{"id":71278,"date":"2022-05-17T07:26:02","date_gmt":"2022-05-17T05:26:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=71278"},"modified":"2022-05-18T15:25:06","modified_gmt":"2022-05-18T13:25:06","slug":"dialogue4-pluie-mai","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/dialogue4-pluie-mai\/","title":{"rendered":"dialogue#4 Pluie. Mai."},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-normal-font-size\">Oui, nous y sommes. Presque. Venez. Par ici. Oui. Toute cette pluie. Et l\u2019herbe comme elle a pouss\u00e9, deux semaines \u00e0 peine et on ne sent plus le chemin. La brusquerie des roses, ce matin en ouvrant le volet. Vous verrez demain en vous levant ce que les fleurs font \u00e0 la terre; cette folie. La leur. Sentez comme elles embaument. Et le parfum de la pluie. Ces roses qui n\u2019en font qu\u2019\u00e0 leur t\u00eate, qui nous ent\u00eatent. M\u00eame la nuit. M\u00eame d&rsquo;ici. Et la terre gorg\u00e9e d&rsquo;eau vous la s<em>entez<\/em>. Le vent, avec la nuit, il remonte. Tous les ar\u00f4mes du jardin il les emporte. Faites attention sur votre droite c&rsquo;est de la boue, apr\u00e8s c&rsquo;est comme un mar\u00e9cage qui s&rsquo;\u00e9tend. Montez sur le remblai! Je vous passerai une paire de bottes tout \u00e0 l&rsquo;heure, il y en a plein la maison, une arm\u00e9e m\u00eame, on trouvera bien votre pointure; du quarante trois je crois. Oui. C&rsquo;est \u00e7a. La pluie, la boue on ne peut pas pr\u00e9voir. Bient\u00f4t il y aura un banc o\u00f9 vous pourrez vous reposer et m&rsquo;attendre. Le banc pr\u00e8s de la balan\u00e7oire<em>. <\/em>Nous y sommes presque. J&rsquo;irai ouvrir, ce ne sera pas long et je vous allumerai le jardin. Vous \u00eates fatigu\u00e9? Non? C&rsquo;est un long voyage. Bien trop long. Cette lueur, cette ligne vous la voyez, juste devant entre les arbres,comme elle brille\u2014 Oui. C\u2019est l\u00e0 que nous irons. Demain je vous conduirais. Je vous montrerai. Vous monterez derri\u00e8re; devant il y a encore le si\u00e8ge de l\u2019enfant. Et je vous conduirais. Vos chaussures il faudra les laisser sur le seuil avant d&rsquo;entrer dans sa chambre. <br><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:19px\">\/Oui, nous y sommes. Presque. Venez. Par ici. Oui. (plus pr\u00e8s &#8211; vous ne voyez pas la main que je vous tends) Toute cette pluie. Et l\u2019herbe comme elle a pouss\u00e9, deux semaines \u00e0 peine et on ne sent plus le chemin (peut-\u00eatre que tu as peur). La brusquerie des roses ce matin en ouvrant le volet (ce n&rsquo;est pas le mot, je crois, qu&rsquo;il faudrait \u2014 cette brusquerie qu&rsquo;elle avait elle aussi quelques fois\u2014 je n&rsquo;ai pas d&rsquo;autre mot) Ces roses vous verrez comme elles mangent la fen\u00eatre (vous le sauriez, vous, le mot \u2014 tu pr\u00e9f\u00e8res te taire \u2014 vos mots sont pour les livres n&rsquo;est-ce pas &#8211; vos mots ), qui la mangent sans m\u00e9nagement: la fen\u00eatre. ( ne dites pas non ). Vous verrez demain en vous levant ce que les fleurs font \u00e0 la terre; cette folie. La leur. Sentez comme elles embaument. Et le parfum de la pluie (sentez). Ces roses qui n\u2019en font qu\u2019\u00e0 leur t\u00eate qui nous ent\u00eatent\/. M\u00eame la nuit. M\u00eame d&rsquo;ici. Et la terre gorg\u00e9e d&rsquo;eau ( sentez la) Le vent, avec la nuit, il remonte. Tous les ar\u00f4mes du jardin il les emporte. Faites attention sur votre droite c&rsquo;est de la boue, apr\u00e8s c&rsquo;est comme un mar\u00e9cage qui s&rsquo;\u00e9tend. Montez sur le remblai! Je vous passerai une paire de bottes, il y en a plein la maison, une arm\u00e9e m\u00eame, on trouvera bien votre pointure; du quarante trois je crois. Oui. C&rsquo;est \u00e7a. (elle l&rsquo;a dit, je ne sais plus \u00e0 quel propos ni de qui elle parlait elle a dit : du quarante trois comme lui&#8230; &#8211; elle vous a attendu jusqu&rsquo;au dernier moment &#8211; elle t&rsquo;attendait &#8211; vous le saviez \u2014 n&rsquo;est-ce pas\u2014, et vous arrivez dans ce costume de ville avec ces chaussures cir\u00e9es et vous marchez  dans la boue \u2014 c\u2019est un peu ridicule vous ne croyez-pas &#8211; vous \u00eates parti aussit\u00f4t que je vous ai pr\u00e9venu &#8211; vous n&rsquo;avez pas eu le temps de vous changer &#8211; vous n&rsquo;avez pris que le strict n\u00e9cessaire &#8211; tu ne pouvais  pas savoir &#8211; aussi vite &#8211; tu ne pouvais&#8230; ) La pluie, la boue on ne peut pas pr\u00e9voir. Bient\u00f4t il y aura un banc o\u00f9 vous pourrez vous reposer et m&rsquo;attendre. Le banc pr\u00e8s de la balan\u00e7oire ( notre banc des russes elle disait &#8211; je crois que tu le sais &#8211; j\u2019oublie que vous \u00e9tiez l\u00e0 avant moi). Nous y sommes presque. (Avant. Oui avant tu \u00e9tais l\u00e0 ). J&rsquo;irai ouvrir, ce ne sera pas long et je vous allumerai le jardin ( dans ce jardin \u2014combien de fois l&rsquo;a-t-elle dit \u2014 \u00ab\u00a0dans ce jardin je le vois\u00a0\u00bb \u2014 combien de fois l&rsquo;a-t-elle dit qu&rsquo;elle vous voyait&#8230; vous \u00e9tiez partout o\u00f9 tu n&rsquo;\u00e9tais pas revenu ). Vous \u00eates fatigu\u00e9, non? C&rsquo;est un long voyage. Bien trop long ( trop long &#8211; ceci explique cela &#8211; le temps qu&rsquo;il faut pour venir jusqu&rsquo;ici c&rsquo;est la raison que vous donniez \u2014 je crois surtout que vous aviez peur\u2014 tu as toujours eu peur). Cette lueur, cette ligne  vous la voyez? Comme elle brille. Oui. C\u2019est l\u00e0 que nous irons. Demain je vous conduirais. Je vous montrerai. ( et tu repartiras avec un peu de terre coll\u00e9e \u00e0 tes semelles \u2014 ce qu&rsquo;elle a endur\u00e9  y as-tu pens\u00e9 m\u00eame une seule fois\u2014 vous lui \u00e9criviez- qu&rsquo;elle \u00e9tait entre de bonnes mains. Toutes ces lettres \u2014 pour vous ce n&rsquo;est pas compliqu\u00e9. Ces lettres &#8211; des mots gliss\u00e9s dans une enveloppe &#8211; les mots c&rsquo;est votre affaire n&rsquo;est-ce pas. Qu\u2019ils puent ) Oui! Presque. Ici. Venez! L\u2019herbe comme elle a pouss\u00e9. La pluie et il n&rsquo;y a plus de chemin. Asseyez vous un moment ( pourquoi es-tu venu)  il faudra que vous m&rsquo;attendiez ( apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es). Le  banc. (Non rien n&rsquo;a boug\u00e9). Regardez. Cette lueur. C&rsquo;est l\u00e0 que nous irons. Vous monterez derri\u00e8re. Devant il y a encore le si\u00e8ge. Et je vous conduirais. (tu as peur ) Vos chaussures il faudra les laisser sur le seuil avant d&rsquo;entrer dans sa chambre. Les roses. Oui. leur parfum. Avec la pluie. Demain nous irons. Reposez-vous un moment sur le banc&#8230;\/<br><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Marcher dans la nuit avancer avec deux personnages. Le premier paragraphe est l'\u00e9pure texte qui s'est \u00e9crit d'abord avec la voix int\u00e9rieure de celle qui devance l'autre dans la nuit.(pens\u00e9 \u00e0 la place des confidentes chez Racine)<\/pre>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/IMG_8874-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-71300\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/IMG_8874-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/IMG_8874-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/IMG_8874-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/IMG_8874-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/IMG_8874-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p> <br><br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Oui, nous y sommes. Presque. Venez. Par ici. Oui. Toute cette pluie. Et l\u2019herbe comme elle a pouss\u00e9, deux semaines \u00e0 peine et on ne sent plus le chemin. La brusquerie des roses, ce matin en ouvrant le volet. Vous verrez demain en vous levant ce que les fleurs font \u00e0 la terre; cette folie. La leur. Sentez comme elles <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/dialogue4-pluie-mai\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">dialogue#4 Pluie. 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