{"id":64993,"date":"2022-02-03T09:20:30","date_gmt":"2022-02-03T08:20:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=64993"},"modified":"2022-02-03T09:28:05","modified_gmt":"2022-02-03T08:28:05","slug":"ecrire-film-01-onze-heure-trente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ecrire-film-01-onze-heure-trente\/","title":{"rendered":"vers un \u00e9crire\/film #01 | onze heure trente"},"content":{"rendered":"\n<p>Le cri des \u00e9coliers s\u2019\u00e9chappe et r\u00e9sonne contre de hauts murs de b\u00e9ton. Joies invisibles cach\u00e9es derri\u00e8re une architecture moderne et froide. Disparus le parc bois\u00e9, l\u2019\u00e9cole ouverte \u00e0 tous les regards et les toilettes ext\u00e9rieures d\u2019antan. \u00c9tait-ce mieux avant&nbsp;? A l\u2019int\u00e9rieur des jardins, les arbres sont nus, les grenades \u00e9clatent leurs \u00e9corces, l\u2019asphalte courbe ses formes laissant la route dispara\u00eetre le long de la maison aux volets gris souris. Tout pr\u00e8s, un passage buissonnier se dessine \u00e0 travers les herbes du champ, mince serpent de terre dessin\u00e9 au hasard d\u2019un jour paresseux o\u00f9 bruisse le feuillage des peupliers. On le voit filer \u00e0 droite pour une promenade champ\u00eatre, \u00e0 gauche \u00e0 la rencontre d\u2019un chemin terreux et sinuer jusqu\u2019au fond d\u2019une impasse. Des trous se d\u00e9voilent, anciennes alc\u00f4ves de jeunes pousses ramass\u00e9es par des jardiniers en herbe. Le terrain vague rassemble tant de jeux et de fl\u00e2neries, de parties de cache-cache et de premiers baisers. Combien de temps restera-t-il encore sauvage&nbsp;? Une \u00e9cole \u00e0 nouveau, ouverte aux regards, des ballons multicolores rebondissent au sol, sur les portes en fer, les rires tintent, les langues enfantines l\u00e8chent le grillage vert bouteille. A la poursuite d\u2019une joggeuse au surv\u00eatement mauve, le regard trottine jusqu\u2019\u00e0 l\u2019espace bois\u00e9, tant attendu et si improbable entre des r\u00e9sidences. Quelques m\u00e8tres seulement, un foss\u00e9 \u00e0 sec, des herbes folles, quelques pommes de pins suffisent \u00e0 imaginer la for\u00eat jusqu\u2019\u00e0 retrouver l\u2019asphalte et les pots d\u2019\u00e9chappement, des immeubles de deux, trois \u00e9tages de part et d\u2019autre de la rue, le linge suspendu aux balcons, les poubelles communes d\u00e9bordant de sacs opaques noirs. Enracin\u00e9es dans le caniveau, les marguerites agitent leurs p\u00e9tales jaunes au vent, fr\u00f4lent les roues des v\u00e9los empruntant la piste cyclable. Elles annoncent le calme d\u2019un lotissement o\u00f9 les jardins semblent inhabit\u00e9s. Piscines bleu lagon et herbe bien tondue. Au printemps, les prunus per\u00e7ant le trottoir, r\u00e9v\u00e8leront le rose de leurs bourgeons. Au loin, le ciel est ardoise et \u00e0 l\u2019angle de la rue, des tuiles volent du toit jusqu\u2019\u00e0 la remorque d\u2019un camion. Est-ce assez pour \u00e9crire un po\u00e8me&nbsp;? Soudain, une route, l\u2019attente au passage pi\u00e9ton pr\u00e8s du ralentisseur. D\u00e9passer le figuier, longer les blanches clochettes des perce-neiges et quelques m\u00e8tres encore avant de rejoindre l\u2019Hers, respirer la nature offerte aux citadins. Des emballages de bonbons \u00ab&nbsp;t\u00eate de mort&nbsp;\u00bb, comme des papillons rouges, se m\u00ealent aux feuilles mortes, tapis plastico-organique menant \u00e0 l\u2019affluent de la Garonne. Les promeneurs ralentissent le pas, observent les enfants sur les toboggans, emm\u00ealent la laisse des chiens, laissent passer skate-boards et v\u00e9los avant le retour \u00e0 une voie de circulation bruyante, juste apr\u00e8s la poubelle en b\u00e9ton tagu\u00e9e d\u2019un toucan g\u00e9ant aux plumes vert d\u2019eau, au bec et griffes jaune canari. La bordure du sac poubelle transparent le coiffe-t-il d\u2019une charlotte de bain&nbsp;? Les graffitis se moquent et d\u00e9clarent, <em>Elise forever<\/em>. La passion s\u2019invite. Au bout de la rue, un magasin bio, une pizzeria, un coiffeur et une boulangerie. Une file pour l\u2019achat d\u2019un d\u00e9jeuner \u00e0 manger sur le pouce, une autre pour la boulangerie. <em>Deux baguettes de campagne pas trop cuites, s\u2019il vous plait&nbsp;! <\/em>Manque-t-on de passion&nbsp;?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cri des \u00e9coliers s\u2019\u00e9chappe et r\u00e9sonne contre de hauts murs de b\u00e9ton. 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