{"id":65224,"date":"2022-02-05T21:06:36","date_gmt":"2022-02-05T20:06:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=65224"},"modified":"2022-02-05T21:06:36","modified_gmt":"2022-02-05T20:06:36","slug":"notes-en-vrac","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/notes-en-vrac\/","title":{"rendered":"notes en vrac"},"content":{"rendered":"\n<p>Codicille : apr\u00e8s Autobiographie comme fiction, j&rsquo;ai eu envie d&rsquo;approfondir en allant \u00e0 un cycle pr\u00e9c\u00e9dent, puisque le syst\u00e8me Fran\u00e7ois en spirale le permet. d&rsquo;abord attir\u00e9e par Outils du roman, pourquoi pas remonter \u00e0 la source, me suis-je dit, et me voil\u00e0 au tout premier cycle, Sei Shonogun, rencontr\u00e9e l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier, occasion de reprendre le livre et de creuser cette approche des \u00ab\u00a0choses\u00a0\u00bb. partie donc pour d\u00e9crire le \u00ab\u00a0r\u00e9el\u00a0\u00bb, je me suis retrouv\u00e9e \u00e0 ma surprise en plein imaginaire. j&rsquo;aimerais pouvoir \u00e9crire des r\u00e9cits dont on ne puisse pas d\u00e9cider \u00e0 quelle cat\u00e9gorie ils appartiennent. comme ce cycle ne figure pas dans les cat\u00e9gories, je me suis mise dans Chantier, je ne sais pas ce que c&rsquo;est mais \u00e7a me va, si \u00e7a fout le bazar dites le moi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Choses incroyables mais vraies<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le dytique bord\u00e9 a un corps brun cercl\u00e9 de jaune. J&rsquo;ai eu la chance de pouvoir l&rsquo;approcher apr\u00e8s avoir partag\u00e9 avec Alice le g\u00e2teau qui fait rapetisser \u00e0 une taille de 44 millim\u00e8tres. Quelle beaut\u00e9, le dytique\u00a0! Ses \u00e9lytres cannel\u00e9es scintillaient dans le soleil, c&rsquo;est ce qui m&rsquo;avait attir\u00e9e, j&rsquo;ai plong\u00e9. Sans qu&rsquo;un mot n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9, nos corps s&rsquo;unissaient comme si de toujours connus de nous et de nous. Nageant de concert, nos corps s&rsquo;effleurant avec d\u00e9licatesse, ses fines pattes causaient sur ma peau des d\u00e9charges \u00e9lectriques, jamais je n&rsquo;avais \u00e9prouv\u00e9 avec un amant un si pur plaisir. Et soudain, alors que je le chevauchais fi\u00e8rement, je sentis son dos se soulever sous moi, nous volions au-dessus de l&rsquo;eau claire\u00a0! Je recherche, depuis que j&rsquo;ai retrouv\u00e9 ma taille humaine, un homme pourvu d&rsquo;un corps oblong, sans cou, et avec de gros yeux. J&rsquo;ai publi\u00e9 une annonce \u00e0 ce sujet dans le carnet rose. J&rsquo;aurais d\u00fb conna\u00eetre Gr\u00e9goire Samsa. Dommage qu&rsquo;il soit mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Une mati\u00e8re conglutineuse d\u00e9go\u00fbte. La bave d&rsquo;un crapaud par exemple. Pourtant, il semblerait qu&rsquo;un de ces batraciens ait \u00e9t\u00e9 re\u00e7u, un soir, \u00e0 la table d&rsquo;une princesse. Les tra\u00een\u00e9es de sa bave, luisantes, rivalisaient avec les motifs serg\u00e9-crois\u00e9s de la nappe. Une princesse, si bien \u00e9lev\u00e9e, si raffin\u00e9e, eh bien, vous le croirez ou non, elle l&rsquo;avait invit\u00e9 dans son lit, apr\u00e8s souper&nbsp;! Dans l&rsquo;alc\u00f4ve tendue de rideaux bleus brod\u00e9s d&rsquo;\u00e9toiles. Dans le nuage satin\u00e9 des draps roses et de l&rsquo;oreiller o\u00f9, toute honteuse, elle pressait son fin visage. C&rsquo;est alors que le conglutineux s&rsquo;\u00e9tait transform\u00e9 en prince, et quel prince&#8230; le plus beau, le plus merveilleux. L&rsquo;amour, bien qu&rsquo;aveugle, d\u00e9cuple nos capacit\u00e9s de vision, comme le rayon de soleil qui transforme un bout de m\u00e9tal en \u00e9tincelant bijou.<\/p>\n\n\n\n<p>La noctule commune, son pelage brun-roux. Je me suis rendue chez mon coiffeur munie d&rsquo;une photo de cette dame pour lui donner une id\u00e9e de la couleur que j&rsquo;aimerais pour mes cheveux. C&rsquo;est que je suis devenue fan d&rsquo;elle, jusqu&rsquo;\u00e0 vouloir me faire son look, comme ces hommes bedonnants qui se pr\u00e9sentent en tant que clones de Johnny. Et je ne manque jamais l&rsquo;occasion d&rsquo;assister \u00e0 un concert de ces musiciennes pendues par les pieds du cr\u00e9puscule \u00e0 l&rsquo;aube, en automne. Leur musique, apparemment improvis\u00e9e mais qu&rsquo;une \u00e9coute attentive r\u00e9v\u00e8le bien structur\u00e9e (\u00e0 quand une \u0153uvre inspir\u00e9e des chauve-souris, comme Messiaen l&rsquo;a fait pour les oiseaux\u00a0? Mais cela existe peut-\u00eatre et que je n&rsquo;en sais rien), compos\u00e9e de claquements m\u00e9talliques parfois doubles, parfois simples, \u00e9voque des baisers \u00e9chang\u00e9s par des robots amoureux. Pas de micros, pas de murs d&rsquo;enceintes, pas de tables de mixage. Les lignes m\u00e9lodiques sont laiss\u00e9es \u00e0 l&rsquo;imagination du spectateur qui, debout sur la t\u00eate et tournant vertinigeusement comme certains danseurs hip hop, entre en symbiose, par la similitude de sa posture, avec les artistes. Le concert termin\u00e9, les spectateurs rassis en position habituelle, sur le derri\u00e8re, le caf\u00e9 est servi sous la futaie que troue les premiers rayons\u00a0; alors, ces dames s&rsquo;immergent avec passion dans les cheveux de leurs fans, leur faisant un massage cr\u00e2nien qui litt\u00e9ralement explose les perceptions. C&rsquo;est mieux que la mescaline. J&rsquo;ai cru devoir donner toutes ces explications \u00e0 mon coiffeur, en plus de la photo. Il a hoch\u00e9 la t\u00eate plusieurs fois en disant mm. Je suis ressortie avec des cheveux roses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Choses en miettes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait des travaux en bas, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dans les fen\u00eatres grandes ouvertes, les ouvriers, tous des Africains, actionnaient plusieurs marteaux-piqueurs bruit effroyable, les murs tremblaient. Soudain un grand vacarme dans la cuisine, je me pr\u00e9cipite&nbsp;: les portes du placard fix\u00e9 au mur s&rsquo;\u00e9taient ouvertes avec violence et deux piles d&rsquo;assiettes avaient saut\u00e9 sans parachute, le linoleum \u00e9tait couvert de tessons. Folle de rage, je descends, je tremble, je crie au contrema\u00eetre, un italien dodu nomm\u00e9 Angelo&nbsp;: vous avez cass\u00e9 toutes mes assiettes&nbsp;! C&rsquo;est la vibration produite par vos machines&nbsp;! Effar\u00e9, il me regardait. Je l&rsquo;ai tra\u00een\u00e9 chez moi pour constater, il a tout ni\u00e9. Mais sa voix n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s assur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pass\u00e9 se pr\u00e9sente toujours en miettes, c&rsquo;est \u00e0 la pelle qu&rsquo;on le ramasse, comme dit si bien Pr\u00e9vert. \u00c0 l&rsquo;appel. Un puzzle \u00e0 100 000 pi\u00e8ces. \u00c0 devenir fou. Tu es l\u00e0, assis par terre les miettes te piquant le derri\u00e8re, et rien ne colle. Il vaudrait mieux piler ces miettes dans le mortier en marbre gris pour en faire de la chapelure qui rend si croustillante la chair du cabillaud \u00e0 l&rsquo;\u00e9clatant blanc de marbre poli sous la cro\u00fbte dor\u00e9e. On d\u00e9gusterait comme \u00e7a son pass\u00e9 avec un jaune d&rsquo;oeufs, sel et poivre et la poele bien chaude, pommes-vapeur, une feuille de salade. Et le pass\u00e9 mastiqu\u00e9 (32 fois, comme 4 fois 8 mesures), ins\u00e9r\u00e9 dans l&rsquo;oesophage en bol alimentaire serait soumis au processus habituel, nutriments d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, d\u00e9chets de l&rsquo;autre, d\u00e9chets \u00e9vacu\u00e9 d&rsquo;un simple clic de chasse d&rsquo;eau. Mais non. Tu t&rsquo;\u00e9chines \u00e0 recoller les morceaux. \u00c9coute. Jamais les miettes redevenir pain. Jamais le dentifrice rentrer dans tube. Si c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 refaire, bien-s\u00fbr qu&rsquo;on le referait puisqu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien d&rsquo;autre \u00e0 faire quand on l&rsquo;a fait. Alors maintenant, une seule solution\u00a0: ramasser les miettes par poign\u00e9es et les lancer en l&rsquo;air \u00e0 toute force comme au carnaval les confettis qui c\u00e8dent si gracieusement \u00e0 la force de gravit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Choses qui font plaisir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Se voir dans un miroir apr\u00e8s l&rsquo;amour est une chose adorable. On est plus belle que d&rsquo;habitude, les l\u00e8vres sont l\u00e9g\u00e8rement gonfl\u00e9es, la peau est bien tendue, les yeux brillent, l&rsquo;architecture du visage est magiquement \u00e9quilibr\u00e9e, on se reconna\u00eet \u00e0 peine. En m\u00eame temps, les id\u00e9es les plus brillantes se pressent en tourbillon de cerveau. Il est dommage qu&rsquo;on n&rsquo;est pas la t\u00eate \u00e0 les noter. Car c&rsquo;est par les femmes que le monde sera sauv\u00e9. Les solutions viennent toujours de l\u00e0 o\u00f9 on ne les attend pas. Alors couchons sur le papier les id\u00e9es lumineuses qui surgissent apr\u00e8s l&rsquo;amour&nbsp;; n&rsquo;oublions pas le caract\u00e8re transitoire, irr\u00e9el m\u00eame, de l&rsquo;univers.<\/p>\n\n\n\n<p>Les compliments font toujours plaisir. Si quelqu&rsquo;un vous dit&nbsp;: vous avez un beau brin de plume, vous sous sentez gonfl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un bon petit soleil. Vous ne vous avisez pas sur le moment que si la personne a dit cela, c&rsquo;est peut-\u00eatre bien pour \u00e9viter de vous avouer que votre propos l&rsquo;ennuie, ou qu&rsquo;elle n&rsquo;y comprend rien, ou que ce que vous racontez ne la concerne nullement. Mais peu importe les d\u00e9tails. Un compliment fait plaisir, jouissons en donc sans arri\u00e8re pens\u00e9e. Car le plaisir embellit et rend plus fr\u00e9quentable que la douleur. La douleur des autres par contre, peut \u00eatre un plaisir. Voyez comme les badauds s&rsquo;agglutinent autour d&rsquo;un accident de la route. Ceux qui se tiennent \u00e0 une certaine distance restent t\u00e9tanis\u00e9s, les yeux fix\u00e9s sur la sc\u00e8ne du drame. Ils ont pourtant s\u00fbrement des choses \u00e0 faire, des rendez-vous, des courses, mais non. Ils ne peuvent pas s&rsquo;arracher. Certes, si vous les abordiez un micro \u00e0 la main, leur demandant de faire part aux t\u00e9l\u00e9spectateurs de leur morbide fascination pour la jeune fille bless\u00e9e allong\u00e9e sur le bitume apparemment inconsciente, son v\u00e9lo jet\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 les roues en l&rsquo;air, ils ouvriraient de grands yeux, ils seraient choqu\u00e9s, jamais ils n&rsquo;avoueraient. Jamais .<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Choses intol\u00e9rables<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une pr\u00e9caution prophylactique peut \u00eatre pire que le mal qu&rsquo;elle pr\u00e9tend \u00e9carter. Dans le RER D o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais assise me rendant \u00e0 Juvisy, un message d\u00e9taillant les gestes-barri\u00e8res, le masque couvrant le nez du menton, l&rsquo;amende de 135 \u20ac en cas de non-respect, la limitation des d\u00e9placements \u00e0 bord, l&rsquo;obligation de pr\u00e9senter le pass, de ne pas tomber dans l&rsquo;espace entre le train et la bordure du quai, de ne jamais tenter le train en mouvement&#8230; ce message de cinq bonnes minutes diffus\u00e9 \u00e0 chaque entr\u00e9e des quatorze gares m&rsquo;avait mis dans un tel \u00e9tat d&rsquo;h\u00e9b\u00e9tude qu&rsquo;en descendant \u00e0 ma station, je tombai \u2013 en pleurs &#8211; dans les bras du contr\u00f4leur \u00e0 cause du liser\u00e9 rouge de sa casquette qui m&rsquo;avait fait signe.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Choses qui remplissent le c\u0153ur de tristesse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>une personne passionn\u00e9ment aim\u00e9e autrefois vous est devenue indiff\u00e9rente. Vous l&rsquo;\u00e9coutez parler avec ennui. Son charme s&rsquo;est enfui. Ses parfums n&rsquo;ont plus cours \u00e0 vos narines. Son intelligence s&rsquo;est comme rabougrie. Vous qui avez cru cet amour \u00e9ternel. On dirait que votre c\u0153ur aussi s&rsquo;est rabougri.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00catre seule \u00e0 la maison quand la nuit tombe en hiver. Le jour agonise de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la vitre et je n&rsquo;y peux rien. La tristesse est aussi un sentiment d&rsquo;impuissance. La main tendue que j&rsquo;ai refus\u00e9e. La promesse que je n&rsquo;ai pas tenue. La confidence que j&rsquo;avais prise \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Un homme est assis dans le m\u00e9tro, il dort. Il est v\u00eatu mis\u00e9rablement. Un vieux sac tr\u00e8s sale est pos\u00e9 entre ses pieds. Ses mains reposent, paumes en l&rsquo;air, sur ses genoux. Monsieur, monsieur&#8230; Je d\u00e9pose une pi\u00e8ce dans l&rsquo;une de ces mains, il ouvre les yeux. Des yeux bleus, d&rsquo;un bleu jamais vu, si intense et brillant. Foudroyant de douceur. Je me d\u00e9tourne et je descends, c&rsquo;est ma station, c&rsquo;est l\u00e0 que je descends.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Choses jolies \u00e0 regarder<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un duvet blond sur un bras rond.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peigne en forme de c\u0153ur en plastique rose d\u00e9cor\u00e9 \u00e0 la pointe d&rsquo;un petit brillant et dont les dents s&rsquo;alignent le long des deux courbes sup\u00e9rieures (qui deviennent inf\u00e9rieures lorsqu&rsquo;on s&rsquo;en sert).<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;eau qui gigote ondulante dans le caniveau, vannes ouvertes par l&rsquo;homme au balai vert.<\/p>\n\n\n\n<p>Une vall\u00e9e transform\u00e9e en lac par le brouillard du matin.<\/p>\n\n\n\n<p>Une dame sans t\u00eate qui l\u00e8ve au ciel trois bras noirs, sa poitrine un peu lourde, sa longue jupe finement pliss\u00e9e de la m\u00eame couleur que ses bras qui se ramifient g\u00e9om\u00e9triquement sur l&rsquo;acier du ciel. On ne voit pas ses pieds.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tout petit enfant qui tape \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un ballon d\u00e9cor\u00e9 d&rsquo;\u00e9toiles bleues.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lignes invisibles trac\u00e9es par les mouettes au dessus d&rsquo;une p\u00e9niche, le sillage de la p\u00e9niche.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fr\u00e9missement immobile des braises, la fourrure vive qui respire \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du po\u00eble.<\/p>\n\n\n\n<p>Un feu d&rsquo;enfer dans une boule de cristal. \u00c0 tenter.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nouveau livre qui vient d&rsquo;arriver par la poste, blanc comme un gros g\u00e2teau \u00e0 la cr\u00e8me, une cerise plant\u00e9e au milieu en bas de la couverture, avec \u00e9crit dessus Le Livre de Poche (sur trois lignes), la partie gauche couverte de figures g\u00e9om\u00e9triques dont les \u00e9l\u00e9ments sont des signes de l&rsquo;\u00e9criture&nbsp;: accents circonflexes pointes en bas comme des \u00e9pines sur une tige (trois tiges, deux bleues et une violette plac\u00e9es en bouquet), accolade horizontale \u00e9voquant une balance dont les plateaux sont des crochets et qui p\u00e8se des \u00e9toiles vert p\u00e2le, trois roses des vents (deux vertes et une violette) dispos\u00e9es en triangle et dont les directions sont repr\u00e9sent\u00e9es par des points d&rsquo;exclamation sans points et des piles d&rsquo;accents circonflexes, celle du bas (la violette) en a accouch\u00e9 d&rsquo;une plus petite pos\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une \u00e9toile (toutes deux rouge vif), une autre accolade mais violette, ailes d\u00e9ploy\u00e9es et bec picorant deux grandes apostrophes enlac\u00e9es dans le violet, une apostrophe brune, grosse et solitaire, cinq plus petites accroch\u00e9es en toupie, un masque chinois compos\u00e9 d&rsquo;accents circonflexes, de doubles points, d&rsquo;apostrophes enlac\u00e9es par couple et de points d&rsquo;interrogation, une \u00e9toile violette, une \u00e9toile verte (toutes les \u00e9toiles sont de la m\u00eame taille). En bas \u00e0 droite, est \u00e9crit en minuscules brunes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Le dictionnaire de r\u00e9f\u00e9rence de la langue fran\u00e7aise<\/p>\n\n\n\n<p>Le fran\u00e7ais classique<\/p>\n\n\n\n<p>ET le fran\u00e7ais contemporain<\/p>\n\n\n\n<p>52000 mots<\/p>\n\n\n\n<p>la partie du haut est occup\u00e9e par des lettres majuscules, noires&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>LE NOUVEAU PETIT<\/p>\n\n\n\n<p>et au-dessous, des brunes, cinq fois plus grosses<\/p>\n\n\n\n<p>LITTR\u00c9<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est si joli qu&rsquo;on en mangerait.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Choses v\u00e9ritablement effrayantes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;alignement des produits sur les rayons d&rsquo;une grande surface. Nourriture invisible, d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e dans des emballages class\u00e9s par taille, du carton du carton \u00e0 perte de vue, la main fatigu\u00e9e en saisit un et le lance dans le caddy o\u00f9 est assis l&rsquo;enfant qui pleure, il a fait tomber par terre sa t\u00e9tine, la main fatigu\u00e9e ramasse la t\u00e9tine et la lui fourre dans la bouche, il se tait. Rose malade du jambon sous sa cellophane, des yaourts et des yaourts sur tout un panneau, des bouteilles et des bouteilles, cette abondance empaquet\u00e9e, cette redondance alimentaire dont la vie s&rsquo;est retir\u00e9e, carton, cellophane, plastique, et l&rsquo;odeur de renferm\u00e9 vaguement moisi de toutes ces denr\u00e9es stock\u00e9es, et la voix \u00e0 peine pub\u00e8re de la chanteuse en conserve dans les haut-parleurs, et les cam\u00e9ras qui pointent leur nez, et la voix faussement joviale qui annonce les promotions Vous n&rsquo;avez plus que quelques minutes pour en profiter, et le morne d\u00e9sespoir qui hante ces all\u00e9es remplie de clients suppos\u00e9s bien nourris et pas cher, 2 pack pour le prix d&rsquo;un, la troisi\u00e8me pizza est gratuite, simulacre d&rsquo;abondance, les yeux vides de la caissi\u00e8re, la dame qui s&rsquo;impatiente parce que vous ne rangez pas assez vite vos articles, le parking d\u00e9sol\u00e9, caddies \u00e0 la d\u00e9rive, et les prix, vous avez vu les prix&nbsp;?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Codicille : apr\u00e8s Autobiographie comme fiction, j&rsquo;ai eu envie d&rsquo;approfondir en allant \u00e0 un cycle pr\u00e9c\u00e9dent, puisque le syst\u00e8me Fran\u00e7ois en spirale le permet. d&rsquo;abord attir\u00e9e par Outils du roman, pourquoi pas remonter \u00e0 la source, me suis-je dit, et me voil\u00e0 au tout premier cycle, Sei Shonogun, rencontr\u00e9e l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier, occasion de reprendre le livre et de creuser cette <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/notes-en-vrac\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">notes en vrac<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":372,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3035],"tags":[],"class_list":["post-65224","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65224","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/372"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65224"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65224\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65224"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65224"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65224"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}