{"id":61970,"date":"2021-12-28T19:47:27","date_gmt":"2021-12-28T18:47:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=61970"},"modified":"2021-12-29T13:19:45","modified_gmt":"2021-12-29T12:19:45","slug":"autobiographie-09-autobiographie-vehiculee-de-ma-voix-qui-pleure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographie-09-autobiographie-vehiculee-de-ma-voix-qui-pleure\/","title":{"rendered":"autobiographies #09 | autobiographie v\u00e9hicul\u00e9e de ma voix qui pleure"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_20210826_090944-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-61972\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_20210826_090944-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_20210826_090944-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_20210826_090944-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_20210826_090944-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/IMG_20210826_090944-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>proc\u00e9dure des cl\u00e9s deux tours, entr\u00e9e de service \u00e0 rebours se dire sortie, sortie de service, \u00e9chapp\u00e9e du service, proc\u00e9dure inerte \u00e0 l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration, on ne tourne pas le dos aux feulements, on baisse les yeux, on recule au ralenti, un pas, deux pas de c\u00f4t\u00e9, on a ouvert le guichet de l&rsquo;interrupteur sur lequel on garde le doigt appuy\u00e9, que descende la grille roulante, fracas, lames d&rsquo;acier \u00e0 hoquets, grondements, puis clap de fin, pas plus loin ne peut, on d\u00e9compose encore, la proc\u00e9dure pas \u00e0 pas, ne pas l\u00e2cher du regard les interrupteurs les serrures, quand bien m\u00eame plus rien ne gronde, un sifflement par les ajours du volet roulant, rabattre en toute conscience pleine conscience, lentement, le volet du petit guichet sur l&rsquo;interrupteur, verrouiller avec la petite cl\u00e9 ronde, serrer la petite cl\u00e9 ronde au trousseau, badger, coder, escamoter le badge, escamoter le trousseau, tourner lent les talons et sans courir, tant que filtrent par les ajours et pour quelques secondes encore les iridescents, d&rsquo;un pas normal, presque, s&rsquo;\u00e9loigner, alors c&rsquo;est fini, \u00e9chapp\u00e9e, alors je vais. \u00c0 la remonte v\u00e9hicul\u00e9e, nuit d&rsquo;hiver, attendent maison montagnes, colle la journ\u00e9e de rien, feulements jaunes que ressuient quarante minutes de vitesses, d\u00e9clivit\u00e9s, chaque reprise de moteur relanc\u00e9 pour chaque ralenti, d\u00e9brayer r\u00e9trograder, freiner un peu, pas trop, avant les virages, acc\u00e9l\u00e9rer dans leurs imm\u00e9diates sorties, et pourquoi pas, dans l&rsquo;acm\u00e9 de leurs courbes comme, non pas les couper, mais les cisailler, jouer de la loi centrifuge, piqueter les troncatures de cercles, relier \u00e0 petits coups de volant les points d&rsquo;angles, on ne baisse pas le rythme, on soigne le ralenti hach\u00e9, particuli\u00e8rement dans les \u00e9pingles, o\u00f9 les feulements dans les taillis auraient \u00e9t\u00e9 projet\u00e9s, dans le r\u00e9troviseur v\u00e9rifier, alors je vais. \u00c0 chaque pas roul\u00e9, l&rsquo;atomisation ressuy\u00e9e, z\u00e9brant les vitres lat\u00e9rales de rouges iridescents, eux aussi, alors que, surgies de sous la calandre, happ\u00e9es par le bas de caisse, toujours assises sur leurs d\u00e9volus fauteuils elles rebondissent sur le capot, alors que brisures coupantes des sombres coques moul\u00e9es, dislocations des accoudoirs plastiques noirs, jerseys verts ou bleus des dossiers r\u00e9glables lac\u00e9r\u00e9s, loquets et manettes distordus, toujours assises et obstin\u00e9es et miracul\u00e9es sur leurs d\u00e9volus fauteuils fracass\u00e9s elles feulent, poursuivant leur incessant affairement, r\u00e9it\u00e9rant leurs projections depuis le bitume poisseux, les bas-c\u00f4t\u00e9s, alors je vais, trop lentement, je vais. Elles resurgissent encore, les pneus les \u00e9crabouillent, ou la collision les projette sur les rives ou par-dessus t\u00f4le sur le goudronnage tremp\u00e9, elles restent en posture assise, distendues, caoutchouteuses, sans plus de fauteuils \u00e0 roulettes et \u00e0 leviers, adoss\u00e9es ergonomiques et hi\u00e9ratiques, nuques en tension, faces blafardes luminescentes, les mains c\u00f4te-\u00e0-c\u00f4te religieuses pianotant des feulements, des sifflements diffus, quand bien m\u00eame le rideau d&rsquo;acier anti-extrusion f\u00fbt-il baiss\u00e9, verrouill\u00e9, la cl\u00e9 ronde serr\u00e9 au trousseau, le trousseau escamot\u00e9, proc\u00e9dures formulaires en respect, quand bien m\u00eame apr\u00e8s la journ\u00e9e de rien elles tiendraient prises sur des riens, un pas trop rapide, un regard lev\u00e9, \u00e0 la remont\u00e9e, attendent maison montagnes, pass\u00e9 le col de la faille, dans les d\u00e9nivel\u00e9s n\u00e9gatifs de l&rsquo;ubac, par les virages en corniche sur le grand vide obscur, je vais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>proc\u00e9dure des cl\u00e9s deux tours, entr\u00e9e de service \u00e0 rebours se dire sortie, sortie de service, \u00e9chapp\u00e9e du service, proc\u00e9dure inerte \u00e0 l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration, on ne tourne pas le dos aux feulements, on baisse les yeux, on recule au ralenti, un pas, deux pas de c\u00f4t\u00e9, on a ouvert le guichet de l&rsquo;interrupteur sur lequel on garde le doigt appuy\u00e9, que <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/autobiographie-09-autobiographie-vehiculee-de-ma-voix-qui-pleure\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">autobiographies #09 | autobiographie v\u00e9hicul\u00e9e de ma voix qui pleure<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":462,"featured_media":61972,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2820,2963],"tags":[],"class_list":["post-61970","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cycle_autobiographies","category-autobiographies-09"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61970","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/462"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=61970"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61970\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/61972"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61970"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=61970"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=61970"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}