{"id":6112,"date":"2019-07-21T17:23:20","date_gmt":"2019-07-21T15:23:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=6112"},"modified":"2019-07-21T17:23:21","modified_gmt":"2019-07-21T15:23:21","slug":"la-boite-en-fer-blanc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-boite-en-fer-blanc\/","title":{"rendered":"La bo\u00eete en fer blanc"},"content":{"rendered":"\n<p>&nbsp; 1 <\/p>\n\n\n\n<p>Une bo\u00eete en fer blanc,\nune marque en relief LAMY. Int\u00e9rieur gris anthracite , deux r\u00e9ceptacles. Une\nbo\u00eete voyageuse- elle vient d\u2019Autriche- offerte pour un anniversaire, &#8211; elle\nest longtemps rest\u00e9e vide, pas de locataire ad\u00e9quat-. Elle abrite maintenant\ndeux stylos uniques fabriqu\u00e9s par mon fils, un blanc \u00e0 taches grises en r\u00e9sine\net l\u2019autre en bois d\u2019olivier verni, la bague du milieu signe l\u2019artisan, elle\nest devenue cassette, \u00e9crin. Elle est sur le bureau&nbsp; la plupart du temps, dans le sac les autres\nmoments, \u00e9criture enferm\u00e9e, de plein air, vagabonde, surtout des pens\u00e9es, des\nfragments de po\u00e8mes, des observations, les carnets passent, les stylos restent\net la bo\u00eete en fer blanc. Aujourd\u2019hui elle est ferm\u00e9e et myst\u00e9rieuse, une bo\u00eete\nde Pandore. <\/p>\n\n\n\n<p>2<\/p>\n\n\n\n<p>Le vent s\u2019est lev\u00e9.\nOuverture, fermeture. Bureau ou sac&nbsp;? Bureau, la t\u00eate de punk en bois et\ncrayons de couleurs hoche la t\u00eate en rythme sur le dernier Bowie, l\u2019ultime,\ncouverture blanche avec cette \u00e9toile noire au milieu. Un l\u00e9ger clic. Les deux\nstylos d\u2019humeur changeante, ce sera le bois d\u2019olivier, pour le vent et le\nbruissements des feuilles, d\u2019autres bruissements d\u2019Aulnes et de Charmes le long\ndu Danube. Il m\u2019avait offert cette bo\u00eete en aurevoir de cette rencontre\nsurprenante, avec une carte de visite vierge et un seul mot \u00ab&nbsp;Schriftsteller&nbsp;\u00bb.\nJe l\u2019avais remis\u00e9e, mes stylos \u2013 d\u2019autres, anonymes- \u00e9taient enferm\u00e9s dans une\ntrousse souple rouge, un autre cadeau-. J\u2019ai perdu la trousse rouge et r\u00e9ouvert\nla bo\u00eete en fer avec cet unique message, longtemps apr\u00e8s. R\u00e9surgence, p\u00e9riode\nde l\u2019\u00e9criture et de la sc\u00e8ne, la trousse\/passer marcher violence\/ne plus rien\nfaire\/ne plus rien dire\/ caresses d\u2019un instant\/ automatique\/ p\u00e9riode de\nl\u2019\u00e9criture et de l\u2019urgence\/de la n\u00e9cessit\u00e9, la bo\u00eete en fer blanc\/ tu dis\nvagues\/et je m\u2019\u00e9vade\/ sans horizons\/sans rien\/nu de sel\/nu d\u2019entraves\/ sans\nhorizons\/sans rien. Crissements l\u00e9gers sur la feuille blanche qui colle un peu\nsous cette chaleur d\u2019\u00e9t\u00e9, le carnet bleu transpire lui aussi, malgr\u00e9 le\nventilateur qui ronronne. Parfum de sueur, d\u2019effluves de mer, l\u00e9ger go\u00fbt de sel\nsur la peau, une caresse apprivois\u00e9e sur le renflement du stylo, celui-l\u00e0 ne se\nmordille pas, le bois est trop dur. Digression de l\u2019\u00e9trange, une patte de crabe\ncontre ma peau craquel\u00e9e et des mots qui sautent, s\u2019emm\u00ealent, traces dansantes\nsur une page vierge, les langages du corps. Ripe, r\u00e2pe et \u00e7a d\u00e9rape<a>\/ clich\u00e9s\/photos\/ arr\u00eat sur image\/ flou \/ralenti\/ le mur du\nrien\/ ruelles surexpos\u00e9es\/ couleurs blanches\/ neutres\/ lumi\u00e8res\/ spots\/\nprojecteurs\/ poses\/ pauses. <\/a><\/p>\n\n\n\n<p>3<\/p>\n\n\n\n<p>Le Relief LAMY,\nl\u2019ami&nbsp;? une bo\u00eete en fer blanc, un peu ternie, l\u00e9g\u00e8rement rouill\u00e9e sur les\nbords arrondis. Une amiti\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re le long du Danube. Les deux stylos f\u00e9tiches\nun cadeau filiale. Important dans le message. Continue. Continue. A faire\nvalser les mots du rock au cadre du livre , une m\u00eame histoire. Les phrases\nhurlent autant. [ je le revois sur le sable, c\u2019est une photo lointaine, la mer\nest absente de cette plage] Le clic d\u2019ouverture de la bo\u00eete de Pandore, le clic\nd\u2019ouverture de l\u2019\u00e9criture. Des mots h\u00e9sitants, un peu perdus et la route se\ntrace avec ses sinuosit\u00e9s, ses retours stup\u00e9fiants, les gouffres&nbsp; brusques et l\u2019arr\u00eat.[ je bouge autour de la\npage, je danse parfois, une danse indienne, et je me remets face \u00e0 face, miroir\nmenteur, j\u2019ai toujours aim\u00e9 les menteurs ou les romantiques\nind\u00e9crottables.]&nbsp; Continue, continue. La\nbo\u00eete vagabonde&nbsp;: voyageur 1, voyageur 2, Terre blanche 1, Terre blanche\n2, Les Choses 1, les Choses 2, po\u00e8mes doubles en marchant, la mer et le sel,\nles buissons, la terre lourde et grasse, les ravins, les dragons, les sources[\nClic clac, c\u2019est le bruit de la bo\u00eete vagabonde, clic tu ouvres, tu sors le\nstylo, le carnet est pr\u00eat, tu notes, tu remets le stylo dans l\u2019\u00e9crin, clac tu\nfermes la bo\u00eete, une marche clic clac clic clac clic clac, automatique]La bande\nson des mots, \u00e9lectrique la plupart du temps, et des voix d\u2019op\u00e9ra, requiem et\npogos, m\u00e9langes explosifs pour la bo\u00eete s\u00e9dentaire&nbsp;: Clic, les personnages\nse barrent dans tous les sens et dans tous leurs sens, ils aiment et se tuent\nd\u2019aimer tant, ils s\u2019\u00e9pient, se ruent, rient comme des fous, la vie comme une\ntranche de past\u00e8que bien m\u00fbre[ les moments de soleil, le temps de repos&nbsp;;\nla t\u00eate s\u2019\u00e9teint, \u00eatre nu sur les rochers ocres, des boules d\u2019algues&nbsp; se roule dans la houle, poissons de frime\nplace au corps] Ripe r\u00e2pe et \u00e7a d\u00e9rape\/ clich\u00e9s\/photos\/ arr\u00eat sur image\/ flou\n\/ralenti\/ souvenirs ou remords&nbsp;?&nbsp;\ncouleurs vives\/ les tableaux qui me font face, une peinture d\u2019un\nailleurs\/ des vivants et des morts\/ entrem\u00eal\u00e9s\/ qui et qui&nbsp;? [je me concentre\nsur ce que je touche, j\u2019essaie une m\u00e9thode, mais je suis volatile, c\u2019est\npeut-\u00eatre \u00e7a ma m\u00e9thode, \u00eatre volatile, d\u2019aller d\u2019une pens\u00e9e, d\u2019un fragment,\nd\u2019un po\u00e8me \u00e0 d\u2019autres mondes multiples, un va et vient continuel] Clape de fin\net le rideau tombe. [je reste l\u00e0 sur la terre du ciel, balbutiant quelques mots\ncontre le mur de ch\u00eanes, un jeune l\u00e9zard se prom\u00e8ne, un jeune l\u00e9zard, il sort\nla langue et s\u2019approche, je tente de l\u2019apprivoiser, mais le l\u00e9zard n\u2019est pas un\nrenard, il ne parle pas il tire la langue] Clac, la bo\u00eete est rang\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>4<\/p>\n\n\n\n<p>On ne peut tenir\nlongtemps la bo\u00eete sans se noircir l\u00e9g\u00e8rement le bout des doigts, le m\u00e9tal\ntranspire, il n\u2019est lisse qu\u2019en apparence, \u00e0 y regarder de plus pr\u00e8s, on peut\nvoir des asp\u00e9rit\u00e9s, tellement fines qu\u2019elles ressemblent \u00e0 une illusion\nd\u2019optique. Le couvercle et les c\u00f4t\u00e9s, c\u2019est ce qu\u2019on voit imm\u00e9diatement, le\ndessous reste secret, on aimerait qu\u2019il soit d\u2019une autre mati\u00e8re, quelque chose\nd\u2019organique, une paume de main. Un dessous de bo\u00eete en paume de main, \u00e0 caresser,\n\u00e0 lire les lignes, peut-\u00eatre de fuite, peut-\u00eatre de retour. L\u2019envers du d\u00e9cor,\nce qu\u2019on ne voit pas mais qui fait tenir le tout. L\u2019envers de la bo\u00eete\nressemble au couvercle, \u00e0 une diff\u00e9rence pr\u00e8s, quatre minuscules t\u00e9tons, au\nquatre coins, pour tenir l\u2019objet \u00e9loign\u00e9 des surfaces qui pourraient le\npervertir, pour lui permettre aussi de glisser plus facilement, de danser m\u00eame.\nLa prendre \u00e0 pleine main, la droite, pas l\u2019autre rebelle, et se taper sur le\nfront pour tester sa solidit\u00e9, m\u00e9thode idiote mais efficace, une bosse apr\u00e8s,\non peut conclure qu\u2019elle est quasiment indestructible, sauf par le feu, mais\nqui mettrait le feu \u00e0 une bo\u00eete en fer qui renferme des stylos et qui vient\nd\u2019Autriche&nbsp;? On lui donne ce silence de chose et on ne l\u2019entend pas crisser\nquand elle se d\u00e9place, peut-\u00eatre la nuit, peut-\u00eatre d\u00e8s qu\u2019on a le dos tourn\u00e9,\ntoujours en catimini, une fen\u00eatre aveugle sur le vide. <\/p>\n\n\n\n<p>5<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cThis is not a Love Song\u201d\nle chant ironique de Johnny Rotten de PIL, la rencontre d\u2019Autriche et le cadeau\nd\u2019avenir, un avenir sans indications, seulement ce mot pour la suite. Pas\nd\u2019histoire d\u2019amour, un histoire de rencontre sur les berges du Danube, bleu\npour le coup dans cette fin d\u2019\u00e9t\u00e9. Premier vagabondage de la bo\u00eete de m\u00e9tal,\nvoyage en soute et en valise. Elle n\u2019avait pas d\u2019usage pr\u00e9cis \u00e0 part de partager\nune \u00e9tag\u00e8re avec deux statues chinoises \u2013 le p\u00e8re et le fils-, bo\u00eete \u00e0 sous,\nbo\u00eete \u00e0 musique, bo\u00eete \u00e0 secrets, bo\u00eete \u00e0 aiguilles- poup\u00e9es vaudou- bo\u00eete \u00e0\ngifles- violence sous-jacente et constante- bo\u00eete \u00e0 capotes-sexe rencontres\nd\u00e9sirs-bo\u00eete \u00e0 timbres parfois, une bo\u00eete brocante. Les mots \u00e9taient ailleurs,\ndans la trousse rouge avec ses stylos \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, mais toujours de l\u2019encre\nnoire\/ je le revois sur la plage\/au milieu des croix des soldats morts\/seul\/vide\/je\nle revois sur les murs\/fix\u00e9\/les yeux perdus dans un lointain silence\/ les cris\nrauques qu\u2019il poussait chaque nuit\/ses sursauts\/ ses sueurs\/ je les lui\nprenait\/ je les lui volait\/un soir il est parti \u00e0 la d\u00e9rive\/livide\/il m\u2019a dit\nles ma\u00eetres du temps ont disparu\/ voici le temps des chefs\/sortie th\u00e9\u00e2trale\/\nsortie immobile\/ il \u00e9tait hors monde simplement\/ Hors monde derni\u00e8re chanson de\nla trousse rouge, perdue, oubli\u00e9e. La bo\u00eete de m\u00e9tal est l\u00e0, toujours, gris\u00e2tre,\ncouleur du fer, sur le couvercle une marque en relief LAMY, un autre message,\nl\u2019ami. Elle est presque plate, \u00e0 chaque extr\u00e9mit\u00e9 les coins arrondis sont\nl\u00e9g\u00e8rement rouill\u00e9s quand on la soul\u00e8ve, elle ne p\u00e8se que son poids de vide. Le\ndessous, l\u2019envers du d\u00e9cor, ressemble au couvercle sans la marque mais avec\nquatre petits t\u00e9tons discrets qui l\u2019emp\u00eache de rayer les surfaces sur\nlesquelles elle repose, ou lui permette de glisser, de danser. Elle n\u2019a pas\nd\u2019odeur particuli\u00e8re ou alors celle du m\u00e9tal, un peu acide, quand on la tient\nlongtemps dans la main , on se noircit un peu les doigts, la mati\u00e8re transpire.\nClic ouverture, bruit \u00e0 peine perceptible, clac fermeture m\u00eame discr\u00e9tion.\nL\u2019int\u00e9rieur est gris fonc\u00e9 avec deux niches oblongues, pour les stylos, ceux\nfabriqu\u00e9s par le fils, l\u2019un en r\u00e9sine blanche et noire et l\u2019autre en bois\nd\u2019olivier verni. Trimball\u00e9e dans le sac \u00e0 dos clic ouverture, notes, pens\u00e9es,\nclac fermeture, marche, marche, marche, clic clac clic clac rythme dansant\njusqu\u2019au sommet, parfum de sueur, l\u00e9ger go\u00fbt de sel sur la peau, les doigts qui\nglissent, la main muette \u00e0 cinq doigts rebelles, une main d\u2019attente. Clic,\nclac. La bo\u00eete s\u00e9dentaire, sur le bureau, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du punk en bois noir \u00e0 la\ncr\u00eate de crayons de couleurs, grignote la t\u00eate, \u00e7a tape, \u00e7a vrille , \u00e7a\nbruisse, grignote la t\u00eate, \u00e7a d\u00e9rape, l\u2019acier et les chrysanth\u00e8mes, le soleil\net l\u2019acier, Mishima en embuscade, nous aurons des matins d\u2019ours gris, gris,\ncouleur de la bo\u00eete LAMY. \u00ab&nbsp;This\nis not a love song, this not a love song. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; 1 Une bo\u00eete en fer blanc, une marque en relief LAMY. Int\u00e9rieur gris anthracite , deux r\u00e9ceptacles. Une bo\u00eete voyageuse- elle vient d\u2019Autriche- offerte pour un anniversaire, &#8211; elle est longtemps rest\u00e9e vide, pas de locataire ad\u00e9quat-. Elle abrite maintenant deux stylos uniques fabriqu\u00e9s par mon fils, un blanc \u00e0 taches grises en r\u00e9sine et l\u2019autre en bois d\u2019olivier <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-boite-en-fer-blanc\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">La bo\u00eete en fer blanc<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":59,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[454],"tags":[],"class_list":["post-6112","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2019-03-cinq-fois-sur-le-metier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6112","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/59"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6112"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6112\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6112"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6112"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6112"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}