{"id":58022,"date":"2021-11-17T17:50:37","date_gmt":"2021-11-17T16:50:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=58022"},"modified":"2026-04-29T10:40:56","modified_gmt":"2026-04-29T08:40:56","slug":"la-fabrique-ecrire-lautomne-viii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-fabrique-ecrire-lautomne-viii\/","title":{"rendered":"la fabrique | \u00c9crire l\u2019automne VIII"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211114_150916-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-58027\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211114_150916-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211114_150916-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211114_150916-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211114_150916-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/20211114_150916-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Lundi<\/h3>\n\n\n\n<p>Toujours cet \u00e9tonnement du refus des \u00e9l\u00e8ves \u00e0 lier le r\u00e9pertoire avec la vie. Je leur raconte ce qui se chante (tu as vu comme elles te parlent l\u00e0\u2009?), et des t\u00eates apparaissent, des expressions que je les enjoins de mettre dans leur th\u00e9\u00e2tre. La sacralisation leur bouche les oreilles. Lisa, \u00e0 qui j\u2019ai demand\u00e9 de jouer un fou rire, le joue. \u00c7a ne marche pas. C\u2019est\u2026 d\u00e9rythm\u00e9. Je lui raconte ce qui se passe, je lui dis les mots qu\u2019elle dit. \u00c0 la demande qui lui est faite de se prononcer sur l\u2019aspect de deux personnes, son personnage r\u00e9pond&nbsp;:&nbsp;<em>ils ont une gueule qui sort de l\u2019ordinaire, v\u00e9ritable antidote \u00e0 l\u2019amour.&nbsp;<\/em>Je lui propose de s\u2019imaginer en train de d\u00e9crire quelqu\u2019un comme \u00e7a \u00e0 la caf\u00e9t\u00e9ria. On reprend et puis on s\u2019arr\u00eate&nbsp;: ce coup-ci Lisa a un vrai fou rire. \u00ab\u2009Depuis la caf\u00e9t\u00e9ria\u2009\u00bb pourrait devenir un code de lecture \u00e0 part enti\u00e8re. D\u00e9bat aussi avec L\u00e9o, qui refuse \u00e0 son personnage le moindre geste d\u2019agacement. \u00c0 la place, il en fait un geignard, qu\u2019il d\u00e9teste. J\u2019imagine qu\u2019un certain fantasme de Mozart en porcelaine-biscuit est \u00e0 la man\u0153uvre. C\u2019est d\u00e9boussolant, car L\u00e9o est d\u2019ordinaire plut\u00f4t d\u00e9gag\u00e9 des clich\u00e9s. Une autre sc\u00e8ne de la journ\u00e9e apporte un d\u00e9but de r\u00e9ponse. Aymeric n\u2019arrive pas \u00e0 faire des silences suffisamment longs dans la sc\u00e8ne entre Tamino et le Sprecher. Il me dit&nbsp;: je ne comprends pas \u00e0 quoi \u00e7a me sert. Je lui r\u00e9ponds que ce n\u2019est pas pour son personnage, mais pour l\u2019autre, pour lui laisser le temps. Apr\u00e8s quoi, Aymeric n\u2019a plus de probl\u00e8me pour tenir ses silences. Les \u00e9l\u00e8ves oublient qu\u2019on ne joue jamais que pour l\u2019autre, qu\u2019on joue tous les personnages sauf le n\u00f4tre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le soir, j\u2019assiste au zoom de l\u2019atelier de loin. Je n\u2019\u00e9cris pas \u00e7a en ce moment, j\u2019\u00e9cris ailleurs. Mais je suis contente d\u2019\u00eatre l\u00e0, de voir ce qui se passe, d\u2019\u00e9crire en direct \u00e0 certain.es, d\u2019entendre ce petit bruissement de ruche\u2026<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mardi<\/h3>\n\n\n\n<p>R\u00e9ouverture du manuscrit sur la p\u00e9riode Balkans du&nbsp;<em>Voyage d\u2019Osmin<\/em>. Un pull d\u00e9tricot\u00e9. Des morceaux \u00e9pars. Bien loin de ce que j\u2019ai \u00e9crit ces derni\u00e8res semaines et qui me semblait faire tenir ensemble ce qui pr\u00e9c\u00e9dait. Rien de catastrophique, mais le dur du travail, un certain dur \u2014 pas celui l\u2019<em>Amn\u00e9sie de l\u2019Enfance<\/em>&nbsp;qui me ram\u00e8ne, corde au cou, dans les terrains vagues de la m\u00e9moire, pieds nus sur les cailloux, entaill\u00e9s plus souvent qu\u2019\u00e0 leur tour par tout le coupant rouill\u00e9 qui traine dans ces friches \u2014, le dur du red\u00e9marrage&nbsp;: la bagnole ressemble \u00e0 un esquimau abandonn\u00e9 dans le cong\u00e8le, on pisse sur la serrure de la porti\u00e8re, on a oubli\u00e9 la raclette pour le pare-brise, on bricole avec un vieux magazine et une moufle d\u2019enfant qui d\u00e9passaient de l\u2019interstice entre le dossier et l\u2019assise de la banquette arri\u00e8re depuis le printemps dernier (\u00e7a peut toujours servir&nbsp;: la preuve) et on redevient catholique pratiquant au moment de tirer sur le starter. Ce dur-l\u00e0. Je croule sous la documentation, rien ne va. Je me paye le luxe d\u2019\u00eatre d\u00e9\u00e7ue par&nbsp;<em>Les Kommitadjis<\/em>&nbsp;d\u2019Albert Londres et&nbsp;<em>Sur la Route du Danube<\/em>&nbsp;ne m\u2019est d\u2019aucune aide. Dans les deux cas, c\u2019est le style qui (me) coince. Cependant tout \u00e7a c\u2019est un peu le petit roman du probl\u00e8me de ces derniers jours&nbsp;: je pourrais \u00e9crire en m\u2019accrochant \u00e0 n\u2019importe quelle phrase qui d\u00e9passe, voire en m\u2019appropriant la consigne du voyage de nuit de #Autobiographies 6, \u00e7a ferait des pages et des aventures. Je vois bien que ce que je dois faire c\u2019est d\u00e9gager un plan, un cadre, sinon faute de papier je finirai par dessiner sur les murs, les miens, ceux des voisins\u2026 et le<em>&nbsp;S\u00e9rail&nbsp;<\/em>appelle \u00e0 une cl\u00f4ture. J\u2019ai d\u2019autres choses \u00e0 faire, que ce long travail a rendues possibles.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mercredi<\/h3>\n\n\n\n<p>Long temps de travail pour <em>Le Parlement des Reines.\u00a0<\/em>Fouille dans\u00a0<em>1001\u00a0Op\u00e9ras\u00a0<\/em>avec la joie toujours renouvel\u00e9e de tomber sur une faute d\u2019orthographe d\u00e8s la premi\u00e8re ligne. Il y a une forme d\u2019\u00e9c\u0153urement \u00e0 me retrouver l\u00e0, au milieu de nulle part dans le cadre familier de la m\u00e9diath\u00e8que. Combien de fois me suis-je assise \u00e0 ses grandes tables, en face d\u2019\u00e9l\u00e8ves concentr\u00e9.es sur leur partition, ouvrage, dictionnaire, r\u00eaverie\u2026\u2009? Au d\u00e9but tout se pr\u00e9sente sous un jour us\u00e9 et las. La vieille face de l\u2019op\u00e9ra, sa poussi\u00e8re inerte et collante. Pourtant \u00e0 la fin, nous serons en repr\u00e9sentation en salle Fleuret, \u00e9bahi.es d\u2019\u00eatre rendu.es l\u00e0. Je veux dire que je ne sais pas faire l\u2019\u00e9conomie des impasses, quand bien m\u00eame je ne les prends plus au s\u00e9rieux. Elles ont encore un temps. Elles me d\u00e9couragent. Mais je fais les gestes en d\u00e9pit du d\u00e9couragement\u00a0: mon corps sait quoi faire. Il faut emprunter les livrets, m\u00eame s\u2019ils ne seront pas lus cette semaine, m\u00eame s\u2019ils ne serviront pas textuellement dans le spectacle. Il faut d\u00e9poser de la mati\u00e8re qui puisse se mettre \u00e0 murmurer sur mon bureau, sans que je m\u2019en occupe davantage. Ce n\u2019est pas toujours la musique qui vient en premier. Cette fois-ci, c\u2019est la danse (le ballet des reines, construction et reconstruction du protocole) et le th\u00e9\u00e2tre (cette sc\u00e8ne de\u00a0<em>Marie Tudor<\/em>\u00a0qu\u2019elles joueront collectivement \u2014 sc\u00e8nes\u00a06 \u00e0 9 de le Deuxi\u00e8me Journ\u00e9e \u2014 \u00e0 quoi r\u00e9pondra un monologue de d\u00e9nouement d\u2019une seule \u2014 sc\u00e8ne\u00a03 de la Troisi\u00e8me Journ\u00e9e \u2014. Je repars avec les trois\u00a0<em>\u00c9lizabeth<\/em>\u00a0de Donizetti sous le bras.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Jeudi<\/h3>\n\n\n\n<p>Hors le\u00a0<em>Journal d\u2019un Mot<\/em>, qui va son petit train, toute l\u2019\u00e9criture du jour tient dans un propos de table. Au d\u00e9jeuner, Romain Dumas, le compositeur m\u2019interroge sur la fin du S\u00e9rail. Il me moque un peu. Puis il se rend compte qu\u2019il n\u2019\u00e9crit pas plus vite. Je sais que je ne procrastine pas la cl\u00f4ture du S\u00e9rail, je ne la P\u00e9n\u00e9lope pas. J\u2019ai \u00e0 faire. Je compte que cela soit achev\u00e9 au printemps. J\u2019explique que l\u2019\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 d\u00e9velopper une pr\u00e9logie qui tenait jusque l\u00e0 dans la rencontre-sauvetage d\u2019Osmin et de Selim dans une maison sans toit et dans les quelques pages du journal du m\u00e9decin de la Caravane qui les recueille juste apr\u00e8s. Romain se gausse, mais Jean-Philippe sort en champion le sabre laser de <em>Starwars<\/em> pour justifier mon geste. Georges Lukas avait tout \u00e9crit, mais il n\u2019avait pas les moyens financiers de tout r\u00e9aliser. Alors il a mis la pr\u00e9logie de c\u00f4t\u00e9. Je parle de Monsieur\u00a0<a href=\"file:\/\/\/var\/folders\/0t\/kwlgdk0x7xd_dvbdtpwgbcsm0000gn\/T\/com.ulyssesapp.mac\/e61ee69408a94a409e9035175cb175b4\/E%CC%81crire%20l%E2%80%99automne%20VIII\/index.html#\">qui est une dame<\/a>, de ces voyages accompagn\u00e9s de petits enfants dont on la croit l\u2019ogre. Ces peaux d\u2019\u00e2nes puantes seules capables de prot\u00e9ger les p\u00e9riples des femmes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vendredi<\/h3>\n\n\n\n<p>Je pars pour plusieurs jours. Ce matin, je me suis demand\u00e9, une fois encore, pourquoi n\u2019\u00e9cris-tu pas seulement le\u00a0<em>Journal d\u2019un Mot<\/em>\u00a0<a href=\"file:\/\/\/var\/folders\/0t\/kwlgdk0x7xd_dvbdtpwgbcsm0000gn\/T\/com.ulyssesapp.mac\/e61ee69408a94a409e9035175cb175b4\/E%CC%81crire%20l%E2%80%99automne%20VIII\/index.html#\">et ici, les saisons de son \u00e9laboration<\/a>\u00a0? Je ne sais pas. L\u2019engagement que je ressentais envers le moment du <em>S\u00e9rail <\/em>quand j\u2019en ai commenc\u00e9 la r\u00e9daction a bien chang\u00e9. Mais il n\u2019a pas disparu pour autant. J\u2019ai besoin, je crois, de ce grand chantier d\u2019une seule histoire, de tenir tout cela avec moi, dans ma t\u00eate, sur l\u2019\u00e9cran, dans le pass\u00e9 le pr\u00e9sent et les futurs incertains, contrepoint n\u00e9cessaire aux petites cuill\u00e8res de l\u2019\u00e9criture finalement fleuve du Journal d\u2019un Mot. Je pars pour plusieurs jours et je n\u2019emporte avec moi que les journaux d\u2019Antoine Emaz, charg\u00e9s sur ma liseuse gr\u00e2ce \u00e0\u00a0<em><strong>f\u00a0<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai le d\u00e9calage du jour f\u00e9ri\u00e9 d\u2019hier. \u00c0 midi, la semaine \u00e0 l\u2019air d\u2019\u00eatre pass\u00e9e \u00e0 toute allure. Les ajouts aux manuscrits avaient mieux rythm\u00e9 la semaine derni\u00e8re. Ce qui montre bien que mon temps d\u2019\u00e9criture est tout mon temps puisque ma fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire en change la perception.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Samedi<\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>On devrait souhaiter \u00e0 tout homme sens\u00e9 une certaine dose de po\u00e9sie. Ce serait le vrai moyen de lui donner de la dignit\u00e9 et de la gr\u00e2ce, quelle que f\u00fbt sa position.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 ce qu\u2019\u00e9crit Goethe et \u00e7a fait toujours bien de citer Goethe m\u00eame si de prime abord, il \u00e9tait pour moi un vieux raseur, mais depuis sept ans nous nous fr\u00e9quentons assid\u00fbment, j\u2019ai appris \u00e0 le lire et surtout j\u2019ai mis en application sa maxime. On devrait souhaiter \u00e0 tout homme sens\u00e9, il dit&nbsp;<em>Mensch&nbsp;<\/em>en VO, \u00e0 tout \u00eatre humain, bon pas de limite d\u2019\u00e2ge, ni de genre. Mais encore faut-il \u00eatre un&nbsp;<em>Mensch<\/em>&nbsp;sens\u00e9, c\u2019est \u00e0 dire qui a une direction m\u00eame vague, qui est en chemin. Je ne pense pas que Goethe veuille exclure les fous et les folles estampill\u00e9.es tel.les. Je pense qu\u2019il par le des insens\u00e9.es, ceux \u00e0 celles \u00e0 qui manque le sens commun, le sens du cycle&nbsp;: si vous vous croyez immortel.les, si vous pensez qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une v\u00e9rit\u00e9 et qu\u2019en plu vous l\u2019avez trouv\u00e9e, pas rencontr\u00e9e, hein, trouv\u00e9e, alors l\u00e2chez l\u2019affaire, la po\u00e9sie ne vous servira de rien. Enfin, une certaine dose de po\u00e9sie. C\u2019est \u00e0 dire un po\u00e8me, pas un concept absolu. Un instant dans une journ\u00e9e. On nous vend constamment \u00e7a&nbsp;: les cinq minutes de gym pour rester, en forme, jeune, mince, le quart d\u2019heure de pens\u00e9e positive qui illuminera notre journ\u00e9e, les dix minutes de pratique quotidienne du japonais, de la bourse, de l\u2019actualit\u00e9\u2026 Une certaine dose a le m\u00e9rite de ne pas mettre la vie en coupe r\u00e9gl\u00e9e&nbsp;: une certaine dose diff\u00e8re selon les personnes, la journ\u00e9e, la saison\u2026 Depuis sept ans, je fais \u00e7a. Tous les jours, je lis un po\u00e8me et je le partage comme certain.es d\u2019entre vous le savent. Sur un groupe Facebook et par mail pour ceux et celles qui r\u00e9pugnent \u00e0 y mettre les pieds. Et plus j\u2019insiste, plus je trouve que c\u2019est effectivement le vrai moyen de me donner dignit\u00e9 et gr\u00e2ce, quelle que soit ma position. Ce n\u2019est pas une asc\u00e8se. Mais ce n\u2019est pas un hobby. C\u2019est une fr\u00e9quentation, et elle induit, comme toute fr\u00e9quentation une prise de risque. Je lis un livre par jour, un po\u00e8me c\u2019est un livre en soi. Mais cette lecture m\u2019oblige \u00e0 r\u00e9apprendre \u00e0 lire tous les jours. La po\u00e9sie permet de regarder le monde avec des lunettes de mots. Nous faisons tout le temps \u00e7a. Nous sommes incapables, parlant.es que nous sommes de regarder le soleil sans que le mot soleil se place entre lui et nous. Mais la po\u00e9sie nous le rappelle. Elle nous oblige \u00e0 voir les vers et \u00e0 changer de monture pour chaque po\u00e8me. Nous faisons semblant pour des raisons pratiques de croire que les mots peuvent \u00eatre sans \u00e9quivoque. Mais m\u00eame dans l\u2019expression&nbsp;: passe-moi le sel\u2009! elles pullulent. Certain.es d\u2019\u00eatre nous vont sur la mer et leur salle \u00e0 manger s\u2019emplit d\u2019embruns \u00e0 cette simple demande. D\u2019autres ont eu une riche \u00e9ducation jud\u00e9o-chr\u00e9tienne aide crainte d\u2019\u00eatre chang\u00e9 en statue, jette derri\u00e8re leur \u00e9paule le petit reste de sel, une fois leur nourriture accommod\u00e9e \u00e0 leur go\u00fbt. D\u2019autres encore entendent celle, celle qui manque, celle qui a disparu, ou celle qu\u2019on attend\u2026 Vous vous imaginez ce qui se passe quand on dit une chose moins anodine, comme&nbsp;: je t\u2019aime. On sait d\u2019o\u00f9 on parle, mais pas o\u00f9 on sera entendu. Ce pourrait \u00eatre tragique, mais le po\u00e8me nous le fait accepter doucement, c\u2019est un jeu, une danse, quelque chose oui entre la dignit\u00e9 et la gr\u00e2ce.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lundi Toujours cet \u00e9tonnement du refus des \u00e9l\u00e8ves \u00e0 lier le r\u00e9pertoire avec la vie. 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