{"id":62706,"date":"2022-01-11T01:10:25","date_gmt":"2022-01-11T00:10:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=62706"},"modified":"2022-01-11T07:47:43","modified_gmt":"2022-01-11T06:47:43","slug":"vers-un-ecrire-film-01-nouvelles-frontieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/vers-un-ecrire-film-01-nouvelles-frontieres\/","title":{"rendered":"vers un \u00e9crire\/film #01 | nouvelles fronti\u00e8res"},"content":{"rendered":"\n<p>12 f\u00e9vrier. Fin de journ\u00e9e. La lumi\u00e8re plonge vers la terre. Du blanc \u00e9pais \u00e0 l\u2019incandescence \u00e0 venir. 60 minutes. Images floues, s\u2019adapter \u00e0 la lumi\u00e8re. Plan fixe. Du bleu et du blanc. Peintures anciennes. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue. Le bleu d\u2019une fen\u00eatre, grillag\u00e9e. Le bleu de la balustrade du balcon, R+1. Antennes paraboliques \u00e0 canaliser l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 du monde juste l\u00e0 sur ce balcon, bleu. Le bleu comme d\u00e9coupe entre le ciel blanc, le b\u00e2timent blanc, dessine la toiture, bleu, plate. Une boutique. Quelques lignes rouges NOUVELLES FRONTIERES NOUVELLES RENCONTRES MODELISTE STYLISTE. Trottoir fatigu\u00e9. Devant, la rue en flux et reflux ne s\u2019arr\u00eate plus \u00e0 lire les enseignes, son courant va dans un sens et dans l\u2019autre \u00e0 la fois, charrie la musique qui s\u2019\u00e9chappe d\u2019un taxi. Le temps va et vient dans l\u2019angle d\u2019une rue qui l\u2019\u00e9coule. Le temps est une moto, le temps est une mobylette venant dans l\u2019autre sens. Le temps est une voix, un homme qui chante invisible <em>dieu et le seigneur<\/em>. Le temps est un foulard bleu turquoise \u00e0 faire p\u00e2lir l\u2019enseigne, s\u2019efface au second plan, poliment. Turquoise aux motifs d\u2019or, liser\u00e9 d\u2019or ceint une peau noire, la lumi\u00e8re de fin d\u2019un jour s\u2019y r\u00e9fugie en \u00e9clats profonds parce que, la beaut\u00e9 est son asile pour la nuit bient\u00f4t, arrive vite, le temps s\u2019acc\u00e9l\u00e8re&nbsp;: v\u00e9lo ou chemises jaunes des zemidjans, les passagers sont les secondes \u00e0 rattraper vers une destination plus loin que la rue, que la boutique en face, grilles ferm\u00e9es, ne bouge pas. Pour que le temps s\u2019\u00e9vapore librement dans la rue, la boutique, elle se doit d\u2019\u00eatre l\u2019immobile, un serment. Un \u00e9colier, T-shirt kaki, sac orange. Une enfant, T-shirt noir, aiguilles qui se suivent, aux pas assur\u00e9s, mesur\u00e9s. Sans le savoir, pouls de la rue. Le temps dans les voix de deux femmes passe, habill\u00e9es de pagnes de rires et de sacs \u00e0 main imposants, des coll\u00e8gues, des amies, des voisines&nbsp;? Deux femmes du temps pr\u00e9sent, sorties d\u00e9j\u00e0 loin d\u00e9sormais, plus loin que la rue ses pav\u00e9s ses voitures, m\u00e9tallis\u00e9es noire, grise, fen\u00eatres ouvertes, le blanc est \u00e9pais et lourd entre la peau et les chemises, larges vaporeuses. Parfois, les fen\u00eatres sont ferm\u00e9es alors se devine la clim\u2019 derri\u00e8re les vitres teint\u00e9es d\u2019un pick-up rouge, flamboyant. Livraisons du soir. Des litres d\u2019eau, en bouteille des sodas, des cannettes, la moto-cargo presse la rue, acc\u00e9l\u00e8re le mouvement. Se d\u00e9salt\u00e9rer, plus tard, dans l\u2019hors-temps de la rue et son bleu et son blanc. Une moto s\u2019arr\u00eate, s\u2019ajoute \u00e0 l\u2019immobilit\u00e9 des <em>nouvelles fronti\u00e8res<\/em> de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, ce qui respire et ce qui retient son souffle. Ce qui attend. Et passe une femme, pas lent et t-shirt blanc. Une bassine sur la t\u00eate, sans doute un march\u00e9, avant ou plus loin que le temps qui se dissipe dans cette rue, happ\u00e9 petit \u00e0 petit par la torpeur de l\u2019air au ralenti qui am\u00e8ne pourtant jusqu\u2019ici l\u2019\u00e9cho de l\u2019ignam pil\u00e9 quelque part, des voix de femmes peut-\u00eatre des chants dans une cour, une f\u00eate port\u00e9e jusqu\u2019ici par le vent qui ne sait plus fra\u00eechir ce qu\u2019il touche. Les peaux et la rue partagent la m\u00eame moiteur. Quelques derni\u00e8res respirations profondes en vol\u00e9es de deux-roues strient le paysages, le temps s\u2019enfuit vers d\u2019autres desseins que seuls connaissent les sacs en bandouli\u00e8re, les bo\u00eetes empil\u00e9es en fragiles \u00e9quilibres, les paquetages ficel\u00e9s bien ficel\u00e9s, leurs v\u00e9hicules agiles battent tempo et la rue attend que \u00e7a passe et le motard attend contre le bleu et le blanc. Il regarde, la rue ou le temps, quelques pas, n\u2019a pas de montre \u00e0 son poignet. Pablo est \u00e9crit sur sa moto. Il quitte les lieux comme une sc\u00e8ne oubli\u00e9e, coup\u00e9e au montage, comme il est venu, demi-tour. Hors-champ. Les premiers phares s\u2019allument. La lumi\u00e8re s\u2019appr\u00eate \u00e0 s\u2019\u00e9craser mille \u00e9clats vont monter dans le ciel, plus tard. Fin de journ\u00e9e. Plan fixe, 60 minutes. Du bleu et du blanc, la route ses pav\u00e9s. Une boutique, ses antennes satellites, le monde entier et la rue. Immobiles. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><strong>Codicille<\/strong> : 12 f\u00e9vrier 2014. Au B\u00e9nin, \u00e0 Cotonou. Je d\u00e9cide de m\u2019assoir au bord d\u2019une route, de rester l\u00e0. Plus ou moins une heure de ma vie ? En tout cas avec un objectif, d\u00e9clencher r\u00e9guli\u00e8rement et arbitrairement mon appareil photo, plan fixe  (approximatif), \u00eatre l\u00e0 \u00e0 ce qui passe, le temps.\nEt si vous avez pris le temps d'arriver jusqu\u2019ici, alors ce petit cadeau concoct\u00e9 rien que pour vous!\n<\/pre>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"nouvelles fronti\u00e8res\" width=\"800\" height=\"450\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ZUoTGVI7MJg?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>12 f\u00e9vrier. Fin de journ\u00e9e. La lumi\u00e8re plonge vers la terre. 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