{"id":6659,"date":"2019-07-27T08:17:58","date_gmt":"2019-07-27T06:17:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=6659"},"modified":"2019-07-27T11:12:01","modified_gmt":"2019-07-27T09:12:01","slug":"deux-arbres-un-petit-jardin-une-porte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/deux-arbres-un-petit-jardin-une-porte\/","title":{"rendered":"Deux arbres, un petit jardin, une porte"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Mur-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6702\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>ainsi que madame Godard-Livet, j&rsquo;ai comme le sentiment (parfois) de lire une consigne d\u00e9j\u00e0 abond\u00e9e en pens\u00e9e &#8211; il y a cette chanson qui faisait \u00ab\u00a0le chagrin l\u00e2chait la bonde\u00a0\u00bb (la Route aux quatre chansons, de Georges Brassens) &#8211; et pour une fois de r\u00e9aliser un vrai billet de blog (et non un texte &#8211; il est vrai, cependant qu&rsquo;il s&rsquo;agit ici d&rsquo;atelier <\/em>d&rsquo;\u00e9criture <em>et que de ce fait, probablement, le texte prime<\/em>).<em> OSEF<\/em> <em>compl\u00e8tement, cependant je ne pose qu&rsquo;une seule image (mais o\u00f9 ?) (non j&rsquo;en mets deux) (finalement trois) (eh bien non, quatre) &#8211; je ne sais si c&rsquo;est dans l&rsquo;id\u00e9e de r\u00e9aliser un billet justement que ces images furent prises lorsque je passais par l\u00e0. <a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Un billet (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"http:\/\/www.pendantleweekend.net\/2019\/07\/atelier-dete-19-4\/\" target=\"_blank\">Un billet<\/a> pendant le week-end sera sans doute plus profus dans ce m\u00e9dia comme on dit de nos jours (je reste assez (wtf) \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;ancienne\u00a0\u00bb dans ce compartiment du jeu &#8211; images fixes, pas de son etc&#8230;).  <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a une chanson (mais elle craint) de L\u00e9o Ferr\u00e9 (qui fait \u00ab\u00a0je t&rsquo;aimais bien tu sais\u00a0\u00bb) un peu le genre de choses qu&rsquo;on aime \u00e0 \u00e9couter une fois &#8211; mais une seule &#8211; rem\u00e9more les choses qui se sont pass\u00e9es &#8211; sur une rue de la rive gauche, une rue dans le haut de laquelle on trouverait une \u00e9cole pour friqu\u00e9s &#8211; alsacienne si tu pr\u00e9f\u00e8res &#8211; un lyc\u00e9e du m\u00eame tonneau et une universit\u00e9 de droit &#8211; tr\u00e8s mal fr\u00e9quent\u00e9e elle aussi &#8211; elle vient du boulevard Saint-Michel, en son extr\u00eame sud, et, passant par un institut catholique, va \u00e0 Raspail : en face de l&rsquo;endroit o\u00f9 elle y aboutit, la maison construite avec l&rsquo;argent des Rockfeller (je crois bien) (ou quelque autre milliardaire apr\u00e8s guerre &#8211; \u00e9tazunien puisqu&rsquo;ils la gagn\u00e8rent) (le 54) sur l&#8217;emplacement de la prison du Cherche-Midi (tortures immondes durant la derni\u00e8re guerre) (deux pas, tu traverses le boulevard, c&rsquo;est l&rsquo;h\u00f4tel Lut\u00e9tia o\u00f9 oeuvraient les ss : c&rsquo;est toujours l\u00e0 &#8211; \u00e0 la fin de la guerre, on y accueillit les d\u00e9port\u00e9s survivants : il y a une plaque pour ce dernier usage &#8211; non pour le pr\u00e9c\u00e9dent, mes excuses) (on pense \u00e0 Harry Baur qui a \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9 l\u00e0 &#8211; un de mes acteurs favoris &#8211; son Volpone inoubliable&#8230;). On n&rsquo;y peut pas grand chose : \u00e0 peu pr\u00e8s en son milieu (c&rsquo;est sans num\u00e9ro cependant) se trouvait cette construction d&rsquo;un autre \u00e2ge : elle avait vu passer les chars, les tractions noires, les side-car, les armes et les soldats les casques et les bottes, elle est l\u00e0, cette construction, elle limite un petit jardin o\u00f9 vit un grand arbre, et un autre plus petit. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;arri\u00e8re d&rsquo;un immeuble de la rue attenante &#8211; Madame  Mademoiselle ou Monsieur (il y a une rue Monsieur le Prince, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du jardin &#8211; le Luxembourg o\u00f9 si\u00e8ge la chambre haute). \u00c0 un endroit de ce mur (mais pourquoi \u00e9tait-ce si peu centr\u00e9 ?) on avait perc\u00e9 une ouverture &#8211; une sortie d\u00e9rob\u00e9e mais qui donne sur une rue plus active et plus fr\u00e9quent\u00e9e (on passe par le jardin, on pense aux Mis\u00e9rables et \u00e0 Javert (Michel Bouquet a tenu le r\u00f4le, Bernard Blier aussi mais le mieux reste Charles Vanel) et \u00e0 monsieur Madeleine (Harry Baur, encore, puis le Montcorget puis Lino Ventura) &#8211; on y pensait parce que de nos jours, non, on n&rsquo;y pense plus). Plus du tout. Il y avait l\u00e0 une porte de bois, quelque chose qui tenait par la gr\u00e2ce du saint-esprit et de la triade, elle \u00e9tait mang\u00e9e, rogn\u00e9e, belle pourtant et bien en accord avec le reste du mur &#8211; mais pas du monde &#8211; il y avait l&rsquo;acier rouill\u00e9 des gonds et de l&rsquo;huisserie, un mur qui avait un si\u00e8cle minimum, dans les gris, dans les verts de la mousse qui ornait son fa\u00eete, ne faisait de mal \u00e0 personne (la mauvaise herbe, pas moi qu&rsquo;on rumine pas moi qu&rsquo;on met en gerbe) mais \u00e9tait l\u00e0 et t\u00e9moignait du passage du temps simplement. Devant lui passants, postiers, bignoles et le reste du personnel bip\u00e8de humain passait sans se soucier de son \u00e9tat. A un moment est apparu une ombre, celle d&rsquo;un profil, c&rsquo;\u00e9tait sur fond beige clair qu&rsquo;on discerne un peu, c&rsquo;\u00e9tait noir &#8211; \u00e7a a \u00e9t\u00e9 effac\u00e9 &#8211; peinture beige \u00e0 nouveau plus forte, pour \u00f4ter \u00e7a de la vue du passant. \u00c7a g\u00eanait la vue, le regard, le passage m\u00eame des p\u00e9kins du coin (lesquels, on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 dit, vivent dans un quartier o\u00f9 le m\u00e8tre carr\u00e9 se n\u00e9gocie dans les quinze k et qui dans une des rues adjacentes, est le plus cher de Paris dit-on (rue Guynemer du nom du pilote d&rsquo;avion de la premi\u00e8re guerre mondiale) : de ce fait, il se peut qu&rsquo;ils s&rsquo;imaginent ne pas \u00eatre n&rsquo;importe qui). Un jour donc, sans doute s&rsquo;avisa-t-on que ce mur faisait une esp\u00e8ce de tache dans la belle r\u00e9gularit\u00e9 des immeubles de cette rue, \u00e7a ne pouvait pas durer, c&rsquo;\u00e9tait moche, vieux, laid (il y a dans ces trois adjectifs quelque chose de la lapalissade us\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 la corde par la r\u00e9alit\u00e9 contemporaine : l&rsquo;un ne va pas sans les autres, tu vois) on allait y mettre bon ordre. On fit intervenir une entreprise, deux types (portugais si tu veux mon avis) un \u00e9chafaudage de bric, de broc, du ciment, des truelles, du sable et des cailloux, et emballez c&rsquo;est pes\u00e9, on cessa sur le mur de gloser. Voil\u00e0, c&rsquo;\u00e9tait propre. On avait fait appara\u00eetre de chaque c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;objet des illusions de pierre de taille &#8211; c&rsquo;est pour faire beau &#8211; et comme on n&rsquo;allait pas remettre une porte quand m\u00eame (\u00e7a ne sert \u00e0 rien, personne ne l&#8217;emprunte tu comprends) (oui, je comprends) (\u00e7a ne m&#8217;emp\u00eache pas de ha\u00efr) on fit donc dans l&rsquo;illusion qui sera compl\u00e8te &#8211; un  truc en fausse pierre de taille plus fonc\u00e9, qui rappelle les bords du mur &#8211; \u00e0 peu pr\u00e8s parfaitement abscons &#8211; l&rsquo;entr\u00e9e serait quand m\u00eame m\u00e9nag\u00e9e, un renfoncement, des parpaings (ration 5 : 22) certainement en b\u00e9ton recouvert d&rsquo;un enduit sable ensuite repeint. Depuis, on a pu voir appara\u00eetre ici ou l\u00e0 quelque graffiti qui ne dure pas &#8211; sinon celui d&rsquo;un tatou bleu qu&rsquo;on distingue \u00e0 peu pr\u00e8s ici sur l&rsquo;image du robot (en date de 2017 &#8211; l&rsquo;affaire est extr\u00eamement document\u00e9e)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"440\" src=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Mur-3-1-e1564128885626.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6721\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">mais qu&rsquo;on s&rsquo;est empress\u00e9 de faire dispara\u00eetre (2018). <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"454\" height=\"600\" src=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Mur-2-e1564127398608.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6704\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ainsi que madame Godard-Livet, j&rsquo;ai comme le sentiment (parfois) de lire une consigne d\u00e9j\u00e0 abond\u00e9e en pens\u00e9e &#8211; il y a cette chanson qui faisait \u00ab\u00a0le chagrin l\u00e2chait la bonde\u00a0\u00bb (la Route aux quatre chansons, de Georges Brassens) &#8211; et pour une fois de r\u00e9aliser un vrai billet de blog (et non un texte &#8211; il est vrai, cependant qu&rsquo;il <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/deux-arbres-un-petit-jardin-une-porte\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Deux arbres, un petit jardin, une porte<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":6732,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[556],"tags":[626,622,636,632,620,624,619,623,621,627],"class_list":["post-6659","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2019-04-affinite-pour-la-description","tag-bernard-blier","tag-charle-vanel","tag-daniele-godard-livet","tag-georges-brassens","tag-harry-baur","tag-jean-gabin","tag-leo-ferre","tag-lino-ventura","tag-michel-bouquet","tag-volpone"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6659","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/86"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6659"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6659\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6732"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6659"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6659"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6659"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}