{"id":58678,"date":"2021-11-22T18:14:08","date_gmt":"2021-11-22T17:14:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=58678"},"modified":"2021-11-22T20:30:41","modified_gmt":"2021-11-22T19:30:41","slug":"autobiographies-09-dans-le-silence-de-la-nuit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-09-dans-le-silence-de-la-nuit\/","title":{"rendered":"autobiographies #09 | dans le silence de la nuit"},"content":{"rendered":"\n<p>dans le silence de la nuit\u2026elle dormait\u2026 \u2026elle portait des perruques aux cheveux longs et son visage maquill\u00e9 \u00e0 outrance sur les tournages (en vrai, sa deuxi\u00e8me maison) d\u00e9gageait une&nbsp; odeur envo\u00fbtante de fard \u00e0 la rose sucr\u00e9 faisait souvent ressortir ses yeux et sa bouche de trag\u00e9dienne ou de sibylle dont les oracles aupr\u00e8s des dieux <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"543\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Screenshot_20211119_173725-1024x543.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-58692\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Screenshot_20211119_173725-1024x543.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Screenshot_20211119_173725-420x223.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Screenshot_20211119_173725-768x407.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Screenshot_20211119_173725.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00e9taient fort pris\u00e9s dans l\u2019antre perc\u00e9e d\u2019ouvertures, de portes \u2013 celle de la sibylle de Cumes dans la r\u00e9gion de Naples en comptait cent&nbsp;!- accueillant la lumi\u00e8re du jour sur le sol de pierre au milieu des feuilles de laurier mastiqu\u00e9es et des souffles de proches vapeurs volcaniques celles des <em>solfatare<\/em> au remugle tr\u00e8s reconnaissable d\u2019\u0153uf pourri qui auraient lib\u00e9r\u00e9 sa parole ses visions aussi sa course drap\u00e9e a\u00e9rienne Dans un \u00e9lan peu de temps apr\u00e8s, elle, l\u2019actrice, se transformait an d\u00e9esse maudite poursuivie jusque dans son palais son lit pour \u00eatre tu\u00e9e par sa prog\u00e9niture puis jet\u00e9e au fond des mers \u2013 c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019elle avait donn\u00e9 l\u2019impression de se r\u00e9veiller et parce qu\u2019aussi dans le compartiment un monsieur au chapeau mou \u00e9tait entr\u00e9 &#8211; La pellicule filmique selon un hyperr\u00e9alisme confondant -il s\u2019agissait bien d\u2019un m\u00e9talangage- tremblait au rythme des secousses des tremblements de terre r\u00e9currents dans cette partie de l\u2019Italie m\u00e9ridionale (&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>dans le silence de la nuit<\/p>\n\n\n\n<p>elle rentrait aussi avec ses cousins dans ces oratoires palermitains derri\u00e8re les hautes \u00e9glises blanches baroques qui sur les places principales longitudinales se d\u00e9coupant contre un ciel bleu&nbsp; dessinaient de stup\u00e9fiants \u00e9crins cach\u00e9s les oratoires aux fosses mortuaires souterraines all\u00e9g\u00e9es en surface par les th\u00e9\u00e2tres de vie des saints et les <em>putti <\/em>de stuc \u2013 de Giacomo Serpotta tr\u00e8s souvent &#8211; &nbsp;model\u00e9s dans un pl\u00e2tre blanc iridescent refl\u00e9tant le silence la poussi\u00e8re de marbre et la cire Elle marchait sur ces fosses comme pour la premi\u00e8re fois avec l\u2019impression d\u2019habiter un corps liquide &#8211; pas comme quand elle avait \u00e9t\u00e9 l\u00e0-bas en vrai avant la guerre &#8211; qui aurait travers\u00e9 le sol et ses stratifications ses chambres verticales et ses recoins zigzagants profondeurs sourdes pour rejoindre des parents des amis des visages chers connus aper\u00e7us disparus avec qui il aurait \u00e9t\u00e9 facile de converser et de passer du bon temps m\u00eame dans une \u00e9tranget\u00e9 quand justement dans ses r\u00eaves r\u00e9cents l\u2019effroi de ne plus rendre visite aux vivants en fait aux morts venait souvent la secouer la faire sursauter dans des sueurs froides_ elle venait d\u2019ailleurs de se r\u00e9veiller\u2026 \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>et avait pens\u00e9 assez rapidement en profiter pour descendre du train&nbsp;; le temps d\u2019un arr\u00eat dans une gare&nbsp;; dont elle ne savait pas le nom&nbsp;; elle ne cherchait d\u2019ailleurs pas \u00e0 savoir&nbsp;; elle marchait un peu vacillante sous l\u2019effet du sommeil \u00e0 peine abandonn\u00e9&nbsp;; avait heurt\u00e9 un sac pos\u00e9 \u00e0 terre&nbsp;; avait failli tomber&nbsp;; s\u2019\u00e9tait r\u00e9\u00e9quilibr\u00e9e&nbsp;; imm\u00e9diatement saisie par un vent immersif&nbsp;; chaud&nbsp;; <em>grillonneur&nbsp;;<\/em> presque sifflant&nbsp;; avait crois\u00e9 quelques personnes dont une qui lui avait demand\u00e9 du feu&nbsp;; le temps pour elle de s\u2019apercevoir que celle-ci avait un \u0153il de verre&nbsp;;&nbsp; des cheveux d\u2019un blond luisant \u00e9tonnant&nbsp;; une peau cuivr\u00e9e&nbsp;; (&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>de retour vers son wagon&nbsp;; elle avait mont\u00e9 un escalier de fer forg\u00e9&nbsp;; qui l\u2019avait fait assez \u00e9trangement surplomb\u00e9&nbsp;le seul quai existant de la gare&nbsp;; et son train donc&nbsp;; qu\u2019 elle voyait (\u00e0 travers la lunette de sa m\u00e9moire&nbsp;; -celle-ci en partie mang\u00e9e oublieuse d\u00e9faillante-)&nbsp;; comme une de ses vieilles longues voitures&nbsp;; aux verres fum\u00e9s&nbsp;; qui n\u2019\u00e9tait certes pas de loisir&nbsp;; et qui sillonnait avec d\u2019autres&nbsp;; au loin&nbsp;; la plaine d\u00e9serte sauvage de Damas&nbsp;; vue de ses collines&nbsp;; \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u00e9glises transform\u00e9es en h\u00f4pitaux&nbsp;; puis transform\u00e9s en dortoirs&nbsp;; puis en b\u00e9ances&nbsp;; rapidement&nbsp;durant la guerre&nbsp;; ces lieux de culte originels avaient chang\u00e9 d\u2019aspect&nbsp;; d\u2019utilit\u00e9&nbsp;; sous les tirs des armes europ\u00e9ennes&nbsp;; des mortiers&nbsp;; les \u00e9changes de rafales&nbsp;; entre l\u2019arm\u00e9e et les rebelles&nbsp;; de plus en plus filamenteux&nbsp;jihadistes&nbsp;; les projections de&nbsp; bombes&nbsp;; dont une -elle se souvenait-&nbsp;; avait \u00e9t\u00e9 de longs mois durant&nbsp;arros\u00e9e&nbsp;; pareillement \u00e0 une plante&nbsp;; une fleur&nbsp;; ou une terre s\u00e8che \u00e0 l\u2019extr\u00eame&nbsp;; (ce dont le pays avait longtemps souffert )&nbsp;; dans l\u2019espoir qu\u2019elle n\u2019explose pas&nbsp;; ou le plus tard possible&nbsp;; tous ces gens&nbsp;qu\u2019elle aurait vu le lendemain&nbsp;; en bas des escaliers sur le quai&nbsp;; se seraient en r\u00e9alit\u00e9 press\u00e9s&nbsp;; le long de cette longue route ardue en mont\u00e9e&nbsp;; de couleur beige clair&nbsp;; soit le long d\u2019 un tapis naturel&nbsp;; \u00e0 la fois \u00e9th\u00e9r\u00e9 et fig\u00e9 au sol&nbsp;; dans un temps sensible sp\u00e9culaire de mill\u00e9naires&nbsp;; de rocailles&nbsp;; et de sable&nbsp;; la route du p\u00e8lerinage en direction du monast\u00e8re de Notre- Dame de Saidnaya<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>dans le silence de la nuit\u2026elle dormait\u2026 \u2026elle portait des perruques aux cheveux longs et son visage maquill\u00e9 \u00e0 outrance sur les tournages (en vrai, sa deuxi\u00e8me maison) d\u00e9gageait une&nbsp; odeur envo\u00fbtante de fard \u00e0 la rose sucr\u00e9 faisait souvent ressortir ses yeux et sa bouche de trag\u00e9dienne ou de sibylle dont les oracles aupr\u00e8s des dieux \u00e9taient fort pris\u00e9s <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies-09-dans-le-silence-de-la-nuit\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">autobiographies #09 | dans le silence de la nuit<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":379,"featured_media":58692,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2820,2963],"tags":[],"class_list":["post-58678","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cycle_autobiographies","category-autobiographies-09"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58678","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/379"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=58678"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58678\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/58692"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=58678"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=58678"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=58678"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}