{"id":65390,"date":"2022-02-07T11:02:15","date_gmt":"2022-02-07T10:02:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=65390"},"modified":"2022-02-07T11:02:16","modified_gmt":"2022-02-07T10:02:16","slug":"vers-un-ecrire-film-03-images-mouvements-du-cote-des-buttes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/vers-un-ecrire-film-03-images-mouvements-du-cote-des-buttes\/","title":{"rendered":"vers un \u00e9crire-film #03 | images-mouvements du c\u00f4t\u00e9 des Buttes"},"content":{"rendered":"\n<p>Les feuilles d\u2019un arbre invisible traversent le double vitrage napp\u00e9 de poussi\u00e8re. Des ombres ti\u00e8des et p\u00e2les sur le mur. Fig\u00e9es. Les nuages roulent \u00e0 toute vitesse. Le soleil rend plus ou moins puissantes les feuilles sur le mur. Une main se l\u00e8ve, pleine de sa fatigue. Une main dans l\u2019air. Une main se pose, tombe. Les doigts dans la lumi\u00e8re. La caresse de l\u2019impossible toucher.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;homme a des reflets argent\u00e9s dans les cheveux qui brillent. Il n&rsquo;a pas plu. Il fait beau. Les mains ramen\u00e9es, crois\u00e9es sur son torse. Ses mains courb\u00e9es au-dessus d\u2019une petite bosse bleue. Dans cette bosse reconna\u00eetre duvet clair et ros\u00e9e des joues. De la bu\u00e9e s&rsquo;\u00e9chappe, l&rsquo;homme murmure son b\u00e9b\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la porte une femme assise. Dans la porte vitr\u00e9e saisir cette vision sans trouble. Une femme est assise, les bras pos\u00e9s sur le bureau encombr\u00e9. Elle travaille. Ne pas voir \u00e0 quoi, seule expression imperturbable du visage r\u00e9v\u00e8le qu\u2019elle s\u2019adonne \u00e0 une t\u00e2che pr\u00e9cise. Concentr\u00e9e. Rien ne pourrait la troubler. Effet pervers de se situer de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la vitre. Visage grotesque trop gros dans le carreau d\u00e9passe d\u00e9borde. Les doigts appuient sur le bouton qui n\u2019en n\u2019est pas un, suffit de s\u2019appuyer contre le cadre noir. Le corps tombe avec une fausse ma\u00eetrise contre la porte vitr\u00e9e toute illusion est rompue la pi\u00e8ce n&rsquo;est plus intime. Tout devient public.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout est silence. Tout est sans mouvement. De hauts immeubles dominent les petites constructions du quartier. Derri\u00e8re l\u2019un de ces immeuble, une haie s\u00e9pare un terrain sportif. Quelque chose. Une forme. Un homme. Ou un gar\u00e7on. Quelqu\u2019un entre deux \u00e2ges tente de percer la haie. Forme saugrenue qui lutte contre le vert. Un cri. Une dizaine de gar\u00e7ons jaillit des haies, derri\u00e8re les poubelles et les voitures. Le paysage prend enfin son sens. Il perd des ann\u00e9es, il gagne. Les gar\u00e7ons se poursuivent, lorsque l\u2019un avance les autres reculent, ils ne savent pas qu\u2019ils forment un ballet, ils \u00e9prouvent un jeu qui bient\u00f4t leur paraitra sans valeur. <\/p>\n\n\n\n<p>Les filles aux visages de m\u00e8res ont des regards qui se perdent. Dans des rangs serr\u00e9s, les bras bien crois\u00e9s t\u00e2chent d\u2019unir. Unir les tailles disparates, les maigres et les grosses, les rondeurs dissimul\u00e9es sous les pulls, les mains aux articulations rougies par le froid. Leurs jupes longues qui balayent poussi\u00e8re et le reste. Devant elles, les petits fr\u00e8res s\u2019agitent, d\u00e9sorganis\u00e9s, pas encore solidaires. Les tsitsit balancent sur leurs jambes. Ils chahutent. Elles sont derri\u00e8re eux. Parfois un nom leur \u00e9chappe, elles tentent vaguement de ramener au calme les bruyants. Elles marchent d\u2019un pas \u00e9gal, leur marche scell\u00e9e d\u2019un accord muet. Une des filles esquisse mouvement, elle fait relever les autres bras, entrem\u00eal\u00e9s avec les siens. Elle porte ses mains aupr\u00e8s de ses l\u00e8vres. Elle souffle dessus pour les r\u00e9chauffer. Ce geste ralenti le temps<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les feuilles d\u2019un arbre invisible traversent le double vitrage napp\u00e9 de poussi\u00e8re. Des ombres ti\u00e8des et p\u00e2les sur le mur. Fig\u00e9es. Les nuages roulent \u00e0 toute vitesse. Le soleil rend plus ou moins puissantes les feuilles sur le mur. Une main se l\u00e8ve, pleine de sa fatigue. Une main dans l\u2019air. Une main se pose, tombe. 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