{"id":61942,"date":"2021-12-27T19:28:50","date_gmt":"2021-12-27T18:28:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=61942"},"modified":"2021-12-27T19:56:03","modified_gmt":"2021-12-27T18:56:03","slug":"autobiographies14-une-image-pour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies14-une-image-pour\/","title":{"rendered":"autobiographies #14 | une image pour"},"content":{"rendered":"\n<p>Une image de chaque film vu, de chaque film oubli\u00e9 ou aim\u00e9, de tous les films qu\u2019on ne revoit pas, parce qu\u2019on ne s\u2019en souvient pas <\/p>\n\n\n\n<p>une image pour chaque vie ville morceau de vie retrouv\u00e9 comme jet\u00e9 en arri\u00e8re <\/p>\n\n\n\n<p>les grands arbres plant\u00e9s l\u00e0 au bout du chemin des chiens qui aboient, une maison pour un chien, une semaine pour apprendre \u00e0 prononcer merci<\/p>\n\n\n\n<p>la t\u00eate, sa propre t\u00eate au travers des ann\u00e9es, une photo par jour pour dire un jour, tiens j&rsquo;ai chang\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>avoir une couverture sncf a demi d\u00e9pli\u00e9e sur le lit du dessus de la cabine minuscule du wagon femmes, avoir la paire de dc Martens en haut, bien cal\u00e9 au bout du lit, au bout des pieds<\/p>\n\n\n\n<p>les apr\u00e8s-midi press\u00e9es devant les grilles d\u2019\u00e9cole primaire et surtout les regards de toutes les m\u00e8res, le regard des enfants blonds que l\u2019on trimballe rue d\u2019Al\u00e9sia, \u00e0 qui on apprends pas \u00e0 courir apr\u00e8s les pigeons dans les parcs l\u00e0-bas<\/p>\n\n\n\n<p>la ligne de d\u00e9marcation jaune dans la cour de lyc\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>des matins et des soir\u00e9es au-dessus de la voie rapide qui coupe la ville en hauteur, avec la vue sur les toits<\/p>\n\n\n\n<p>la collection des hommes et leurs pr\u00e9noms<\/p>\n\n\n\n<p>tous les chiottes de tous les trains o\u00f9 t\u2019as un jour lav\u00e9 ton visage au matin<\/p>\n\n\n\n<p>une route pour aller chez lui aux amortisseurs amincis, les heures allong\u00e9es nus, entre la campagne et son odeur, avec surtout les mouches<\/p>\n\n\n\n<p>adam et sa t\u00eate chauve son sourire de g\u00e9ant et ses collants en hiver \u2013 &nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>les fum\u00e9es de la d\u00e9chetterie en face de la petite chambre d\u2019\u00e9tudiant et l\u2019odeur de nems les matins gris et froids, les fum\u00e9es de la d\u00e9chetterie depuis les quais de la seine, se dire de n\u2019importe o\u00f9 que l\u00e0-bas c\u2019est ici, chez soi le petit chez soi canap\u00e9 lit et la moquette orange pour assoir les amis<\/p>\n\n\n\n<p>une ann\u00e9e \u00e0 manger des pommes de terre<\/p>\n\n\n\n<p>l&rsquo;appel \u00e0 la pri\u00e8re sur le t\u00e9l\u00e9phone, la lumi\u00e8re dans les yeux de l&rsquo;homme qui dessine sur des tables \u00e9clair\u00e9es par en dessous <\/p>\n\n\n\n<p>la grande statue du lion noir au milieu de la place, les carrefours pass\u00e9 \u00e0 pied gel\u00e9e les matins pour \u00e9viter le m\u00e9tro \u2013 le sac de toile vert kaki pos\u00e9 dans un coin de la pi\u00e8ce regorgeant de toutes les vestes<\/p>\n\n\n\n<p>la peau du canard croustillante que l\u2019on mange en trois plats avec les doigts, la petite galette de riz et l\u2019herbe verte<\/p>\n\n\n\n<p>les tenues port\u00e9es durant ces trois ann\u00e9es<\/p>\n\n\n\n<p>l\u2019image noir et blanc de son visage souriant quelque part au sud du Vietnam &#8211; sa s\u0153ur et le petit v\u00e9lo qui pose \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du gros chien devant le mur blanc- en noir et blanc encore, encore elle et lui c\u00f4t\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 dans la rue, o\u00f9 on ne sait pas<\/p>\n\n\n\n<p>des crabes sur une grille plant\u00e9e dans le sable, un petit baraquement de bois et de hamac avec des r\u00e9chauds et de la bi\u00e8re avec rien et personne surtout d\u2019autre que ces mecs l\u00e0<\/p>\n\n\n\n<p>la petite plage italienne qui s\u2019\u00e9coule en dessous \u00e0 travers la porte lat\u00e9rale tir\u00e9e r\u00e9veil d\u2019\u00e9t\u00e9, r\u00eave de pouvoir dormir sans somnoler regarder juste regarder la mer , attendre juste qu\u2019il soit l\u2019heure pour manger<\/p>\n\n\n\n<p>des enfants en tenue de ski et des feux d\u2019artifices tir\u00e9s du point le plus haut dans la nuit, toujours le 31 d\u00e9cembre par lui<\/p>\n\n\n\n<p>un air de guitare au fond des entrep\u00f4ts frigorifiques du MIN \u2013<\/p>\n\n\n\n<p>le champs sur la ville dor\u00e9e des abeilles vrombissantes <\/p>\n\n\n\n<p>l&rsquo;eau chaude des bains publics, le repos  avec juste,  juste la lumi\u00e8re sur le mur jaune qui tourne<\/p>\n\n\n\n<p>avoir perdu l\u2019oui dans un concert de paum\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>la course \u00e0 l\u2019envers de toutes les rues rembobin\u00e9s remont\u00e9es depuis que tu es n\u00e9 et en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;un perroquet gris dans le salon de l\u2019amie, petite fille s\u00e9rieuse que l\u2019on habille de rouge aujourd\u2019hui \u2013 un perroquet avec un pr\u00e9nom d\u2019aventurier, pr\u00e9nom oubli\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>le souvenir de son propre corps par terre, l\u00e0 devant le restaurant<\/p>\n\n\n\n<p>des images d\u2019amphith\u00e9\u00e2tre et de gens plus jamais recrois\u00e9s , d\u2019un endroit o\u00f9 il faut retourner tous les ans pour constater qu\u2019on a vieilli<\/p>\n\n\n\n<p>des immeubles o\u00f9 avant il n\u2019y avait rien,<\/p>\n\n\n\n<p>que des lignes de c\u00e2bles et de chemins de fer et le nom des stations suspendus en l\u2019air<\/p>\n\n\n\n<p>et la petite fille dehors qui joue sur le t\u00e9l\u00e9phone alors que dedans les flics dans le noir des petits salons o\u00f9 l\u2019on chante trop fort, &nbsp;flic tellement saoul qu\u2019il en est presque beau, presque triste comme \u00e7a il n\u2019est que treize heure tu vois,<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une image de chaque film vu, de chaque film oubli\u00e9 ou aim\u00e9, de tous les films qu\u2019on ne revoit pas, parce qu\u2019on ne s\u2019en souvient pas une image pour chaque vie ville morceau de vie retrouv\u00e9 comme jet\u00e9 en arri\u00e8re les grands arbres plant\u00e9s l\u00e0 au bout du chemin des chiens qui aboient, une maison pour un chien, une semaine <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographies14-une-image-pour\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">autobiographies #14 | une image pour<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":428,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2820,3040],"tags":[],"class_list":["post-61942","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cycle_autobiographies","category-autobiographies-14"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61942","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/428"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=61942"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61942\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61942"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=61942"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=61942"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}