 mi-voix dans une salle \u00e0 dorure), le fils du fondateur m&rsquo;apercevant et me jetant d&rsquo;un ton acerbe Il n&rsquo;y a plus de place, madame, j&rsquo;ai sorti trois tables qu&rsquo;est-ce-que vous voulez on ne peut pas empiler les gens jusqu&rsquo;au plafond, moi regardant tour \u00e0 tour son visage de fouine, sa chemise gris\u00e2tre tremp\u00e9e de sueur et rentr\u00e9e dans son pantalon d&rsquo;o\u00f9 ressortaient les replis de son ventre, et les visages d\u00e9f\u00e9rents des assis, certains m\u00eame passionn\u00e9s, comme si il \u00e9tait en train de leur d\u00e9livrer un message vital, et peut-\u00eatre m\u00eame que sa sortie grossi\u00e8re contre moi faisait partie d&rsquo;une strat\u00e9gie pour tenir son rang et assurer son prestige aupr\u00e8s des visages assis, en montrant qu&rsquo;il ne craignait personne, que cette dame, il la virait parce que c&rsquo;\u00e9tait son bon plaisir, parce qu&rsquo;il pouvait se le permettre \u00e9tant le fils du fondateur et ayant si bien continu\u00e9 l&rsquo;oeuvre de son p\u00e8re, la preuve, le caf\u00e9 est bond\u00e9, on a d\u00fb sortir trois tables, et cette bonne femme en casquette il n&rsquo;y a pas de place pour elle et je ne me g\u00eane pas pour le lui dire, \u00e0 cette \u00e9trang\u00e8re au club. Je suis sortie en luttant contre un type qui voulait rentrer, nos deux corps press\u00e9s l&rsquo;un contre l&rsquo;autre en sens contraire, aucun des deux ne voulant c\u00e9der le pas \u00e0 l&rsquo;autre, et j&rsquo;ai remarch\u00e9 jusqu&rsquo;au m\u00e9tro. <em>Tandis que ce pillage est analys\u00e9, d\u00e9taill\u00e9, mis en \u00e9quation par des courbes, taux<\/em>, nous sommes tous en permanence mis en \u00e9quations par des courbes, taux, mais pour certains c&rsquo;est plus doulureux que pour d&rsquo;autres, voire mortel, <em>nombres de morts, nombres de survivants, de d\u00e9plac\u00e9s, d&rsquo;affam\u00e9s, de viol\u00e9es<\/em>&#8230; l\u00e0 il faut bien reconna\u00eetre que je fais partie des privil\u00e9gi\u00e9s, n&rsquo;ayant affaire pour me faire souffrir qu&rsquo;\u00e0 moi-m\u00eame et c&rsquo;est l\u00e0 le plus ahurissant. <em>Les migrants internationaux repr\u00e9sentent 3,4 % de la population mondiale, 64 % d&rsquo;entre eux r\u00e9sident dans un pays d\u00e9velopp\u00e9<\/em>, un pays d\u00e9velopp\u00e9 par le nombre de tonnes d&rsquo;objets fabriqu\u00e9s et jet\u00e9s \u00e0 la poubelle ou le nombre de tonnes d&rsquo;id\u00e9es, de syst\u00e8mes, de raisonnement d\u00e9bit\u00e9s \u00e0 la seconde, mais compl\u00e8tement sous-d\u00e9velopp\u00e9s au niveau des \u00e9changes humains et de ce qu&rsquo;on appellerait le bonheur si \u00e7a existait, <em>le nombre de morts en M\u00e9diterran\u00e9e a doubl\u00e9 depuis l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re<\/em>, peut-\u00eatre que tout ce que j&rsquo;\u00e9cris depuis une heure est du bullshit, cependant il faut reconna\u00eetre que bullshit ou pas, j&rsquo;\u00e9cris. Peut-\u00eatre un passage vers ce que j&rsquo;imagine qu&rsquo;est ce qu&rsquo;est \u00e9crire&nbsp;: un \u00e9tat sp\u00e9cial qui ferait voir nettement, en pleine r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la fois devant et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, ce qui se transcrit sur l&rsquo;\u00e9cran ou le papier, ferveur, intensit\u00e9, prise de profondeur dans cette zone de moi que je sais qu&rsquo;elle existe pourtant, j&rsquo;y suis d\u00e9j\u00e0 all\u00e9e, mais si d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 je prends en consid\u00e9ration cette dimension qui&#8230; ah \u00e7a va&nbsp;! <em>40% des r\u00e9serves aurif\u00e8res et de 80 \u00e0 90 % du chrome et du platine se trouve en Afrique, 49 % des migrants sont des femmes etc&#8230; etc<\/em>&#8230; on trahit la vie et la mort en chiffres et on trahit aussi en \u00e9crivant avec les mots mais la diff\u00e9rence est que quand on trahit avec les mots on le sait, alors que les chiffres sont s\u00fbrs d&rsquo;eux, arrogants, les chiffres ne trompent pas c&rsquo;est bien connu, seulement voil\u00e0&nbsp;: n&rsquo;\u00e9tant que chiffres, ils ne repr\u00e9sentent rien d&rsquo;autre qu&rsquo;eux-m\u00eame, d\u00e9niant toute r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la masse comptabilis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Non alors<\/em>. L\u00e0 j&rsquo;arrive \u00e0 un point o\u00f9 l&rsquo;inanit\u00e9 du texte que j&rsquo;ai \u00e9crit m&rsquo;appara\u00eet clairement et que de continuer cet exercice tient du masochisme. Fortement tent\u00e9e d&rsquo;abandonner, de planter l\u00e0. Allons. Prenons un temps. C&rsquo;est peut-\u00eatre important ce moment. La difficult\u00e9 vient du fait que l&rsquo;\u00e9lan est bris\u00e9 en permanence par les pens\u00e9es qui me viennent en recopiant, ce qui fait que le texte perd son sens et les pens\u00e9es vont dans tous les sens, c&rsquo;est le bal du non-sens, le bal du non-sens voyons voir, mais peut-\u00eatre que c&rsquo;est par l\u00e0 qu&rsquo;il faut danser pour arriver \u00e0 cette zone dont je parlais, cette zone depuis laquelle etc&#8230; Je crois quand m\u00eame que tu noircis le tableau, t&rsquo;as d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit des choses j&rsquo;allais dire Belles, mais peut-\u00eatre que justement, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;\u00e9crire des choses belles car les choses belles sont d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e \u00e0 la moulinette, au tourniquet des empreintes esth\u00e9tiques, \u00e0 la douane de l&rsquo;esprit qui demande \u00e0 ce qu&rsquo;on l&rsquo;admire pour les choses si belles qu&rsquo;il produit. Voici donc peut-\u00eatre le point sensible o\u00f9 tout bascule&nbsp;: si je cesse de vouloir \u00e9crire des choses Belles, qu&rsquo;est-ce-que je vais bien pouvoir vouloir \u00e9crire&nbsp;? Quel genre de choses je vais \u00e9crire et que \u00e7a vaille le coup&nbsp;? L\u00e0 c&rsquo;est important ah ah attention, Bizaz. Eh bien il me semble que tu risques de te mettre \u00e0 \u00e9crire au plus pr\u00e8s possible au plus pr\u00e8s de ce que tu vois dans le miroir noir de cette zone d&rsquo;o\u00f9 partiraient les mots et les images \u00e0 transcrire. Mais dis donc, on dirait que justement c&rsquo;est ce que je suis en train de faire, l\u00e0, je sens comme&#8230; un velout\u00e9, la sensation d&rsquo;un velout\u00e9 (volupt\u00e9?) \u2013 il y a un moucheron qui vole autour de moi, j&rsquo;essaye en vain de le tuer en claquant mes mains sur lui, je n&rsquo;ai aucun scrupule \u00e0 le tuer \u2013 donc un velout\u00e9-volupt\u00e9 qui semblerait m&rsquo;indiquer que la phrase Il me semble que tu vas \u00e9crire au plus pr\u00e8s possible au plus pr\u00e8s etc&#8230; exprimerait quelque chose de juste, et qu&rsquo;une qu\u00eate patiente et d\u00e9pourvue de toute \u00e9chafaudage pourrait m&rsquo;amener \u00e0 cela. Nous nageons dans le conditionnel ce qui d\u00e9note \u00e0 la fois un doute et une ouverture sur des possibles ignor\u00e9s. Je relis les derni\u00e8res phrases, c&rsquo;est du charabia pourquoi pas. <em>Ni analyse ni m\u00eame d\u00e9nonciation de ce que nos soci\u00e9t\u00e9s font de ces personnes<\/em>, l\u00e0 je souris, il y a de quoi sourire, moi confortablement install\u00e9e dans mon chez-moi douillet, je m&rsquo;indigne \u00e0 peu de frais du sort r\u00e9serv\u00e9 aux migrants ou de ce que j&rsquo;en sais d&rsquo;apr\u00e8s les livres, articles, t\u00e9moignages, sites, que j&rsquo;ai pu consulter, ce qui voudrait dire qu&rsquo;ils ont tout de m\u00eame leur utilit\u00e9, les livres, articles, t\u00e9moignages, sites, je les utilise donc pour pr\u00e9tendre qu&rsquo;ils ne servent \u00e0 rien&nbsp;? mais non, mais non, du calme. Ton projet est de rendre concret l&rsquo;histoire d&rsquo;une personne migrante, en ayant fait au pr\u00e9alabre des recherches sur le sort des migrants de mani\u00e8re \u00e0 ne pas dire n&rsquo;importe quoi car si c&rsquo;est une fiction, elle doit reposer sur des faits et situations r\u00e9elles et les paroles de Mohamed Mbouggar Sarr invit\u00e9 \u00e0 la Grande Librairie me renforcent dans mon id\u00e9e, il disait en gros qu&rsquo;un roman peut faire comprendre mieux les choses qu&rsquo;un trait\u00e9 de philosophie, je ne sais pas s&rsquo;il a raison, est-ce-que les romans de Zola ont fait avancer la compr\u00e9hension et am\u00e9lior\u00e9 la condition des ouvriers par exemple&nbsp;? il est vrai que le prix Goncourt n&rsquo;a pas d\u00fb faire un roman naturaliste, il faudrait le lire pour voir ce qu&rsquo;il entend par Roman. <em>Ces personnes chass\u00e9es, trimball\u00e9es<\/em>, Oui, il faut que je fasse une liste des livres \u00e0 lire sur les migrants car c&rsquo;est bien l\u00e0 mon projet, le sujet que je veux traiter. Il y a donc deux projets parall\u00e8les&nbsp;: autobiographie (moi) et Bintu (migrants) dont des passerelles de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre pourraient se dessiner. Ces personnes <em>chass\u00e9es, trimball\u00e9es, emprisonn\u00e9es au gr\u00e9 des exigences des stocks et des flux, <\/em>exigence est en trop, au gr\u00e9 des stocks et des flux suffirait, <em>ou des phobies particuli\u00e8res de tel ou tel l\u00e9gislateur,<\/em> le citoyen lambda go\u00fbte actuellement et de plus en plus aux phobies particuli\u00e8res des l\u00e9gislateurs soucieux de son bien-\u00eatre, de sa petite sant\u00e9 (comme si un gouvernement potentiellement capable de l&rsquo;envoyer se faire descendre sur un champ de bataille pouvait \u00eatre en m\u00eame temps soucieux de sa sant\u00e9), faisant pleuvoir injonctions, prescriptions, interdictions, punitions sur des gens possesseurs de papiers en r\u00e8gle et donc en principe, libres, alors on peut tenter d&rsquo;imaginer ce que ces phobies particuli\u00e8res du l\u00e9gislateur peuvent faire \u00e0 des personnes sans papiers, sans protection de leur pays puisque, l&rsquo;ayant fui elles sont consid\u00e9r\u00e9es par ces pays comme d\u00e9linquantes, passibles de la prison ou de la peine capitale, comment ces <em>fantasmes, ignorances, peurs, dont il n&rsquo;est sans doute m\u00eame pas conscient, le l\u00e9gislateur, et qui conditionne la vie \u2013 et la mort de millions de gens<\/em>, 3,4 % de pr\u00e8s de 8 milliards de personnes \u00e7a en fait quand m\u00eame (calculette) de l&rsquo;ordre de 280, des millions, \u00e7a fait quand m\u00eame du monde, oui je sais voil\u00e0 que moi aussi je parle en chiffres, ce que je critiquais plus haut, mais 280 000 000 de personnes soumises aux phobies du l\u00e9gislateur fou qui les enserrent dans un filet serr\u00e9 de lois coercitives, construit des murs en barbel\u00e9s, en parpaings, en sable, imagination jamais en d\u00e9faut, avec des gardes-murs et leurs chiens car parmi les 280 000 000 il y en a qui se lancent \u00e0 l&rsquo;assaut de ces murs et les gardes doivent bien se r\u00e9soudre \u00e0 les abattre, m\u00eame s&rsquo;ils en manquent quelques uns, 280 000 000 de personnes soumises aux phobies du l\u00e9gislateur qui renvoie les naufrag\u00e9s \u00e0 leurs bourreaux, enferme les demandeurs d&rsquo;asile comme des criminels dont le seul crime est de vouloir changer de pays, d&rsquo;en chercher un plus vivable ou moins mortel, 280 000 000 de personnes soumises \u00e0 des lois et des lois \u00e9labor\u00e9es dans un bureau bien chauff\u00e9 par un fonctionnaire bien diplom\u00e9, bien intentionn\u00e9 et bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, <em>pour que lui-m\u00eame, sa famille et ses amis,<\/em> profitant de la main d&rsquo;oeuvre \u00e0 bas prix que ce syst\u00e8me produit, <em>puissent jouir librement <\/em>disons pleinement,<em> des biens de ce monde et du pouvoir que donne la possession de ces biens sur ce monde, comme si ces biens leur appartenaient de plein droit, au l\u00e9gislateur \u00e0 sa famille et \u00e0 ses amis<\/em>, et l\u00e0 pardon, mais on revient direct \u00e0 l&rsquo;ancien r\u00e9gime des rois et des nobles (voyons voir le pourcentage de paysans \u00e0 cet \u00e9poque ah ah toi aussi tu es friande de pourcentages t&rsquo;arr\u00eate pas d&rsquo;aller voir&#8230; oui 80 % la paysannerie, eh bien c&rsquo;est peut-\u00eatre encore pire maintenant si l&rsquo;on compte dans la masse exploit\u00e9e ces habitants des banlieues pouvus d&rsquo;un frigo compl\u00e8tement vide, <em>plein droit divin<\/em> (du l\u00e9gislateur etc&#8230;) <em>l\u00e9gitimant les actes les plus abjects pour que perdure le sacro-saint ordre \u00e9tabli par eux et pour eux,<\/em> il est bien \u00e9vident que pour appeller d\u00e9mocratie un pays sous r\u00e9gime capitaliste il faut quand m\u00eame \u00eatre gonfl\u00e9, <em>sans m\u00eame s&rsquo;apercevoir dans leur stupidit\u00e9 qu&rsquo;ils sont en train de d\u00e9truire ces biens dont il font si grand cas<\/em>, j&rsquo;\u00e9cris depuis une heure et je ne m&rsquo;arr\u00eaterai pas avant qu&rsquo;il ne soit trois heures, je repense \u00e0 B., serait-il hyper catho et sous influence du Fils, guru d&rsquo;une petite secte religioso-po\u00e9tique&nbsp;? Serait-il sans papiers, serait-il de Macao&nbsp;? Aurait-il tu\u00e9 quelqu&rsquo;un et se serait-il enfui de Macao sous la protection du Fils, membre de la mafia li\u00e9e au saint-Si\u00e8ge et ayant des ramifications dans le monde entier&nbsp;? <em>sans que ne les effleure un seul instant l&rsquo;id\u00e9e que nous puissions \u00eatre, nous autres tous les humains et eux compris, une seule et m\u00eame entit\u00e9 s&rsquo;\u00e9tirant \u00e0 la surface de la plan\u00e8te<\/em>, \u00e7a n&rsquo;est pas si barjo que \u00e7a de penser que nous formons une seule et m\u00eame entit\u00e9, que nous sommes les cellules d&rsquo;un grand corps dont une partie serait de l&rsquo;air (il y en a bien dans notre corps humain, de l&rsquo;air), une partie de l&rsquo;eau (il y en a bien, de l&rsquo;eau), et que chaque cellule soit pourvue d&rsquo;un cerveau et de d\u00e9sirs et de d\u00e9go\u00fbts se contredisant les uns les autres, <em>une b\u00eate d\u00e9chirant son propre corps au besoin, au profit<\/em>, le mot est l\u00e2ch\u00e9, c&rsquo;est le profit, <em>au d\u00e9triment de nous tous qui respirons le m\u00eame air, buvons la m\u00eame eau depuis le d\u00e9but<\/em>, (mais peut-\u00eatre plus pour tr\u00e8s longtemps), et c&rsquo;est toujours les pauvres qui disparaissent quand il y a trop de monde sur la plan\u00e8te et l\u00e0, je vois une contradiction de base, les riches ayant besoin des pauvres pour avoir quelqu&rsquo;un \u00e0 dominer, mais c&rsquo;est vrai que les pauvres font beaucoup d&rsquo;enfants <em>\u00e9vacuant la m\u00eame merde, la m\u00eame sueur, les m\u00eames larmes<\/em>, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul type de larmes, elles sont toutes de la m\u00eame composition (voyons cela) : de l&rsquo;eau, du sel, du glucose des lipides et de l&rsquo;ur\u00e9e, <em>tentant maladroitement les mots pour communiquer<\/em>, comme ce que je suis en train de faire l\u00e0, <em>chanter, aimer m\u00eame, dans certains cas, on peut le dire compte tenu des nombreux sens donn\u00e9s \u00e0 ce mot, mais la piti\u00e9, non. Personne peut aimer.<\/em> \u00c0 savoir que personne peut aimer en ayant piti\u00e9 de, c&rsquo;est impossible dans ce cas, personne peut aimer. J&rsquo;avais d\u00e9velopp\u00e9 une m\u00e9taphore dans une recopie pr\u00e9c\u00e9dente, celle du ballon d\u00e9gonfl\u00e9 pour d\u00e9crire comment nous appara\u00eet quelqu&rsquo;un dont on a piti\u00e9 mais j&rsquo;ai coup\u00e9 ce passage, \u00e0 chacun de trouver sa m\u00e9taphore \u2013 ou pas, si on se m\u00e9fie des m\u00e9taphores (et qu&rsquo;on aurait peut-\u00eatre pas tort)<\/p>\n\n\n\n<p><em>Non. Pas r\u00e9cit palpitant d&rsquo;une chasse dont le gibier serait le personnage principal<\/em> ce qui serait tentant, un gibier \u00e9tant par essence d\u00e9sarm\u00e9, gracieux (biche, li\u00e8vre, perdrix), et sa mise en danger fournissant un suspense bien propre \u00e0 habiller un best sellers qui viendra peupler, avec ses coll\u00e8gues \u00e9lus pour, les rayonnages-librairies, libres rires, des grandes surfaces, signe que la culture est maintenant \u00e0 la port\u00e9e de tous, <em>ni success story en carton<\/em>, l\u00e0 je pense \u00e0 La Valise en Carton, feuilleton des ann\u00e9es 80 tir\u00e9 d&rsquo;un livre (ou le contraire), devenu com\u00e9die musicale et ayant rapport\u00e9 gros \u00e0 son h\u00e9ro\u00efne et surtout \u00e0 ses producteurs, <em>b\u00e2tie selon les r\u00e8gles&nbsp;: d\u00e9part du h\u00e9ros, p\u00e9rip\u00e9tie, happy end, mais que l&rsquo;\u00e9criture soit elle-m\u00eame l&rsquo;\u00eatre vivant qui s&rsquo;\u00e9tire \u00e0 la surface de la page<\/em>, l&rsquo;\u00e9criture comme \u00eatre vivant compos\u00e9e de cellules vivantes, lettres, syllabes, mots, syntagmes, phrases, lignes, paragraphes, pages, livre&#8230; s&rsquo;imprimant sur l&rsquo;\u00e9cran ou trac\u00e9e \u00e0 la main sur une feuille de papier, <em>et dans le m\u00eame temps cette infime, \u00e0 peine visible, minuscule silhouette vue d&rsquo;avion en train de gravir le sentier de la falaise<\/em> l&rsquo;\u00e9criture \u00e9tant \u00e0 la fois les mots et ce qu&rsquo;ils racontent, sugg\u00e8rent, font na\u00eetre \u00e0 l&rsquo;esprit de Qui lit, l&rsquo;organisme vivant qu&rsquo;est l&rsquo;\u00e9criture produisant des organismes vivants qui ne sont pas des constructions mentales mais des images r\u00e9elles, r\u00e9elles en ce sens que j&rsquo;y crois quand je lis un livre, j&rsquo;y crois donc je participe en lisant \u00e0 la cr\u00e9ation de ces personnages, situations et paysages, <em>seul \u00e0 l&rsquo;assaut de sa solitude dans son r\u00eave de fou<\/em> je peux bien mettre cette phrase \u00e0 la premi\u00e8re personne, l\u00e0&nbsp;: seule \u00e0 l&rsquo;assaut de ma solitude dans mon r\u00eave de fou. <em>Que l&rsquo;\u00e9criture vive elle-m\u00eame cet \u00e9lan vers l&rsquo;inconnu <\/em>l&rsquo;\u00e9criture donc comme \u00eatre vivant lanc\u00e9 dans un voyage le long des lignes et des pages, <em>d&rsquo;un \u00eatre dans sa fragilit\u00e9, ses dangers, que l&rsquo;\u00e9criture avance pour sauver sa peau<\/em> oh oui&nbsp;; maintenant savoir si ces pages que je viens d&rsquo;\u00e9crire ont sauv\u00e9 leur peau, eh bien \u00e7a n&rsquo;est pas \u00e0 moi d&rsquo;en juger. Ouf.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Non. Voil\u00e0 bien un mot que j&rsquo;aime&nbsp;: non. Te souviens-tu de ton premier Non&nbsp;? Cette col\u00e8re en moi enterr\u00e9e mais pas morte, \u00e7a ressort au moment o\u00f9 on s&rsquo;y attend le moins et c&rsquo;est bon, non, un choc qui vient du ventre, de profond. 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